Béatification
Le miracle a eu lieu. Six longues années que je l’attendais, j’en avais même, je l’avoue, perdu tout espoir sincère. Mais c’était évidemment sans compter sur cette étrangeté chaotique qu’est le destin. Sans compter sur cette belle rencontre et sur la toute puissance de ce petit bout de femme. Ces trois ou quatre millilitres, c’est bien à elle et aux sentiments que j’ai pour elle que je les dois. Sacré Graal.
Et s’il n’y avait que cela ! Je lui dois tellement plus. Des moments magiques, la découverte d’un endroit magique totalement inconnu du grand public et que, par conséquent, je préfère tenir secret (un indice toutefois : il s’agit d’une sorte de grand entrepôt bourré de bibelots, au centre de Paris), la découverte, au Palais du même nom, de ce que des étoiles factices peuvent avoir d’émouvantes, des crises de rire, des trouvailles culinaires époustouflantes et les deux kilos qui vont avec.
Cette femme fait de moi quelqu’un de serein. Le mieux, c’est que je suis sûr qu’elle ne s’en rend même pas compte. Je n’avais jamais rencontré quelqu’un doté d’une pareille pureté d’âme. Tenez, par exemple, depuis que je la connais j’ai presque envie de *sourire* aux gens. Vous rendez-vous compte ? Moi, SOURIRE aux gens ! Tout à l’heure, j’ai dû me retenir de dire à deux amoureux qui se disaient au revoir à la gare que je les trouvais très mignons !
Bref, cette succube de l’espace me rend complètement taré. Je n’ai même plus envie de dire du mal de Vincent Delerm, tiens. Il m’est presque devenu sympathique. Pire : j’ai eu un cours de conduite cet après-midi. J’ai évidemment conduit comme une merde, aucune raison pour que cela change, allant même jusqu’à me faire traiter de « danger public lâché dans la nature » par un Narko multipliant les remontrances blessantes. Eh bien vous le croirez ou non : je me suis amusé comme un petit fou. Plus je me faisais injurier, plus je riais avec lui (sauf au moment où je suis monté sur un rond-point, là j’étais le seul à rire. Lui se contentait d’être tout blanc et de transpirer à grosses gouttes en me priant, je cite, de « cesser de faire du stock car. »)
Non vraiment, ces temps-ci il faut y aller au lance-roquettes pour me miner le moral.
Alors bien sûr, Elle (ce sera son nom dorénavant) n’est pas parfaite. Une de ses tares est de me faire découvrir les chanteurs qu’elle apprécie en chantant extrêmement faux par-dessus la musique. J’ai beau l’inviter à fermer sa grande gueule en tentant de lui mettre avec énormément d’amour la main devant la bouche, rien n’y fait. Heureusement sa voix est douce, ce qui me permet de résister à l’envie de la défenestrer.
Mais elle se rattrape en me faisant rire. A petite dose, hein. Mais elle arrive à me décrocher quatre ou cinq rires francs par jour. J’adore faire l’andouille avec elle. Nous sommes comme des enfants dans ces moments là, à la différence que nous savons nous arrêter.
Autre chose que j’aime chez Elle : elle veut bien jouer au Scrabble avec moi. Il faut savoir que d’ordinaire, personne ne veut y jouer avec moi. 1/ parce que c’est prétendument un jeu chiant pour les vieux, 2/ parce que je suis beaucoup trop fort. Ce qui m’amène au point négatif de l’histoire : cette petite connasse trouve le moyen de me battre, non pardon : de m’humilier. Et comme je déteste perdre, je boude pendant cinq minutes. Puis on fait l’amour. Puis je me gratte la tête en me demandant où j’habite et pourquoi je suis en nage comme ça. Puis, je récupère mes esprits en la regardant comme un con. Et je souris.
Elle me demande pourquoi et je ne peux lui répondre qu’un « Parce que je suis heureux. »
Et s’il n’y avait que cela ! Je lui dois tellement plus. Des moments magiques, la découverte d’un endroit magique totalement inconnu du grand public et que, par conséquent, je préfère tenir secret (un indice toutefois : il s’agit d’une sorte de grand entrepôt bourré de bibelots, au centre de Paris), la découverte, au Palais du même nom, de ce que des étoiles factices peuvent avoir d’émouvantes, des crises de rire, des trouvailles culinaires époustouflantes et les deux kilos qui vont avec.
Cette femme fait de moi quelqu’un de serein. Le mieux, c’est que je suis sûr qu’elle ne s’en rend même pas compte. Je n’avais jamais rencontré quelqu’un doté d’une pareille pureté d’âme. Tenez, par exemple, depuis que je la connais j’ai presque envie de *sourire* aux gens. Vous rendez-vous compte ? Moi, SOURIRE aux gens ! Tout à l’heure, j’ai dû me retenir de dire à deux amoureux qui se disaient au revoir à la gare que je les trouvais très mignons !
Bref, cette succube de l’espace me rend complètement taré. Je n’ai même plus envie de dire du mal de Vincent Delerm, tiens. Il m’est presque devenu sympathique. Pire : j’ai eu un cours de conduite cet après-midi. J’ai évidemment conduit comme une merde, aucune raison pour que cela change, allant même jusqu’à me faire traiter de « danger public lâché dans la nature » par un Narko multipliant les remontrances blessantes. Eh bien vous le croirez ou non : je me suis amusé comme un petit fou. Plus je me faisais injurier, plus je riais avec lui (sauf au moment où je suis monté sur un rond-point, là j’étais le seul à rire. Lui se contentait d’être tout blanc et de transpirer à grosses gouttes en me priant, je cite, de « cesser de faire du stock car. »)
Non vraiment, ces temps-ci il faut y aller au lance-roquettes pour me miner le moral.
Alors bien sûr, Elle (ce sera son nom dorénavant) n’est pas parfaite. Une de ses tares est de me faire découvrir les chanteurs qu’elle apprécie en chantant extrêmement faux par-dessus la musique. J’ai beau l’inviter à fermer sa grande gueule en tentant de lui mettre avec énormément d’amour la main devant la bouche, rien n’y fait. Heureusement sa voix est douce, ce qui me permet de résister à l’envie de la défenestrer.
Mais elle se rattrape en me faisant rire. A petite dose, hein. Mais elle arrive à me décrocher quatre ou cinq rires francs par jour. J’adore faire l’andouille avec elle. Nous sommes comme des enfants dans ces moments là, à la différence que nous savons nous arrêter.
Autre chose que j’aime chez Elle : elle veut bien jouer au Scrabble avec moi. Il faut savoir que d’ordinaire, personne ne veut y jouer avec moi. 1/ parce que c’est prétendument un jeu chiant pour les vieux, 2/ parce que je suis beaucoup trop fort. Ce qui m’amène au point négatif de l’histoire : cette petite connasse trouve le moyen de me battre, non pardon : de m’humilier. Et comme je déteste perdre, je boude pendant cinq minutes. Puis on fait l’amour. Puis je me gratte la tête en me demandant où j’habite et pourquoi je suis en nage comme ça. Puis, je récupère mes esprits en la regardant comme un con. Et je souris.
Elle me demande pourquoi et je ne peux lui répondre qu’un « Parce que je suis heureux. »
