Le cul de la crémière - Paris 2012
Ceux qui me connaissent un peu savent que j’ai - un peu - fait campagne pour le « oui » pendant le mois de mai. Ahem.
Ayant échoué comme une pauvre merde comme tous mes camarades ouistes, j’ai décidé de m’engager dans un nouveau combat totalement inepte et à la mode : Paris 2012. C’est pourquoi dorénavant et à l’instar du Stade de France qui a été renommé « Stade de France - Paris 2012 », tous mes titres d’articles comprendront la mention « - Paris 2012 ». De plus, je polluerai mes articles avec des bannières publicitaires soutenant la candidature de Paris. On va les avoir ces Jeux, bon sang de bois !
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J’ai commencé les cours de conduite. Premières remarques, comme ça, à chaud :
1/ Je suis une brêle.
2/ C’est extrêmement stressant. J’ai la sensation omniprésente de jouer ma vie à chaque intersection.
3/ J’ai deux moniteurs. L’un est un connard, l’autre est heureusement beaucoup mieux.

Commençons par le plus drôle, pour que vous puissiez vous foutre de ma gueule et creuser un peu plus mon déficit en confiance en soi. Première heure de conduite, mercredi dernier. J’arrive, pépère. Tout juste un poil d’appréhension. Je fais connaissance avec le moniteur, il s’agit du mari de la gérante de l’auto-école. Déjà elle, je ne la piffais qu’assez moyennement, mais alors lui ! Un brolos 100% made in France d’en bas au phrasé aussi élaboré qu’un couplet de Vincent Delerm, pas pédagogue pour un sou et limite arnaqueur. D’ailleurs ici je l’appellerai Narko, pour trois raisons : 1/ parce que c’est le verlan de connard, 2/ parce qu’il me fait bailler, 3/ parce qu’il pourrait être de la famille (éloignée) de Sarko.

Narko et moi allons donc sur un parking désert, que je puisse faire mes gammes. Et là ce con se met dans la tête de me faire faire de huit. De dessiner des huit en prenant des virages très serrés sur le parking, quoi. Tout ce qu’on y a gagné, c’est me donner la nausée. J’ai dû stopper la leçon au bout d’une demi-heure tant j’étais mal, et ce con en rajoutait en se foutant gentiment de ma gueule. Bon, jusque là je le prends avec humour. Je lui dis que je prendrai quelque chose contre le mal des transports dorénavant.

Deuxième leçon, deux jours plus tard. Toujours Narko en guise de moniteur. Le premier truc qu’il trouve à me dire en me voyant, c’est « Bon, t’as pris tes cachets, toi ? » Et puis il le hurle bien fort, en bon conaud de base. Le mec qui sait te mettre d’entrée en confiance. Je lui réponds « Je n’ai fait que ça. » Et lui, « On va voir ça. » Nous montons dans la voiture, il m’annonce qu’aujourd’hui je ne m’occuperai que du volant et du clignotant, et qu’il se chargera des pédales. Je le prends limite mal, mais je me dis que ça doit être normal. Vingt minutes passent, comme ça, il corrige oralement mes erreurs de trajectoire (je vous l’ai dit, je suis une brêle). Il m’amène sur l’autoroute, je n’en mène pas large. Lui non plus d’ailleurs, il est presque aussi crispé que moi.
Plus tard, son téléphone sonne. Ouais, on arrive ! dit-il. C’est là que j’ai compris qu’on allait passer l’heure à aller chercher quelqu’un. Arrivés au point de rendez-vous, on se gare (si on peut appeler ça se garer) et il me sort « Bon, je vais le chercher. » Cinq ou dix minutes plus tard, les deux types daignent se pointer. Sur le chemin du retour, ils ne font que parler de fric, bagnoles, de ces « enfoirés de garagistes » et de leurs « coups de pute ». A un moment, Narko raconte même à son ami ma petite indisposition de l’avant-veille : « Hé hé, tu sais quoi ? L’autre jour à sa première heure je lui ai fait faire des huit et il a été malade dis donc ! Ha ha ! » et l’autre de répondre « Non ? Tu dois pas souvent aller à Eurodisney alors, gamin ? » Passablement énervé et le nez dans le volant, je ne réponds qu’un « Non je n’y vais plus, j’ai passé l’âge. » Rien en retour.
Nous arrivons à l’auto-école, la leçon s’arrête avec quinze minutes d’avance, que l’on ajoute aux cinq minutes à poireauter seul tout à l’heure : je me fais enculer de vingt minutes. Ceci dit, si c’est pour passer vingt autres minutes à faire mumuse avec le volant, je peux effectivement m’en passer sans trop de problèmes.
Je rentre chez moi, le trou de balle élargi.

Je passe le week-end à ruminer sur ces connards et à me dire qu’il ne faut plus que cela se reproduise. Le lundi soir arrive, troisième leçon. Surprise, ce n’est pas Narko mais l’autre moniteur. Résultat : soixante minutes de cours, pas de railleries (pourtant y avait de quoi) et surtout j’ai enfin conduit une voiture pour de vrai. Très mal, bien sûr - je suis même monté sur un trottoir en paniquant à la manière d’un Philippe de Villiers dans un bar gay - mais je m’en fous. Il est bien ce mono, j’ai appris plein de choses.
J’ai juste encore plus la trouille des routes qu’avant.

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Je terminerai ce post engagé en faveur du savoir-faire français (y compris au niveau du nombre de morts sur les routes) par un message de prévention destiné à la jeunesse qui me lit (car certains savent encore lire, paraît-il.)
Jeunes hommes : n’imitez en aucun cas ce que vous pouvez voir dans Jackass.
Jeunes femmes : n’imitez en aucun cas et sous aucun prétexte (même pour déconner) ce que vous pouvez voir, lire ou entendre de cette radasse de Paris Hilton.


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