lundi 30 mai 2005

29 mai 2005 : le fracas sismique sensationnel (Mauresmo a encore perdu)

J’ai participé hier soir au dépouillement des bulletins de mon bureau de vote. Nous étions quatre à ma table (je suppose que ce nombre est le même partout, le protocole étant très codifié). Les Deschiens. Deux types quinquagénaires à l’air négligé et au français approximatif, une bobonne quadra joufflue et timide, et enfin, moi.

Je fus d’abord souriant et faussement intéressé par les discussions affligeantes des deux types. Celles-ci se résumaient à un échange de préjugés douteux sur les Corses et à des anecdotes pitoyables sur les chèvres et les brebis de leur grand oncle du Loir-et-Cher. Mon sourire a vite capitulé, laissant la place à une mine sinistre et à un regard envieux des gouttelettes de pluie écrasées sur les vitres : elles, au moins, étaient à l’extérieur.

Je fus ensuite nettement plus impatient ; aussi me suis-je spontanément proposé pour la tâche la plus emmerdante mais également la plus stratégique : retirer un à un les bulletins de leur enveloppe et les passer à ma copine bobonne joufflue de mes deux. Pourquoi stratégique ? Mais parce qu’en me chargeant de la besogne, c’est moi qui mène la cadence, pardi (ah tiens, j’ai mon syndrome 1923 qui recommence.)

********* Interlude pédagogique *********

Pour ceux qui ne le savent pas, voici comment se déroule une séance de dépouillement :

1/ Un trou du cul (également appelé « Président du bureau de vote ») vous donne une grande enveloppe censée contenir 100 petites enveloppes que les gens ont au préalable glissé dans l’urne, avec généralement un bulletin de vote dedans.

2/ Vous videz la grande enveloppe sur la table, et vous recomptez le nombre de petites pour vérifier qu’il y en a bien 100. Etant donné qu’il y a au minimum quatre abrutis à chaque table, cela va vite.

3/ Un des quatre larbins (en l’occurrence ici, c’était bibi) ouvre une petite enveloppe, retire le bulletin qui se trouve à l’intérieur et l’offre au deuxième larbin.

4/ Lequel (en l’occurrence (bis) ici, ma bobonne aux grosses joues qui communiquait par onomatopées) exprime à voix haute ce qu’il y a écrit sur le bulletin.

5/ Les deux (minimum) derniers esclaves prennent bonne note de ce qu’a exprimé le deuxième trou de balle et font un trait sur leur feuille dans la case correspondante.

6/ Et on recommence jusqu’au centième bulletin. Suite à quoi on se congratule parce qu’on ne s’est pas gourrés, puis on vous apporte une seconde fournée de 100 enveloppes de merde, le sourire aux lèvres.

7/ Les quatre imbéciles attablés (également appelés « scrutateurs ») se demandent intérieurement si les gens qui tiennent les bureaux de vote ne sont pas tous nazis, puis ils se remettent au travail jusqu’à ce que l’urne soit vide (ou jusqu’à constatation clinique du décès.)

8/ Lorsque c’est fini, les nazis proclament les résultats du bureau de vote pendant que tous les autres se barrent en courant.

********* Voilà. *********

Donc, disais-je, je me suis spontanément proposé pour la tâche première. Les trois autres m’ont regardé d’un air compatissant dont la substance était quelque chose du genre : « Ah ! Le pauvre, il est jeune. S’il savait ! »
Hé hé hé.

J’ai imprimé un rythme de malade à ces enculés.

Ca, ils ont vite compris leur douleur, et le plus drôle c’est qu’aucun ne mouftait. On a torché 278 bulletins en une demi-heure. Et pas une erreur, du moins les deux débiles trouvaient le même nombre de bâtons donc ça devait être juste. Pour l’anecdote : 154 non, 118 oui, 6 nuls. Je m’y attendais, donc pas de déception. A peine ai-je erré en larmes, sous la pluie, en suppliciant « PoOoOOOooourquoOooOOoOOooii !!! NooOoOOOn, c’est impossiiiiible !! » pendant trois quart d’heure.

Puis les flics sont venus me chercher et j’ai arrêté les conneries.

Suite à quoi j’ai mangé mes trois gélules anti-dépressives avec une cuisse de poulet et des pâtes au gruyère, à moins que ça ne soit de l’emmental (moi à part le Kiri, j’y connais queud en fromton.)

J’ai ensuite regardé un petit bout de la soirée électorale, enfin très honnêtement j’ai surtout passé 25 minutes à fantasmer sur Clémentine Autain, la jeune adjointe communiste au maire de Paris :

Clémentine, tantôt rieuse...
Clémentine, tantôt rieuse...


Autant je ne peux pas blairer les communistes, autant si elle me le demande gentiment j’adhère au Parti sans discuter. Et dire qu’ils nous ressortent Robert Hue et Marie-Georges Buffet alors qu’ils ont une arme de destruction massive, au Parti Communiste Français... Je veux bien faire la Ve Internationale à moi tout seul si ça me donne une demie chance avec elle.

...tantôt sérieuse...
...tantôt sérieuse...


...tantôt inquisitrice.
...tantôt inquisitrice.


Bon, j’arrête avant de transformer Déneevrance en skyblog. Je manque cruellement d’affection. Ne faîtes pas attention.