lundi 17 octobre 2005

Heu, j’attends mon extrême-onction, les gars.

Je m’en doutais un peu, mais étant aussi doué en anatomie qu’en bilboquet, j’ai préféré attendre confirmation d’un docteur pour le dire : vendredi, le chirurgien m’a retiré un bout de testicule totalement infecté, ce qui explique le trou que j’ai dans la couille gauche. Il s’agissait d’un abcès testiculaire, pas scrotal.

Je vous laisse digérer votre déjeuner avant de poursuivre.

** Interlude. Votre programme reprendra dans un instant. **

Le farfadet.

Le farfadet est un lutin généralement considéré comme démoniaque et ayant l’esprit follet. Vivant dans la forêt, il vit essentiellement de la culture du champignon, tant pour se nourrir que pour le négoce. Cependant, la constante croissance du commerce illégal de champignons hallucinogènes - pourtant sévèrement réprimé par les autorités farfadettes - pousse la République de Farfade (la nation des farfadets) à diversifier son économie depuis quelques années.

Aussi n’est-il pas rare de nos jours de retrouver des farfadets dans tous les secteurs socio-économiques, en République de Farfade comme à l’étranger. Très performants en Europe et plus particulièrement en France, ils ont d’ores et déjà percé dans l’industrie de la musique :

Le 2eme en partant de la droite en est.
Le 2eme en partant de la droite en est.


... mais également en politique :

Un célèbre farfadet (à droite) assis aux côtés d’un humain de taille normale.
Un célèbre farfadet (à droite) assis aux côtés d’un humain de taille normale.


... ou encore dans le terrorisme :

Vincent Delerm (également appelé
Vincent Delerm (également appelé "Darth Vader" ou "Lord Voldemort")



Etymologiquement, le terme « farfadet » vient de l’anglais « far » (loin) et « to fade » (s’évanouir, disparaître.) Les farfadets ont en effet la faculté de disparaître instantanément lorsque les soupçons se posent sur eux, et de courir très loin et très longtemps sans ravitaillement, à l’instar des chameaux dont ils sont génétiquement très proches :

La différenciation des espèces, de la création à nos jours.
La différenciation des espèces, de la création à nos jours.


Aux termes « far » et « fade » les farfadets ont ajouté un « t » à la fin, parce qu’ils trouvaient ça classe. Longtemps, l’Académie Linguistique Farfardette s’est déchirée sur le sujet : la moitié était partisane du « t » tandis que l’autre soutenait le « x. » Au bout de cinquante ans d’âpres négociations - durant lesquelles les farfadets étaient d’ailleurs appelés « farfadexts » - un consensus fût trouvé : personne ne discutant le fait que « farfadex » faisait un peu trop nom de médicament dégueulasse, le « t » fût adopté par défaut.

Aujourd’hui, le Larousse (dictionnaire humain) attribue l’origine du mot au provençal « fadet », mais les scientifiques du monde entier émettent de sérieuses réserves sur cette théorie, la plupart allant même jusqu’à dire que « c’est des conneries » et que « c’est faire preuve d’un farouche racisme anti-farfadet que de leur attribuer une origine marseillaise. »

(Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les scientifiques. On peut leur faire confiance.)


****** Fin de l’interlude ******

Je reviens donc sur mon histoire de boule de bowling, là. C’était un peu plus méchant que prévu, le testicule était lui-même infecté et il a fallu retirer ce qui n’allait pas. En revanche, ça cicatrise bien et c’est propre.
Je l’ai relancé sur cette histoire de stérilité. Il m’a dit que quand tout serait fini je devrai faire un spermogramme (pour compter mon nombre de spermatozoïdes) et qu’en attendant je pouvais toujours chercher des trèfles à quatre feuilles et m’attacher des pattes de lapin autour du cou, parce qu’on ne peut rien faire d’autre. Je suis ravi.
Enfin, concernant le test cutané à la tuberculine, il m’a confirmé qu’il était très légèrement positif et donc pas concluant. On attend les résultats des analyses diverses pour pouvoir se prononcer.

Plus tard, j’ai Elle au téléphone. Je suis toujours heureux de lui parler, ça me donne le sourire. Elle m’a dit préférer ne pas me voir tant que ma non-contagion ne sera pas établie (elle a, je l’avais oublié, un douloureux antécédent dans sa famille et a raison d’être prudente.) Ca m’a vraiment porté coup au moral.
J’ai de l’enthousiasme à revendre en ce moment, j’ai toutes les raisons de déprimer et je ne le fais pourtant pas ; je suis souriant et me sens bien, malgré ce puits sans fond de merde dans lequel je barbote gentiment. Mais cet acharnement commence sérieusement à me peser. Je commence à donner dans le mysticisme en me demandant ce que j’ai pu bien faire pour morfler comme ça. Je me console alors en me disant que même stérile, avec un bout de couille en moins, tuberculeux, dépressif et atteint de névrite optique, je serais mieux loti que le gosse de dix ans qui crève d’une leucémie.

Et en m’oubliant dans des histoires de farfadets.

PS : Et je vous ordonne de faire ma putain de grille de mots croisés.