Asator’s dilemma
Ayant un emploi du temps de cadre sup’ cocaïnomane auquel je commence tout juste à m’habituer, ce qui explique - pour une fois - mon absence, je vous offre (jette) le début d’une entrée que j’ai commencé le vendredi 29 septembre et devant laquelle je me suis évanoui de fatigue. Suivi bien entendu de l’entrée de ce jour, si toutefois je ne m’évanouis pas de nouveau.
[Début]
Il est évident que lorsque l’on est, comme moi, un sataniste nietzschéen crypto-fascsite adorateur de Charles Pasqua, on a du mal à s’intégrer socialement dans un groupe d’individus lambda ; sauf à menacer les individus concernés avec une arme à feu. Ce qui est certes un procédé très ingénieux et qui a fait ses preuves, mais c’est également de la triche.
Et tricher, c’est comme coucher. C’est mal.
C’est donc rempli à ras bord de vertu et de jolis principes que j’ai effectué ma rentrée universitaire il y a une semaine. Et la vertu étant un concept aussi volatil qu’un billet de 500 euros place de l’Etoile, au bout d’une semaine j’ai déjà envie de fourrer toutes les filles de mon amphi. La vie estudiantine est décidément quelque chose de fascinant.
Conneries grasses mises à part, je suis content. Mes profs sont presque tous compétents, ce qui eut tôt fait de flatter mon côté gauchiste et d’ébranler mon côté droitiste (je vous le dis : le quotidien d’un hypercentriste de mon espèce est très riche en émotions), et je n’ai pas tardé à me faire des copains. Enfin surtout des copines, car ayant cinq ans de retard sur le parcours « normal », je me retrouve à devoir faire la discussion à de jeunes hommes de 19 ans. Et déjà que moi à 24 j’ai du mal à me supporter, je ne vous raconte pas l’effort à produire pour les encaisser.
J’exagère, bien sûr. Ces jeunes gens sont tous très gentils, et presque tous propres sur eux.
Nan, j’déconne.
Ah, au fait. Je vous avais parlé en juin dernier d’une comique visite chez le dermato en vue de me scalper à la rentrée des kystes que j’ai sur le crâne. Eh bien voilà, c’est fait, je suis scalpé. Il m’a enlevé les deux plus gros (les autres ne se voient pas, je ne porte pourtant que 9mm de cheveux), à la place desquels j’ai désormais deux cicatrices, et des fils que je dois enlever prochainement. C’est beaucoup plus glamour et mystérieux, je fais croire aux gens que j’ai fait la guerre, et tout.
La consultation fût beaucoup moins folklorique que celle de juin : il ne m’a pas fouillé dans les fesses, cette fois-ci.
[fin]
***
Deux grosses semaines sont passées. Mes cheveux ont vite repoussé, je n’ai même pas de véritable cicatrice. On vit une époque de dingue : on vous ouvre, on vous retire un truc gros comme l’Univers, on vous referme, et trois semaines après c’est comme si personne ne vous avait jamais touché. On ne peut même plus frimer ou caresser son complexe de mâle guerrier survivant ultime de la Grande Apocalypse. Putain de progrès. Ca vous donnerait presque envie de voter néo-conservateur.
J’ai dit presque.
Considérations cosmétiques mises à part, il y a autre chose qui me chafouine un peu la gueule, si je puis dire. Une fille de mon amphi me plaît bien, ou plus exactement, j’ai envie d’enfoncer ma langue au fond de son œsophage à chaque fois que je la vois. Une blonde aux yeux verts, avec des taches de rousseur. Ce qui est amusant, c’est que nous sommes aussi liquéfiés l’un que l’autre lorsque nous nous parlons. J’en conclus bien volontiers que je ne la laisse pas totalement indifférente, et seriez-vous tentés de me dire « Fête ! Liesse ! Sandwiches au pâté, neev ! Malzal tov, putain de ta race ! » Oui. Sauf qu’elle a 19 ans, que je suis toujours sorti avec des filles plus âgées que moi (ce qui fait d’elles des femmes, du coup. Enfin je crois qu’on appelle ça comme ça. Ce n’est pas comme si j’étais un expert.), que je n’ai rien à lui dire et que j’ai vraiment d’autre chose à faire que de m’encombrer de quelqu’un en ce moment.
Je tiens certes un discours très différent lorsque vient le temps de la branlette du mercredi soir, mais que voulez-vous : c’est là la pitence de l’homme assez faible pour avoir des principes. Les femmes ne sont pas des sacs à foutre.
Fait chier. Je vais m’évanouir de fatigue tiens, pour la peine.
PS : Je mettrai dorénavant en ligne chaque semaine, le week-end, pour installer un rituel dont j’ai besoin et éviter que des périodes d’un mois ne passent alors que j’ai des tonnes de choses à écrire.

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