Charognes
Jean-Paul II vient tout juste de démontrer à la Terre entière qu’il n’était finalement pas indestructible.
Et déjà, les charognards sont là pour faire leur beurre de son cadavre.

Déclaration choc et solennelle, sur fond rouge sang au cas où tout le monde n’aurait pas compris. Images furtives de femmes éplorées. Plateau de journalistes crétins - j’ai le pléonasme volontaire, je sais - interviewant cardinaux et divers imbéciles qui n’ont rien d’intéressant à dire.
Et gageons que dans quelques jours, les humoristes feront l’étalage de toute leur connerie sur la mort du Pape. Allez, on parie ? Les Ruquier, les Gerra, les Guillon ! Tous ces Ilotes qui ne font rire personne, hormis une poignée de cadres dynamiques stressés qui sautent sur n’importe quel mauvais jeu de mots pour enfin se détendre un peu.
Se moquer du Pape est normal, c’est comme se moquer du Chef de l’Etat, on s’attaque gentiment à un symbole quasi-indiscuté. L’art est très facile mais populaire et aussi en ai-je usé un millier de fois au moins depuis l’âge de huit ans.
Mais faire de l’argent sur la mort de quelqu’un est parfaitement obscène. Et attention, je ne suis pas religieux pour un sou. La mise en scène de la mort de Mitterrand m’avait donné des nausées ; je n’étais pourtant pas fan du personnage. La même mise en scène de la mort de Lady Diana m’avait sidéré, et pourtant la princesse m’indifférait totalement. Et aujourd’hui, on ressort les couverts, en espérant de tout cœur cette fois-ci être épargnés par les photos de cadavres et autres sinistres carcasses de voitures encastrées dans un poteau parisien.
Je me répète : je ne suis pas religieux. Agnostique, tout au plus. Mais si vous le permettez, je demanderai ce soir à celui qui vient de nous quitter et à son boss Tout Puissant de bien vouloir faire preuve de la plus grande indulgence pour les faibles ici-bas qui ne perdent jamais une occasion de fermer leur gueule.
Et, de crainte par le présent texte de rejoindre cette masse de charognards imbéciles, j’aime autant fermer la mienne.
Ciao, l’ancien. J’en connais beaucoup qui ne t’oublieront pas.

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