mercredi 2 février 2005

Libidon

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs. L’heure est grave. Ce n’est pas la première fois que je vous le dis. Aujourd’hui, en 2005, les dénommés Paris Hilton et Vincent Delerm sont toujours en vie. Je vous rappelle, s’il en est besoin, que ceci est absolument intolérable et constitue formellement une violation des Conventions de Genève. Si. J’ai vérifié.
Mon médecin traitant m’ayant formellement interdit d’assassiner des gens (il a d’ailleurs beaucoup insisté sur ce point), j’en appelle donc à votre sens civique, à votre honneur, à votre humanité pour faire le boulot. Pour l’Amour du Ciel, que quelqu’un refroidisse ces gens. Merci.

Tenez, je suis allé faire des photos d’identité récemment. Et comme j’en ai retrouvé d’anciennes datant de différentes époques, je me suis amusé à faire un petit comparatif que voici :



Je me bonifie avec l’âge, comme la plupart des gens, du reste, mais là ce n’est carrément plus le même garçon ! Je suis de plus en plus joli, j’en suis content. A ce rythme, et si mes calculs sont exacts, je devrais normalement pouvoir débuter une carrière de mannequin vers l’âge de 135 ans. J’ai hâte d’y être.

Mais je pense, amis lecteurs mais néanmoins gentils crevards, que vous vous fichez un peu de mes appels au meurtre d’agaçantes peoplettes sans intérêt et de mes photos d’identité. Non, ce que vous êtes pour la plupart venus chercher, ce sont des nouvelles fraîches et saignantes de toute l’entière souffrance que me donne ma nécrotique cervelle, aimablement suppléée, à l’occasion, par un système nerveux central totalement apathique à mes vaines supplications. Eh bien soit !

Depuis la dernière fois, je suis allé deux fois en agence d’intérim pour trouver des petits jobs (j’ai fait deux fois la démarche du moins), je suis allé deux fois à Paris, ville que j’abhorre pour des raisons évidentes que je m’en vais expliquer immédiatement car je sais par expérience que la plupart d’entre vous qui me lisez êtes des abrutis finis : Phobies sociales + Mégalopole surpeuplée = approximativement 40 fois Hiroshima. Voilà. Je suis également allé deux fois au restaurant, et j’y étais remarquablement à l’aise, ce qui est pour moi un demi-miracle (pour les raisons susmentionnées).


********* Petit aparté *********

Pour ceux que cela intéresse, j’ai pris une très agréable grande salade Crétoise suivie d’un chocolat Liégeois dans un Hippopotamus (le premier qui fait un commentaire je le transforme en Vincent Delerm, je le ceinture de dynamite et je le donne en cadeau au HAMAS) vers Opéra, et une tiède mais correcte pizza regina dans un Pizza Dell’Arte (là en revanche vous avez ma bénédiction pour vous foutre de ma gueule).

********* /Petit aparté *********


Ah, et j’ai même tenté de laisser mon CV dans un Carrefour, mais ces connards demandent une lettre de motivation (alors que par définition pour être agent de caisse, faut être sacrément motivé, mais passons). Mais j’y retournerai bientôt. Tout ça pour dire que je me bouge le cul pour retrouver une vie normale. C’est physiquement fatigant, moralement pesant, mais je sais que c’est ce que je veux. Mais ça ne m’enthousiasme pas... ce qui m’amène au point de vue médical.

J’ai vu le toubib lundi, nous avons décidé de commencer à réduire les doses de l’anxiolytique. Bonne nouvelle en soi, mais peut-être un poil prématuré selon moi, l’avenir nous le dira. En revanche au niveau de l’antidép, on reste évidemment sur les mêmes bases d’un traitement moyenne ou longue durée. C’est là où je veux en venir, j’ai l’impression que l’antidépresseur a quelque effet indésirable sur moi. Le premier, c’est la libido. Je ne saurais le confirmer, étant célibataire, mais j’ai l’impression d’être un chameau eunuque à ce niveau. Très peu de désir sexuel. Sensiblement au même niveau que l’été dernier, lorsque j’étais plongé dans un sombre marasme. Ca m’ennuie un peu. Mais ce qui m’ennuie davantage, c’est mon absence d’enthousiasme. Je ne palpite pour rien ni personne, c’est très étrange. J’ai l’impression d’avoir soudainement beaucoup moins de capacité à ressentir. Comme si j’étais devenu quasiment incapable de m’énerver, de m’émouvoir, de m’extasier, de me passionner. Pas plus de quelques secondes, j’entends. Mmm.

Je vais tenter une expérience en direct, avec vous. J’ai sous la main deux catalogues, un de La Redoute, et un des 3 Suisses. Lorsque j’avais 12 ou 13 ans, je me paluchais de temps en temps devant les pages où les femmes sont en sous-vêtements. Alors je vais y jeter un coup d’œil (mais pas de branlette, promis) et vous dire ce que je ressens, d’accord ? Je reviens dans deux minutes.

...
Ouais ok, oubliez tout ce que j’ai dit.

(j’épouserais bien la page 343, moi.)