*Toussotements* Hem. Bonsoir.
Avant de raconter ma vie de baltringue comme d’habitude, je veux vous proposer un jeu-concours. Avec un cadeau à gagner. Si si.
Ce soir, je vous propose et vous fait l’immense honneur de gagner un... T-SHIRT DENEEVRANCE !!! ©
(Joie !)
Eh oui, je ne me fous pas de vos gueules. Je vais vraiment faire gagner à l’un d’entre vous un... T-SHIRT DENEEVRANCE !!! © Et attention le... T-SHIRT DENEEVRANCE !!! © est disponible en quatre tailles, de S à XL. Pas en dessous de S parce que je n’aime pas les enfants [1] et pas au-dessus de XL parce que je n’aime pas les gros [2]. Et vous allez me dire : « oui mais neev, les enfants en surpoids taillent souvent du M ou du L, alors ça marche pas ton truc. » Et vous aurez parfaitement raison. Ca prouve bien que le système est pourri, et qu’il y a un grand complot contre moi, et que fuck the society. Un peu.
Quand même.
Vous pourrez également me dire : « Hé neev, regarde j’ai gagné à ton jeu, c’est trop chouette, mais j’en veux pas de ton T-shirt de merde. » Ce à quoi je vous répondrais, certes un brin vexé mais néanmoins bon prince : « Ce n’est pas grave, l’ami(e) ! Si tu ne goûtes pas à la splendeur semi-divine du... T-SHIRT ® DENEEVRANCE !!! ©, tu pourras demander un... TAPIS DE SOURIS ® DENEEVRANCE !!! © Deneevrance.com Limited, ou un... VERRE ® OPALE ®® DENEEVRANCE !!! © Deneevrance.com Limited (Deneevrance is a Trademark of Neev & Co, Inc. ©), ou encore un... MUG ® DENEEVRANCE !!! © Deneevrance.com Limited (Deneevrance is a Trademark of Neev & Co, Inc. ©. Copyright © 2005 Neev & Co, Inc ©. All rights reserved. T-SHIRT ® DENEEVRANCE !!! ©, TAPIS DE SOURIS ® DENEEVRANCE !!! ©, VERRE ® OPALE ®® DENEEVRANCE !!! © and MUG ® DENEEVRANCE !!! © are properties of Deneevrance.com. All products are made in Germany. Germany is a country. In Europe. )
(©)
Voilà, malgré les quelques mentions légales un peu envahissantes vous l’aurez tous compris : kado à gagner (pour de vrai.) Mais il n’y aura qu’un seul gagnant, y a pas marqué Crésus, ici. Vous avez jusqu’au 15 novembre minuit GMT pour m’envoyer votre réponse au jeu par email. Une seule réponse par joueur, alors prenez votre temps. Ce n’est pas un jeu de rapidité. Les ex-aequo seront départagés par des questions subsidiaires très pointues : combien de centimètres ma bite mesure t-elle, ce genre de choses.
Maintenant, place au jeu ! Et comme je suis un garçon plein d’originalité et qui donne beaucoup dans l’avant-garde, je vous ai préparé un jeu au concept parfaitement inédit... une GRILLE DE MOTS CROISÉS !!! © (ah ben non merde, y a un copyright dessus ! quelqu’un a dû avoir l’idée avant moi.) La voici :

Voilà, démerdez-vous. Je ne veux aucune erreur, sinon, pas de cadeau. Ah et puis jouez. Je ne me suis pas emmerdé pendant des heures à pondre ce truc pour des prunes. Vous allez jouer ou je vous tue tous un par un. Et je suis très sérieux (© Charles Manson, Inc.)
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Voilà, maintenant on passe au côté intime du journal, au côté « c’est tellement intime ce que je raconte que je vous trace même les turpitudes de mes bourses, d’ailleurs à ce sujet McCarthy vous embrasse. »
Je suis donc entré à la clinique de Chanteroi hier (vendredi 14) à 7h45. Je le sais parce que dans le hall d’attente il y a une horloge très énervante qui fait tic-tac. Je monte dans ma chambre à 8h10, on m’informe qu’on va venir me raser les parties avant l’opération. Je m’en doutais un peu, aussi ai-je pris soin de le faire au préalable (ça s’appelle le respect de l’infirmière, vous ne pouvez pas comprendre.) Mon père est gentiment resté avec moi dans la chambre jusqu’à ce moment. L’attente a duré deux heures et nous n’avions rien à nous dire. Il était visiblement plus stressé que moi et pas mécontent de laisser place à l’infirmière venue me débarrasser de mes poils. Et là, première surprise. C’est un type.
Et moi qui étais tout fier de pouvoir montrer mon travail à une madame qui m’aurait dit « Oooh, c’est chouette ce que vous avez fait monsieur, ah si tous les patients étaient comme vous, on aurait la vie plus facile... mais ce n’est pas une raison pour vous approcher comme ça, vous me faîtes peur avec vos couilles bizarres, là. Voilà c’est ça, dégagez, merci. » Eh ben non. C’est un type. Certes il est un peu efféminé, mais c’est un type. C’est nul. Y a UN infirmier dans tout le personnel et c’est moi qui me le traîne. Bon, pas grave. Il installe du papier sur le lit, m’invite à me foutre à poil et à m’allonger. J’obtempère, il jette un œil sur mon paquet, et fait « Ah ? Vous avez rasé ? Ah, c’est bien ça. » Moi, j’avais envie de lui répondre « Ouais bah c’est pas une raison pour vous approcher comme ça, vous me faîtes peur avec vos yeux bizarres, là. Voilà c’est ça, dégagez, merci. » Il poursuit : « Bon, on va quand même raser tout autour. » Sur ces saintes paroles, il s’empare d’une tondeuse et entame de défricher tout ce que la puberté m’a offert. Mon regard se pose sur l’arbre subissant les assauts de l’automne, dehors. « Pauvres de nous, » lui dis-je par pensée. « Tous deux dépouillés de nos fards par l’adversité. »
Je suis très poète lorsque qu’on me touche les couilles.
L’infirmier est par moments contraint, pour œuvrer, de me tenir le sexe. L’homme a des doigts chauds et délicats comme ceux d’une femme. « Oh. Merde. Non, » pensé-je à mesure que je sens le sang commencer à affluer dans mon vît. Je n’ose regarder, je m’efforce de penser à autre chose : « Heu, vite un truc... Les pays d’Europe ! Alors, y a le Danemark, capitale : Copenhague. C’est bien ça, le Danemark, y a la petite sirène à la con là, et puis.. et puis y a plein d’éoliennes... bon, et ensuite y a la Suède, capitale : Stockholm. Ah, c’est drôlement chouette la Suède. Y a les Volvo, y a les Sué... Suédoises... non NON pas les Suédoises, j’ai rien dit, putain bande pas par pitié, NE BANDE PAS. »
Je n’ai pas bandé. Ca ne m’avait jamais autant fait plaisir de ne pas bander, dis donc.
L’infirmier est reparti avec mes poils - sans doute pour se tricoter une écharpe ? - et m’a laissé seul. J’ai peu dormi la nuit dernière, je tombe de fatigue. Je tente une sieste, sans succès. Pas étonnant : si quelqu’un avait un jour réussi l’exploit de s’endormir sur un lit d’hôpital, ça se saurait. Je reste allongé, tantôt les yeux dans le vague, tantôt plongé dans une grille de mots fléchés. Deux heures passent, il est 11h30 et un autre infirmier arrive, un brancard l’accompagnant. C’est parti.
Nous descendons au bloc, je poireaute encore 20 minutes. Il caille. A côté de moi, un autre type sur son brancard. Il interpelle une infirmière et lui dit qu’il croît qu’il va se pisser dessus, invoquant les chocottes. Ca m’a poussé à parfaire de me détendre. L’intervention ne me fait pas peur, c’est plutôt l’anesthésie que je redoute un peu. Je m’allonge complètement sur le dos, ferme les yeux et respire lentement en me concentrant sur mon abdomen. Ca m’aide très souvent à rester bien détendu. Plusieurs fois, le personnel me demande si ça va. Et invariablement, je réponds « ça va, je suis calme. » C’est vrai quoi, ce n’est qu’une petite opération superficielle, pas de quoi se donner des nœuds à l’estomac.
Le chirurgien que j’ai vu lundi dernier se pointe, me salue, on parle de mes résultats d’analyses et échographies de la semaine, de mon test cutané (pas vraiment positif, donc bonne nouvelle.) Il m’informe qu’il va me prescrire des soins à domicile pour la suite (encore heureux) et me donner les dates de nos prochaines consultations. Aussi m’informe-t-il que je trouverais tout cela dans mon dossier, à mon réveil. Là-dessus, il tourne les talons. Dix secondes passent. Je fronce les sourcils. Il a bien dit « à votre réveil ? » Ouh... mais je ne savais pas qu’ils comptaient m’endormir ces cons-là. Deuxième surprise.
On m’amène au bloc. On attend l’anesthésiste. Ce connard daigne finalement se pointer, me demande si je suis à jeun et si j’ai des allergies. Je réponds successivement oui (connard, ça doit faire 15 ou 16 heures que j’ai faim et soif : je dois être à jeun, oui) et non (connard, mais si tu continues de rester près de moi ça pourrait venir très vite.) Le toubib lui lance « Doucement cette fois sur la dose, c’est une intervention rapide hein ? » L’autre lui répond à peine un « ouais ouais », sans un regard. Je reste cool. Je n’ai pas tellement le choix en même temps.
12h10. Il emprunte mon bras, me pique. Je sens le liquide couler dans la veine. Ca monte le long de mon bras. C’est chaud et c’est désagréable : comme si ça brûlait légèrement la veine sur son passage. La seconde d’après, c’est dans l’épaule. Et celle d’après, au cœur. Je me sens partir, je ferme les yeux.
« Bonjour, vous êtes en salle de réveil. »
La petite voix a raison, je me réveille effectivement, groggy et un masque à oxygène sur le visage. Je veux lever la tête. Impossible, elle pèse 300 kilos. Oh et j’ai une vive douleur à l’entrejambe... Je demande : « C’est fini ? » Une voix masculine dont je ne peux identifier la source me confirme, amusé : « Ah ah, ça oui, c’est fini. » Je ne sais pas exactement ce que j’ai dit de drôle, je suis de toutes façons trop HS pour saisir quelconque subtilité. Je continue : « Quelle heure est-il ? » La petite voix douce de tout à l’heure me répond qu’il est 12h50. Je n’ai dormi qu’une grosse demi-heure, ça va.
Une minute passe et je peux lever la tête doucement. Tout autour de moi, plein de cadavres. C’est du moins l’idée que j’ai pendant une seconde, juste le temps de me rendre compte que ces gens sont destinés à se réveiller bientôt, comme moi. « Salle de réveil. C’est ça le concept, neev » me dis-je. Au bout d’une heure de prises de tensions, d’antalgiques etc., on me remonte dans ma chambre. Je m’installe à poil sur mon lit, avec juste ma blouse de patient sur les parties. Il fait chaud, pour une mi-octobre.
Mon père débarque vers 14h20. Je vais la faire courte : il a fait un malaise pendant deux heures. Il a une sorte de phobie du sang des autres, de la souffrance physique des autres, de l’hôpital, des appareils médicaux, bref : tout ce champ lexical-là colle à sa phobie. L’après-midi a été un calvaire pour lui, jusqu’à ce qu’on puisse partir enfin. J’avais de la peine pour lui, je connais bien les angoisses alors je me mets facilement à sa place. Aussi, ça me faisait chier qu’il se mette dans cet état à cause de moi. Je n’ai eu cesse d’essayer d’embrayer sur tout autre chose ou de lui dire d’aller dehors faire un petit tour, qu’il faisait bon dehors... Pauvre vieux, il est attachant et bon gars par certains côtés et totalement imbuvable par quelques autres.
Avant de partir, un chocolat, des biscottes (j’adore les biscottes), du beurre, de la confiture et un sucre me sont offerts. Je lance à mon père qui trop anxieux n’a pas déjeuné : « Si tu veux manger, c’est maintenant. Non ? Sûr ? Prend quand même le sucre, ça ne peut que te faire du bien. » Je sais bien que le sucre lui-même ne ferait rien du tout dans l’instant, mais en revanche l’effet placebo lui... rien que le fait de pouvoir se dire « ouf ! Ca y est je suis sauvé, j’ai un sucre. Tout va bien » lui a redonné des couleurs en trois minutes. Je ne connais ça que trop bien. Vraiment, je me suis senti proche de lui à cet instant. Pour une fois.
Le lendemain matin, première visite de l’infirmière chez moi. Troisième surprise. Une jolie blonde moulée dans un jean, des bottes aux pieds, la trentaine. Dans le salon, mon père a l’œil qui frise. Moi, je repense à l’épisode de la veille avec l’infirmier aux doigts habiles. « OK. Je vais gérer. Je n’aurai qu’à faire comme si on avait viré la Suède de l’Union Européenne. Aucun problème. D’ailleurs ils n’ont jamais été dans l’Union. C’est cool. Copenhague, Berlin... »
Bon allez, j’arrête ici l’effet comique, quand elle a enlevé le pansement placé la veille, j’étais tellement obnubilé par la plaie que j’ai dans le scrotum que même si j’avais eu ne serait-ce que l’ombre d’un quart de pensée dégueulasse, elle se serait évanouie dans la seconde. Je n’ai pas pu m’empêcher de dire :
neev : La vache. Heureusement que mon père ne voit pas ça.
Infirmière : Pourquoi ?
neev : Faudrait directement appeler une ambulance.
Infirmière : Mmm ? Pour vous ?
neev : Oh non, pour lui.
L’opération était de la gnognotte, mais le résultat est assez impressionnant. Une entaille d’un petit centimètre de profondeur dans le scrotum, bien rouge-chair. Mais aucune douleur. Mais alors aucune. J’ai pourtant une compresse de tulle gras *dans* la plaie, en contact quoi. Je devrais la sentir. Rien. Rien de douloureux en tout cas (je dis juste ça pour que les mecs qui me lisent se rassurent, j’en connais quelques uns qui doivent être évanouis depuis dix minutes.) Je n’ai pas été recousu pour que tout s’évacue correctement et que ça se referme naturellement. Pas plus mal.
Me voilà débarrassé un ami envahissant. La suite des aventures bientôt.
Ah et maintenant que cette entrée est finie...
REMPLISSEZ MA GRILLE DE MOTS CROISÉS !!! ‘culés, tiens.
[1] Calmez-vous, je plaisante.
[2] Calmez-vous, là aussi je plaisante.