De l’art de dire merde. (2/3)
Hihi, là j’ai fait assez fort dans la connerie. Mais je suis particulièrement content et même carrément fier. Je vous explique.
Chantal de l’agence d’intérim m’appelle à 14h30 :
neev : Aaaallo ? (j’ai appris la décontraction en 24 heures)
Elle : Oui bonjour neev, Chantal de l’agence, j’appelle car le client veut que vous commenciez demain matin, il faut donc que vous passiez nous voir cet après-midi pour vous inscrire chez nous définitivement. (ndr : MOUAHAHA, ces imbéciles veulent de moi j’y crois pas !) (ndr2 : il y a deux inscriptions, une première où l’on ne donne que son CV et ses attentes, et une seconde définitive dès qu’on commence une 1ere mission)
neev : Mmm... Je suis désolé mais je ne vais pouvoir faire cette mission. Hier, je me suis vendu du mieux que j’ai pu, j’ai joué le jeu comme vous me l’aviez demandé, mais le responsable m’a très bien spécifié qu’ils recherchent quelqu’un pour du long terme, or je reprends les études en septembre, ce qui est incompatible. Je recherche des missions de courte ou de moyenne durée.
Elle : Qu... Mais pourquoi vous ne me l’avez pas dit, neev ?!
Neev : Parce que quand nous nous sommes vus tout s’est enchaîné très vite, et je n’ai à aucun moment songé à une mission longue durée.
Elle, luttant pour contenir son exaspération : Bon... je rappelle le client, est-ce que pour deux ou trois semaines, le temps que je vous trouve un remplaçant vous acceptez ?
Neev : Mmm... pour trois semaines, oui.
Elle : Entendu, je vous rappelle.
J’ai commencé à réfléchir. Bosser là-bas, à partir de demain ? Comment est-ce que je me sens à cette idée ? Excité ? Certainement pas. Ai-je peur ? Ma foi oui, un peu, mais beaucoup moins qu’hier. Voyons...
Mais Chantal me tira de mes pensées, en me rappelant deux minutes plus tard :
Elle : C’est encore Chantal, j’ai eu le client et il est d’accord. Donc vous commencez demain (samedi) de 11h30 à 19h30, et il faut que vous veniez vous inscrire au plus chez nous, cet après-midi entre 15h et 17h, avec votre Carte vitale, pièce d’identité, justificatif de domicile.
Neev : Entendu, je fais ça.
Clic.
Je continue ma réflexion là où je l’avais arrêtée. Ai-je envie de cela ? Non. Ai-je envie d’être trimballé comme un pantin par une femme qui ne pense qu’à son client ? Non. Ai-je envie de me rendre malade en bus matin et soir pour faire un boulot détestable, même pour trois semaines ? Non.
Je me mis à me parler à moi-même, intérieurement. Je la rappelle, et je lui dis de m’oublier pour de bon. Ouais. Ouais !
neev : Allo Chantal, c’est encore neev.
Elle : Oui ?
neev : Je suis vraiment navré de vous mettre dans l’embarras, mais je ne vais ni m’inscrire, ni faire cette mission.
Elle, ne contenant plus du tout son exaspération : Attendez, là, je ne comprends pas, alors pourquoi vous êtes venu chez nous, pourquoi vous êtes allé au rendez-vous !
J’avais envie de lui dire « Pour me prouver que je pouvais le faire et parce que ça faisait partie de mon processus personnel de guérison », mais je me suis contenté de ceci :
neev : Mmm pour des raisons assez compliquées, toujours est-il que je n’ai la motivation ni pour cette mission, ni pour aucune autre.
Elle, flippée : Et je lui dis quoi à mon client, moi ?!!!
neev : encore désolé de vous mettre dans l’embarras, mais c’est non, je ne m’inscrirai pas.
Elle, après un moment de silence qui puait la rage : OK ! Au revoir !
neev : Au revoir.
J’ai raccroché, et je me suis dit « comment te sens-tu, et pour quelle raison ? » Je me sentais très, très satisfait de moi. J’ai dit merde à la plus grosse boîte d’intérim de France, et calmement en plus. Ai-je agi par lâcheté ? me suis-je demandé. Même pas. C’est précisément la lâcheté qui m’a fait solliciter cette agence. J’avais trop peur de faire les démarches moi-même, je préférais encore qu’une agence m’appelle et me propose n’importe quoi, n’importe où. Ca oui, c’en était de la lâcheté, de la faiblesse.
Alors aujourd’hui, vendredi 11 février à 14h45, je leur ai courtoisement dit merde. Je ne veux pas être votre jouet expédiable à l’envi et n’importe où. Je ne veux pas être votre marchandise. Je suis un homme qui va reprendre ses études pour essayer de faire quelque chose de sa vie, qui veut se faire du blé en attendant, voir des gens, sortir un peu, mais pas à ce prix-là.
Alors oui, j’ai eu un comportement anti-professionnel. Pour ce que j’en ai à foutre ! Ha ! Je veux guérir de mes maux, moi, pas prostituer ma santé mentale et mon estime propre pour trois cacahuètes et deux gambas.
Ce week-end j’ai des projets. Mais dès la semaine prochaine, je cherche un petit boulot à ma convenance, à mon rythme, et par mes propres moyens. Ca sera plus difficile ? Qu’importe ! Ca sera nettement meilleur.
Aujourd’hui j’ai dit merde. Et sur mon honneur... quel pied !
Chantal de l’agence d’intérim m’appelle à 14h30 :
neev : Aaaallo ? (j’ai appris la décontraction en 24 heures)
Elle : Oui bonjour neev, Chantal de l’agence, j’appelle car le client veut que vous commenciez demain matin, il faut donc que vous passiez nous voir cet après-midi pour vous inscrire chez nous définitivement. (ndr : MOUAHAHA, ces imbéciles veulent de moi j’y crois pas !) (ndr2 : il y a deux inscriptions, une première où l’on ne donne que son CV et ses attentes, et une seconde définitive dès qu’on commence une 1ere mission)
neev : Mmm... Je suis désolé mais je ne vais pouvoir faire cette mission. Hier, je me suis vendu du mieux que j’ai pu, j’ai joué le jeu comme vous me l’aviez demandé, mais le responsable m’a très bien spécifié qu’ils recherchent quelqu’un pour du long terme, or je reprends les études en septembre, ce qui est incompatible. Je recherche des missions de courte ou de moyenne durée.
Elle : Qu... Mais pourquoi vous ne me l’avez pas dit, neev ?!
Neev : Parce que quand nous nous sommes vus tout s’est enchaîné très vite, et je n’ai à aucun moment songé à une mission longue durée.
Elle, luttant pour contenir son exaspération : Bon... je rappelle le client, est-ce que pour deux ou trois semaines, le temps que je vous trouve un remplaçant vous acceptez ?
Neev : Mmm... pour trois semaines, oui.
Elle : Entendu, je vous rappelle.
J’ai commencé à réfléchir. Bosser là-bas, à partir de demain ? Comment est-ce que je me sens à cette idée ? Excité ? Certainement pas. Ai-je peur ? Ma foi oui, un peu, mais beaucoup moins qu’hier. Voyons...
Mais Chantal me tira de mes pensées, en me rappelant deux minutes plus tard :
Elle : C’est encore Chantal, j’ai eu le client et il est d’accord. Donc vous commencez demain (samedi) de 11h30 à 19h30, et il faut que vous veniez vous inscrire au plus chez nous, cet après-midi entre 15h et 17h, avec votre Carte vitale, pièce d’identité, justificatif de domicile.
Neev : Entendu, je fais ça.
Clic.
Je continue ma réflexion là où je l’avais arrêtée. Ai-je envie de cela ? Non. Ai-je envie d’être trimballé comme un pantin par une femme qui ne pense qu’à son client ? Non. Ai-je envie de me rendre malade en bus matin et soir pour faire un boulot détestable, même pour trois semaines ? Non.
Je me mis à me parler à moi-même, intérieurement. Je la rappelle, et je lui dis de m’oublier pour de bon. Ouais. Ouais !
neev : Allo Chantal, c’est encore neev.
Elle : Oui ?
neev : Je suis vraiment navré de vous mettre dans l’embarras, mais je ne vais ni m’inscrire, ni faire cette mission.
Elle, ne contenant plus du tout son exaspération : Attendez, là, je ne comprends pas, alors pourquoi vous êtes venu chez nous, pourquoi vous êtes allé au rendez-vous !
J’avais envie de lui dire « Pour me prouver que je pouvais le faire et parce que ça faisait partie de mon processus personnel de guérison », mais je me suis contenté de ceci :
neev : Mmm pour des raisons assez compliquées, toujours est-il que je n’ai la motivation ni pour cette mission, ni pour aucune autre.
Elle, flippée : Et je lui dis quoi à mon client, moi ?!!!
neev : encore désolé de vous mettre dans l’embarras, mais c’est non, je ne m’inscrirai pas.
Elle, après un moment de silence qui puait la rage : OK ! Au revoir !
neev : Au revoir.
J’ai raccroché, et je me suis dit « comment te sens-tu, et pour quelle raison ? » Je me sentais très, très satisfait de moi. J’ai dit merde à la plus grosse boîte d’intérim de France, et calmement en plus. Ai-je agi par lâcheté ? me suis-je demandé. Même pas. C’est précisément la lâcheté qui m’a fait solliciter cette agence. J’avais trop peur de faire les démarches moi-même, je préférais encore qu’une agence m’appelle et me propose n’importe quoi, n’importe où. Ca oui, c’en était de la lâcheté, de la faiblesse.
Alors aujourd’hui, vendredi 11 février à 14h45, je leur ai courtoisement dit merde. Je ne veux pas être votre jouet expédiable à l’envi et n’importe où. Je ne veux pas être votre marchandise. Je suis un homme qui va reprendre ses études pour essayer de faire quelque chose de sa vie, qui veut se faire du blé en attendant, voir des gens, sortir un peu, mais pas à ce prix-là.
Alors oui, j’ai eu un comportement anti-professionnel. Pour ce que j’en ai à foutre ! Ha ! Je veux guérir de mes maux, moi, pas prostituer ma santé mentale et mon estime propre pour trois cacahuètes et deux gambas.
Ce week-end j’ai des projets. Mais dès la semaine prochaine, je cherche un petit boulot à ma convenance, à mon rythme, et par mes propres moyens. Ca sera plus difficile ? Qu’importe ! Ca sera nettement meilleur.
Aujourd’hui j’ai dit merde. Et sur mon honneur... quel pied !

<< Page d'accueil