samedi 27 novembre 2004

L’art expliqué par neev

Aujourd’hui, je vais vous parler de musique. Plus précisément : des merdes que j’écoute.

L’idée m’est venue l’autre jour, chez Pinkie. Nous étions devant son piano, elle jouait des choses classiques et insipides comme du Beethoven, ou du Chostakovitch. Des morceaux ressucés tellement de fois qu’ils en deviennent lassants, voire carrément pénibles. Alors je lui ai demandé de me laisser sa place, d’écouter, et d’en prendre de la graine. Et je lui ai majestueusement interpreté le Jingle d’SFR, la Marche Impériale (de Star Wars), et le premier couplet de Pour le plaisir d’Herbert Léonard.

J’étais tellement ému que j’en ai moi-même pleuré.

C’est pourquoi je vais vous faire profiter de mon goût divin en matière de musique, en vous initiant intelligemment à deux styles musicaux que j’affectionne particulièrement - et ce malgré leur caractère parfaitement inaudible pour les êtres humains normaux - : le Black Metal, et le Heavy Metal. Non, ne faîtes pas la gueule. Vous allez écouter ce que je vous donne, et vous allez aimer ça. Je vais vous faire saigner du nez bande de bâtards.

PARTIE 1.

Commençons par le plus atroce : le Black Metal. Le Black est le descendant illégitime du Thrash Metal et du Power Metal (ah oui j’ai oublié de vous prévenir, l’arbre généalogique de la famille Metal est à peu près grand comme le Texas). Descendant illégitime, et secrètement enfanté dans la douleur. Et ça s’entend.
En théorie, un groupe de Black doit possèder un chanteur, deux guitares, une basse, un clavier et un batteur. En pratique, les line-ups des groupes d’aujourd’hui comprennent un chanteur (un type passablement excité qui braille), deux choristes (généralement des filles à la voix sexuellement intéressante), trois guitaristes, un talentueux bassiste à douze doigts mais qu’on n’entend pas parce que les autres font beaucoup trop de bruit, deux claviers et un batteur à quatre bras. Et ça c’est pour le groupe titulaire, il y a aussi des remplaçants (un pour chaque poste) prêts à entrer sur scène pendant un live en cas de défaillance d’un des titulaires (crampe aux doigts, évanouissement, crise d’épilepsie, surdité, etc).

Les paroles sont évidemment souvent subversives à l’extrême. On ne les comprend heureusement que très rarement, puisque la ligne de chant est systématiquement interprêtée par un homme qui de toute évidence fume ses cigarettes par paquets de trente. Alors, il y a une règle simple. Les paroles de chansons de Black traitent à peu près tous les sujets qui n’ont aucune chance d’être abordés dans Biba et Femme Actuelle : Satan, les amis de Satan, l’antéchrist, Satan, le viol en réunion sur Jésus-Christ, Satan, Nicolas Sarkozy (ah nan merde je l’ai déjà dit). Et de temps en temps ça parle de masturbation. Quand Satan est en RTT et qu’il a coupé son portable, par exemple.

Travaux Pratiques - Exercice n°1 : Essayez d’écouter l’extrait suivant sans vomir ni décéder.

(AVERTISSEMENT : ne lancez évidemment pas les fichiers audio que je vous propose ici depuis votre lieu de travail, à moins que vous ne teniez à perdre votre emploi.)

Voici l’extrait (0:57, 1.3 Mo) : cliquez ici.

Et voici les paroles, pour que vous puissiez suivre (parce que personnellement j’ai dû rechercher dans google) :

(riff de basse à la con)
RÉU ! NIFI ! CATION !
(ndr : la dernière fois que j’ai entendu ça, c’était dans un épisode de Power Rangers)
(re-riff de basse à la con)
RÉ ! VOLU ! TION !
Que dure le règne du chaos et de la déraison
RÉU ! NIFI ! CATION !
Nous sommes la haine, l’esprit rebel de notre maladive...
RÉ ! VOLU ! TION !

Dans les méandres du vice
(OOooOOooOOoOooOoooh OOOOOOoooOOOoooOOooh !!)
(C’est un synthé Bontempi ou Fisher Price, à votre avis ? J’ai du mal à déterminer.)
Misanthrope élitiste
(OOooOOooOOoOooOoooh OOOOOOoooOOOoooOOooh !!)

Que dure le règne du chaos et de la déraison
RÉU ! NIFI ! CATION !
Nous sommes la haine, l’esprit rebel de notre maladive...
RÉ ! VOLU ! TION !

Dans les méandres du vice (OOooOOooOOoOooOoooh !!)
Seul et désespéré...(OOooOOooOOoOooOoooh !!)
Misanthrope d’élite (OOooOOooOOoOooOoooh !!)
Éternellement rejeté... (OOooOOooOOoOooOoooh !!)


(Pour info, vous venez d’écouter Sous l’éclat blanc du nouveau millénaire par Misanthrope. Les groupes de Black Metal donnent souvent des titres pompeux, dénués de sens et extrêmement ridicules à leurs morceaux.)

Voilà voilà. C’est atroce. Et le pire, c’est que j’adore ça. Je chante même cette chanson sous la douche, en changeant un peu les paroles : "Dans les méandreuh du vice, je mange des écrevisses". Ca me fait beaucoup rire.


PARTIE 2.

Nous voici rendus au second grand style musical très digne dont je voulais vous parler : le Heavy Metal. C’est la seule musique capable de me faire me rouler par terre de rire. C’est très puissant, aussi vais-je manipuler la chose avec précaution.

1ère caractéristique : Alors que le chanteur de Black souhaite faire croire au public qu’il a un cancer de la gorge, le chanteur de Heavy, lui, aime a laisser penser qu’il n’a pas encore fini de muer. On ne comprend pas beaucoup mieux les paroles, cependant.

2e caractéristique : Le "AAAooOoAAaAAAaaoOOOOOooooWWwwww". Je n’ai jamais très bien compris pourquoi, mais le hurlement suraigü (et généralement placé sur le phonème "AAAH" ou "OOOH") est récurrent dans le Heavy. C’est parfaitement ridicule, surtout quand on isole le cri. Exemples sonores : Ici ou encore . Je ne sais vraiment pourquoi ils font ça. Mais j’ai une théorie là-dessus : je pense que ces types sont des tarés de naissance.

3e caractéristique : Les solos. Le solo est un incontournable dans le Heavy Metal, comme dans pas mal d’autres styles musicaux. Sauf qu’un solo de Heavy, c’est comme qui dirait à l’image du reste de la chanson : absolument n’importe quoi. (Exemple sonore compris dans l’exercice n°2 ci-après)

Travaux pratiques - Exercice n°2 : Essayez d’écouter l’extrait suivant sans faire de crise de spasmophilie, ni vous immoler par le feu. Puis, retrouvez-y les 3 caractéristiques abordées plus haut.

Voici l’extrait (0:45, 1.0 Mo) : Cliquez ici.

Et voici les paroles (violentes car sorties de leur contexte, et sans intérêt car... sans intérêt) :

Nailed !!
Nailed to the wheel !!
Nailed !!
LET THE CUUUT RUUUUUN DDeEEeeeOOoOOOoAAAAAAAAaAAaaaaaa aaaAAAAaAAOOOOoooOwwwWWWWWWW !!!!
(ndr : "let the cut run deep" en réalité, mais faut le savoir)

Nailed !!
Nailed to the wheel !!
Nailed !!
OH I SAID GOOOOO LEEEET BLAAAAAAaaaaaaaaaaaaaAAAAAAAAAAAAAAaaaa aaaaaaaAAHHhhhHHH !
!! (ndr : "Oh I said go let bleed")
GOOO LEEET BLAAAAAAAaaaAaaAAOOOoOOoOooooOooOoOOoOOOo [...] OoOOOOOOooOOOoWWWWWW !!!!

(solo : WooOOoOoIIIiiinnNnnGGgg giolloolluou ilfoglhgog jlouiuiiiii iiiiuuiiNNnnNNnNGG YooOoUugAA AaaIInNNnNGuuI eEeeWwWWoooing TuluLUlulUUUUuung
à la bouche, ça donne ça en tout cas, ndr)

C’est vachement bien. Y a pas à dire.

Vous avez trouvé les 3 caracs ? Oui ? Nan ? Bon. Je ne vous oblige pas à refaire l’exercice parce qu’écouter cet extrait est à peu près aussi sympa que de se tirer une balle dans le genou, mais n’hésitez surtout pas si vous sentez que certaines choses vous échappent encore. Avouez que ce serait con.

Bon bah voilà, c’est tout pour aujourd’hui. La prochaine fois, je vous expliquerai les films de Roland Emmerich. On va se régaler.


Je vous rassure, j’écoute aussi beaucoup de choses socialement plus dignes, hein. OOooAAooWW !!

vendredi 26 novembre 2004

Faut pas me contrarier. C’est tout. Merde.

Bonjour, c’est neev, je suis de retour, et je vais vous arracher les veines du cul avec les dents.

(hihi, vous verriez votre tête...)

Pardon pour ce mois d’absence, mais il était nécessaire. Il n’a à peu près rien arrangé mais était d’une nécessité absolue et incontestable. Si si. Je m’étais éloigné du net pour faire le point et savoir ce que je veux faire dans la vie, en gros. Et il serait temps. C’est quand même la troisième fois que je me réoriente. J’ai 22 ans, et n’ai que le bac en poche. Je vais reprendre les études à la rentrée prochaine, ce qui me fera 23 ans. Je suis parti pour entrer dans la vie active à 28 ans, si tout se passe bien. Si à ces 28 ans on ajoute 42 ans (minimum) de cotisation, ça me place la retraite à 70 piges. Sachant que mon espérance de vie est de 73 ans, que j’ai une inclination suicidaire naturelle et que je mange beaucoup trop salé, j’ai toutes les chances de ne jamais connaître la retraite. En même temps, si on s’y emmerde autant que je m’emmerde en ce moment, j’aime autant crever avant.

Mais là n’est pas mon propos, je tenais surtout à vous rendre compte de mon long mois de réflexion concernant mon avenir. Voici donc :

Etape 1 : Je commence un DEUG Géographie (ne vous foutez pas de ma gueule, c’est passionnant la géo) à l’automne 2005. J’enchaîne les années avec un certain brio. Je couche avec deux ou trois profs parce que je suis un peu pervers sur les bords et que de toutes manières c’est un fantasme que je traîne depuis longtemps et qu’il arrive un moment dans la vie où l’on doit assumer ses tares et ses turpitudes.
Et vers la fin de mon cursus, je me spécialise dans l’écologie.

Etape 2 : Je m’engage activement chez Greenpeace et me voit rapidement confier des responsabilités (je vous rappelle que je suis une tronche dans mon domaine). J’organise des expéditions "éco-terroristes" ultra-médiatiques pour mobiliser un maximum l’opinion publique sur les problèmes majeurs menaçant l’intégrité de la planète. Petit à petit, je me fais un nom.

Etape 3 : Nicolas Hulot prend sa retraite. En marge de mes activités, je lui succède à la présentation de l’émission télévisée "Ushuaïa". Un choix stratégique judicieux : 1/ je polis mon image d’extrêmiste écologiste et 2/ l’opinion publique s’habitue à moi et à mon discours bien-pensant mais néanmoins engagé. J’en profite pour sortir quelques bouquins coup-de-poing avec tout plein de dénonce dedans.

Etape 4 : Je deviens ministre de l’environnement, en répétant à l’envi que je suis sans-étiquette politique (détail important, infra). J’emmerde mes concitoyens avec des mesures bien casse-couilles comme la limitation forcée de la consommation d’eau et d’énergie par foyer, le bridage des moteurs des automobiles (si toutefois un connard n’a pas eu les couilles de le faire avant moi), l’obligation d’utiliser le vélo pour les trajets de moins de 5km (soit 20 minutes en roulant tranquillement. Pour faire les courses ou aller chercher les enfants à l’école, marchez et utilisez les transports. Ou faîtes-vous livrer des pizzas et utilisez des préservatifs. Bref, ne m’emmerdez pas.), la fermeture des industries polluantes et/ou rejetant des substances toxiques (on n’est pas à 300.000 chômeurs de plus ou de moins de toutes manières).
Mesures certes impopulaires au départ, mais très populaires à l’arrivée. Par quel prodige ? 1/ le Français économise sur ses factures d’eau, d’énergie et de carburant (je vous rappelle que dans le futur un plein de gazole coûtera facile 500 euros, le pire c’est que j’exagère à peine), 2/ le Français meurt moins sur les routes, 3/ le Français des villes vit mieux et plus longtemps, évitant les cancers, l’asthme, les allergies et toutes les autres saloperies provoquées par la pollution urbaine et qui touchent les plus jeunes et les plus vieux (le crédo culpabilisateur "vos enfants meurent à cause de vous, bande d’enfoirés" est très, très efficace), 4/ le Français peut frimer sur les plages l’été en montrant ses cuisses bien rafermies par la pratique du vélo. Conséquence directe : le Français a davantage de rapports sexuels (ndr : faudrait que je songe à prendre la nationalité, un jour).
Enfin bref, le Français m’aime. Eh oui, aucune loi n’interdit au Français d’être con.

Etape 5 : Je suis populaire et grâce au dégoût profond du peuple envers les partis politique, je deviens le premier Président de la République Française sans-étiquette (vous voyez que c’était important). Pas besoin de parti derrière moi pour financer ma campagne, ma présence de longue date dans les médias et ma popularité auront fait tout le travail pour moi. Mon exemple fait des émules das les autres pays de l’Union Européenne, et nous mettons en place une politique commune de protection stricte de l’environnement et des individus. Nous obligeons les Etats-Unis, le Brésil, la Chine et l’Inde (ces trois derniers auront émergé, avec toute la pollution que l’industralisation implique) à suivre notre modèle sous peine de les atomiser comme des merdes (quand on a présenté "Ushuaïa" on est capable de n’importe quelle connerie).

Etape 6 : On crève tous. Mais je me serai bien marré.


Voilà voilà. Mais rassurez-vous, il n’est pas trop tard pour mettre un contrat sur ma gueule.


Demain j’essaierai de vous parler musique sans pourrir Vincent Delerm. Souhaitez-moi bonne chance. Et good to be back, au fait.