Flaques de Soleil
La journée était pourtant belle.
Ne vous sont-elles pas frustrantes, n’ont-elles pas un arrière-goût dégueulasse, ces journées d’abord agréables et qui se terminent en eau de boudin ? A moi, elles me donnent envie de pleurer. J’ai l’impression qu’un géant s’amuse à serrer mon cœur dans son poing, de toutes ses forces.
J’ai bien aimé cette journée, jusqu’à 23h30. D’abord parce que j’ai revu Pinkie. Nous nous étions salement brouillés mi-décembre - dans des conditions plutôt sordides et évidemment pour des conneries - et nous n’avons pas eu de nouvelles de l’autre pendant presque quatre mois. Assez souvent j’ai eu envie de la recontacter mais je ne savais pas s’il le fallait. J’imagine que cela devait être de même de son côté.
Aujourd’hui nous nous sommes croisés, j’ai tenté un geste de la main auquel elle a répondu, nous nous sommes arrêtés et nous avons pris de nos nouvelles pendant une demie-heure. Et ça m’a fait plaisir. Je crois même que ça m’a fait chaud au cœur.
J’ai ensuite vu Elle, qui depuis notre rupture est devenue une amie (il faudrait d’ailleurs que je lui trouve un autre pseudo.) J’arrive facilement à rire, avec elle. Comme avec la plupart des gens adorables d’ailleurs. Mon petit plaisir, c’est d’aller voir une comédie en sa compagnie car lorsqu’elle rit vraiment, elle imite à la quasi-perfection Chewbacca qui lui essaierait d’imiter une otarie contrariée. Ca emmerde tout le monde dans la salle, mais moi ça m’amuse follement.
Et comme aujourd’hui le film que nous sommes allés voir était très drôle, elle a pu me faire l’otarie. J’étais content comme un môme.
Tiens, « Lotharie » c’est pas mal comme pseudo, ça. Ca fait Lothar au féminin. *OINK OINK !*
Le soir, j’ai continué cette belle journée en dégustant un de mes plats favoris : cabillaud à la sauce tomate accompagné de riz complet. Un délice de fin gourmet psychorigide. J’adore. Et j’ai enchaîné avec un des mes hobbies préférés : m’installer bien confortablement devant un match de foot et m’endormir au bout d’un quart d’heure (mon record absolu est six minutes.) Là encore, deux heures de vrai régal. C’est fou ces gens qui s’encombrent de Stilnox alors qu’il suffit de regarder Eurosport sur un matelas correct pour sombrer dans le plus profond des comas.
Je me suis arraché à ma sieste peu après la fin du match. Vers 23h30, ma mère frappe à ma porte et me demande un service. Trois photocopies à faire. Je regarde les documents qu’elle me présente : il s’agit de relevés de comptes en banque au nom de mon père. PEL, Livret A, Codevi, bref les conneries habituelles du bon contribuable centriste cher à Renaud. Sachant fort bien que, bien qu’elle soit un peu fouille-merde sur les bords, ma mère ne ferait pas de photocopies de relevés de compte appartenant à quelqu’un d’autre sans se sentir motivée par une raison valable, il ne m’en fallut pas davantage pour comprendre que ces deux imbéciles se sont encore engueulés pour des histoires de pognon. Sûrement en mon absence.
J’eus rapidement confirmation, en lui tendant les reproductions et les originaux :
Milia : D’abord ne te fâche pas, hein ?
neev : Je ne me fâche pas.
Milia : Bon. Regarde, il a de l’argent, d’accord ?
neev : Et ?
Milia : Eh ben il me demande quand même mon argent ! Il dit qu’il va faire des travaux dans la maison en Espagne, mais moi je ne veux pas, qu’il fasse avec son propre argent !
neev : La maison est à toi, continue simplement de dire non. S’il s’énerve, eh bien. Il s’énervera tout seul.
Milia : Non parce que tu sais, dès qu’il sera à la retraite il partira ! (ndr : Retraite le 30 juin 2006, il compte les jours. Il n’est pas le seul, du reste.)
neev : Je sais, il m’a dit qu’il comptait passer quatre ou cinq mois par an là-bas. Je sais très bien que ça deviendra rapidement un retrait définitif, il ne dupe personne.
Milia : Oui ! Et moi qu’est-ce que je fais s’il m’arrive quelque chose ?
J’ai eu envie de lui répondre « Eh bien tu demanderas ta retraite, je bosserai à temps partiel tant que je n’ai pas de diplôme à peu près potable, et on mangera des nouilles un peu plus souvent. » Mais je savais qu’elle n’apprécierait pas du tout, alors je me suis abstenu.
Milia : Alors c’est pour ça, je fais des photocopies pour essayer de me protéger, moi.
neev : Je te fais toutes les photocopies que tu veux, ce n’est pas le problème. Mais planque-les bien. Je ne veux pas d’une guerre à la maison, et encore moins être pris à parti pour ce genre de conneries.
Milia : Ne te fâche pas...
neev : Je ne me fâche pas, je préviens.
Milia : Bon, bon. Merci, en tous cas.
neev : C’est rien.
Et moi qui m’apprêtais à aller dormir bien sagement. Comment voulez-vous que je dorme, alors que le prélude à un nième drame familial (mal joué, en plus) se trame ? J’espère sérieusement qu’ils vont trouver un terrain d’entente à leur petit conflit d’intérêts minable. Je n’ai pas les moyens de déménager.
Et ma mère qui me demande de ne pas me fâcher... Mais ça ne me fâche pas, idiote. Ca me fait de la peine.
Ne vous sont-elles pas frustrantes, n’ont-elles pas un arrière-goût dégueulasse, ces journées d’abord agréables et qui se terminent en eau de boudin ? A moi, elles me donnent envie de pleurer. J’ai l’impression qu’un géant s’amuse à serrer mon cœur dans son poing, de toutes ses forces.
J’ai bien aimé cette journée, jusqu’à 23h30. D’abord parce que j’ai revu Pinkie. Nous nous étions salement brouillés mi-décembre - dans des conditions plutôt sordides et évidemment pour des conneries - et nous n’avons pas eu de nouvelles de l’autre pendant presque quatre mois. Assez souvent j’ai eu envie de la recontacter mais je ne savais pas s’il le fallait. J’imagine que cela devait être de même de son côté.
Aujourd’hui nous nous sommes croisés, j’ai tenté un geste de la main auquel elle a répondu, nous nous sommes arrêtés et nous avons pris de nos nouvelles pendant une demie-heure. Et ça m’a fait plaisir. Je crois même que ça m’a fait chaud au cœur.
J’ai ensuite vu Elle, qui depuis notre rupture est devenue une amie (il faudrait d’ailleurs que je lui trouve un autre pseudo.) J’arrive facilement à rire, avec elle. Comme avec la plupart des gens adorables d’ailleurs. Mon petit plaisir, c’est d’aller voir une comédie en sa compagnie car lorsqu’elle rit vraiment, elle imite à la quasi-perfection Chewbacca qui lui essaierait d’imiter une otarie contrariée. Ca emmerde tout le monde dans la salle, mais moi ça m’amuse follement.
Et comme aujourd’hui le film que nous sommes allés voir était très drôle, elle a pu me faire l’otarie. J’étais content comme un môme.
Tiens, « Lotharie » c’est pas mal comme pseudo, ça. Ca fait Lothar au féminin. *OINK OINK !*
Le soir, j’ai continué cette belle journée en dégustant un de mes plats favoris : cabillaud à la sauce tomate accompagné de riz complet. Un délice de fin gourmet psychorigide. J’adore. Et j’ai enchaîné avec un des mes hobbies préférés : m’installer bien confortablement devant un match de foot et m’endormir au bout d’un quart d’heure (mon record absolu est six minutes.) Là encore, deux heures de vrai régal. C’est fou ces gens qui s’encombrent de Stilnox alors qu’il suffit de regarder Eurosport sur un matelas correct pour sombrer dans le plus profond des comas.
Je me suis arraché à ma sieste peu après la fin du match. Vers 23h30, ma mère frappe à ma porte et me demande un service. Trois photocopies à faire. Je regarde les documents qu’elle me présente : il s’agit de relevés de comptes en banque au nom de mon père. PEL, Livret A, Codevi, bref les conneries habituelles du bon contribuable centriste cher à Renaud. Sachant fort bien que, bien qu’elle soit un peu fouille-merde sur les bords, ma mère ne ferait pas de photocopies de relevés de compte appartenant à quelqu’un d’autre sans se sentir motivée par une raison valable, il ne m’en fallut pas davantage pour comprendre que ces deux imbéciles se sont encore engueulés pour des histoires de pognon. Sûrement en mon absence.
J’eus rapidement confirmation, en lui tendant les reproductions et les originaux :
Milia : D’abord ne te fâche pas, hein ?
neev : Je ne me fâche pas.
Milia : Bon. Regarde, il a de l’argent, d’accord ?
neev : Et ?
Milia : Eh ben il me demande quand même mon argent ! Il dit qu’il va faire des travaux dans la maison en Espagne, mais moi je ne veux pas, qu’il fasse avec son propre argent !
neev : La maison est à toi, continue simplement de dire non. S’il s’énerve, eh bien. Il s’énervera tout seul.
Milia : Non parce que tu sais, dès qu’il sera à la retraite il partira ! (ndr : Retraite le 30 juin 2006, il compte les jours. Il n’est pas le seul, du reste.)
neev : Je sais, il m’a dit qu’il comptait passer quatre ou cinq mois par an là-bas. Je sais très bien que ça deviendra rapidement un retrait définitif, il ne dupe personne.
Milia : Oui ! Et moi qu’est-ce que je fais s’il m’arrive quelque chose ?
J’ai eu envie de lui répondre « Eh bien tu demanderas ta retraite, je bosserai à temps partiel tant que je n’ai pas de diplôme à peu près potable, et on mangera des nouilles un peu plus souvent. » Mais je savais qu’elle n’apprécierait pas du tout, alors je me suis abstenu.
Milia : Alors c’est pour ça, je fais des photocopies pour essayer de me protéger, moi.
neev : Je te fais toutes les photocopies que tu veux, ce n’est pas le problème. Mais planque-les bien. Je ne veux pas d’une guerre à la maison, et encore moins être pris à parti pour ce genre de conneries.
Milia : Ne te fâche pas...
neev : Je ne me fâche pas, je préviens.
Milia : Bon, bon. Merci, en tous cas.
neev : C’est rien.
Et moi qui m’apprêtais à aller dormir bien sagement. Comment voulez-vous que je dorme, alors que le prélude à un nième drame familial (mal joué, en plus) se trame ? J’espère sérieusement qu’ils vont trouver un terrain d’entente à leur petit conflit d’intérêts minable. Je n’ai pas les moyens de déménager.
Et ma mère qui me demande de ne pas me fâcher... Mais ça ne me fâche pas, idiote. Ca me fait de la peine.

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