samedi 25 mars 2006

Les tempes salées

Le temps file à la vitesse d’un casseur Place des Invalides : démesurément vite.

Voilà une semaine que je n’ai rien écrit ici par exemple, et j’ai pourtant l’impression qu’il ne s’est écoulé que 48 heures. Et pour cause, il me prend un sentiment que je croirais presque ressurgi d’une vie antérieure : celui de manquer d’heures dans mes journées. Lorsque je n’étudie pas, je suis dans les transports, lorsque je ne suis pas dans les transports je suis au cinoche ou ailleurs, lorsque je n’y suis pas c’est que je suis soit sur un vélo à pédaler comme une brute, soit avec une barre lestée de fonte dans les mains, lorsque ce n’est pas non plus le cas c’est que je révise mes langues, que je bouquine ou que je m’enivre de musique la plupart du temps tapageuse et enfin lorsque tout ce qui précède me fait me sentir au bord de la NeRvOuS bReAKdOwN : je dors.

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Une chose n’a pas changé, c’est le petit effet que me font les tempes salées. Après une ou deux heures consacrées à des activités constructives telles qu’écraser des pédales, fusiller ses baskets sur du bitume ou encore massacrer une balle en frappant dedans comme si c’était la tronche d’Isabelle Alonso, votre visage est à l’image de celui d’une actrice de gonzo en fin de coït : maculé et dégoulinant. Hum. Mais d’une viscosité moindre. Quand même.
Et une fois la sueur évaporée, oh, magie, restent de minuscules grains blancs collées à vos tempes et votre front. Du sel. J’ai toujours trouvé ça très rigolo. Aussi joué-je les Amélie Poulain, en passant dessus mon doigt et en le posant sur ma langue. C’est ma petite récompense pour les efforts livrés.

Et bien sûr après je viens chialer parce que j’ai des aphtes.

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Je n’ai décidément pas beaucoup de chance avec les saynètes qui illustrent mon sommeil déjà bien chaotique. Dernièrement j’ai rêvé que ma sœur et moi nous faisons des attouchements. Ce n’était pas violent, presque enfantin, mais ça puait la libido malsaine. Je me suis réveillé avec une sensation nauséeuse lourde et persistante, mais heureusement modérée. J’ai pris quelques gorgées d’eau. Je me suis rallongé. Et je me suis rendormi. Fin de l’histoire....

... eh non. Quelques nuits plus tard j’ai rêvé que je tentais d’assassiner mon père à l’aide d’un pistolet (un jouet, du reste) qui lançait des arcs électriques. J’ai commencé par le prendre par traîtrise en dégainant dans son dos. Puis j’ai appuyais. Le jus le faisait hurler et se tordre de douleur, alors j’arrêtais... pour recommencer de plus belle. Je le torturais ainsi, sous ses supplications écoeurantes. Sans réel plaisir mais avec le sentiment du « ce qui est à faire doit être fait. »
Le flingue s’est déchargé. J’en avais un second, mais j’ai renoncé à l’utiliser pour achever mon père. Peut-être était-ce mon conscient qui reprenait le dessus, sachant que je me suis réveillé l’instant d’après.
Je me suis relevé, dans ce noir teinté du orange des lampadaires banlieusards, pour m’allonger à la Romaine sur mon lit. J’ai posé mon crâne dans la paume de ma main droite, et je me suis murmuré.

« Ca commence vraiment à être pénible. »