samedi 2 septembre 2006

Les w00teries les plus courtes sont les plus courtes

Je me sens trahi. Lésé, roulé dans la maïzena. Durant l’intégralité du mois d’août, j’ai fait vœu de silence ici-même pour me sentir en parfaite symbiose avec mon héros, mon mentor, l’homme qui a paralysé la France à lui tout seul pendant presqu’un mois entier (l’émotion me gagne rien que d’y repenser) : Alain Juppé. Mon petit chéri n’avait rien écrit dans son blog depuis le 1er août. Benoîtement, je pensais qu’il prenait un mois de vacances pour se reposer de ses deux ans d’exil occupés à expliquer la vie au Québécois, ce que je pouvais comprendre tant il est exténuant de prendre un Bécois de haut (ils se mettent généralement à crier très fort des choses inintelligibles qu’ils tiennent pour du français, jusqu’à ce que l’interlocuteur succombe d’une hémorragie cérébrale.)
Alors qu’en réalité, il préparait juste son retour politique dans sa ville de merde. Et qu’en conséquence... il arrête son blog !

J’ai envie de pleurer, tiens. Décembre 95, ça va, l’affaire des emplois fictifs du RPR, passe encore, mais l’arrêt du blog... Cette fois il va trop loin. C’est pourquoi j’ai décidé de lancer une opération de collecte de dons pour payer les services d’un tueur à gages tchétchène qui s’occupera de lui de manière très professionnelle. Alors voilà, vous pouvez envoyer vos dons à :

Fondation COSUGUJU (un Contrat Sur la Gueule de Juppé)
467, avenue de Dresde
75011 Paris Cedex 11

Je compte sur vous. Et d’ailleurs, si vous pouviez envoyer un petit supplément pour que mon ami Tchétchène puisse s’occuper de Lionel Jospin qui lui, et c’est encore pire, *commence* un blog, ça ne serait pas du luxe. Mais comme il est fort probable que d’ici deux ou trois mois il « assume ses responsabilités et se retire définitivement de la vie blogaristique », ce n’est pas le plus urgent.
Merci.



Guignolades mises à part, je ne sais pas où est passé ce mois d’août. Je sais qu’il existe, j’ai vérifié dans le calendrier et même dans le Journal Officiel, au cas où Sarkozy aurait fait passer une loi supprimant le mois d’août, mais non, rien. Il y a bel et bien un mois d’août, mais dans mon esprit je suis passé directement de juillet à septembre. Comme si j’avais cessé d’exister pendant un mois.

Je dois dire que je suis si pressé de reprendre les cours que cela ne m’étonne qu’à moitié. Enfin, « pressé »... Personne de censé n’est pressé d’aller chier des pendules (je vais devoir faire trois heures et demi de trajet quotidiennement, je ne l’ai encore jamais fait et espère que cela n’aura pas trop d’impact), mais disons que je suis en tout cas content de rentrer. Et la sensation est agréable, d’autant plus que toute ma vie, j’ai particulièrement mal vécu la rentrée des classes. Peu de gens aiment cela évidemment, mais je les vivais beaucoup moins bien que les autres. Elles me rendaient physiquement malade, et m’abattaient le moral pour au moins deux semaines. Je me sentais oppressé par une masse invisible, quelque chose se rapprochant du Léviathan de Hobbes, si vous voulez.

Et depuis la rentrée 2005, les choses vont mieux. Celle de l’an dernier était bien sûr particulière, entre 1/ l’infection urinaire qui m’a coûté un testicule, 2/ l’imbroglio avec la fac dans laquelle je voulais aller et qui m’a fait me résigner à m’inscrire dans une autre et pour y suivre un autre cursus... chose parfaitement subie à l’époque mais qu’aujourd’hui je considère sans problème avoir été ma meilleure décision prise depuis un bon moment, et 3/ bien sûr la petite peine de cœur qui va bien.
Mais en ce qui concerne celle à venir, je touche du bois, les conditions sont « normales ». Et je vais bien, je suis satisfait, je n’ai pas d’aversion ni d’appréhension particulière, hormis celles légitimes de devoir me coltiner une merde infâme en guise de prof (par exemple, pour ceux qui connaissent, en microéconomie), ou des camarades de cours particulièrement gratinés. Rien d’ingérable, en somme.

Et ça, c’est une première. Cela fait désormais six mois que j’ai conjointement arrêté les antidépresseurs et le suivi, et je n’ai pas connu de rechute, j’ai vraiment l’impression d’avoir les mêmes armes que les autres. Je n’ai peut-être pas encore autant confiance en moi qu’il le faudrait, ou plutôt devrais-je dire que je le voudrais, mais je progresse. Et je reste méfiant, ce n’est pas parce qu’aujourd’hui je vais bien que dans trois mois je ne serai pas retombé dans mes travers passés. Les crises d’angoisse le matin au réveil, la peur d’aller en cours, de voir les profs, de voir les autres, de prendre les transports. D’aller dehors, en somme.

Mais tout ça m’a l’air si lointain, comme si ça avait fait partie d’une vie antérieure, d’une époque révolue...