lundi 19 septembre 2005

La loi des séries

Je ne peux m’empêcher de trouver à la vie un arrière-goût sacrément dégueulasse, en ce moment.

Ca a commencé à la mi-août, avec une infection urinaire couplée à une grosse crève. Rien de grave en soi, juste 40°C de fièvre et quatre jours au lit, on a tous connu pire. Le problème, c’est que quinze jours plus tard, l’infection urinaire - que je croyais guérie - est revenue, mais puissance dix. De nouveau 40 au thermomètre, vomissements, sang dans les urines et même dans l’éjaculat, coliques néphrétiques (huit heures de suite à me tordre de douleur, parce qu’évidemment ça m’a pris de nuit) et cerise sur le gâteau : inflammation du testicule (on appelle ça une orchite, j’ai au moins appris un mot dans l’histoire.) Au moment où j’écris ces lignes, soit presque trois semaines après, mon testicule gauche est encore, après avoir un peu dégonflé, trois à quatre fois plus gros que le droit. Ca paraît très drôle, comme ça hein ? C’est normal, je ne vous ai pas décrit la douleur que ça peut procurer.

Je ne suis donc quasiment pas sorti de chez moi du 1er au 15 septembre. Au-delà de l’atteinte morale (surtout que, je vous le rappelle, je suis dépressif machin, là) ça m’a surtout foutu en l’air ma période d’inscription à la fac, sans que je m’en rende pleinement compte. Pour résumer, j’encaisse les refus successifs depuis quelques jours parce que « y a pu d’place » ou parce que « c’est trop tard. » Heureusement, Elle, Pinkie et Trent me soutiennent (comprendre : me tiennent par la main.)
J’ai néanmoins une solution de secours qui n’est pas idéale et qui n’est pas mauvaise non plus, mais je préfère ne pas en parler pour le moment, craignant de me porter la poisse, art dans lequel j’excelle en ce moment.

J’ai eu une bonne grosse dose de stress qui a failli aboutir en crise d’angoisse. J’ai récemment remis en cause mon choix d’orientation et ai eu une flippe concernant l’avenir, la vie en général et toutes ces conneries. C’était il y a trois jours et aujourd’hui encore, je me sens tendu. Pour être parfaitement honnête je suis à ça de prendre un Lexomil.

Car aujourd’hui, j’ai déjeuné avec Elle. Elle rédigeant son (long) mémoire de fin d’études et moi étant à l’article de la mort, nous nous sommes peu vus ce mois-ci. Nous avons eu une discussion que je suis heureux d’avoir eu bien qu’elle soit de nature à fissurer le cœur. Je l’avais sentie un poil plus évasive ces derniers temps. Toujours douce et souriante, mais changée, moins câline aussi. J’ai d’abord mis ça sur le compte du stress. Puis j’ai voulu en avoir le cœur net et lui ai finalement posé quelques questions de manière simple. Elle m’a avoué ne plus savoir où elle en était en ce moment, sentir la vie et les choses comme un poids. Elle ne sait également plus exactement ce qu’elle ressent pour moi. Elle a répondu par l’affirmative lorsque je lui ai demandé si elle avait songé à me quitter. Puis s’est mise à pleurer dans mes bras tandis que je luttais pour retenir mes propres larmes.

Nous nous sommes mis d’accord pour voir une fois que cette saloperie de mois de septembre et son lot d’angoisses partagées seront derrière nous. Personnellement, je suis sûr de mes sentiments pour elle. J’aime cette fille et je tâcherai de lui refiler ce doux virus. Et si elle s’y découvre immunisée, alors j’aurai gagné une amie.

C’est que ça fait mal parfois, de se faire des amis.