dimanche 12 novembre 2006

Mais qu’est-ce qu’il fout, Godot ?

Bonsoir.

Je vais tenter ici d’achever les Chroniques de la Couille. Toutes les bonnes sagas ont une fin. Les mauvaises aussi, du reste.
Résumé des épisodes précédents :
Alors qu’il était heureux comme un pinson gay, neev fût frappé par la maladie. Tabassé même. En effet, obéissant à son bon vieux principe du « Tu paieras ta minute de bonheur au centuple, mon fils », Dieu foudroya le pauvre jeune homme à l’entrejambe sans crier « GARE ! » ni même « AÉROPORT ! » et encore moins « STATION D’MÉTRO ! » Queud’. Ce faisant, neev fût du jour au lendemain privé de tout. D’amour, alors qu’il avait retrouvé les joies d’aimer et d’être aimé, et ce en dépit des blessures du passé. De vie, car contraint de rester immobile dans son lit doté d’un vieux matelas de 25 ans d’âge. De joies, car désespérément seul et désoeuvré. Bouh. L’oisiveté étant maman de tous les vices, neev retomba dans un de ses vieux travers : le pari sportif. Pire encore, le pari sportif sur des matches de foot de seconde division tchèque. Ah bah ouais, quand on est vicieux, on est vicieux.
Après avoir perdu la somme astronomique de huit euros sur ce championnat de pays de bouffeurs de patates de merde, le jeune homme s’est dit qu’il faudrait peut-être arrêter les conneries ; aussi fit-il la demande expresse au site de la Française des Jeux de le bannir avant d’être complètement ruiné.
Au niveau santé, c’est Tchernobyl. De complications en complications, le jeune éphèbe (si, si) passa sur le billard dénué de boules, histoire de tenter de récupérer les siennes. Le chirurgien, zélé, entreprit de creuser une galerie dans le testicule gauche, sans doute pour y faire passer une nouvelle ligne de RER, je ne sais pas. Toujours est-il qu’au final, le valeureux neev avec une bourse gauche en zone sinistrée, mais heureusement guérie (je crois.)


Seul, ruiné, mais guéri.

Je suis allé chez le chir’, hier. Dernière visite. Ca cicatrise bien, il n’y a qu’un problème de bourgeonnement de peau à régler. Le bourgeon, situé à l’endroit de la plaie, a la forme et la consistance d’un clitoris. Je dois le masser matin et soir à la pommade pour le faire disparaître ; j’aime autant vous dire que lorsque je me retrouve jambes écartées à titiller mon bourgeon avec la pulpe du majeur, je me sens particulièrement femme. Bref.

L’heureuse nouvelle, c’est que selon lui les résultats des tests sont clean. Normalement, j’en ai donc terminé... enfin. Il ne me restera qu’à faire un spermogramme quand je le sentirai, histoire de constater l’étendue des dégâts sur ma fécondité. Je verrai les modalités avec le généraliste. J’aimerais me concentrer sur autre chose, pour changer. D’autant que je commence à en rêver, la nuit.

J’ai débuté les études il y a deux semaines. L1 d’Eco-gestion. Je crois que je m’y plais, ça va. J’y mets de la volonté en tout cas. J’y reviendrai à l’avenir.

J’essaie d’arrêter les antidépresseurs. Depuis 15 jours, en gros. Je diminue graduellement les doses, après avoir un peu déconné au début (j’ai vite compris ma douleur.) A la fin du mois, même sûrement avant, j’en serai débarrassé. Ces trucs me fatiguent. On verra comment ça se passe sans, si c’est trop tôt, je prolongerai un peu.

Ainsi s’achève la partie chiante. Je déteste donner de mes nouvelles.

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Place à la gaudriole et à la saucisse-frite. J’ai découvert un truc rigolo récemment. Ca doit exister depuis 25 ans au moins mais je suis toujours le dernier averti de la sortie de nouveaux gadgets. Voilà, j’ai fait la Carte des lecteurs de Déneevrance, ici ! Mais pour qu’elle soit le plus complète possible, il faut que vous alliez vous y ajouter. C’est très facile, rapide et il n’est aucunement besoin de s’inscrire. Ecrivez juste votre nom/pseudo, votre ville, et un petit mot (dîtes-moi que vous m’aimez ou que vous rêvez de me peler la chair au cutter, ça m’indiffère.) Je vous conseille de visionner la carte avec l’option « satellite », ça reprend les clichés de Google Earth (que tout le monde connaît désormais), c’est chouette. On peut zoomer, dézoomer, se balader partout sur Terre. Je suis curieux de savoir sur combien de continents on me lit, tiens.

Si on me lit sur moins de 15 (quinze) continents, j’arrête ce journal. Vous vous démerdez.

Autrement, l’Evoluton Neevienne continue sa marche vers le trépas. Voici où j’en suis en ce moment (ajout de la 4e image par rapport à l’autre fois) :



Avez-vous remarqué ? Je change de couleur de cliché en cliché ! Je suis une affiche Benetton à moi tout seul ! J’ai cherché les raisons de ces changements de pigmentation icono-picto-numérique : la luminosité ? La température ? Le soleil ? La santé ? Ah ! non. Le talent. Pur. Cristallin.

Ou alors peut-être est-ce parce que les Photomatons c’est de la merde en barre en vendue par paquets de trois pour le prix de deux.

Toujours est-il que l’on remarque un net changement entre 22 et 23 ans. J’ai pris du poids. Et je me suis mis à l’alcool, ce qui explique le teint rosé. Un alcoolique obèse, voilà ce que je suis devenu. Criblé de dettes de jeux. Mitraillé par la maladie. Seul. Abandonné. A l’article de la mort. J’ai déjà réservé un encart dans la rubrique « carnet » du Monde pour y annoncer mon décès et ce grâce aux quelques pièces que mon vice du jeu a bien voulu épargner.

C’est la shit. C’est la très grande shit. C’est la shittance extrême qui s’abat sur moi. Je me sens soudainement très shité.

(D’accord, j’arrête.)

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Pour finir, hier matin mon père regardait un débat politique sur la télévision espagnole. Sans doute une rediffusion. J’étais dans ma chambre, mais il met la télé si fort que j’ai droit à un diffus bruit de fond :
« Blabloblo ... cataluña ... gnignagnoblabla ... importante ... blablablognégné ... democracia ... gnignignagnu ... real madrid ... foutchoufoutchoufoutchgneugneu ... puta madre de mierda ... gnagnignatactactac ... »
Ponctué de temps en temps des réactions viscérales du pater :
« Blabloblo ... BRAVO ! CLAP CLAP CLAP ... gnignagnoblabla ... FASCISTE ! ... blablablognégné ... democracia ... gnignignagnu ... CONNARD ! ... »

C’est officiel, je sais de qui je tiens mon vocabulaire.

PS : et allez vous signaler sur ma carte, sinon je tue un castor.