vendredi 15 septembre 2006

Les ars memorativa

D’abord, des nouvelles.

J’ai récemment découvert le site secondaire de la faculté que je fréquente. Le site principal n’était déjà pas tout à fait à côté de chez moi, le second est encore plus loin ; j’ai déjà écrit il y a quelques jours qu’il faut compter trois heures et demi de trajet quotidien. J’appréhendais un peu avant d’y aller, peur de trouver la durée du trajet ou même le cadre du site rédhibitoire. Et peur d’avoir un emploi du temps impossible.

C’est là que trois mots me viennent spontanément à l’esprit : queud’, ma caille.

Tout d’abord le trajet. Je dois bien entendu voir ce que cela donne sur la durée, mais avec de quoi se distraire dans le train, c’est loin d’être intenable. Et comme en général à la fac, et ce en dépit de ce que peuvent dire certains allumés qui discourent à tout va que « seuls ceux qui font prépa ou une grande école travaillent et que les tous les autres sont de funestes glandeurs qui parasitent la société », on vous donne de quoi remplir vos soirées, je ne me fais pas trop de soucis quant au choix de la nature de l’activité à exercer pendant mes trajets.
Rendez-vous en décembre pour voir si je tiens toujours le même discours. Héhé.

Ensuite le site lui-même. Les 2emes années d’économie héritent des bâtiments les plus pourris, mais ça je le savais déjà, un de mes profs de l’an dernier me l’ayant soufflé. Ce qui m’intéressait surtout de savoir, c’est si l’endroit est calme. Réponse : oui. C’est calme. C’est très calme. S’il n’y avait pas d’arbres, je penserais me retrouver au milieu du désert tellement c’est calme. On verra cependant si la faune qui peuplera mon amphi l’est autant.

Et enfin, l’emploi du temps. Il est incomplet, donc je ne sais pas encore précisément, mais je sais que je vais devoir me lever à 6h la plupart du temps. Je suis plutôt content, car honnêtement je pensais plutôt devoir me lever à 5h, ce qui à terme aurait achevé le processus d’aliénation mentale que j’ai débuté à la naissance.
Mais là encore, je verrai sur la durée.

Voilà pour les nouvelles. Je sais qu’elles ne sont pas de nature à réjouir le lectorat, cela va bientôt faire quatre ans que je tiens ce journal et j’ai depuis longtemps cessé de compter les courriers reçus pour me dire « Merci d’aller mal, ça me fait vraiment du bien lire les gens qui souffrent », mais je vais bien, que voulez-vous [1]. Il faut croire que je suis parvenu à mettre de l’ordre dans ma tête.

Enfin... une dernière fois, je verrai sur la durée. Mes parents étant cousins de cinquième génération, il est probable que mes sœurs et moi ayons des prédispositions génétiques à la dépression, à l’immolation par les flammes et à l’attentat islamiste. Je ne suis donc pas à l’abri d’une boulette. Ne perdez pas espoir : je peux *encore* mal finir.

***



J’ai récemment été frappé... mais que dis-je, que raconté-je comme conneries encore : j’ai récemment été roué de coups et battu à mort par une révélation métaphysico-transtemporelle. Oui, être l’Elu n’a pas que des avantages.

Je rentrais chez moi, fourbu et harassé par une journée passée à ne rien foutre lorsque mon regard se crasha sur mon oreiller. Comprenez bien : j’étais debout, parfaitement immobile et arrêté dans le temps, le regard fixe, incrédule, horrifié et posé sur mon oreiller. Plus précisément sur la taie d’oreiller. Je venais, au bout de plusieurs années, de me rendre compte de la plus parfaite évidence. Cette taie d’oreiller est très moche.

Rayures blanches et bleues, d’égale épaisseur (un centimètre. J’ai mesuré. Si.) L’horreur absolue.

Comme je le disais, cela fait des années que je possède ces taies. Oui, car en plus j’en possède plusieurs. Je n’ai pas souvenir de les avoir choisies, et pourtant ? J’ai certainement dû opter pour les premières venues un jour de grande lassitude au centre commercial. Ma mère devait sans doute m’accompagner. Elle a dû infléchir mon choix vers ces immondices. Et elle a dû les payer, comme pour acheter ma conscience. Bon sang.

Cette salope va payer au centuple le mal qu’elle ma fait ce jour-là.

Plus sérieusement, il est vrai que je me suis arrêté net, poussant très loin la réflexion, jusqu’à me demander « Mais qu’est-ce que c’est que cette merde ? » Je venais de m’apercevoir que ce qui auparavant n’était qu’objet pratique devenait désormais marque de ma propre personnalité. Avant, peu m’importait le motif de la taie, pourvu que j’en possède une pour poser ma tête dessus. Attitude sage, mais démissionnaire. Aujourd’hui il me faut plus. Il me faut une taie, et il faut qu’elle me ressemble. Je veux que ce soit ma taie. Customisée à la neev. Avec des photos de Marie Drucker dessus s’il le faut, mais j’exige ma propre taie.
Car c’est lorsqu’un homme se rend compte que sa taie d’oreiller est vilaine à sucer ours qu’il peut très clairement se revendiquer « homme ». Si bien sûr il a cessé d’employer des expressions telles « sucer des ours ».

Mmm.


[1] Et ne croyez pas que je m’en offusque. Quelqu’un qui, comme moi, tient un site pour parler de sa propre petite gueule n’a de leçons d’égotisme à recevoir de personne.

jeudi 14 septembre 2006

L’effroyable rien

Le ciel était d’encre et ponctué d’étoiles. Probablement. C’est en tout cas ce à quoi il ressemble lorsque dix kilomètres d’épaisseur de nuages ne le masque pas, comme c’était le cas ce soir-là. Mais pour l’esthétique narrative, l’imaginaire collectif, l’amour de l’humanité et la paix dans le monde, je vous propose d’imaginer que le ciel était d’un noir d’encre et ponctué d’étoiles. Mais sachez toutefois que c’est un mensonge. Ehonté. Libre à vous de vous raconter des histoires, après tout si ça vous aide à mieux dormir la nuit, pourquoi pas ? Mais ne venez pas vous plaindre plus tard de vivre une vie factice jonchée de mensonges. Et de mort. Et de désolation. Je dis ça pour vous, hein. Moi je m’en moque : je le sais que ce soir-là le ciel était tout pourri. Mais vous non, votre grande lâcheté, votre monumentale couardise vous oblige à accepter n’importe quoi, y compris un ciel d’encre et ponctué d’étoiles alors qu’il est de notoriété mondiale que le temps était pourri depuis des temps immémoriaux, sans que vous puissiez lutter. Et vous savez pourquoi ? Parce que vous êtes des FAIBLES, des NÉVROSÉS DE MES DEUX et des PROSÉLYTES DU NÉGATIONNISME MÉTÉOROLOGIQUE. HALTE AU FASCISME ! NO PASARAN ! Il FAISAIT MOCHE CE SOIR-LA, BORDEL !

****** Interlude médicamenteuse ******

Ok. Ca va. Je gère.
Reprenons.

****** /Interlude médicamenteuse ******

Le ciel était donc d’encre et ponctué d’étoiles (mais j’ai honte pour vous, sans déconner.) Vingt-et-une heures étaient passées ce jour-là, et mon estomac protestait contre le jeûne. C’est normal, c’est syndical, je respecte. A vingt-et-une heures, un estomac à le droit d’être rassasié. C’est donc d’une foulée, certes pas pressée car tel n’est pas le genre de la maison, mais décidée et volontaire que je déambulais dans une rue déserte. Des écouteurs soudés à mes canaux auditifs s’appliquaient avec un zèle remarquable à me pulvériser les pavillons en me délivrant un ahurissant solo de guitare qui frapperait n’importe quel mortel d’une paralysie faciale instantanée, mais qui pour nous autres, encartés UMP et autres Forces du Mal assimilées, est aussi inoffensif et audible que la nouvelle promo de la star ac’. D’accord, mauvais exemple.

Je me délectais sans réserve de cet instant psychotico-musical, lorsque mon regard tomba sur un objet déjà vu un millier de fois, une de ces choses du quotidien que l’on voit sans jamais regarder : un conteneur à ordures. Un de ces gros machins en plastic que vous trouvez dans les locaux à ordures de vos immeubles. Si toutefois ils en sont pourvus, car de toute évidence celui auquel appartient le conteneur dont la vue m’était proposée n’en disposait point : si le contraire avait été, jamais il aurait été placé sur le trottoir en compgnie des poubelles à mazout garées sur le parking de la résidence incriminée.

Le conteneur n’était d’ailleurs pas seul, c’eût été trop triste. Non, il était entouré de toute sa famille de conteneurs, bien alignés le long du trottoir. Mais je n’eus pas le temps de m’émouvoir de ce charmant tableau qu’un détail me chatouilla presqu’aussitôt : sur le ventre de chaque membre de la famille Conteneur était inscrit un numéro que je n’ai absolument pas retenu, mais accompagné de deux mots qu’il me serait difficile d’oublier : Jean Jaurès.

Je me baladais bien entendu dans la rue du même nom, pour aucune autre raison quelqu’un s’amuserait à écrire à la peinture blanche « Jean Jaurès » sur des poubelles. Mais je n’ai pas pu m’empêcher d’écarquiller les yeux, comme si je me rendais soudain compte du ridicule de quelque chose de plus grand, de plus important que moi. Je me suis demandé par quel mécanisme de pensée, par quel raisonnement quelqu’un s’est senti poussé à inscrire le nom d’une des dix personnes les plus reconnues et respectées de l’Histoire française sur des objets servant à contenir des déchets.

L’esprit pratique bien sûr, j’entends bien. Tel objet public appartient à telle rue, donc on inscrit le nom de ladite rue sur l’objet pour que tout le monde soit d’accord et ne commette d’impair. D’accord. Mais personnellement, si j’avais été assassiné lors d’une époque trouble au simple motif d’avoir eu raison sur toute la ligne et que l’on avait, à titre posthume, floqué de mon nom une quantité colossale de rues, d’avenues, de places et de boulevards, ça me ferait dans le meilleur des cas gentiment sourire de constater que des abrutis se servent de ce prétexte minable pour baptiser des poubelles de mon identité.

Alors je veux ce soir lancer un message fort à toute la jeunesse qui rêve de célébrité et qui me lit de faire très attention. Ne faîtes jamais rien d’important. Sous aucun prétexte. Devenez pop star, animateur télé ou joueur de foot si ça vous chante : les gens les adorent mais comme ils ne servent à rien ils les oublient vite, aussi leur nom ne risque t-il pas d’atterrir sur le plastic d’un conteneur. Mais si vous avez le malheur - ou pire, faîtes la bêtise ! - de sauver des milliers de vies, d’être un champion de la paix ou encore un moudjahidin de l’équité, sachez que lorsque vous serez mort vous servirez la communauté en recueillant les pots de Flamby vides et les capotes usagées. Hé ouais.

Enfin en tout cas à côté de chez moi c’est ainsi que cela se passe. Mais j’imagine que c’est également la règle dans tout le reste de l’univers... Non ?

Oh.

mercredi 13 septembre 2006

Je rêve d’un poulet géant qui me ferait des câlins...

De toutes les aberrations statistiques qui existent - et entre les chiffres du chômage, la victoire de François-David à Koh-Lanta et le carton de Ségolène Royal dans les sondages en France nous sommes sacrément gâtés -, ma favorite est la suivante : 80% des gens s’estiment mieux pourvus (intellectuellement, physiquement, socialement, ce que vous voulez) que la moyenne des autres.

Lorsque j’ai un coup de déprime, je me rappelle cette statistique et je me plie par terre de rire pendant vingt minutes. Ca ne manque jamais.

Car évidemment, la moyenne se trouvant à 50% (c’est une convention, paraît-il) cela porte à au moins 30% le nombre de personnes qui se fourvoient complètement lorsqu’il s’agit de se juger soi-même. Et je dis « au moins » car dans les 20% qui ne déclarent pas être meilleurs que la moyenne, il y a toujours une petite fraction de dépressifs semi-professionnels qui se sous-estiment de façon chronique. On peut donc raisonnablement penser qu’un gros tiers de la population passe sa vie à se raconter n’importe quoi, d’une manière ou de l’autre.

Notez bien que la statistique n’est pas valable pour les questions d’argent (qui plus est en France, suis-je tenté de dire, mais je ne le dirai pas. Non, je ne l’ai pas dit. Je vous demande de vous arrêter.) Posez la question « Considérez-vous mieux vous en sortir financièrement que la moyenne de la population ? » à un panel (représentatif) aussi large que vous le souhaiterez, vous trouvez toujours une majorité écrasante qui vous répondra que non, c’est la dèche, que l’essence c’est trop cher, que le forfait téléphone portable du jeune Jean-Kévin coûte les yeux de la tête [1] à sa mère et qu’il est scandaleux que depuis le passage à l’euro le prix du déodorant Ushuaïa aux extraits naturels (0.78%) de kiwi du Permafrost et de cacahuètes d’Amazonie ait augmenté de moitié.
Enfin bref vous l’aurez compris, vous dégagerez toujours de votre sondage une majorité de connards qui viendront pleurer sur leurs problèmes de riches et se mélanger à la minorité de ceux qui en bavent *vraiment*.

Mais heureusement, ils tiennent le coup grâce à leur intellect et leur force morale, bien entendu très nettement supérieure à la moyenne nationale. Ouf.

***



Mon père n’est toujours pas rentré d’Espagne. Je n’en suis du reste en rien étonné. La dernière fois que j’en ai parlé ici, c’était avant les feux de forêts estivaux qui ont à peu près tout ravagé en Galice - précisément là où mon père se trouve actuellement, avouez que ça tombe bien. C’était au début du mois d’août, le même que je vous disais la dernière fois ne pas avoir vu passer. Mon père nous a dit avoir effectué quelques veillées pour surveiller les maisons situées le plus en amont sur les collines boisées bordant le village, et surplombant un océan dont les vagues viennent mourir sur le sable doré de la plage favorite de toutes les créatures les plus splendides de la région, leur parfaite plastique moulée dans de minuscules maillots humides de sueur et... et bref ça ne va pas du tout : j’ai envie de baiser.

Mais revenons-en à mon père, si toutefois je parviens à me débarrasser de l’image de mon père muni d’une paire de seins. Après l’épisode apocalyptique des feux criminels perpétrés, selon la Guardia Civil, soit par des néo-nazis frustrés adorateurs de Satan, soit par des adolescents (mais n’importe quel psy vous dira que c’est psychiquement strictement la même chose), mon père n’a cessé de me harceler au téléphone pour connaître l’évolution de son dossier de retraite. Pardon, je reformule : pour savoir s’il allait toucher son pognon prochainement, et combien.

Bon garçon, je me suis personnellement occupé de ses affaires, ainsi que de l’ensemble des affaires courantes. Sans doute parce que dans la mentalité rétrograde de mes géniteurs, l’absence du vieux mâle fait de moi le mâle dominant par intérim. Ca me fait davantage sourire que ça ne m’ennuie. Du moins tant qu’on ne me demande pas de découper la dinde à Noël.

Mais depuis que ses histoires de pension vieillesse (le ton de sa voix s’assombrit à chaque fois que je prononce ces deux mots avec application et distinction, je suis cruel) sont réglées dans tous les sens du terme, ses coups de fil se raréfient. Encore une fois, ça ne m’étonne absolument pas. Et d’ailleurs, je le comprends.

Mais il a appelé, il y a quelques jours. Et à cette occasion, mes parents se sont - encore... - engueulés au sujet de la résidence secondaire dans laquelle mon père se trouve en ce moment, et qui appartient en toute logique à ma mère puisqu’elle tient elle-même de la sienne le terrain sur lequel elle est bâtie. Mais que mon père tente de s’approprier. Bref, de basses histoires dignes de l’insupportable émission de Julien Courbet et qui illustrent les propos que je tenais tout à l’heure non sans une pointe d’acerbité : des histoires de nantis qui jouent les martyrs.

Ils étaient là, à s’envoyer des atrocités à la figure. Je me trouvais juste à côté du téléphone, penché sur la petite table à remplir chercher un papier administratif quelconque. J’entendais mon père s’égosiller dans le combiné là-bas, à 1600km dans sa Galice et ses nouveaux paysages lunaires. Je voyais ma mère, ses yeux remplis de mépris et son visage puant la mesquinerie. J’assistais au spectacle désolant donné par deux des innombrables ouvriers immigrés des Trente Glorieuses qui à force de travail ont pu fonder une famille (coucou les amis) dans des conditions acceptables et se constituer un patrimoine qu’aujourd’hui ils se disputent comme les chiens galeux qu’ils sont, alors que s’annonce le crépuscule de leur vie et qu’il leur ait permis d’en profiter enfin, de la vie. Mais non, ils préfèrent se tirer dans les pattes et manœuvrer l’un contre l’autre, plutôt que de coexister en paix.

Cette saynète m’a fait l’effet d’une triple perfusion de haine liquide instantanée, j’étais ivre de rage. J’ai sorti le document que je cherchais, l’ai jeté avec dédain sur la table, et suis sorti en claquant très fort la porte. Oui je sais, ce n’est rien. Mais en ma qualité de bon garçon, lorsque je suis en colère ça ne va pas plus loin qu’une très virile démonstration de force sur le mobilier de la pièce dans laquelle je me trouve. J’aurais d’ailleurs tapé du poing sur la table si je n’avais pas eu autant peur de me blesser.

Bien plus tard, au moins vingt-cinq secondes après ma sortie, la colère a laissé place à de la tristesse. Puis a de l’indifférence. Et j’ai fini par me découvrir dans le quart d’heure qui suivit un talent de danseur de salsa. Donc, deux choses. Soit j’ai une grande faculté d’abstraction, soit je suis borderline.

Enfin, par rapport à la moyenne nationale, j’veux dire.


[1] En passant je ne savais pas qu’il existe des gens avec des yeux ailleurs que sur la tête.

samedi 2 septembre 2006

Les w00teries les plus courtes sont les plus courtes

Je me sens trahi. Lésé, roulé dans la maïzena. Durant l’intégralité du mois d’août, j’ai fait vœu de silence ici-même pour me sentir en parfaite symbiose avec mon héros, mon mentor, l’homme qui a paralysé la France à lui tout seul pendant presqu’un mois entier (l’émotion me gagne rien que d’y repenser) : Alain Juppé. Mon petit chéri n’avait rien écrit dans son blog depuis le 1er août. Benoîtement, je pensais qu’il prenait un mois de vacances pour se reposer de ses deux ans d’exil occupés à expliquer la vie au Québécois, ce que je pouvais comprendre tant il est exténuant de prendre un Bécois de haut (ils se mettent généralement à crier très fort des choses inintelligibles qu’ils tiennent pour du français, jusqu’à ce que l’interlocuteur succombe d’une hémorragie cérébrale.)
Alors qu’en réalité, il préparait juste son retour politique dans sa ville de merde. Et qu’en conséquence... il arrête son blog !

J’ai envie de pleurer, tiens. Décembre 95, ça va, l’affaire des emplois fictifs du RPR, passe encore, mais l’arrêt du blog... Cette fois il va trop loin. C’est pourquoi j’ai décidé de lancer une opération de collecte de dons pour payer les services d’un tueur à gages tchétchène qui s’occupera de lui de manière très professionnelle. Alors voilà, vous pouvez envoyer vos dons à :

Fondation COSUGUJU (un Contrat Sur la Gueule de Juppé)
467, avenue de Dresde
75011 Paris Cedex 11

Je compte sur vous. Et d’ailleurs, si vous pouviez envoyer un petit supplément pour que mon ami Tchétchène puisse s’occuper de Lionel Jospin qui lui, et c’est encore pire, *commence* un blog, ça ne serait pas du luxe. Mais comme il est fort probable que d’ici deux ou trois mois il « assume ses responsabilités et se retire définitivement de la vie blogaristique », ce n’est pas le plus urgent.
Merci.



Guignolades mises à part, je ne sais pas où est passé ce mois d’août. Je sais qu’il existe, j’ai vérifié dans le calendrier et même dans le Journal Officiel, au cas où Sarkozy aurait fait passer une loi supprimant le mois d’août, mais non, rien. Il y a bel et bien un mois d’août, mais dans mon esprit je suis passé directement de juillet à septembre. Comme si j’avais cessé d’exister pendant un mois.

Je dois dire que je suis si pressé de reprendre les cours que cela ne m’étonne qu’à moitié. Enfin, « pressé »... Personne de censé n’est pressé d’aller chier des pendules (je vais devoir faire trois heures et demi de trajet quotidiennement, je ne l’ai encore jamais fait et espère que cela n’aura pas trop d’impact), mais disons que je suis en tout cas content de rentrer. Et la sensation est agréable, d’autant plus que toute ma vie, j’ai particulièrement mal vécu la rentrée des classes. Peu de gens aiment cela évidemment, mais je les vivais beaucoup moins bien que les autres. Elles me rendaient physiquement malade, et m’abattaient le moral pour au moins deux semaines. Je me sentais oppressé par une masse invisible, quelque chose se rapprochant du Léviathan de Hobbes, si vous voulez.

Et depuis la rentrée 2005, les choses vont mieux. Celle de l’an dernier était bien sûr particulière, entre 1/ l’infection urinaire qui m’a coûté un testicule, 2/ l’imbroglio avec la fac dans laquelle je voulais aller et qui m’a fait me résigner à m’inscrire dans une autre et pour y suivre un autre cursus... chose parfaitement subie à l’époque mais qu’aujourd’hui je considère sans problème avoir été ma meilleure décision prise depuis un bon moment, et 3/ bien sûr la petite peine de cœur qui va bien.
Mais en ce qui concerne celle à venir, je touche du bois, les conditions sont « normales ». Et je vais bien, je suis satisfait, je n’ai pas d’aversion ni d’appréhension particulière, hormis celles légitimes de devoir me coltiner une merde infâme en guise de prof (par exemple, pour ceux qui connaissent, en microéconomie), ou des camarades de cours particulièrement gratinés. Rien d’ingérable, en somme.

Et ça, c’est une première. Cela fait désormais six mois que j’ai conjointement arrêté les antidépresseurs et le suivi, et je n’ai pas connu de rechute, j’ai vraiment l’impression d’avoir les mêmes armes que les autres. Je n’ai peut-être pas encore autant confiance en moi qu’il le faudrait, ou plutôt devrais-je dire que je le voudrais, mais je progresse. Et je reste méfiant, ce n’est pas parce qu’aujourd’hui je vais bien que dans trois mois je ne serai pas retombé dans mes travers passés. Les crises d’angoisse le matin au réveil, la peur d’aller en cours, de voir les profs, de voir les autres, de prendre les transports. D’aller dehors, en somme.

Mais tout ça m’a l’air si lointain, comme si ça avait fait partie d’une vie antérieure, d’une époque révolue...