mardi 26 octobre 2004

To neev is to die

Je pleure un peu trop à mon goût, ces derniers temps. Ca donne mal au crâne. Sans parler de la mine ridicule qu’on se paie ensuite. Non, faut vraiment que j’arrête.

Avoir quelqu’un dans la peau est une chose effroyable. Je suis là à faire défiler les clichés d’elle, le sourire aux lèvres. Son charme est pour moi sans égal, elle me fait un effet monstre. Je la compare aux photos d’autres filles en raillant « Pfff ! La mienne est nettement mieux. » Alors qu’elle n’est pas mienne ; elle ne l’a jamais réellement été et elle ne le sera probablement jamais. Mais j’ai cette boule dans la poitrine, ce douloureux noeud qui me donne l’impression du contraire, vous savez ? Alors évidemment, lorsque je regarde les choses comme elles sont réellement... le constraste cogne fort. Et d’un coup sec, puissant, dans les gencives.

Je l’aime. Je peux me mentir, chercher à relativiser tout ce que je veux et à me convaincre que je me fais des idées, non : je l’aime. Des mois sont passés, sans effet. Elle a parfois été infecte et injuste avec moi, mais ça non plus ça n’a rien changé. Je suis toujours là à m’inquiéter, à essayer de répondre présent, à penser à elle. A lui chercher des excuses lorsque l’on me dit "d’oublier cette conne". Et à la trouver incroyablement séduisante lorsque je me repasse ses photos. Cette fille me touche de tant de façons différentes que je ne peux me résoudre à l’oublier.

Le pire, c’est que j’aurais largement mes chances si je n’étais pas moi. Si j’étais différent. Ce que je veux dire, c’est que pour moi tout est une épreuve. Au quotidien, j’entends. J’ai peur de tout, jusqu’à la fameuse "peur d’avoir peur". J’ai peur de me rendre dans un lieu que je ne connais pas, peur de chercher du boulot, d’aller à la Poste, de protester, de dire non, de rencontrer des gens nouveaux, d’avoir l’air idiot, et j’en passe. Le mot "peur" n’est pas le terme le mieux approprié, il est trop fort. Disons que c’est une espèce d’angoisse empoisonnante et inhibitrice (ce qui à la réflexion revient strictement au même que le mot peur, je n’ai rien dit). Aussi, il n’a pas de caractère systématique. Par exemple, je me suis senti très bien lorsque je suis allé en Normandie récemment. De même, sur le trajet pour aller à Lyon la semaine d’avant, j’étais vraiment très serein et content. C’est là-bas en revanche que tout s’est gâté. Presque tout s’est passé de la pire manière pour moi, dans ma tête. J’ai subi les choses. Totalement renfermé sur moi-même. Le pire, c’est que j’essayais de bien faire mais que tout semblait tellement insurmontable que j’en restais paralysé. Je suis socialement inadapté, dès que les choses ne sont pas comme je les imaginais, j’angoisse et je me recroqueville. Je vous promets que c’est réellement atroce, vous vous sentez lamentable et impuissant. Et c’est épuisant nerveusement, à tel point que le samedi soir de ce mémorable périple lyonnais DE MERDE, et alors que tout le monde était parti fêter un anniversaire, je suis resté seul et allongé dans le noir chez mon hôtesse tellement j’avais mal au ventre de n’avoir quasiment rien pu avaler de la journée, parce que j’étais trop angoissé pour avoir de l’appétit. Le comble du minable, je crois. Le gars casque 120 euros qu’il n’a pas les moyens de casquer pour aller à Lyon, y va, se rend malade tout seul et fout tout en l’air. Vous voyez, je parle de moi à la troisième personne tant j’ai honte. J’en parle comme si c’était quelqu’un d’autre ! Mais non neev, non mon connard, c’est bien de toi dont il s’agit.

Vous savez, ça me coûte vraiment de parler de ça, j’en ai d’ailleurs les larmes aux yeux, honnêtement. Ca me coûte parce que j’ai honte d’être comme ça, d’être aussi merdique. Je me déteste tant, mais tant ! Comprenez, comment pourrais-je m’aimer, comment peut-on aimer un minable pareil ? Alors vous allez me dire quoi, d’aller voir un psy ? Mais j’ai même PEUR d’aller voir un psy !

Je me sens tellement étranger à ce monde, j’ai... tant le sentiment de ne pas y avoir de place que oui, je songe à mourir. Quarante fois par jour, parfois. Imaginez que toutes les choses simples et censées être agréables sont pour vous comme des sauts en parachute alors que vous avez peur du vide. Des choses comme sortir. Faire l’amour. Danser. Arrivez-vous à l’imaginer ? Tout ça, une épreuve de force. Presqu’à chaque fois. Et il en va de même pour les choses insignifiantes : prendre rendez-vous avec votre banquier, dire à votre patron que vous rendrez tel projet avec un peu de retard, taper innocemment la discussion avec une jolie fille dans l’ascenseur. Tout ça, des sauts en parachute. Vous comprendrez alors qu’il puisse m’arriver de vouloir en finir enfin ?

La vie m’apparaît comme si difficile que la mort m’est une solution facile. Plus de souffrances, plus d’angoisses, plus de mal-être. Plus rien. A y réfléchir, il n’y a rien de plus simple que l’inexistence. Oui, c’est tellement évident : je souhaite la mort et ça fait des années que ça dure. Pourquoi ne retenterais-je donc pas de me suicider, me demanderez-vous ? Allons, la réponse est des plus évidentes... Comme de tout le reste, j’ai tout simplement peur de mourir.

La plupart du temps.

mercredi 20 octobre 2004

Blacken the USSR

En rangeant mes papiers j’ai retrouvé un ticket de bus, vestige d’un week-end raté. Relique d’un aveu d’impuissance. Souvenir d’un fiasco. Et comme ses coins étaient encore tranchants, je m’en suis servi pour me curer les dents.

Il y a quelques mois, je l’aurais précieusement gardé, me contentant d’un mauvais souvenir à l’amer goût d’échec. J’en aurais appelé à la fatalité. Mais aujourd’hui et pendant que j’écris ces lignes, ce ticket traîne sur mon bureau, mais déchiré en deux, les coins émoussés, et dans deux minutes il aura disparu dans la corbeille à papier. Parce que je ne veux plus de ces vagues merdes invocatrices de souvenirs douloureux. Je veux me fabriquer de vrais souvenirs, des souvenirs dont je serais fier, qui ne me feraient pas rougir de honte et baisser les yeux d’amertume en me disant « Putain et dire que ce pauvre type, là, c’est moi... »

Certes, la partie sera longue. Mais j’ai tout mon temps.


En rangeant mes papiers, j’ai aussi retrouvé un vieux bâton de colle. Celui qui, lorsque j’avais 15 ou 16 ans, m’a permis d’exprimer pour la première fois mon côté homosexuel. Ce soir-là je me rappelle, j’étais si honteux de ce que j’avais fait, je pouvais tellement pas l’accepter que j’ai couru dans la salle de bain et nettoyé le bâton de colle de ses souillures avec un zèle exceptionnel pendant plusieurs minutes. Et en évitant soigneusement de croiser mon propre regard dans le miroir : bien trop honte. Mais bien moins qu’en classe le lendemain matin, lorsqu’en ouvrant ma trousse le bâton roula doucement sur la table comme s’il cherchait à me narguer. Oui, ce matin là, je me suis vraiment senti très seul.

Je n’ai accepté cette facette de moi-même qu’à 19 ans, dans les toilettes de l’université que je fréquentais à l’époque. Un garçon charmant mais aussi pressant que précieux, ce qui nous a empêchés d’aller parfaitement au bout de notre démarche. La demie-heure d’après dans l’amphithéâtre, j’avais le sourire et je matais le cul des filles sans aucune retenue et avec un bonheur rare. Je venais enfin de comprendre qu’il n’y avait aucun problème à aimer les pommes ET les oranges, d’autant plus que les oranges sont parfois si difficiles à éplucher...

Mais aujourd’hui je sais que je ne suis pas gay. Enfin... disons que je le suis aussi bien que je suis coureur de fond. Un amateur qui s’essoufle bien trop vite pour aller très loin.


En rangeant mes papiers j’ai retrouvé de vieilles lettres de ma meilleure amie du lycée (dont j’étais fou amoureux et qui évidemment ne voulait pas de moi). J’ai ri en relisant les niaiseries que l’on pouvait se dire, ça puait les grands sentiments et c’était naïf comme un agneau à l’abattoir. Et le pire c’est qu’on y croyait.

Nous avons perdu contact il y a quatre ans.


Et enfin, en rangeant mes putains de papiers, j’ai retrouvé un vieux jeu pour Sega Game Gear, la console portable que m’avait offerte mon père il y a 9 ans, pour m’acheter. Parce qu’il habitait chez sa maîtresse. Ce qu’il ne savait pas, c’est que je devais jouer le grand garçon quand ma mère craquait comme une petite fille, autrement dit assez souvent. Mana partie en Norvège, Ashmé qui vivait sa vie dans son coin : il n’y avait plus que moi. Ce n’était pas vraiment marrant de raisonner ma mère qui, en larmes, me suppliait de ne pas la laisser se suicider. D’autant plus que je craquais moi aussi, dans mon coin et à ma manière : je me rasais les jambes, je foutais le feu à des papiers dans ma chambre, je m’arrachais les cheveux un par un sur le devant. Et puis je pleurais, évidemment.

Ce qu’il y a de chouette avec moi, c’est qu’on ne m’entendra jamais dire que c’était mieux avant.


Je suis plus rigolo quand je ne range rien, je sais.

lundi 18 octobre 2004

Vous... permettez, mademoiselle ?

Ca y est, c’est officiel : je suis un grand garçon. Comment le sais-je, vous demandez-vous-je ? Facile-je : j’ai payé mes premiers agios il y a une semaine. Je viens juste de le découvrir ; je suis encore sous le choc.

1.87€ d’agios, putain. C’est le début de la ruine, j’en suis sûr. C’est scandaleux. 1.87€, ça fait quand même presque 13 balles (je fais la conversion pour ne pas que mon nouvel ami Jean Duport soit perdu). Mais je ne me laisse pas abattre et comme je suis un garçon plein de ressources, j’ai décidé de prendre les choses en main et de m’offrir les services d’un conseiller financier personnel pour me sortir de la misère. Ca me paraît judicieux. Je vous tiendrai au courant.

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Il m’est arrivé un truc rigolo l’autre jour (comprendre : je vais encore vous donner une bonne raison de vous foutre de ma gueule). J’étais assis dehors sur un petit muret, lorsqu’une terrible douleur me prit le bas-ventre d’assaut. Sur la droite, à côté des poils si vous voulez tout savoir. Paniqué, j’ai immédiatement pensé à une appendicite foudroyante, à l’instar de ces méningites foudroyantes vous savez ? Puis l’instant d’après je me suis souvenu que l’appendicite foudroyante n’existe pas et qu’il en va de même pour l’infarctus des intestins ou encore la rupture d’anévrisme du foie. Et que par conséquent je n’allais pas mourir.

Je me suis alors levé, la douleur ne disparaîssait pas. J’étais désemparé, la main sur le portable, sur le point d’appeler le SAMU. Enfin peut-être pas de l’appeler, mais au moins de lui envoyer un SMS, genre :

Salu le samu
c neev g malo
ventre vien me
cherché stp
merci bisou.


Mais je me suis abstenu, ayant eu une meilleure idée. J’ai déboutonné mon pantalon... et me suis tout de suite senti mieux ! Je ne suis pourtant pas gros, je ne comprends pas. Toujours est-il que j’étais bien soulagé, je suis donc resté comme ça. On n’y voyait que du feu, j’étais vêtu d’un jean’s bleu (avec une rangée de bouton déboutonnés à la place de la braguette), d’une veste en cuir noire et d’un pull. Le pull recouvrait la partie déboutonnée, et la veste empêchait le pull de se soulever. Aucun problème, donc ? Ben voyons.

C’est qu’arrivé en bas de chez moi, il a bien fallu que j’ouvre la porte de l’immeuble. Il a donc fallu que je m’empare de mes clés, qui se trouvaient dans la poche droite de mon pantalon. J’ai donc machinalement remonté mon pull afin de pouvoir glisser ma main dans la poche. Et ce faisant, j’offrais la vue de mon boxer Dim noir à quiconque passerait par là... mais sans m’en rendre compte, bien entendu. Et évidemment, évidemment il a fallu que quelqu’un approche à l’autre bout du couloir. Et évidemment, évidemment il a fallu que ce quelqu’un soit une jolie jeune femme brune, 1m60, pantalon moulant mais sage, cheveux courts et ravissant visage (et voilà que je fais des rimes, cette femme était une muse). J’empoignais encore la porte et voyant la muse approcher, j’ai décidé de me la jouer un peu "mec galant et sûr de lui" en lui tenant la porte et en la regardant dans les yeux avec mon air le plus sympathique. Et le paquet à l’air, pour parfaire la classe du personnage.

A trois mètres, nous échangeâmes un "bonjour" souriant de circonstance. A deux mètres, elle jeta un rapide coup d’oeil sur mon entrejambe. Ca ne me fit pas tressaillir : après tout je regardais bien ses nichons, moi. A un mètre, son visage affichait un air embarrassé et troublé. Enfin, arrivée à mon niveau et lorsqu’elle dut me frôler, elle accéléra le pas tout en bredouillant péniblement un remerciement sans me regarder. « Etrange demoiselle, me suis-je dit, elle doit être encore plus timide que je ne le suis ! »

C’est lorsque les portes de l’ascenseur se sont ouvertes et que j’ai vu mon reflet dans le miroir de celui-ci que j’ai fini par comprendre l’entendue de ma connerie. Je suis resté deux ou trois secondes à observer cet avatar à moitié défroqué et le paquet bien moulé. Je fis alors un pas pour monter dans la cabine, et me regardant dans les yeux cette fois-ci, je me suis murmuré : "Toi... Toi, je te promets qu’un jour je te boufferai les couilles".

C’est vrai quoi, j’ai dû l’effrayer, la pauvre.


Peut-être a t-elle cru avoir affaire à Morgan, et c’est ce qui l’a troublée.

samedi 16 octobre 2004

...et nos cagoules seront en latex

Cette entrée est dédiée à la mémoire de notre regretté ami Manu, foudroyé en pleine gloire naissante par la maladie (intoxication alimentaire causée par un avocat de provenance douteuse), alors qu’il était dans la force de l’âge et employé par l’Education Nationale, l’enculé.

Aujourd’hui, j’ai subi un affront. On m’a manqué de respect. On m’a traîné dans la boue. On m’a marché sur la gueule.
On m’a dit que je ressemblais à Morgan, le récent éliminé de la Star Academy.

Je reste calme, ça va. Ca va, je vous dis. Il faut juste que je n’oublie pas de respirer. Zen. Faisons un comparatif honnête et partial, je vous laisse seuls juges :

1/ Moi, neev. Le Grand.

Doté d’une popularité sans pareille dans de nombreux pays, neev fait autorité sur une communauté regroupant aujourd’hui près d’un milliard de personnes : le peuple Neevien. Une multitude de surnoms tous plus élogeux les uns que les autres lui sont prêtés ; il est par exemple connu sous le nom de "El Marto-picor" en Amérique du Sud, "The Outstanding Guy who makes David Beckham look like a wimp" en Angleterre, "Caliméro" en Suisse, "Hallo ich heisse Dietmar" en Allemagne (ndr : ça n’a rien d’un compliment mais c’est à peu près tout ce que je sais dire en allemand), "Il fancullo" en Italie (neev est très populaire là-bas), ou encore "Hilguegue" en Suède. Bref, en un mot comme en cent : il est adulé.

Beaucoup ont même adopté le calendrier neevien, dont l’an 1 correspond à l’année de naissance de neev : l’année 1982 du calendrier chrétien. La logique voudrait donc que nous en soyons à l’an 23, mais nous n’en sommes en pratique qu’à l’an 22 car les Neeviens ne comptent pas l’année 1986 du calendrier chrétien, en hommage aux victimes de Stéphanie de Monaco et de son infâme chanson "Ouragan", sortie cette même année (l’opération a d’ailleurs failli être renouvelée quelques années plus tard, à la suite de la sortie de l’abominable "Soca Dance").

Mais là où neev brille le plus, c’est par son physique extrêmement avantageux. Dans de nombreux pays, ses portraits ont été interdits à la vente car ils provoquaient des évanouissements massifs récurrents. Neev lui-même ne peut se regarder dans un miroir sous peine de défaillir. Pire encore, il est - par souci de protection d’autrui - contraint de porter une burka pour descendre dans la rue, ce qui selon ses dires n’est vraiment pas pratique pour bronzer l’été.

Si vous ne me croyez pas, regardez plutôt :

La classe, la pureté, le pull-over.
La classe, la pureté, le pull-over.

Le seul séducteur au monde avec un regard de biche apeurée.
Le seul séducteur au monde avec un regard de biche apeurée.


Voilà, vous vous êtes tous évanouis. Vous avez l’air malins, maintenant. Enfin bref, passons plutôt à l’autre tanche, là.


2/ Morgan, la tanche qui rappelons-le vient juste de se faire virer comme une merde de la Starac’ (c’est vous dire s’il est mauvais).

Regardez, c’est lui :

Le tanchomètre à 4000.
Le tanchomètre à 4000.

Et il se prend pour Elvis, ce con.
Et il se prend pour Elvis, ce con.


Il est laid. Sérieusement, il n’y a aucune comparaison possible avec moi. Les deux traitresses bolchéviques de mauvaise vie qui m’ont dit lui ressembler ont vraiment de la merde dans les yeux. Non réellement, c’est vexant là, Misschoc’ et Tessa. Vous faîtes chier, tout de même.

J’avoue cependant qu’il est peut-être, je dis bien peut-être possible que mon avis soit éventuellement subjectif. C’est pourquoi, j’ouvre de manière absolument exceptionnelle et unique un système de commentaires pour que vous puissiez me dire si oui ou non je ressemble à ce... truc là, Morgan. Peuh ! quel déshonneur.

vendredi 15 octobre 2004

The absolute papaluzzi pagadam piri-piri

Je me sens royaliste ces temps-ci. Tout ce que je fais transpire la royauté sous sa forme Européenne classique : enracinée, consanguine et corrompue. Je m’emmerde royal, j’envoie les gens bouler royal, je me goinfre de quiches royal, de couscous royal, Ségolène Royal, Royal Canin (et j’ai un humour royal, aussi), bref. Ce n’est plus du sang bleu que j’ai dans les veines, c’est du Canard WC.

COIN COIN ! Vous voyez ? Je ne vous avais pas menti.

Bon, plutôt que de faire le con à imiter le canard, je m’en vais vous donner un exemple de la petite connerie ordinaire. Accompagné de Pinkie, je suis allé voir du côté du stade municipal à côté de chez moi. Il était en effet en travaux de complète rénovation depuis plusieurs mois, et nous voulions voir si nous pourrions y reprendre nos habitudes sans avoir à payer d’abonnement, comme avant. Il ne nous fallût pas longtemps pour nous rendre compte que non, c’est payant, et ce malgré le fait que les travaux ont entièrement été financés par les impôts locaux. Bon.

Nous voilà donc plantés devant la grille de l’enceinte à lire de plus amples renseignements manuscrits sur une petite pancarte accrochée dessus. Prix des abonnements, dates d’ouverture, recommandations. Il est notamment recommandé - et c’est vraiment fameux - de courir sur le 4ème couloir de la piste plutôt qu’à la corde (le 1er couloir), et ce pour préserver la durée de vie de ladite corde. Ahem. Je n’imagine pas la gueule du 4ème couloir dans 2 ans, mais passons. Nous sommes donc en train de lire la petite pancarte, lorsque un vieux type au visage connu s’approche. C’est le gars qui a donné son nom au stade, un entraîneur qui fait autorité paraît-il. Je ne vous donne pas son nom car ce taré a l’ego tellement surdimensionné qu’il est capable de lancer une recherche Google sur son propre nom pour voir si on parle de lui quelque part. Mmm. Quoiqu’à la réflexion ça serait marrant qu’il tombe là-dessus : il s’appelle Jean Duport. Entendu, google ? Allez, référence-moi ça correctement : JEAN DUPORT. Bref, le voilà qui s’approche de nous, disais-je :

Duport : Vous avez des questions, je peux vous aider ?

Pinkie et moi, un peu hésitants sachant à qui nous avions affaire (un vieux con, en l’occurrence) : Mmm non, on lisait simplement.

Duportugal : Ah bon. (il s’approche de la pancarte) Bon ben je vais l’enlever alors.

Nous, interloqués et gênés : Ah... (on était en train de lire, quoi)

Duport-salut, défaisant la pancarte : Si vous avez des questions, allez-y. Vous courez, vous ? Non hein, ça m’étonnerait...

Moi, préfèrant ne pas relever la remarque : Nous avions l’habitude de courir deux ou trois fois par semaine au stade et nous voulions savoir si ce serait toujours possible.

Duporc-épic : Vous ne faîtes pas de compétition...

Nous, au milieu de sa phrase : Oh non, non...

Duporte-manteaux, la poursuivant : ...non vous faîtes ça comme loisir...

Nous : Voilà, oui...

Duporte-bagages, achevant sa phrase sur un ton légèrement railleur et dédaigneux : Du "jogging", quoi (en insistant bien sur "jogging").

Nous, dubitatifs : C’est ça.

Duporte-avions, parti dans un long discours : Ah, eh bien pas de problème, vous prenez un "abonnement loisir", c’est 300 Francs (50 euros, mais les anciens ont des difficultés avec la nouvelle monnaie) l’année et vous venez quand vous voulez. Vous savez, moi j’ai fait une fois et demi le tour de la Terre en courant alors je m’y connais. Mais entre nous, il y a des endroits bien mieux que le stade pour faire du jogging, les bords de Marne, le bois de Coubron ! (ndr : visiblement il ne veut vraiment pas que les profanes viennent piétiner SA piste) Le bois de Coubron c’est merveilleux là-bas, on respire ! (ndr : et c’est accessoirement à 30 minutes de voiture, connard) Et sinon vous avez le macadam mais ça je le déconseille...

Moi, participant naïvement : ... ben oui c’est traumatisant.

Duport d’Amsterdam où y a des marins qui chantent, acquiesçant : C’est trauuuumatisant oui, non parce que le truc qu’il faut savoir c’est : pourquoi on court ? Hein ? Je vous pose la question, pourquoi on court ? (ndr :il a fait des études, celui-là, ça se voit)

Nous, commençant à comprendre qu’il est parti pour nous gaver un bon moment : ...

Duporte d’Orléans : On court pour se vider la tête, bon ça d’accord, mais sinon on court pour... pour... se muscler ! On court pour se muscler ! Eh oui ! Non parce que je vous explique, on a trois types de muscles...

C’est à partir de ce moment que j’ai complètement déconnecté mon cerveau, je serais incapable de vous rapporter la suite de son interminable monologue. Je me rappelle juste que ça s’est terminé lorsque Pinkie est partie en plein milieu parler au gardien du stade qui l’appelait dans l’enceinte, ce qui a plutôt vexé notre ami qui tenait sa petite pancarte à la main. Le pauvre vieux s’est arrêté tout net de parler, en lâchant un léger « ah ben d’accord ». Puis il m’a lancé un « Vous savez, vous devriez profiter des bons conseils qu’on vous donne, et gratuitement en plus ! Nous ne sommes pas n’importe qui nous sommes le melleur club du département... ». Et il s’est affairé a rattacher la pancarte qu’il avait détâché tout-à-l’heure... au même endroit. C’est là que j’ai réalisé que ce taré n’avait fait ça que pour attirer l’attention sur lui et se mettre en avant. C’est moche, un vieil homme plein d’orgueil.

Plus tard en repartant du stade nous l’avons aperçu un niveau à bulles à la main, occupé à vérifier que la plaque arborant un très impressionnant "Stade Jean Duporte-jarretelles" était bien droite. Ah ça... avoir un stade à son nom de son vivant, c’est la consécration suprême. Je crois bien qu’après ça, on peut mourir.

Rapidement.


— -== Vas-y Jeannot, j’te chronomètre. ==—

jeudi 14 octobre 2004

Morituri te salutant, connard.

Entre le sommeil et l’éveil, dans ce moment transitoire et puant le coaltar. C’est là que j’étais quand j’ai poussé mon cri, un long, puissant et sincère hurlement de terreur. Un homme en était l’objet, il se trouvait à moins d’un mètre, derrière ma fenêtre et m’épiait dans mon sommeil. L’air menaçant et le sourire grimaçant. Les orbites d’un noir d’encre. Une abomination.

Allongé sur mon lit j’ai hurlé, fixant de mon regard terrorisé ce qui n’était que le fruit de mon imagination, un mirage, du vent. Une hallucination. Je n’ai pas mis longtemps à m’en rendre compte, l’adrénaline achevant vite de me réveiller. Ca ne m’a pas empêché de me trouver bête, après coup, d’avoir poussé un cri si violent qu’il en a alerté ma mère qui (petit-) déjeûnait dans la cuisine. Et ce alors que je n’étais qu’à moitié endormi, l’esprit sans doute encore marqué de quelconque manière par des rêves que j’aurais mieux aimé ne pas faire.

Car la veille, avant de dormir, je m’étais dit "Va dormir, crétin. Ca t’évitera d’y penser". Et bien évidemment, le "y" en question... j’en ai rêvé toute la nuit, ce qui est parfaitement normal vu que je passe mes journées à y penser. Et plus j’y pense plus j’en rêve. Et plus j’en rêve plus j’y pense. Vicieux. En quelque sorte je fais fermenter une psychose, faisant monter son degré d’alcool avec minutie pour pouvoir m’en ennivrer lorsque je deviendrai dingue pour de bon. Get me out of this fucking hell.

Et lorsque je n’hallucine, ni n’aie un comportement obsessionnel, ni n’aie un champ onirique résultant directement de ce comportement obsessionnel, eh bien j’ai des flashes. J’en avais déjà parlé dans une entrée d’avril dernier intitulée "La totale gespannterie", allez jetez un oeil si besoin est. J’en ai eu un la semaine dernière. Ce coup-ci, j’ai eu droit à une tombe faite de liquide verdâtre à l’aspect révulsant, avec en fondu enchaîné un visage de femme sans peau, pelé quoi. La chair à vif et suintante. A la suite de quoi j’ai tremblé et pleuré comme à chaque fois. Et à la suite de quoi j’ai eu envie de mourir, comme à chaque fois.

Avé machin, ceux qui vont mourir te saluent. Alors salut.


— -== Va dormir, crétin. Ca t’évitera d’y penser. ==—

mardi 12 octobre 2004

Revival

Aujourd’hui, une charmante jeune femme m’a donné l’idée de faire la liste de tous mes fantasmes d’enfant et de pré-adolescent. Va falloir que je fasse sérieusement travailler ma mémoire, mais c’est parti :

Ca a commencé en 1987 (j’avais 5 ans) avec la première de toutes, celle qui m’a plongé la tête à tout jamais dans cet infâme puits de merde qu’est l’hétérosexualité : Sabrina dans le clip de sa chanson-tube "Boys (Summetime love)".

Boys, boys , boys....
Boys, boys , boys....


Vous vous souvenez de ça ? Quand elle remontait son haut de maillot dans la piscine ? J’en restais bouche-bée devant le poste de télé, ce qui faisait crever de rire mes deux grandes soeurs. Et cette saloperie de clip passait tous les jours, en plus. Sabrina, tu as été ma première grande frustration.
...
Salope.

Ensuite, il y a eu Mylène Farmer dans son clip "Pourvu qu’elle soit douce". Vous savez, celui dans lequel on voit son cul. C’est le tout premier cul d’adulte que je voyais ! C’était Noël, pour moi. Là, non seulement mes soeurs se marraient mais en plus elles m’encourageaient dans ma perversion en me prévenant lorsque le clip était diffusé. Et dès que j’avais vu son cul, je repartais jouer dans ma chambre.
NB : je ne propose pas de photo de Mylène Farmer, par respect pour l’estomac d’une lectrice peintre en bâtiment qui aime autant Mylène que moi j’aime Vincent Delerm.

Puis il y a eu Lamu. Lamu, c’est ça :

La controversée Lamu
La controversée Lamu


C’était l’héroïne d’une série animée qui passait au Club Dorothée, ou plus précisément ça faisait partie des quelques grosses "erreurs de casting" du Club Do (principalement Lamu, trop osé, et Ken le survivant, beaucoup trop violent). Lamu passait l’intégralité de chaque épisode en maillot de bain deux pièces et bottes léopard. Au Japon, cette série était destinée aux adultes et adolescents. Les Français eux, dans leur immense connerie, ont proposé le produit aux mômes (dont moi) sous prétexte que c’est un dessin animé et qu’ici un dessin animé est nécessairement pour les enfants. La série n’est certes pas restée très longtemps à l’antenne, mais elle a largement eu le temps de marquer tous les petits garçons. Ah.. Lamu. *soupir*

Ramna fille ! L’héroïne de Ranma 1/2, autre série animée. C’était vachement bien comme série d’ailleurs : l’histoire d’un jeune homme qui, à compter du jour où il est tombé dans une mare sacrée, se transformait en fille lorsqu’il entrait en contact avec de l’eau chaude (et se retransformait en garçon au contact de l’eau froide, je crois). Ca donnait lieu à des situations loufouques et cocasses mais ça on s’en fout, ce qu’il faut retenir c’est que Ranma-fille EST TROP CRAQUANTE (pardon).

Ranma, c’est celle du milieu.
Ranma, c’est celle du milieu.


J’en pleurais presque à chaque fin d’épisode tant j’étais amoureux d’elle.

Fantômette. Mais la version livre hein, pas la version série télé. Lorsque j’avais 9-10 ans, je lisais les livres des Bibliothèques Verte et Rose que ma soeur lisait lorsqu’elle avait elle-même 9 ou 10 ans. Et notamment Fantômette :

La mystérieuse Fantômette
La mystérieuse Fantômette


Elle, c’était évidemment plus cérébral que physique. Fantômette était une jeune justicière au coeur pur et brave, et elle avait le visage masqué. Personne ne connaissait sa véritable identité, et le fait de m’imaginer être son petit copain me donnait de l’importance. J’étais le seul invité dans son intimité, en quelque sorte. Elle combattait les méchants pendant que moi je faisais à manger. Et le ménage. Petit déjà, j’étais avant-gardiste (et con).

Annette. L’époque des sitcoms AB prod, tout ça. Tout le monde était amoureux des belles héroïnes principales bien dans leur peau etc, sauf moi. Moi je préférais la bonne copine chiante dont personne ne voulait : Annette.

Le laideron de service.
Le laideron de service.


Elle était moche (dans la série), mais au moins elle me faisait rire.

Et enfin, last but not least, la reine, l’unique, celle à qui je dois mes premières branlettes frénétiques : CÉCILE AUCLERT.

Cécile forever (flap flap flap *flouitch !*)
Cécile forever (flap flap flap *flouitch !*)


C’était l’héroïne de la sitcom culte "Les filles d’à côté". Lesdites filles étaient trois et vivaient dans une espèce de duplex très mal décoré et discutaient de leurs histoires de garçons assises sur le canapé du salon. L’une d’elle, Fanny (Cécile Auclert), ne portait exclusivement que des jupes qui remontaient plus que de raison lorsqu’elle croisait les jambes. Les grosses cuisses de Fanny ajoutées aux gros seins de fanny, ça m’a rendu tout fou de Fanny. J’avais 12 ans, et dès qu’elle croisait les jambes, hop je me tripotais la quequette l’air réjoui et admirateur. Ca en devenait un rituel : je rentrais du collège, stréssé par les cours étouffants de ma prof de français Mme Grizeau, je jetais mon sac avec nonchalance, attendais avec impatience l’heure de "les filles d’à côté" et quand l’heure arrivait enfin, je retirais instinctivement mon jean et guettais, bite à la main, ces plans mémorables (pour moi) où l’on pouvait voir le décolleté généreux et la belle grosse cuisse droite ou gauche de Cécile Auclert. Ah ça, ce que j’ai pu m’en taper des queues devant les bonnes grosses cuisses appétissantes de cette pauvre femme... qui a toute ma sympathie d’ailleurs.

Ah au fait je précise : j’avais la télé dans ma chambre hein, je ne branlais pas dans le salon non plus quand même. Je dis ça juste au cas où.


— -== On pensait à l’époque que les sitcoms AB prod rendaient con, mais pas du tout : elles rendaient juste un peu pervers. ==—

My Kingdom for a whore !

Texte original en italique.

LONDRES (Reuters) - Les Français ne dérogent pas à leur réputation de "latin lovers" puisqu’ils sont les amants les plus insatiables au monde avec une moyenne de 137 rapports sexuels par an, selon l’étude annuelle réalisée par le fabricant de préservatifs Durex et publiée mardi.

D’accord. Moi de mon côté j’ai une contre-enquête qui montre que les Français sont les plus grandes gueules de l’univers.

Selon cette enquête, à laquelle plus de 350.000 internautes ont participé à travers le monde, la moyenne planétaire est de 103 rapports sexuels par an.

1/ Les gens s’emmerdent tant que ça au boulot pour surfer sur le site web de Durex ?
2/ 103 rapports comme moyenne planétaire ? On est combien sur Terre à être en âge de procréer ? 3 milliards ? En partant du principe que l’amour se fait à deux (les partouzards vont me plomber mes stats, mais ce n’est pas grave), ça nous fait donc 1.5 milliard x 103 rapports annuels en moyenne = 154.5 milliards de rapports sexuels par an sur Terre (je me sens vachement pas humain, d’un coup). Sachant qu’un rapport sexuel se conclut en général par une éjaculation, et qu’un éjaculât contient entre 2 et 6 mL de sperme (on va dire 4 mL pour simplifier le calcul), ça nous donne en gros 600 millions de litres de sperme dégorgés chaque année, soit de quoi remplir 200 piscines olympiques (bien que les nageurs risqueraient de tirer la gueule). Et je n’ai même pas pris en compte le produit des masturbations ! (aaah Céciiiile... :-) )

Et dire qu’il y a des connards qui sont inquiets pour l’avenir de l’espèce humaine ! Ha ha ! Quelle blague.

Les Grecs et les Hongrois, premiers l’an dernier, suivent les Français de près avec 133 et 131 câlins annuels.

Oui mais les Hongrois élèvent des actrices porno en batterie, c’est de la triche. De plus, elles tournent dans les films X devant lesquels les occidentaux se masturbent, ce qui fait chuter leur nombre de rapports. C’est de la putain de concurrence déloyale.

Quoi, c’est raciste ce que je dis ?

L’Asie est à la traîne, les Japonais avouant n’avoir que 46 rapports sexuels par an, les habitants de Hong Kong et Singapour faisant à peine mieux avec 79.

Bah tu m’étonnes, quand on a une petite bite on évite de la sortir trop souvent. Quoi, c’est raciste ça aussi ? Oups.

Et comment les Asiatiques font-ils pour être aussi nombreux en faisant la chose aussi peu (enfin je dis ça mais 46 coups par an ça me fait rêver, perso) ? Ah oui je suis con, ils n’ont pas de contraceptifs. Durex doit s’en frotter les mains.

Rois des préliminaires, les Britanniques qui avouent y consacrer plus de 22 minutes alors que la moyenne mondiale n’atteint pas les 20 minutes. Les plus pressés sont les Thaïlandais avec moins de 12 minutes.

Je n’ai rien besoin d’ajouter, l’information est déjà hilarante par elle-même.

Malgré tout, les Britanniques semblent être parmi les peuples les moins heureux sexuellement, un tiers avouant avoir simulé un orgasme dans l’année écoulée.

Il faudra dire aux Brittons que certes, l’alcool permet de baiser plus facilement, mais qu’il amoindrit les performances de manière dévastatrice.

Quoi ? Non arrêtez, c’était pas raciste, ça...

Un nombre inquiétant de 35% des personnes interrogées avouent par ailleurs avoir eu un rapport non protégé avec une personne dont elles ne connaissaient pas le passé sexuel. Les Nordiques, Danois et Suédois en tête, sont les moins prudents dans leurs relations sexuelles : 64% d’entre eux disent ne pas utiliser dans ce cas de préservatifs.

C’est le froid de leur climat : ça leur gèle les neurones (racisme revendiqué, ne m’emmerdez pas).


— -== Faudrait que je teste le gant de nouilles, tiens. ==—

dimanche 10 octobre 2004

Frineevro Interstellar

Vous croyez au paranormal ? Bah moi depuis cette nuit, j’y crois à mort. Mais voyez plutôt cette petite video (click droit, enregistrer sous. 16 mo. C’est du DivX 5.05, si vous ne savez pas lire un DivX, allez vous faire foutre.) que j’ai faite et qui nous épargnera à tous le long et pénible récit qui suit immanquablement tout évènement paranormal. Ah, et mettez le son, c’est mieux.

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J’ai la patate. La dernière fois que je me suis exprimé ici, je mangeais mes chaussettes en faisant des métaphores minables sur les cordes et les bâteaux, et aujourd’hui, pouf, ça va. Enfin disons que je vois les choses sous leur angle le plus flatteur. J’ai rangé mon cynisme et mon mauvais esprit au placard, et c’est très reposant.

Cet après-midi Pinkie et moi avons fait les cons dehors. Je chantais des chansons en remplaçant toutes les voyelles et les diphtongues par des "u" pendant quelle imitait la racaille de banlieue parisienne en prenant l’accent québécois (qu’elle fait à la quasi-perfection). Ce qui donnait des dialogues du genre :

neev : J’utuds lu lup, lu runurd ut lu buluttu, j’utuds le lup ut lu runurd chutuuu ! (ndr : j’entends le loup, le renard et la belette chanter)
Pinkie : Farme to gueul’ et donne-môi une’ garo, fels de put’. (ndr : ferme ta gueule et donne-moi une garo (cigarette), fils de pute)
neev : Un’ quu ? (une quoi ?)
Pinkie : Un’ tcigorett’. Fels de put’. (Une cigarette. Fils de pute. (les jeunes banlieusards ponctuent fréquemment leurs phrases par "fils de pute"))

Oui bon, là c’est pas drôle mais c’est parce que je raconte mal. Je tâcherai de nous enregistrer.

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Ces derniers temps je me sentais comme un yaourt aux pruneaux. Vous savez, dans les packs de yaourts aux fruits (avec des morceaux dedans) il foutent toujours un vilain petit canard que personne ne veut manger, et généralement le vilain petit canard est arôme pruneaux. Le pauvre ne sort du frigo que lorsque quelqu’un se sacrifie et daigne le manger, et généralement ça se passe autour de la date de péremption. Bref, le yaourt aux pruneaux doit se sentir drôlement indésirable et exclu. Voilà, ben moi c’est comme ça que je me sentais.

Misère. Je préfèrais quand je parlais de barques et de cordes à la con. Trouvons autre chose. Voyons voir...

Ces derniers temps je me sentais Nord-Coréen. Pourquoi ? Pour ça :

La Corée vue de l’espace, de nuit.
La Corée vue de l’espace, de nuit.


Perdu dans le noir lorsque les autres baignent dans la lumière. Mmm.

J’abandonne, je suis trop mauvais.


— -== Regardez plutôt ma video. ==—

jeudi 7 octobre 2004

Un parmi tant d’autres

Et les autres étant innombrables, je préfère arrêter les frais. C’est peine perdue. L’ennui, c’est que je n’ai jamais su dire adieu.

Vous savez, il y a ces gens auxquels on s’attache sans raison et qu’on refuse d’abandonner, une fois que tout est fini, qu’il n’y a plus rien à espérer. Pour utiliser une analogie fumeuse, je dirais que c’est comme si vous étiez sur un quai et que vous teniez une barque au bout d’une corde. La mer est démontée et entraîne la barque vers le large. Mais vous, vous ne voulez pas lacher, vous êtes sentimentalement trop attaché à la barque (chacun ses plaisirs, hein). L’ennui, c’est que résister est futile, vous vous retrouverez tôt ou tard entraîné avec l’embarcation et vous finirez noyé. Comme une merde. Et vous perdrez ainsi bien davantage qu’une simple barque.

La barque, c’est la personne aimée. La mer démontée, c’est les circonstances, les choses qui font que. La corde, c’est votre attachement pour la personne. Et le bord du quai, c’est la limite à ne pas dépasser dans la connerie.

C’est pourtant très simple, tout ce que j’ai à faire, c’est lacher la corde. Pourquoi faut-il que ce soit si douloureux.. ?