lundi 2 mai 2005

Jesus rocks everything that moves

Avertissement : cette entrée, qui n’a pour objet que de donner de mes nouvelles, est affligeante de platitude. En revanche, la prochaine sera comiquement très marrante de drôlerie.

J’ai connu quelques jours difficiles le mois dernier qui m’ont valu une petite coupure. La bêtise de certain(e)s, des crises de larmes répétées, des angoisses : mon jihad personnel et habituel, en somme.

Ayant quelque accointance avec le désespoir, le chaos et la désolation, et surtout n’étant satisfait... euh... eh bien de rien à vrai dire, j’ai d’abord songé à la mort - « comme d’hab » railleront certains, « oh la la c’est pas bien » déploreront d’autres. L’envisager m’a redonné le sourire. Il y a toujours une solution me suis-je dit, alors autant ne pas utiliser la pire d’entre elles tout de suite. Oui, il m’arrive aussi d’avoir de bonnes idées.

Pour éviter de penser trop longuement à de désagréables extrémités, j’ai œuvré à garder ma cervelle occupée. Je me suis d’abord débarrassé d’une demie phobie : celle de la piscine. On ne se moque pas. 1/ je ne sais quasiment pas nager, 2/ barboter dans un bouillon de culture urino-morvo-salivaire est un concept difficilement acceptable pour moi, 3/ je n’aime pas particulièrement me promener en moule-bite devant des inconnus (devant qui que ce soit d’ailleurs.)
Au bout de cinq heures en l’espace de trois semaines je ne suis toujours pas foutu d’aligner une longueur sans m’arrêter (je panique et je coule), mais je m’amuse bien. J’envisage d’afficher mes chronos ici même, pour que vous puissiez bien vous foutre de ma gueule. Je vous tiendrai au courant.

J’ai ensuite « fêté » mon anniversaire, le 24. Je place le verbe entre guillemets, car comme tous les ans, l’histoire s’est résumée à un silencieux repas en famille, au triste dérisoire. Et à la distribution des cadeaux, tout le monde se réveille et y va de son bon mot, comme si de rien n’était.
Mes sœurs m’ont offert un iPod shuffle. Je ne m’y attendais pas du tout. Je suis très content de ce petit machin blanc ; regarder les gens dans le métro tout en écoutant une chanson qui parle d’une pluie ardente liquéfiant la chair humaine et réduisant tout en cendres fumantes est une expérience, hé hé, jouissive.

Le 26, j’ai réussi à l’examen du code de la route. Il y avait bien longtemps que je n’avais pas eu cette sensation que la réussite procure. Une satisfaction d’abord intense, puis qui nous paraît inepte trois heures plus tard.
En rentrant chez moi, j’ai dit à mon père que j’avais réussi. Il n’a pu réprimer un sourire et un « bravo ». J’avoue que ça m’a un peu déstabilisé.

Quoiqu’il en soit, d’ici septembre je saurai nager et conduire une auto. C’est important : lorsque je serai père, je devrai être en mesure d’amener mes enfants à la mer et d’aller chercher ces imbéciles qui ne manqueront pas de s’aventurer trop loin du rivage. Je parle de gamins parce que j’ai Tonio à la maison en ce moment. Ma sœur l’a eu lorsqu’elle avait 23 ans, l’âge que j’ai depuis une semaine. Ca me ramène à la notion de responsabilité, enfin vous voyez le topo.
Bref. Je suis chargé de le faire étudier. Ce môme est une brute épaisse en maths, mais une quiche lorraine en orthographe. Cette nouille trouve le moyen de faire 15 fautes dans une dictée de sept phrases qu’il a déjà faite. Alors que je dicte très, très, très lentement en exagérant les liaisons. Bref, il me fait transpirer.

Alors pour me venger je l’emmène à la piscine et je le balance à la flotte. Ca l’amuse et ça me calme les nerfs.

J’ai achevé mes trois semaines de mutisme par un pique-nique en compagnie de baltringues qui racontent leur vie sur internet (bref : des collègues). Ils ont tous essayé de coucher avec moi, tentant de me tenter (redondance-man) par le biais de divers artifices : parmi ces demoiselles, une a essayé le décolleté outrageant (j’ai bien aimé), deux ont usé des résilles et des frêles épaules dénudées (j’ai bien aimé), une a abusé de l’accent exotique des mers du Su... euh, Nord et du regard papillonnant (j’ai bien aimé), une a mis en avant son tour de poitrine démesuré (j’ai bien aimé) et la dernière m’a simplement harcelé tout l’après-midi (je l’ai trouvée limite pénible d’ailleurs, les plus courtes sont les meilleures, Maz.)
Les messieurs ne sont pas restés en reste (super-redondance-man), le premier a essayé de me séduire avec ses cheveux soyeux et un discours syndicaliste huilé, le second avec ses cuisses musclées de cycliste Helvétique au chômage technique (il m’a expliqué que faire du vélo en Suisse en hiver, c’était comme essayer de disserter sur un film de Roland Emmerich : faut se lever de bonne heure pour trouver une piste), le troisième a tenté une imitation négligée de Jack Bauer et le dernier avait mit un jean mettant en valeur son énorme paquet.
Quant à moi, comme d’habitude en société, je n’ai pas été moi-même. Soit mentalement totalement ailleurs, soit complètement crétin et lourdingue.

Mais ça ne m’a pas empêché de coucher avec moi-même le soir venu. Je ne peux pas me résister.