Une kyrielle de bananes haut dans le ciel
Commençons par les nouvelles, on sera débarrassés :
1/
On dirait que cette histoire de sommeil est derrière moi. Je ne me suis pas affolé mais six semaines à quatre heures de pionce par jour... j’ai sérieusement cru que j’allais devenir fou. Le bon côté des choses, c’est que ce mois de février je l’ai vraiment vu passer.
Mais il ne faudrait pas que ça recommence.
2/
J’ai reçu ma carte de militant oumpiste. Ca me fait tout chose d’être le néo-brotha d’hommes charismatiques et visionnaires comme Patrick « je prévois la fin du pétrole pour l’an 2180 » Devedjian, François « chikunguquoi ? » Baroin, Jean-François « Jeff » Copé et bien entendu le plus viril et couillu de tous : Michèle « homme avec des seins » Alliot-Marie. Il y a vraiment beaucoup de talent dans cette équipe, c’est le Real Madrid de la politique française. Enfin par rapport au camp d’en face, et ses Ségolène « J’accuse un type de pédophilie même après qu’il se soit suicidé et que l’enfant de 6eme ait reconnu, tout piteux, avoir fabulé » Royal, Georges « hé les gars, et si on faisait un classement ordonné des êtres humains en fonction de leur appartenance politique et de leur communauté ? » Frêche, Jean-Luc « T’en connais toi, des Lituaniens ? Qu’ils aillent se faire foutre ! » Mélanchon, Laurent « je propose de placer le SMIC à 4500 euros d’ici 2073 » Fabius, etc.
A la réception de la carte, mon premier réflexe a été de la jeter. Mais, sachant que ma mère s’amuse à fouiller dans mes affaires et que ça a le don de me foutre hors de moi, je me suis dit que je pourrais m’amuser un peu : je l’ai mise dans le tiroir de ma table de nuit, en évidence pour quiconque l’ouvrirait. Elle apprendra que lorsqu’on s’amuse à ouvrir la boîte de Pandore, il faut s’attendre à quelques mauvaises surprises.
Tenez, je vous montre quand même le machin, et après on n’en parle plus :

3/
En plus de la carte, il y avait dans mon courrier mes résultats d’examens. J’ai posté les résultats dans la brève du 6 mars, à droite. J’étais content, sur le coup. Je n’avais pas eu une aussi bonne moyenne depuis l’âge de 11 ans. On peut faire mieux, mais c’est bien pour une reprise.
*********
J’ai reçu un choc, ce matin. J’ai... j’ai vu ma mère à poil.
Je sortais de ma chambre, direction la salle de bain. Je passais devant la chambre adjacente à la mienne, j’y ai entendu ma mère alors j’ai tourné la tête pour la saluer. Et pas de bol pour moi, elle était en train de se changer. J’ai vite retourné la tête, accéléré le pas, pris une paire de ciseau, et je me suis crevé les yeux. Ca va mieux, depuis. J’ai juste encore les genoux qui tremblent un peu, j’ai dû ramper jusqu’à la cuisine pour manger mes céréales ce matin.
Elle était de dos et n’a pas vu que je l’ai vue (vous voyez ?) Tant mieux d’ailleurs, ça nous évitera des bribes de dialogues imbibés d’un oppressant embarras, pourtant bien illégitime. Et de toutes manières, j’ai vite eu l’occasion de me laver l’esprit de toute vision maternelle inappropriée.
Car j’ai eu une révélation. J’ai des révélations en moyenne toutes les 25 secondes et elles se révèlent la plupart du temps être ineptes voire dangereuses, mais là je sens que je suis sur quelque chose d’énorme. Et mon devoir de citoyen est de vous mettre au courant du grand complot planétaire qui se trame.
J’étais au cinéma, le cul vissé sur mon siège, les yeux plantés sur les pubs et les oreilles tendues vers les conversations à mi-voix des gens qui ont eu la bonne idée de poser à proximité d’un sociopathe dans mon genre. Une nana, pas mal mais très largement avilie par son ostentatoire qualité de bourgeoise, sort d’un ton crassement péremptoire et incrédule à son voisin : « Je ne comprendrai jamais ces acteurs qui s’enlaidissent juste pour tourner un film ! » Elle faisait référence à G. Clooney et au film que nous apprêtions à voir (subir.)
Cette remarque suintant l’intelligence m’a fait sourire et penser très fort « Pourtant vous, ça n’a pas l’air de vous poser problème de le faire sans raison valable, alors pourquoi pas un acteur pour le besoin d’un film ? », mais en bon chrétien j’ai aussitôt ressenti un vague sentiment de honte de m’être amusé d’une personne qui est, de toute évidence, handicapée mentale.
Et c’est donc en bon musulman (oui, je me cherche encore) que je suis retourné pacifiquement à mes chères publicités, dont la présente s’évertuait à me venter les prétendus délices de bonbons chocolatés qui parlent (certains publicitaires, je pense, doivent se droguer férocement.)
Et là, comme par magie et alors qui le logo Warner Bros. s’affichait, les bonbons chocolatés firent leur retour : la fille dont je parle plus haut avait attendu le début du film pour sortir son paquet de M&m’s de merde. Je redoutais la chieuse génératrice de déferlants parasites sonores, empêchant de suivre convenablement les dialogues d’un film par ailleurs sacrément abscons à la base. Pendant quinze minutes, les gens - y compris moi-même - autour d’elle se sont relayés pour lui dire de faire attention au bruit émanant de son paquet, une s’est même gentiment mise à lui expliquer qu’il fallait « ouvrir plus grand le paquet pour réduire les risques de gêne pour les autres. » Ca l’a beaucoup faite glousser, elle était visiblement très satisfaite d’être le centre d’attention du péquin moyen venu voir un film de merde.
Je fermis très fort les yeux pour me retenir d’encastrer mon poing dans sa petite gueule de pute embourgeoisée et de lui faire amèrement regretter son budget Séphora en lui ravageant par les larmes le plâtrage facial qui lui servait de maquillage.
C’est à ce moment, à ce moment très précis que j’eus ma révélation. Il existe un grand complot mondial, une sorte de Nouvelle Entente Cordiale entre les fabricants de saloperies chocolatées et les salles de cinéma. Je m’explique, et très volontiers du reste.
Nous sommes en l’an 2006. Les technologies sont nos de jours suffisamment avancés pour fabriquer des textures qui évacuent la transpiration tout en tenant chaud et en coupant le vent, pour faire tenir 120 Go de donnés sur un disque dur de la taille d’un timbre-poste, pour élaborer des robots qui vont se balader sur Mars et sur Titan, et pour cloner des vaches. Alors ne venez pas me dire que l’on ne peut pas produire des emballages à ouverture simplifiée et qui ne fait pas de bruit. Car bien entendu que l’on peut.
La question est simplement de savoir pourquoi les firmes ne le font pas.
J’ai la réponse. En bon moine taoïste (oui, je me cherche *vraiment*.)
La voici, sous forme simplifiée pour que même les plus cons d’entre vous puissent comprendre :

Ca fiche la trouille, hein dîtes ? Et dire que personne ne s’en serait jamais aperçu si je n’avais pas eu envie de massacrer la Miss Champagne-Ardenne assise à côté de moi. On a eu chaud. Ouais.
Mmm.
Je me demande quand même si ce n’est pas juste moi qui suis un gros violent...

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