Saddam Hu... nan, j’déconne.
J’ai une haine farouche envers les périodes de révision. Elles me rendent anxieux et désagréable. Pardon : elles me rendent plus anxieux et désagréable que d’habitude. Je suis déprimé, tout m’apparaît gris. Les rires d’enfants désormais m’agacent. Les femmes ne me plaisent plus. Et nous venons tous de célébrer l’arrivée d’une nouvelle année durant laquelle, pardon de le dire, un certain nombre d’entre nous crèveront comme des merdes.
Bonne année. Imbéciles.
Personnellement, je n’ai pas fêté grand-chose. A noël, nous avons tous juste fait l’effort de manger plus riche et plus copieux que d’habitude, puis nous avons joué aux dominos. Le tout la télévision allumée, chose insupportable et à fortiori lorsqu’elle passe de vieux épisodes de McGyver, mais comme nous n’avions pas grand-chose à nous dire nous étions tous heureux qu’elle nous soulage du poids d’un lourd silence. Oh, je force le trait, bien entendu, ce n’était pas non plus sinistre ! Nous nous sommes tous efforcés de faire de l’humour durant les parties de dominos, le point culminant de la soirée ayant été le moment ou ma sœur Mana, suite à une défaite, s’est levée de sa chaise pour se resservir de la tarte en déclarant sèchement « Bon, il est où le couteau ? », ce à quoi j’ai répondu d’un air faussement paniqué « Mais Mana non arrête, ce n’est qu’un jeu calme-toi enfin... papa, appelle la police ! »
Ca nous a tous beaucoup fait rire, à l’exception de ma mère qui je pense s’est immédiatement remémorée la fois où, alors que j’étais enfoncé au plus profond de ma dépression, je l’ai menacée d’un couteau quelques secondes et sans réellement me rendre compte de ce que j’étais en train de faire. Tandis que Mana était écroulée de rire sur la moquette, que mon père gloussait en s’étouffant de sa part de cake et que j’étais très fier de ma petite réplique comme un gamin qui se drape de gloire en montrant son 10/10 en dictée à ses parents, ma mère, elle, souriait timidement les yeux baissés. Et je me suis revu, enragé un couteau à main. Et ça m’a coupé toute envie de rire.
Les blessures émotionnelles sont décidément toujours plus vives, à noël.
Comme tous les ans, Ashmé, mon autre sœur, était absente. C’est d’ailleurs tout juste si elle a encore contact avec nous. On se parle assez régulièrement elle et moi. Mana et elle, moins. Et avec les parents, plus du tout depuis des mois. Pour tout dire le reste de la famille s’enquiert de ses nouvelles à travers moi, et ça commence sérieusement à me peser. Il faudrait que je trouve les mots pour dire à Ashmé qu’à 33 ans on doit être capable de prendre sur soi et d’appeler ses parents de temps en temps, surtout lorsqu’on est la mère de leur unique petit-fils. Mais comme je suis un garçon qui manque singulièrement de tact, je crains de la fâcher pour de bon.
Les blessures émotionnelles sont décidément... ah, bon sang.
Bonne année. Imbéciles.
Personnellement, je n’ai pas fêté grand-chose. A noël, nous avons tous juste fait l’effort de manger plus riche et plus copieux que d’habitude, puis nous avons joué aux dominos. Le tout la télévision allumée, chose insupportable et à fortiori lorsqu’elle passe de vieux épisodes de McGyver, mais comme nous n’avions pas grand-chose à nous dire nous étions tous heureux qu’elle nous soulage du poids d’un lourd silence. Oh, je force le trait, bien entendu, ce n’était pas non plus sinistre ! Nous nous sommes tous efforcés de faire de l’humour durant les parties de dominos, le point culminant de la soirée ayant été le moment ou ma sœur Mana, suite à une défaite, s’est levée de sa chaise pour se resservir de la tarte en déclarant sèchement « Bon, il est où le couteau ? », ce à quoi j’ai répondu d’un air faussement paniqué « Mais Mana non arrête, ce n’est qu’un jeu calme-toi enfin... papa, appelle la police ! »
Ca nous a tous beaucoup fait rire, à l’exception de ma mère qui je pense s’est immédiatement remémorée la fois où, alors que j’étais enfoncé au plus profond de ma dépression, je l’ai menacée d’un couteau quelques secondes et sans réellement me rendre compte de ce que j’étais en train de faire. Tandis que Mana était écroulée de rire sur la moquette, que mon père gloussait en s’étouffant de sa part de cake et que j’étais très fier de ma petite réplique comme un gamin qui se drape de gloire en montrant son 10/10 en dictée à ses parents, ma mère, elle, souriait timidement les yeux baissés. Et je me suis revu, enragé un couteau à main. Et ça m’a coupé toute envie de rire.
Les blessures émotionnelles sont décidément toujours plus vives, à noël.
Comme tous les ans, Ashmé, mon autre sœur, était absente. C’est d’ailleurs tout juste si elle a encore contact avec nous. On se parle assez régulièrement elle et moi. Mana et elle, moins. Et avec les parents, plus du tout depuis des mois. Pour tout dire le reste de la famille s’enquiert de ses nouvelles à travers moi, et ça commence sérieusement à me peser. Il faudrait que je trouve les mots pour dire à Ashmé qu’à 33 ans on doit être capable de prendre sur soi et d’appeler ses parents de temps en temps, surtout lorsqu’on est la mère de leur unique petit-fils. Mais comme je suis un garçon qui manque singulièrement de tact, je crains de la fâcher pour de bon.
Les blessures émotionnelles sont décidément... ah, bon sang.

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