Lac de rails
Pardon pour l’absence, j’étais parti au Pays des Merveilles. Alice vous embrasse et le lapin est toujours aussi con.
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La tempe posée contre la vitre tremblotant sous les ondes générées par les soubresauts du train, le bruit sortant de mon iPod achevant de me rendre sourd, le regard posé sur l’enchevêtrement de rails qui s’étend sur des centaines de mètres... il fait nuit et comme tous les soirs, je rentre chez moi. Dans mon wagon, toujours le même type de gens partage mon trajet : des minables pour la plupart, jeunes ou vieux, plus ou moins bien sapés. Des gens qui, je l’imagine, travaillent jusque tard dans la soirée, rentrent chez eux et s’endorment aussi sec, essorés par une journée de cons. Le lendemain, ils essaieront de battre le record de journée d’aliénés mentaux établi la veille.
Mon regard vogue entre eux, le lac de rails du dehors et le noir complet que m’offrent mes paupières fermées.
De temps en temps, ce sont eux qui me regardent. Une fille, parfois. Il arrive même qu’elle soit jolie. L’autre fois, alors que le wagon était désert, un homme assis loin est venu s’asseoir juste en face de moi. Un blondinet habillé près du corps. Il avait un air guindé assez désagréable et me jetait des coups d’œil insistants. Enfin bref, j’avais une touche (et envie de me jeter hors du train en marche.) Je me suis contenté de regarder ailleurs et de prier pour qu’il ne m’adresse pas la parole, ce qu’il ne fît heureusement pas. Je n’étais pas d’humeur.
Et je ne suis pas souvent d’humeur, ces temps-ci. A vrai dire, je ne sais pas si l’on peut parler d’humeur. Je me sens simplement éteint et fatigué. Ni triste ni désespéré, je vais bien merci, mais simplement éteint. Comme si tout m’indifférait. Peut-être trouvé-je le temps long, que la rentrée me tarde. Peut-être qu’à l’inverse, cette rentrée me fait peur, que l’idée de me planter une fois de plus m’est insupportable. Peut-être n’est-ce que passager. Peut-être pas.
Je suis avec une fille adorable sous tous rapports. Elle est patiente avec moi, elle sait que je lui en suis gré et je n’ai de toutes manières pas l’intention d’en abuser. J’ai une chance énorme, à l’image de cette année. Chance que j’ai certes un peu provoquée, mais chance tout de même : le début de la guérison, les angoisses qui ont disparu, l’amour trouvé et d’autres petites choses... Pourtant, je n’arrive pas à me sentir heureux. J’en ai envie, hein ! Envie d’avoir la pêche, de me sentir vivre ! Mais j’ai beaucoup de mal, je l’avoue. Ca se répercute évidemment sur mon moral, du coup je suis un peu mou. Et par conséquent, j’ai peur qu’Elle s’ennuie avec moi, à terme. Ca ne m’inquiète pas, mais je n’ai vraiment pas envie que cela arrive.
J’ai vraiment peu de conversation ces temps-ci, rien ne m‘intéresse vraiment. Lorsqu’Elle me présente des gens nouveaux, je n’ai rien à leur dire. Et d’ailleurs dans le fond et ce malgré toute la sympathie que je peux avoir pour eux, ils ne m’intéressent pas vraiment. C’est terrible, j’ai toutes les raisons de me sentir heureux, c’est même mon vœu le plus cher. Mais non.
Alors souvent, je m’encourage mentalement, me force à sourire lorsque je suis dans les transports, par exemple, et à changer d’état d’esprit. Et ça marche. Cinq minutes.
Je crois que j’ai besoin d’une activité créatrice. Et de me lever le matin.
Alors bonne nuit.
(Vous le voyez bien que je tire la gueule.)
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La tempe posée contre la vitre tremblotant sous les ondes générées par les soubresauts du train, le bruit sortant de mon iPod achevant de me rendre sourd, le regard posé sur l’enchevêtrement de rails qui s’étend sur des centaines de mètres... il fait nuit et comme tous les soirs, je rentre chez moi. Dans mon wagon, toujours le même type de gens partage mon trajet : des minables pour la plupart, jeunes ou vieux, plus ou moins bien sapés. Des gens qui, je l’imagine, travaillent jusque tard dans la soirée, rentrent chez eux et s’endorment aussi sec, essorés par une journée de cons. Le lendemain, ils essaieront de battre le record de journée d’aliénés mentaux établi la veille.
Mon regard vogue entre eux, le lac de rails du dehors et le noir complet que m’offrent mes paupières fermées.
De temps en temps, ce sont eux qui me regardent. Une fille, parfois. Il arrive même qu’elle soit jolie. L’autre fois, alors que le wagon était désert, un homme assis loin est venu s’asseoir juste en face de moi. Un blondinet habillé près du corps. Il avait un air guindé assez désagréable et me jetait des coups d’œil insistants. Enfin bref, j’avais une touche (et envie de me jeter hors du train en marche.) Je me suis contenté de regarder ailleurs et de prier pour qu’il ne m’adresse pas la parole, ce qu’il ne fît heureusement pas. Je n’étais pas d’humeur.
Et je ne suis pas souvent d’humeur, ces temps-ci. A vrai dire, je ne sais pas si l’on peut parler d’humeur. Je me sens simplement éteint et fatigué. Ni triste ni désespéré, je vais bien merci, mais simplement éteint. Comme si tout m’indifférait. Peut-être trouvé-je le temps long, que la rentrée me tarde. Peut-être qu’à l’inverse, cette rentrée me fait peur, que l’idée de me planter une fois de plus m’est insupportable. Peut-être n’est-ce que passager. Peut-être pas.
Je suis avec une fille adorable sous tous rapports. Elle est patiente avec moi, elle sait que je lui en suis gré et je n’ai de toutes manières pas l’intention d’en abuser. J’ai une chance énorme, à l’image de cette année. Chance que j’ai certes un peu provoquée, mais chance tout de même : le début de la guérison, les angoisses qui ont disparu, l’amour trouvé et d’autres petites choses... Pourtant, je n’arrive pas à me sentir heureux. J’en ai envie, hein ! Envie d’avoir la pêche, de me sentir vivre ! Mais j’ai beaucoup de mal, je l’avoue. Ca se répercute évidemment sur mon moral, du coup je suis un peu mou. Et par conséquent, j’ai peur qu’Elle s’ennuie avec moi, à terme. Ca ne m’inquiète pas, mais je n’ai vraiment pas envie que cela arrive.
J’ai vraiment peu de conversation ces temps-ci, rien ne m‘intéresse vraiment. Lorsqu’Elle me présente des gens nouveaux, je n’ai rien à leur dire. Et d’ailleurs dans le fond et ce malgré toute la sympathie que je peux avoir pour eux, ils ne m’intéressent pas vraiment. C’est terrible, j’ai toutes les raisons de me sentir heureux, c’est même mon vœu le plus cher. Mais non.
Alors souvent, je m’encourage mentalement, me force à sourire lorsque je suis dans les transports, par exemple, et à changer d’état d’esprit. Et ça marche. Cinq minutes.
Je crois que j’ai besoin d’une activité créatrice. Et de me lever le matin.
Alors bonne nuit.
(Vous le voyez bien que je tire la gueule.)

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