mardi 26 juillet 2005

Béatification

Le miracle a eu lieu. Six longues années que je l’attendais, j’en avais même, je l’avoue, perdu tout espoir sincère. Mais c’était évidemment sans compter sur cette étrangeté chaotique qu’est le destin. Sans compter sur cette belle rencontre et sur la toute puissance de ce petit bout de femme. Ces trois ou quatre millilitres, c’est bien à elle et aux sentiments que j’ai pour elle que je les dois. Sacré Graal.

Et s’il n’y avait que cela ! Je lui dois tellement plus. Des moments magiques, la découverte d’un endroit magique totalement inconnu du grand public et que, par conséquent, je préfère tenir secret (un indice toutefois : il s’agit d’une sorte de grand entrepôt bourré de bibelots, au centre de Paris), la découverte, au Palais du même nom, de ce que des étoiles factices peuvent avoir d’émouvantes, des crises de rire, des trouvailles culinaires époustouflantes et les deux kilos qui vont avec.

Cette femme fait de moi quelqu’un de serein. Le mieux, c’est que je suis sûr qu’elle ne s’en rend même pas compte. Je n’avais jamais rencontré quelqu’un doté d’une pareille pureté d’âme. Tenez, par exemple, depuis que je la connais j’ai presque envie de *sourire* aux gens. Vous rendez-vous compte ? Moi, SOURIRE aux gens ! Tout à l’heure, j’ai dû me retenir de dire à deux amoureux qui se disaient au revoir à la gare que je les trouvais très mignons !

Bref, cette succube de l’espace me rend complètement taré. Je n’ai même plus envie de dire du mal de Vincent Delerm, tiens. Il m’est presque devenu sympathique. Pire : j’ai eu un cours de conduite cet après-midi. J’ai évidemment conduit comme une merde, aucune raison pour que cela change, allant même jusqu’à me faire traiter de « danger public lâché dans la nature » par un Narko multipliant les remontrances blessantes. Eh bien vous le croirez ou non : je me suis amusé comme un petit fou. Plus je me faisais injurier, plus je riais avec lui (sauf au moment où je suis monté sur un rond-point, là j’étais le seul à rire. Lui se contentait d’être tout blanc et de transpirer à grosses gouttes en me priant, je cite, de « cesser de faire du stock car. »)

Non vraiment, ces temps-ci il faut y aller au lance-roquettes pour me miner le moral.

Alors bien sûr, Elle (ce sera son nom dorénavant) n’est pas parfaite. Une de ses tares est de me faire découvrir les chanteurs qu’elle apprécie en chantant extrêmement faux par-dessus la musique. J’ai beau l’inviter à fermer sa grande gueule en tentant de lui mettre avec énormément d’amour la main devant la bouche, rien n’y fait. Heureusement sa voix est douce, ce qui me permet de résister à l’envie de la défenestrer.

Mais elle se rattrape en me faisant rire. A petite dose, hein. Mais elle arrive à me décrocher quatre ou cinq rires francs par jour. J’adore faire l’andouille avec elle. Nous sommes comme des enfants dans ces moments là, à la différence que nous savons nous arrêter.
Autre chose que j’aime chez Elle : elle veut bien jouer au Scrabble avec moi. Il faut savoir que d’ordinaire, personne ne veut y jouer avec moi. 1/ parce que c’est prétendument un jeu chiant pour les vieux, 2/ parce que je suis beaucoup trop fort. Ce qui m’amène au point négatif de l’histoire : cette petite connasse trouve le moyen de me battre, non pardon : de m’humilier. Et comme je déteste perdre, je boude pendant cinq minutes. Puis on fait l’amour. Puis je me gratte la tête en me demandant où j’habite et pourquoi je suis en nage comme ça. Puis, je récupère mes esprits en la regardant comme un con. Et je souris.

Elle me demande pourquoi et je ne peux lui répondre qu’un « Parce que je suis heureux. »

mercredi 20 juillet 2005

Mesmerizing cat call

En vacances chez ma dulcinée des bois-jolis, je prends tout de même la peine de vous écrire. Pas tant parce que vous me manquez, mais plutôt par besoin irrépressible de pourrir un peu Vincent Delerm.

Voilà qui est fait, passons aux choses sérieuses.

Au moment où la pulpe de mes doigts heurte les touches du clavier, ma pupuce des mers du sud est allongée sur le ventre, les yeux plongés dans un livre sur Gainsborough et les oreilles ouvertes au casque d’un iPod. Lorsque toute sa concentration est portée sur quelque chose, sa manie est de gigoter les fesses de gauche à droite, avec frénésie. Ca ne serait qu’un détail si ce n’était pas le plus beau spectacle du monde.

Ah. Deux secondes.

********* Interlude *********

Nous interrompons momentanément notre description passionnée, car il semblerait que la demoiselle soit partie faire caca.

Merci de votre compréhension.

Pour vous faire patienter, voici le classement général du Tour de France avant l’étape d’aujourd’hui :

1. Lance Armstrong............66h52’03 (392 Km/h de moyenne, record du monde de Michael Schumacher égalé)
2. Faire-valoir n°1.............. à 2’46
3. Obscure baltringue que personne ne connaît et qui fait soudainement 3e du Tour en ne buvant que de l’eau plate, bien entendu.......à 3’09
4. Ancien vainqueur devenu loser patenté, avec un maillot ridicule de surcroît......à 5’58
5. Coureur Espagnol (les seuls à être honnêtes) qui serait premier si tous les autres ne trichaient pas......à 6’31
6. Coureur Français qui serait premier si tous les autres étaient moins bons......à 7’35
7. Coureur Portugais qui serait premier si tous les autres avaient une jambe en moins......à 9’29
8. Futur déclassé......à 9’33
9. Type très laid......à 9’38
10. Type encore plus laid......à 11’47

Le Tour de France c’est comme la real TV, les participants sont tellement cons qu’on est forcé de se sentir intelligent en regardant. Quoique j’exagère, les premiers coureurs à abandonner sont encore ceux qui ont le plus de sens commun.

Mais cessons là les digressions, on me fait signe que ma petite chouquette de l’espace est revenue de son périple.

********* C’est bon, elle a fini. *********

Reprenons. Je parlais du délectable postérieur de ma fraise du Pacifique. Simplement les plus belles fesses de l’univers, Catherine Zeta-Jones et Shakira sont d’ailleurs récemment tombées en dépression en déclarant : « Nan mais qu’est-ce vous voulez faire contre ça [ndlr : les fesses de ma marmotte des Carpates], on ne peut pas lutter, c’est de la concurrence déloyale, je suis sûre que les Chinois sont dans le coup. »

Oh. La voilà qui vient de se mettre en tailleur sur son lit. Sa jupe est négligemment relevée, laissant apparaître la moitié de ses cuisses blanches et douces. Un bras ballant, des cheveux attachés dégageant une plus-que-charmante nuque, un adorable petit haut décolleté en V... Cette femme dégage une sensualité hors-normes. J’avais déjà été bluffé par son visage la première fois que je l’ai rencontrée, il a assez longtemps de cela. Mais là, c’est une véritable invitation au sexe que j’ai à deux mètres de moi. Et pour l’heure, ayant l’ordinateur portable sur les cuisses, je passe un quart d’heure difficile, si vous voyez ce que je veux dire.

De sexe, parlons-en justement. Je vous ai déjà dit que dans l’intimité, je ne suis pas homme de la chose. Pour des raisons diverses, dont certaines - malheureuses - déjà évoquées. Eh bien il se produit un demi-miracle permanent depuis que ma grandiose sylphide du Pérou et moi nous fréquentons. J’arrive à faire l’amour presque normalement, sans boule d’angoisse ni crise de tétanie ou autres conneries qui m’ont par le passé ankylosé à des moments où, bien au contraire, il eût fallu que je fusse le plus dispos qu’il est humainement possible de l’être.

Elle me dit que c’est divin, bien qu’elle regrette que ça ne le soit pas encore pleinement pour moi. Mais elle sait d’où je viens et se réjouit tout autant que moi du miracle de nos étreintes.

mardi 12 juillet 2005

Gloria in excelsis Deo

... et l’interlude prît fin. Je suis de retour et d’humeur à botter quelques culs. Vous voyez juste : je vais très, très bien. D’ailleurs, merci à celles et ceux qui y sont allés de leur gentil mot par email ou autre. Et je ne dis pas ça pour faire ma blogostar, hein. J’aimerais mieux me faire partouzer par Mouss Diouf et Shaquille O’neil plutôt que de barboter dans une gloriole à deux balles, que cela soit clair. Ca vous donne une idée.

Je vous ai quittés sur une période de crises lacrymales incontrôlées mais me revoilà, la santé renouvelée. A vrai dire, je passe les plus belles journées depuis une éternité. Voici un récit possible ; pour que l’histoire soit complète il en faudrait sans doute d’autres, mais ce sera pour plus tard. Allons-y.

J’ai eu une période d’isolement et de repli sur soi, les quelques semaines avant l’été. Chez moi, elles aboutissent invariablement sur une succession de crises de désespoir et leur lot d’idées noires. Rien d’exceptionnel, mais si j’en parle, c’est que la dernière m’a pas mal secoué. Je pouvais me sentir couler à pic dans des profondeurs comparables à celles qui ont accompagné les pires moments de ma vie.
Pourtant, le mal ne fût pas compliqué à soigner, le plus dur étant, comme toujours, de le comprendre et de le vouloir. Deux, trois amis, un brin de bougeotte... et ça passe. L’important est de casser cet isolement et ce repli sur soi dont je parlais au début. Je n’ai pas inventé l’eau chaude, je sais.

Mais cette logique m’a amené à faire une belle rencontre. Un sourire et une bise sur des marches. Une discussion sur un banc, le troisième en partant de la droite. Une averse. Un parapluie, mon bras autour d’elle. Un regard timide.

Un baiser. Qui en appellera des centaines d’autres.

Plus tard, la découverte d’un être d’exception, au moins de par certaines de ses facettes. Une invitation chez elle et un joli dîner aux chandelles qui me fera chavirer. Une adorable robe noire, vite ôtée. Un monde de délices s’offre à moi. A nous.

Mais surtout le bonheur de la revoir, à chaque fois. Vous excuserez le style télégraphique mais très franchement, s’il y a une chose qui se passe de mots, c’est bien celle-là.