Les boulets de canon nous ont bien offert la Renaissance
Il ne faut pas m’en vouloir pour mon mutisme, enfin pas plus que d’habitude, quoi. La période des fêtes enchaînée avec la période de révisions pour les exams, puis la période d’exam proprement dite...
J’avais perdu l’habitude de fêter quoique ce soit, et à fortiori Noël. Ben cette année, j’ai même fait des cadeaux. Si si. Mon père a hérité du cadeau le plus pourri : un set de six mouchoirs en coton jumel qui-n’irrite-pas-tes-narines. Réaction : « C’est bien ! C’est utile ! » Le pauvre. Enfin je lui ai quand même monté un réseau WIFI, configuré ça aux petits oignons, et je lui donne des cours de bureautique, ça compense pas mal.
J’ai accompagné le cadeau d’une carte disant : « Un modeste cadeau, symbolique, pour te remercier d’avoir été là pendant les moments difficiles de cette année. » J’ai cru deviner que le mot lui a fait davantage plaisir que les mouchoirs (il l’a lu deux ou trois fois.) Et le plus fou, c’est que je pensais ce que j’ai écrit. Pourtant, lui et moi n’avions pas commencé 2005 sur les meilleures bases. Comme quoi.
A Tonio, mon neveu, j’ai refilé ma Gamecube et deux jeux. J’ai cru qu’il allait tomber dans les pommes. J’avais oublié ce que ça faisait d’avoir neuf ans. Le regarder me fait un peu voyager dans le temps. Je me la jouerais bien « c’est une vraie cure de jouvence que de voir ce gamin évoluer, un véritable retour à l’essentiel », mais la vérité c’est que ce n’est pas très agréable. Lui l’est ! Mais me rappeler mes neuf ans, non. Etre nostalgique de son enfance est à peu près aussi concevable pour moi que d’être nostalgique du KGB, ou pire : des années 80.
Bref.Il était heureux, c’est tout ce qui compte. Et il a du reste été proprement pourri-gâté par tout le monde, ce qui est franchement scandaleux mais passons, je ne suis pas émotionnellement en état d’intenter un procès à un mioche de 9 ans. Petit enculé, quand même.
A Ashmé ma sœur cadette, j’ai offert un super casse-tête extrêmement élaboré - à tel point qu’il n’a pas tenu deux heures. J’étais un peu vert, mais elle était raisonnablement contente. Sur sa carte, j’ai écrit « Car tu sais mieux que moi que la vie peut parfois être un casse-tête... Mais parfois seulement. » J’étais très fier de mon mot, sur le moment. Mais à posteriori je me suis dit que ce que j’ai écrit de pire de toute ma vie à quelqu’un et que j’aurais mieux fais d’essayer de me noyer dans mon propre sang plutôt que d’essayer de jouer les philosophes (à deux balles) de circonstance.
A Mana, ma sœur aînée, j’ai offert une lanterne rouge. Aucun jeu de mots sous-jacent, elle n’est dernière en rien, je sais juste qu’elle aime bien ce genre d’objets à la con, tout comme moi d’ailleurs. Sa réaction était celle attendue : elle m’a percé le tympan droit en hurlant de joie (il faut savoir que Mana est la seule personne au monde à avoir naturellement trois grammes dans chaque bras), et pourtant j’avais prévu le coup en m’éloignant un peu. Je crois qu’elle gagne en puissance vocale avec les années.
Sur sa carte, j’ai écrit : « Je n’ai pas oublié cette nuit de mai à Paris, où je n’y voyais plus rien. J’aurais aimé avoir une lanterne ce soir-là, fût-elle rouge ! » Donc voilà, vous l’avez compris : c’est la réplique de la catastrophe sismique de tout à l’heure, le coup du casse-tête, là. Ca lui a cependant fait plaisir, elle a tout de suite compris que je faisais référence à cette nuit où je ne voyais plus de l’œil droit et où tellement flippé que j’étais persuadé de finir aveugle. Les urgences m’avaient relâché à 2h du matin et on avait dormi à l’hôtel parce que les admissions étaient le lendemain matin.
Au final j’ai récupéré mon œil, et ma sœur se retrouve avec une lanterne rouge. Ca frise l’ingratitude, quand j’y pense.
Et enfin à ma mère, j’ai offert un stylo qui vous tire les numéros du loto au hasard. Ca l’a faite marrer. En revanche c’est une arnaque : on l’a testé, on a perdu. J’étais persuadé que c’était un stylo magique branché sur les super-calculateurs de la Française des Jeux, moi. Pfff.
Sur sa carte, j’ai écrit « Un présent, certes pas cher, mais qui peut rapporter gros. Pour te remercier pour tout ce que tu as fait pour moi cette année... et la liste serait longue. » Et c’est vrai que cette année elle a été d’un sacré de soutien pour moi.
J’ai à vrai dire, cette année, redécouvert ma famille. Imparfaite, parfois malhabile... mais sacrément présente. J’avais perdu de vue ces qualités chez eux, je l’avoue.
Et petit à petit, j’essaie de me hisser à leur niveau. Y a du boulot.
J’avais perdu l’habitude de fêter quoique ce soit, et à fortiori Noël. Ben cette année, j’ai même fait des cadeaux. Si si. Mon père a hérité du cadeau le plus pourri : un set de six mouchoirs en coton jumel qui-n’irrite-pas-tes-narines. Réaction : « C’est bien ! C’est utile ! » Le pauvre. Enfin je lui ai quand même monté un réseau WIFI, configuré ça aux petits oignons, et je lui donne des cours de bureautique, ça compense pas mal.
J’ai accompagné le cadeau d’une carte disant : « Un modeste cadeau, symbolique, pour te remercier d’avoir été là pendant les moments difficiles de cette année. » J’ai cru deviner que le mot lui a fait davantage plaisir que les mouchoirs (il l’a lu deux ou trois fois.) Et le plus fou, c’est que je pensais ce que j’ai écrit. Pourtant, lui et moi n’avions pas commencé 2005 sur les meilleures bases. Comme quoi.
A Tonio, mon neveu, j’ai refilé ma Gamecube et deux jeux. J’ai cru qu’il allait tomber dans les pommes. J’avais oublié ce que ça faisait d’avoir neuf ans. Le regarder me fait un peu voyager dans le temps. Je me la jouerais bien « c’est une vraie cure de jouvence que de voir ce gamin évoluer, un véritable retour à l’essentiel », mais la vérité c’est que ce n’est pas très agréable. Lui l’est ! Mais me rappeler mes neuf ans, non. Etre nostalgique de son enfance est à peu près aussi concevable pour moi que d’être nostalgique du KGB, ou pire : des années 80.
Bref.Il était heureux, c’est tout ce qui compte. Et il a du reste été proprement pourri-gâté par tout le monde, ce qui est franchement scandaleux mais passons, je ne suis pas émotionnellement en état d’intenter un procès à un mioche de 9 ans. Petit enculé, quand même.
A Ashmé ma sœur cadette, j’ai offert un super casse-tête extrêmement élaboré - à tel point qu’il n’a pas tenu deux heures. J’étais un peu vert, mais elle était raisonnablement contente. Sur sa carte, j’ai écrit « Car tu sais mieux que moi que la vie peut parfois être un casse-tête... Mais parfois seulement. » J’étais très fier de mon mot, sur le moment. Mais à posteriori je me suis dit que ce que j’ai écrit de pire de toute ma vie à quelqu’un et que j’aurais mieux fais d’essayer de me noyer dans mon propre sang plutôt que d’essayer de jouer les philosophes (à deux balles) de circonstance.
A Mana, ma sœur aînée, j’ai offert une lanterne rouge. Aucun jeu de mots sous-jacent, elle n’est dernière en rien, je sais juste qu’elle aime bien ce genre d’objets à la con, tout comme moi d’ailleurs. Sa réaction était celle attendue : elle m’a percé le tympan droit en hurlant de joie (il faut savoir que Mana est la seule personne au monde à avoir naturellement trois grammes dans chaque bras), et pourtant j’avais prévu le coup en m’éloignant un peu. Je crois qu’elle gagne en puissance vocale avec les années.
Sur sa carte, j’ai écrit : « Je n’ai pas oublié cette nuit de mai à Paris, où je n’y voyais plus rien. J’aurais aimé avoir une lanterne ce soir-là, fût-elle rouge ! » Donc voilà, vous l’avez compris : c’est la réplique de la catastrophe sismique de tout à l’heure, le coup du casse-tête, là. Ca lui a cependant fait plaisir, elle a tout de suite compris que je faisais référence à cette nuit où je ne voyais plus de l’œil droit et où tellement flippé que j’étais persuadé de finir aveugle. Les urgences m’avaient relâché à 2h du matin et on avait dormi à l’hôtel parce que les admissions étaient le lendemain matin.
Au final j’ai récupéré mon œil, et ma sœur se retrouve avec une lanterne rouge. Ca frise l’ingratitude, quand j’y pense.
Et enfin à ma mère, j’ai offert un stylo qui vous tire les numéros du loto au hasard. Ca l’a faite marrer. En revanche c’est une arnaque : on l’a testé, on a perdu. J’étais persuadé que c’était un stylo magique branché sur les super-calculateurs de la Française des Jeux, moi. Pfff.
Sur sa carte, j’ai écrit « Un présent, certes pas cher, mais qui peut rapporter gros. Pour te remercier pour tout ce que tu as fait pour moi cette année... et la liste serait longue. » Et c’est vrai que cette année elle a été d’un sacré de soutien pour moi.
J’ai à vrai dire, cette année, redécouvert ma famille. Imparfaite, parfois malhabile... mais sacrément présente. J’avais perdu de vue ces qualités chez eux, je l’avoue.
Et petit à petit, j’essaie de me hisser à leur niveau. Y a du boulot.

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