mercredi 11 mai 2005

Névrite optique

Voilà, c’est ce que j’ai à l’œil. Je vous raconte brièvement les derniers jours.

Il y a une semaine, je plaisantais au sujet de mon œil, vous vous en souvenez. Eh bien trois jours plus tard, j’en riais beaucoup moins. La baisse d’acuité était devenue sévère et vu de l’œil droit, tout n’était qu’un sombre brouillard. Je suis allé aux urgences des Quinze-Vingts à Bastille (Paris, hein) samedi soir, et je ne suis - pour faire court - ressorti de l’hôpital qu’aujourd’hui midi. Pendant ces quatre jours qui m’ont paru un mois entier, j’ai eu droit à deux ou trois bricoles, certes pas méchantes, mais qui surprennent :


- une bonne douzaine de fonds d’yeux, dont deux particulièrement longs et douloureux administrés par une tarée (pardon, une urgentiste)

- une perfusion, couplée aux corticoïdes de temps en temps

- un passage à l’I.R.M (pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un genre de scanner qui fait un bruit de boîte techno-makina-hardcore assourdissante pendant une demi-heure : j’y suis entré aveugle d’un œil, j’ai failli en ressortir sourd)

- un P.E.V (on vous plante deux aiguilles en haut de la nuque, vous place deux pinces sur les lobes d’oreilles et une sur la main, on balance des stimuli et on regarde ce que ça donne, comme ça, pour déconner)

- divers tests de champ visuel classiques (sonner dès qu’on aperçoit une lueur sur une demie sphère creuse, ce genre de conneries)

- E.C.G (quatre), prise de sang (à 6h du matin), tension (artérielle et de l’œil), température, bref les niaiseries habituelles

- des plateaux repas infects, sauf un (poisson et riz) dont je me suis délecté

- des internes apprentis sorciers qui oublient vite que le patient qui est en face d’eux n’est ni un cas clinique ni un animal de ferme, mais un être humain doté de facultés intellectuelles au moins aussi importantes que les leurs

- quelques toubibs et infirmières sympas (dont une vraiment très sympa)
- un sympathique camarade de chambrée de 27 ans mon aîné (qui a une jolie épouse et trois beaux enfants) avec lequel j’ai heureusement tué le temps.
- des nuits très courtes, des journées très, très longues.

Bref. Au final, j’ai une névrite optique, autrement dit une inflammation du nerf optique, autrement dit un truc pas trop méchant mais qui devrait néanmoins m’handicaper quelques semaines. Origine du mal : probablement virale (comprendre : ça peut vous arriver aussi, n’importe où, n’importe quand, à n’importe quel âge.)

Quelques semaines avant de retrouver le parfait usage de mon œil (du moins je l’espère). Moi qui allais justement commencer les cours de conduite. Dois-je y voir un signe divin ? Variante : Dieu essaierait-il de me signifier qu’il est inutile que je dépense 6 euros pour aller voir l’Episode III de Star Wars la semaine prochaine ?

Points positifs de l’histoire :


- j’ai bossé ma sociabilité et c’était très agréable

- mon père, qui est venu me voir deux fois (bon, l’hôpital est près de son lieu de travail mais ça nous a permis d’arrondir les angles, ce qui n’était pas du luxe)

- le plomb que ce genre de petites aventures vous met dans le crâne. Du plomb qui vaut de l’or.

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Voilà pour l’épisode « névrite optique », en espérant qu’il soit bientôt terminé. Vous pardonnerez l’indigence de forme de cet article, car vous comprendrez aisément que j’évite l’écran d’ordinateur (qui ne m’est pas dangereux, mais désagréable à fixer).

De plus, j’ai quelques branlettes à rattraper, moi. Allons, au travail.