Cœur calciné
Pilonné de bombes incendiaires le temps d’un coup de fil. Dresde dans ma poitrine.
C’est Elle qui me quitte.
Je ne supportais plus la séparation, aussi ai-je amené le sujet sur le tapis. Je voulais, pour une fois, que l’on parle vrai. Eh bien j’ai été servi, j’ai même été régalé. « Tu ne me manques pas », « je ne pense pas t’aimer », « je ne me sens plus attirée physiquement » (cette dernière est la plus sympathique de toutes, je trouve.) Il y a un mois elle voulait que l’on se laisse une chance, et aujourd’hui ce n’est plus d’actualité. J’ai pris sur moi pendant six semaines, le temps pour elle de se concentrer exclusivement sur son travail. Je ne l’ai pas sollicitée, je ne l’ai pas emmerdée pour la voir alors que moi-même, comme vous le savez, je n’allais pas bien. Soit.
Les six semaines passées, son diplôme en poche et moi tout heureux pour elle, je lui propose que l’on se retrouve enfin. Mais non, trop dangereux, je suis peut-être contagieux ! Soit.
Dix jours passent, les contacts téléphoniques sont comme d’habitude très agréables (si l’on fait abstraction de l’impression de quarantaine), je lui reparle de cette chance que nous devions nous laisser. Et me fait - à moitié en larmes - part de ses réticences (vous savez, les gentillesses citées plus haut.)
Elle veut bien laisser une chance, mais elle n’y croit plus, elle n’y est plus. Je ne suis pas celui qui lui faut. Ouais. Je ne sais pas combien de temps la Providence a décidé de me rouler dans la merde, mais ça commence à faire long.
Huit semaines qu’on m’enchaîne les coups de poing dans la gueule. J’ai calculé : sachant qu’en boxe un round dure trois minutes et qu’on accorde une minute de repos entre chaque round, huit semaines couvrent 20.000 rounds. Alors juste au cas où le Destin lirait mon journal : Hé connard, y a pas marqué Apollo Creed, ici.
Je n’en veux pas à Elle, elle n’est pas maîtresse de ses sentiments et elle m’avait prévenu dès le début que cela foirerait probablement. Et puis ne vous y trompez pas, c’est quelqu’un d’adorable (plus haut, je n’ai parlé que de ce qui m’affecte, elle vaut cent fois mieux.) Non, ce qui m’enrage c’est l’acharnement de ces deux derniers mois. L’accumulation.
Alors oui, si vous me le demandez, j’aimerais récupérer Elle. Tout comme j’aimerais récupérer mes testicules, ma fertilité, mon œil droit, la confiance en l’avenir. Et en moi, un peu. Mais je ne récupérerai rien. Dans cinq ou dix ans, une conne qui prétendra m’aimer voudra un enfant de moi. Et elle me jettera quand elle verra que j’en ai plus la faculté. Comme si ce n’était pas suffisamment douloureux pour moi, il faudra qu’elle en rajoute en y allant de sa très grande connerie congénitale. « Non mais tu comprends neev, je t’aime mais il faut que je pense à moi, à ma vie de femme. Il me faut un homme normal pour m’épanouir hein dis, tu comprends ? Si je n’ai pas d’enfant biologique je ne pourrai pas m’empêcher de me considérer comme une sous-merde. Quoi ? Mais non tu n’es pas une sous-merde neev, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. Tu sais bien que je t’aime, c’est justement pour ça que je te quitte. »
Salope, tiens.
J’ai l’air d’avoir la haine et d’en vouloir à la Terre entière là, comme ça. Mais non. Il est simplement 3h47, j’aimerais vraiment dormir et évidemment, j’en suis incapable.
Ca irrite un peu.
C’est Elle qui me quitte.
Je ne supportais plus la séparation, aussi ai-je amené le sujet sur le tapis. Je voulais, pour une fois, que l’on parle vrai. Eh bien j’ai été servi, j’ai même été régalé. « Tu ne me manques pas », « je ne pense pas t’aimer », « je ne me sens plus attirée physiquement » (cette dernière est la plus sympathique de toutes, je trouve.) Il y a un mois elle voulait que l’on se laisse une chance, et aujourd’hui ce n’est plus d’actualité. J’ai pris sur moi pendant six semaines, le temps pour elle de se concentrer exclusivement sur son travail. Je ne l’ai pas sollicitée, je ne l’ai pas emmerdée pour la voir alors que moi-même, comme vous le savez, je n’allais pas bien. Soit.
Les six semaines passées, son diplôme en poche et moi tout heureux pour elle, je lui propose que l’on se retrouve enfin. Mais non, trop dangereux, je suis peut-être contagieux ! Soit.
Dix jours passent, les contacts téléphoniques sont comme d’habitude très agréables (si l’on fait abstraction de l’impression de quarantaine), je lui reparle de cette chance que nous devions nous laisser. Et me fait - à moitié en larmes - part de ses réticences (vous savez, les gentillesses citées plus haut.)
Elle veut bien laisser une chance, mais elle n’y croit plus, elle n’y est plus. Je ne suis pas celui qui lui faut. Ouais. Je ne sais pas combien de temps la Providence a décidé de me rouler dans la merde, mais ça commence à faire long.
Huit semaines qu’on m’enchaîne les coups de poing dans la gueule. J’ai calculé : sachant qu’en boxe un round dure trois minutes et qu’on accorde une minute de repos entre chaque round, huit semaines couvrent 20.000 rounds. Alors juste au cas où le Destin lirait mon journal : Hé connard, y a pas marqué Apollo Creed, ici.
Je n’en veux pas à Elle, elle n’est pas maîtresse de ses sentiments et elle m’avait prévenu dès le début que cela foirerait probablement. Et puis ne vous y trompez pas, c’est quelqu’un d’adorable (plus haut, je n’ai parlé que de ce qui m’affecte, elle vaut cent fois mieux.) Non, ce qui m’enrage c’est l’acharnement de ces deux derniers mois. L’accumulation.
Alors oui, si vous me le demandez, j’aimerais récupérer Elle. Tout comme j’aimerais récupérer mes testicules, ma fertilité, mon œil droit, la confiance en l’avenir. Et en moi, un peu. Mais je ne récupérerai rien. Dans cinq ou dix ans, une conne qui prétendra m’aimer voudra un enfant de moi. Et elle me jettera quand elle verra que j’en ai plus la faculté. Comme si ce n’était pas suffisamment douloureux pour moi, il faudra qu’elle en rajoute en y allant de sa très grande connerie congénitale. « Non mais tu comprends neev, je t’aime mais il faut que je pense à moi, à ma vie de femme. Il me faut un homme normal pour m’épanouir hein dis, tu comprends ? Si je n’ai pas d’enfant biologique je ne pourrai pas m’empêcher de me considérer comme une sous-merde. Quoi ? Mais non tu n’es pas une sous-merde neev, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. Tu sais bien que je t’aime, c’est justement pour ça que je te quitte. »
Salope, tiens.
J’ai l’air d’avoir la haine et d’en vouloir à la Terre entière là, comme ça. Mais non. Il est simplement 3h47, j’aimerais vraiment dormir et évidemment, j’en suis incapable.
Ca irrite un peu.

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