La vilenie d’être jeune
Vous souvenez-vous de la blonde aux yeux verts qui me sourit tout le temps et qui fait sa grande timide quand elle me parle ? Oui ? Eh bien elle a un copain. Il faudrait qu’on explique aux femmes qu’il faudrait qu’elles arrêtent de se rendre désirables aux autres lorsqu’elles se retirent du marché, parce que ça énerve.
Notre chargé de TD (vous savez, les gens sous amphétamines, là) de maths l’a envoyée au tableau étudier une suite récurrente pas méchante. Elle ne comprenait visiblement rien à ce qu’elle faisait, et y a passé un long moment de solitude. Elle rougissait, souriait benoîtement, feignait de comprendre ce qu’on lui racontait. Sa petite voix. Son jean bleu serré et son haut jaune trop petit. Mes yeux décrivaient un mouvement de va et vient entre sa poitrine frétillante et l’arme de destruction massive qui lui sert de sourire. Le soleil irradiait la classe, la chaleur était écrasante. Au loin, une licorne se désaltérait de l’eau de l’étang, et... Enfin bref, elle était craquante. Mais mademoiselle a un copain. Exprès pour m’emmerder, je suis sûr.
Il y en a une autre à qui je plais bien, on me l’a d’ailleurs confirmé. Mais toujours le même problème, trop jeune, aucun intérêt. Des fesses, certes de rêve, mais trop jeunes. Et lorsque l’âge convient, ce sont leurs manières ou leur mentalité qui m’insupportent.
Cette fac commence à me casser les couilles. Je vais finir sur meetic, moi, si ça continue.
Et puisque j’en suis à parler de l’âge, la différence est parfois assez violente. Par exemple, dans le petit groupe que je fréquente, composé au demeurant de jeunes gens très sympathiques, il ne se passe pas une journée sans que quelqu’un fasse une blague ayant rapport de près ou de loin avec la branlette. Tous. Les. Jours.
C’est. Très. Lourd.
Leurs discussions sont aussi souvent très matérialistes. Ils parleront de leur voiture quasi quotidiennement. Ils ont tous 19 ans et ont tous leur voiture personnelle, parfois d’occasion mais le plus souvent neuve. Je peux facilement comprendre qu’ils en parlent... vu qu’ils ont tous ça en commun.
Ou encore, leurs petits copains. Ils se font arranger leurs coups par un tiers qui sert d’entremetteur, exactement comme au collège. Et ils se retrouvent avec quelqu’un par défaut. Sans séduction, ni rien. Ca faisait tellement longtemps que je n’avais pas vu ce genre de procédé que je m’en me suis trouvé ahuri.
Autant vous dire que je me sens parfois un peu étranger à leur petit monde. A tort ou à raison, ou plutôt devrais-je dire à tort et à raison.
***
Il y a une publicité qui m’agace un peu. Je regarde la télévision une heure par semaine à tout casser, aussi ai-je tout juste eu le temps d’appuyer sur ma barre d’espace pour faire une capture d’écran et illustrer le propos que je vais tenir maintenant.
Il s’agit d’une publicité pour LCL, anciennement Crédit Lyonnais. Elle met en scène un troupeau de jeunes étudiants auxquels une voix off balance la litanie de prétendus avantages que la banque leur offre. Voilà le troupeau de jeunes en question :

Passons le fait qu’ils ont tous l’air parfaitement crétin, que remarquons-nous ? 17 personnes, 17 blancs. Hormis un vaguement basané, pour l’anecdote. Faudrait que les gens de la communication chez LCL viennent dans un amphi, pour voir si le ratio 16 contre 1 est un ratio bien raisonnable. A moins bien entendu que LCL ne s’adresse qu’aux gens peuplant les Grandes Ecoles, auquel cas je crains fort que leur cible marketing ne soit quelque peu... étriquée. Il serait si ballot de perdre des parts de marché sur l’oubli malencontreux d’un bon quart de la jeunesse d’un pays. On fustigeait les émissions de télé-réalité et leur casting clientéliste et politiquement correct, mais au moins on était suffisamment intelligents pour justement en tenir compte, des réalités.
Oh, et puis quelle importance. Je suis à la Caisse d’Epargne de toutes façons.

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