lundi 30 août 2004

Pump up the valium

J’adore mon pays. J’adore. Mon. Pays.

Avant...
Avant...


Après.
Après.


C’est ce qui s’appelle "perdre à la française". Vous remarquerez que j’ai même changé de chaîne entre temps, pour être bien certain de ne pas avoir la berlue. On mène pendant tout le match, on impressionne tout le monde, et on se fait taper comme des poussins à la fin. Et ça fait des années que ça dure. Pas convaincus ? Pas de problème, j’ai encore pire :



Je vous donne la légende :
1/ un chinetoque, loin...
2/ ... devant le reste du monde, sauf...
3/ ... le coureur Français qui tente un atterrissage forcé sur la piste, alors qu’il était assuré de prendre la médaille d’argent.

Voilà. J’adore mon pays.

Je m’en fiche un peu que les sportifs Français gagnent ou perdent. Ce qui m’atteint personnellement, c’est cet espèce de culture de l’échec, comme si nous étions condamnés - en dehors de quelques rares coups d’éclat - à être d’éternelles victimes, des perdants, des faire-valoir. Ca me ramène à ma propre souffrance et ça me mine.

Ca me bouffe la vie, d’être comme ça. En ce moment, j’ai un choix à faire. J’ai le choix entre souffrir, et souffrir. Et je ne sais pas quelle souffrance choisir. Les deux se valent. La première est longue, insidieuse et difficilement vivable. La seconde est violente, atroce mais je l’espère plus limitée dans le temps que la première. Pour le moment je favoriserai davantage la deuxième, bien qu’elle me fasse mal rien que d’y penser. Mon choix n’est toutefois pas arrêté et qui sait, peut-être n’en aurai-je pas à faire en cas de miracle. Mais si les choses se décantent à mon idée, alors je n’aurai plus qu’à prendre mon courage à deux mains.

Et couper les ponts.


— -== Les ponts, les veines et les citrons. ==—

vendredi 27 août 2004

Butterflies in my stomach

Des papillons dans l’estomac, jolie expression anglaise très imagée qui veut dire ce qu’elle veut dire. Elle est parfaite pour décrire ce qui m’arrive.

La vache. C’est ce qui s’appelle un gros coup dans la gueule. La sensation est très particulière. Pour ceux qui on fait un peu d’athlé, c’est un peu comme quand vous donnez votre maximum sur 1500m, sans retenue. A la fin, vous êtes à terre au propre comme au figuré, vous avez les jambes qui brûlent, vous manquez d’air et vous avez une violente nausée. Puis quatre ou cinq minutes après, vous vous rendez compte que finalement, ça vous a fait du bien. Que vous vous sentez bien mieux qu’avant le départ. Eh bien là, c’est la même chose. En moins terrible et en plus cérébral, bien entendu, mais c’est la même chose.

Au moment où j’écris ces lignes, j’ai cet oreiller contre moi. Toujours le même. Cet oreiller dans lequel je mords et étouffe mes cris hystériques pour ne pas alerter les gens qui vivent avec moi. Oui, les cris hystériques dans l’oreiller, je sais, ce n’est pas la première fois que j’en parle. Probablement parce qu’ils deviennent une habitude. Putain de sac de noeuds. C’est indescriptible. Je m’étais toujours servi de l’écrit (à travers ce journal en ligne et surtout à travers mon journal offline) comme d’un "exutoire-expiatoire" et j’insiste bien sur ce point : il s’agit bien de me débarasser de mes tourments ET de m’en laver, de m’en purifier. Mais aujourd’hui, non seulement ça ne fonctionne plus aussi bien qu’avant, mais pire : je n’arrive même plus à écrire ce que je ressens. Ce n’est pas faute de trouver les mots, j’ai un dictionnaire et je ne suis pas complètement con, merci, mais je n’y arrive plus. Ecrire ne me sert tout simplement plus à rien.

Je pensais que ce jour arriverait lors de ma "déneevrance" - d’où le nom de ce journal - c’est-à-dire mon Independance Day à moi, ce jour où je sortirais pour l’éternité de tout ce qui me ronge. Ce jour où neev cesserait d’exister, pour laisser place à l’homme serein, équilibré et en paix que je veux devenir. Et c’est tout le contraire qui se produit ! Ca me tombe dessus alors que je vis la période la plus sombre et incertaine de toute ma vie !

...

NON MAIS C’EST QUOI CE BORDEL ??!!!! Hihi.

Je me rassure en me disant que j’en vivrai d’autres. Cette perspective me laisse fou de joie, d’ailleurs. Mais reprenons-nous. Le sac de noeuds dont je parlais plus haut m’étouffe. Plus le temps passe, plus il se complique. A chaque fois que je pense avoir trouvé un début de solution, je me rends compte que j’ai en fait soit régressé, soit perdu mon temps. Je ne sais plus quoi faire, hormis le jeter à la poubelle, ce sac. Ben oui... Mais...

Mais c’est que j’y tiens, moi, à ce sac. Ah, bon sang. J’ai pas fini d’en écrire, des lignes, moi.


— -== "Je ne sais pas si l’on est un jour assez grand pour ces choses-là" ==—

mardi 24 août 2004

Les vagues scélérates

Et voilà, c’est reparti. Ca faisait trois jours que j’allais à peu près bien, que je souriais, que je m’enthousiasmais pour des choses simples. Et là à l’aube du quatrième, me voilà reparti dans mes travers, dans cette ineffable sensation d’acculement et d’asphyxie mentale. De sempiternelles attaques successives et impitoyables, comme autant de vagues scélérates s’abattant sur mes épaules et dévastant tout en un clin d’oeil.

Le manège. Ce manège, les manigances, toutes les choses dont je ne fais pas partie et qui font que... mais bon sang, qui font que je ne fais pas partie de ce monde, que tout va bien trop vite pour moi. Je sais qu’au fond de moi j’aimerais être au centre de tout, mais pas par extravagante mégalomanie non, juste pour pouvoir suivre le rythme. Je me sens tellement démuni, tellement faible. Dévalorisé. Exclu. Et stupide, parfois. Stupide d’attendre... comment dire ? D’attendre l’impossible des autres, tout en n’attendant rien du tout de moi-même.

J’ai l’impression d’être très mûr pour certaines choses, mais alors pour d’autres c’est comme si je n’avais pas évolué depuis mes 14 ans. J’ai l’égocentrisme et hystérie d’une adolescente. C’est ça. J’ai lâché un domaine qui ne me convenait plus, qui me rendait fou, et maintenant je suis non seulement sans aucune perspective d’avenir, mais en plus pressé par le temps. Sentimentalement, je suis un incapable. J’éprouve pour les gens, les femmes surtout, tous les sentiments antagonistes possibles. A n’en plus savoir ce que je ressens, ni même qui je suis vraiment.

C’est un panorama désolant qui s’offre à moi : pas d’avenir, pas d’envie, pas de leitmotiv. Pas même de croyance, ni de conviction intime. Juste l’impression d’être tout au fond d’un puits. Avec la mort pour seule issue.

lundi 23 août 2004

Un dimanche misérable.

Cette nuit j’ai rêvé que j’étais comédien débutant et que je décrochais mon premier petit rôle dans une série télévisée minable. Je dois néanmoins conclure l’accord sur une borne prévue à cet effet, un peu comme les distributeurs de billets. Et en l’occurrence là, cette borne est dans des toilettes publiques et coup de bol, je m’y trouve justement. Je me mets donc en contact avec le type et tapote à l’intuition sur le clavier. Les détails de l’offre d’emploi apparaissent en caractères digitaux verts sur l’écran noir. Le type est d’accord, moi aussi... L’affaire est entendue. Déjà. Je me dis alors que c’est trop facile, que ça cache quelque chose. Je jette un oeil sur la cuvette de WC juste à côté de la borne, lorsqu’un bras d’excréments (oui oui, un bras humain constitué de caca, marron et tout) en jaillit et m’agrippe le poignet par surprise, pour m’emporter au fond du trou avec lui. Je résiste farouchement, le bras de merde lache prise et disparait aussi vite qu’il est apparu... pour ressurgir aussitôt, mais cette fois-ci c’est moi qui m’empare de son poignet. Eh bien croyez-le ou non, mais un poignet de caca, ça a la texture d’un steak haché. Mais un steak haché fragile, car j’ai vite eu fait de le briser, me retrouvant avec une main fécale dans la mienne, de main. Voilà voilà. Bon appétit, au fait.

En dépit des horreurs que j’ai dites (sous la colère) l’autre jour sur les psys, il faudrait peut-être que je songe a en reconsulter un, ne serait-ce que pour lui demander s’il est bien raisonnable de rêver de son caca.

Peut-être subis-je une trop lourde charge émotionnelle, en ce moment ? Surtout si l’on considère ce week-end riche en la matière et où certaines émotions se sont rappelées à mon bon souvenir. Le jeu de séduction, les caresses sur les hanches, les mots doux, les regards tendres, le goût des lèvres, la sodomie, bref ce genre de conneries niaises et mièvres mais pourtant si agréables. Décidemment et malgré la haine éternelle que je voue aux femmes, il n’y a qu’elles pour nous faire vivre ce genre de choses.

Oui, parce que ce week-end j’etais avec une femme. Oui oui, une vraie qui respire, avec des nichons et tout. Une femme quoi. Au départ, je n’étais pas très chaud pour la voir, d’autant plus que j’étais censé voir quelqu’un(e) d’autre pour parler de choses sérieuses. Mais cette dernière m’ayant laché (oserai-je dire "une fois de plus" ?) une fois de plus (ah ben oui, j’ai osé), Pinkie étant partie en vacances, et n’ayant rien d’autre à faire hormis aller chez quelqu’un qui m’avait sérieusement gonflé l’avant-veille, je décidai donc ni une ni deux d’aller voir la fille en question (appelons-là Ludivine). La dernière fois que je l’ai vue, je l’avais trouvée plutôt moche. Bah putain. Je devais avoir reçu un bras de caca dans les yeux ce jour-là, c’est pas possible autrement. Parce que bon, si l’on fait abstraction de sa tronche de cul (elle ne ressemble à rien, mais personne n’est parfait), elle est quand même rûdement séduisante (comprendre : elle a un cul et des seins). Ou alors elle est aussi moche qu’avant, et ce sont mes "cinq semaines de couilles pleines" qui la rendent attractive. Aaaaah... pas con, ça.

Après ce choc qui fit grimper ma température corporelle de deux degrés au moins, nous nous sommes baladés dans des quartiers pourris que je ne connaissais pas, puis nous nous sommes arrêtés boire un verre dans un café pourri que je ne connaissais pas. Lui avouant que je n’ai jamais été à l’aise dans ce genre d’endroit, y préférant de loin les endroits calmes et isolés, je lui ai - très, très naïvement - proposé d’aller chez elle. Je vous jure que c’était sans arrière-pensée. Ca m’arrive souvent avec les filles, je dis des choses systématiquement mal interprétées et ça amène des malentendus plus ou moins heureux. Et là, ça n’a pas loupé. Le pire, c’est que ce n’est qu’une fois chez elle que j’ai compris ma connerie (et encore, pas tout de suite).

On arrive donc, on se pose, on boit. Elle me regarde avec insistance pendant que je fais la discussion, rangeant pour une fois mon côté "bon copain marrant" pour sortir (toujours sans arrière-pensée, à ce moment-là) mon côté "mec intéressant - beau gosse - qui a de l’esprit" (ce qui est la même chose que le côté "bon copain marrant", les blagues de cul en moins et la voix plus calme et, sans déconner, vous change un homme). Elle rit à mes histoires en posant sa main sur ma cuisse et me sourit avec beaucoup de générosité (elle a d’ailleurs un sourire gingival du plus bel effet, un vrai régal). C’est seulement là que je me suis demandé s’il n’y avait pas maldonne. Alors qu’elle, ça faisait au moins une heure qu’elle devait se dire "chouette, je vais niquer".

Mes tardives suspicions furent vite confirmées, me donnant ainsi une sensation de délicieux effroi. C’est horrible à dire mais tant pis : tant que je restais concentré sur ce qu’il y avait en-dessous de la ligne du cou, c’était délicieux. Pas besoin d’en dire davantage, on s’est compris. Oh quoique si, je vais en dire davantage parce que je suis un enculé à mes heures perdues : vu de près elle a une gueule de poisson mort, y compris au niveau du teint. Quand elle embrasse, on dirait qu’elle cherche à aspirer l’air de mes poumons. Et cerise sur le gâteau : elle mort la langue, cette conne. Bref, autant de motivations qui me poussent à me contenter de jouer tranquillement avec le reste.

Mais voilà, neev reste neev, et le cas de conscience eut vite fait de me rattraper, même la tête entre deux gros seins. J’ai rapidement fait le tour des options qui s’offraient à moi :


- Sortir avec elle. Alors ça, c’est rigoureusement hors de question. Premièrement parce que j’ai ma dignité, les poissons morts ça va bien cinq minutes mais y a un moment où faut arrêter les conneries comme dirait l’autre, et deuxièmement nous n’avons rien en commun. En plus je suis sûr qu’elle ne comprend pas la moitié de ce que je lui raconte.


- La tringler et passer la soirée avec elle ensuite. Ca me casse les noix rien que d’y penser. En plus elle va vouloir me revoir, gnagnagna, alors que moi je ne sais même pas ce que je fous là.


- La tringler et me barrer. Rêve pas mon grand, t’en es incapable.


- La tringler, passer un peu de temps avec elle, puis me barrer en promettant de la revoir bientôt (autrement dit : mentir). Non, je n’assumerais pas, je suis trop gentil.


- Lui faire gentiment l’amour, en prenant sur moi. Mauvais plan, elle va croire que je l’aime.


- Lui demander tout de suite ce qu’elle en pense. Ah. Pas con.

moi : Le moment est mal choisi je sais, mais j’aimerais savoir ce que tu attends de moi.
elle : Comment ça ?
moi : Eh ben, je voudrais savoir si c’est juste sexuel ou si tu attends autre chose.
elle : Ah.. (long silence) Ben j’espèrais qu’on sorte ensemble, quoi.

Désespoir total. Je déteste ces situations, mais comme d’habitude les rôles sont inversés... ça me coûte de le dire, mais je suis plutôt content.

moi, prenant un ton agréable : Dans ce cas-là il vaut mieux qu’on se rhabille. Je ne veux pas être malhonnête.
elle, visiblement déçue mais néanmoins pas dupe : Je comprends. Tu sais, je m’en doutais un peu. Mais pourquoi t’as voulu qu’on aille chez moi, aussi ?

...

Mais pourquoi j’ai voulu qu’on aille chez elle, aussi ?!


— -== En route pour la 6eme semaine... ==—

vendredi 13 août 2004

Les hémorroïdes qui explosent.

Vous savez qu’à force de me branler j’ai de la corne sur la quequette ? Bon d’accord c’est pas vrai, mais ça fait une accroche terrible pour débuter une entrée.

En vérité cela fait un mois que je n’ai pas du tout la tête à la quequette. Je ne l’ai jamais vraiment eue (contrairement à ce que certaines grognasses du net pensent), mais cet été, c’est encore pire. Peut-être est-ce un signe de ma fulgurante dépression ? Ah oui, je dis ça parce qu’il paraît que je suis dépressif. C’est la nouvelle lubie chez les gens autour de moi : me dire que je suis dépressif et/ou que je devrais peut-être consulter. Alors au-delà de l’affront et de l’irritation provoqués - et Dieu sait s’il en faut pourtant peu pour me vexer - c’est leur bêtise qui me dérange. Pourquoi irais-je parler à un psy, pourquoi irais-je payer un type (ou pire : une gonzesse) pour qu’il m’écoute chouiner une heure par semaine sur mes insurmontables problèmes (car je suis l’homme le plus malheureux du monde, c’est bien connu) et pour le voir naviguer au gré des tortueux méandres de ma psyché ? A les entendre, je suis le fils spirituel de Charles Manson. Pitié.

"Neev, lorsqu’on est fragile physiquement on va voir un médecin. Par conséquent, lorsqu’on est fragile mentalement on va voir un médecin de la tête." Un médecin de la tête ! Quelle blague. Un neuro-chirurgien, ça oui, c’est un médecin de la tête. Mais la psychiatrie, du moins celle qui se pratique en cabinet avec le péquin moyen comme patient, ça se rapproche beaucoup plus du charlatanisme que de la médecine. Des gens qui profitent d’autres gens et de leur détresse, détresse généralement causée par les maux occidentaux classiques : le besoin de reconnaissance, la frustration, le stress, l’ennui et j’en passe. Des rapaces, des profiteurs et des vampires. Et on voudrait que je me confie à CA. Attendez mais je ne veux rien avoir à faire avec ces gens-là, moi. A la limite je veux bien brûler leurs maisons et leur tailler la carotide au cutter, mais ça s’arrête là.

Une déprime, deux ou trois coups de sang épars dans le temps, et voilà qu’on vous catalogue "dépressif à tendance suicidaire". Ah ouais. Je ne sais pas si je suis dépressif, mais là je ne vais pas tarder à devenir franchement violent. Ah non, pardon ! Je ne peux même pas le devenir, étant donné que je le suis déjà. Si si, on me l’a confirmé récemment : "Tu débordes d’agressivité, tu me fais peur par moments". A hurler de rire, non ? C’est vrai que je suis un monstre de haine et d’agressivité, tellement mauvais que je n’ai jamais frappé personne, sauf par riposte, dîtes donc ! Alors oui, j’ai souvent envie de tuer, oui j’en rêve la nuit et même parfois le jour, oui j’aimerais avoir le don de faire sauter les anévrismes par un simple claquement de doigts et oui, je souhaiterais très fort décapsuler certains rectums au pied de biche. Cela fait-il de moi quelqu’un de différent de vous ? Sont-ce là des envies qui vous sont parfaitement étrangères ? Ca m’étonnerait beaucoup.

Pardonnez-moi, mais lorsque :

1/ un mec dont le principal objectif dans la vie est de plaire à son patron quoiqu’il en coûte,
2/ une femme qui s’est monté la tête toute seule avec des histoires de maternité juste pour faire comme ses copines alors qu’elle sait pertinemment qu’elle finira vieille fille et qu’elle ferait beaucoup mieux d’en faire le plus tôt possible son deuil, de ce gosse,
et enfin 3/ deux pouffes pourries par la jalousie et l’amertume qui passent leur temps à médire sur les autres dans leur dos en bouffant des chips, le tout pour tenter d’oublier un peu la médiocrité de leur existence...

...se permettent d’émettre le moindre début de jugement sur moi, ben ça m’énerve un tout petit peu. Juste un tout petit peu.


— -== Tas de fumier... ==—

mardi 10 août 2004

Les deux millions de bites perdues.

Je suis à cheval sur ce type, une paire de ciseaux à la main. Il est allongé et se débat pendant que j’écarte les anneaux afin me servir de l’arme comme d’un cutter. Et je lui tranche la gorge, non sans effroi. La paire n’est pas de qualité première, aussi dois-je m’y reprendre à cinq, dix, quinze fois. C’est interminable. Et ce "tululut" est exaspérérant. Tululut. Tululut. Tululut. Ah, je suis en train de rêver. Un bien joli rêve, une fois de plus.

Le temps que j’ouvre les yeux, les "tululuts" de l’interphone ont fait place aux "dring-drings" du téléphone. "Ca doit être papa qui a oublié ses clés", me dis-je. Je décroche :

neev : Allo.
Type : Oui bonjour, c’est Chronopost, là.
neev : ...ah ! C’est entendu, je descends ! (oui oui, je lui ai bien dit "c’est entendu". Parfois lorsque je m’écoute parler, j’ai l’impression d’être dans les années 30)
Type : Euh ouais bah d’accord.

Je m’habille fissa (années 30, qu’est-ce que je disais), enfile une gabardine et un chapeau-melon (nan, j’déconne), et descends. Je dis bonjour au djeunz qui me tend mon paquet et me réclame une signature sur son machin à écran tactile, là, tout en affichant un sourire convenu qui veut dire "ouuuh, toi j’t’ai réveillé, connard". J’ai effectivement la tête tellement enfoncée dans les fesses que je manque de signer avec la pointe du stylo sur son écran de merde. Le jeune homme, visiblement vif d’esprit, en profite pour se foutre gentiment de ma gueule, me remercie, me salue et se taille tandis que moi je reste planté là dix secondes, hagard, à le regarder s’éloigner. Pour finalement me rappeler qu’il fallait peut-être que je rentre chez moi, maintenant.

De retour en haut, je jette un coup d’oeil sur l’heure : 7h55. Bigre, me-dis-je, y en a qui bossent, dans ce pays. J’ouvre le paquet, et je tombe sur un modem. Bigre (encore, oui, ça me change de "putain d’ta race"), me dis-je, j’avais oublié. Mon fournisseur d’accès internet envoie des nouveaux modems à ses abonnés en ce moment, pour qu’ils puissent profiter du 2048k (et ça commence à faire beaucoup de k). Là, je suis tiraillé entre l’envie d’aller me recoucher, et celle d’installer le bidule. Bon bon bon. Je ne me laisse pas démonter : j’installe le bousin. Et malheureusement pour vous, je n’ai rien de spectaculaire à raconter, pas d’électrocution, pas de fracture du fémur, rien. Il faut croire que j’installe mieux les modems que je ne fais les oeufs (à ce sujet, vous savez que je porte encore les traces des brûlures que je me suis faites au début de l’année ?).

Je teste la connexion, histoire de voir si ça fonctionne. 250 ko/s. Ah bah ouais, ça marche plutôt bien leur connerie. Dommage que ça ne me serve à rien. Il faut savoir qu’avec ce FAI, dès que vous vous mettez à télécharger un peu beaucoup, vous recevez un courrier vous demandant très aimablement (par le biais de menaces répétées) d’arrêter ça tout de suite. Et comme vous savez que ce que vous téléchargez n’est pas forcément rigoureusement légal, bah, vous obtemperez sans trop discuter, surtout quand le courrier est au nom de votre père et qu’il n’a strictement rien à voir là-dedans. En même temps je ne leur en veux pas, si ça se trouve ils m’ont fait éviter une grosse amende et de la prison avec sursis. Ah bah oui, c’est que maintenant à notre époque on refile des peines de prison à des gens qui écoutent de la musique et qui regardent des films. Alors que l’amende est largement dissuasive.

Enfin voilà. Tout ce que je voulais dire c’est qu’un con a amputé ma nuit d’une moitié, tout ça pour me livrer une merde inutile et se foutre ouvertement de ma pomme. Minuscule, le modem en plus. Trois fois plus petit que l’ancien. C’est dingue, ça, dès qu’on nous sort un nouveau modèle de quelconque objet technologique, c’est toujours un truc toujours plus petit, plus léger, mais beaucoup plus performant que l’ancien. Epatant.

Y a qu’avec les vibromasseurs que ça ne marche pas, en fait.


— -== Demain, je vous raconte une histoire de cul, c’est promis. ==—

samedi 7 août 2004

La croisée des chemins.

Maman quand j’serai grand
J’voudrai pas être étudiant,
Ben alors qu’est-ce qu’tu veux faire ?
Je sais pas moi... gangster ?


La tête dans l’oreiller, à étouffer des cris d’hystérie. Appuyer sur les pédales au bord de l’eau, sans même regarder où je roule. Boire des litres et des litres d’eau à m’en faire vomir. Et me poser toujours les mêmes questions. Alors c’est donc là que j’en suis. Ce n’est pas beau à voir.

Je suis de mauvaise compagnie. Lymphatique mais préoccupé, centré sur moi, sur mon malaise. Je suis détestable lorsque je suis comme ça. J’ai envie de voir des gens que je n’ose pas appeler, de peur de leur faire subir cette présence, la mienne. Alors je ne fais rien. Encore.

Et j’étouffe mes cris dans mon oreiller. Encore.

Je suis à la croisée des chemins, au kilomètre 0 de la suite du périple. Les voies sont nombreuses et tellement mal indiquées. J’ai peur d’avancer, peur de me perdre. Alors je ne vais nulle part. Et je meurs, chaque jour un peu plus.

J’ai plus qu’à me flinguer. Allez, tire. Allez, un peu de courage, mon connard. ALLEZ, PUTAIN !!!!!!

dimanche 1 août 2004

Chupaditas for the masses.

L’an dernier nous avions droit aux (très séduisantes et intelligentes) Espagnoles "Las Ketchup", cette année ce sont les (ridicules et insipides) Brésiliennes "T-Rio" et leur titre-reprise "Chupeta" ("Tétine") qui prennent le relai. Titre dans lequel elles clament avec beaucoup d’innocence (innocence qu’elles gardent pour elles le temps du clip, faut bien manger) : "Mamae eu quero mamar da a chupeta", ce qui à mon sens est traduisible par "Maman je veux têter de la tétine". Voilà, pas besoin d’en rajouter, vous me connaissez, vous savez ce que j’en pense, on s’est compris. Putain de bordel de merde.

Je zappe sur la 2, et sur qui je tombe ? Mon grand ami Vincent Delerm. Ce mec-là je le déteste tellement que je n’accrocherais même pas la photo de son cadavre dans mes chiottes. Ce type n’a strictement AUCUNE légitimité en tant qu’interprète. Chaque son sortant de sa gorge est une injure à la musique. Ou ne serait-ce qu’à la chanson. Ou ne serait-ce qu’à ses propres chansons. Bon sang mais écoutez-le chanter ! C’est atroce, même Tristan-Edern Vaquette est plus agréable à entendre, c’est dire. Non et puis faut voir ce qu’il chante, aussi. Bon on a vu pire, hein, mais y a vraiment pas de quoi se palucher non plus. Tenez, je ne résiste pas, en voilà une intitulée "Cosmopolitan" :

Des horoscopes et puis des tests
Supplément minceur les bons plans
C’est à peu près tout ce qu’il reste
De toi dans cet appartement


Et qu’est-ce que tu veux qu’on te dise ? Que tu sortais ET vivais avec une dinde ? ET qu’en plus elle t’as jeté ? Ou pire, qu’elle s’est tirée parce que t’es allé tremper ton biscuit ailleurs ? Tu veux qu’on t’applaudisse, connard ?

La question avez-vous déjà
fait souffrir votre partenaire
A obtenu la réponse A
Je n’arrive pas trop à m’y faire


Mais tu sais que ça rime presque riche, ça ? Dommage que ce soit mauvais. En plus ça nous confirme que c’est toi la victime. Loser.

Et le soir sous les abats jours
En faisant des miettes de Savane
Sur le canapé en velours
Je relis Cosmopolitan


Abuse pas trop des gâteaux, c’est pas avec du bide que tu risques de retrouver une de tes pouffiasses qui lisent des revues de pouffiasses.

Et le soir à la nuit tombée
En refroidissant mes tisanes
En tailleur sur le canapé
Je relis Cosmopolitan


Encore ? Pas le même au moins ? Tu vas enchaîner sur un Boule & Bill, après ?

Sophia 30 ans publicitaire
Estime que les hommes sous estiment
L’importance des préliminaires
Les femmes ne sont pas des machines


Bah appelle-moi, Sophia, avec moi t’auras droit à 6h30 de préliminaires maladroites suivies de RIEN DU TOUT. C’est ça que tu veux connasse ? Non hein ? Alors tu prends ce qu’on te donne et tu fermes ta gueule.

Scorpions malgré ses beaux discours
Eloignez-vous du prince charmant
C’est une période difficile pour
Les natifs du deuxième décan


Les pires vers que j’ai entendu de toute ma vie. Et pourtant j’en écoute, de la merde.

Refrain

Le père de famille idéal
Est Jean Reno Alain Chabat
Christophe Lambert Jean Hugues Anglade
Je n’aurais pas cru ça de toi


Hey trou du cul. Idéal ne rime pas avec Anglade. Pourtant y en a plein, des gugusses en "-al". Notamment un, mais je le garde pour moi parce que sinon après on va dire que je trolle.

Est il selon vous nécessaire
D’entretenir de bons rapports
Avec un ancien partenaire
Je ne suis pas tout à fait d’accord


Héhé, ça fait mal au cul, hein ? Bienvenue sur Terre, mon grand. Un mouchoir dans la main gauche pour sècher tes larmes, une baïonnette dans la main droite pour sècher tes ennemis. C’est ainsi.

Refrain.

Bon d’accord, c’est très facile et de très mauvaise foi, ce que je fais. Mais Dieu ce que ça soulage. Non, et puis ce texte est bien en comparaison avec certaines de ses autres merdes dans lesquelles il use et abuse de noms de lieux et d’auteurs à la con qui font bien lors des réunions de baltringues dans les salons de thé Rive Gauche. A croire qu’il veut installer un sentiment de complicité avec son public de bobos intellos branchouilles. Des gens qui gloussent timidement plutôt que de rire et qui crachent sur la haute-société tout en feuilletant Gala et en votant UMP. Pauvre Delerm. T’es à plaindre, tout compte fait.

Heureusement, sur la 2, il y a aussi Carole Gaessler. Ha, Carole Gaessler. C’est la journaliste qui présente le JT de France 2 en semaine, et qui a la particularité de faire craquer mon pote Trent. Et c’est vrai qu’elle est loin d’être vilaine. Regardez plutôt.



Là, elle se réjouit. Je ne sais plus si c’est à cause des derniers attentats en Irak ou parce qu’elle est ravie de sa nouvelle coupe de cheveux qui ne laisse apparaître qu’une oreille sur deux, mais en tout cas elle est radieuse.



Là elle tire la gueule parce que ça va parler de la Bretagne. Et on la comprend.



Là je ne sais plus trop de quoi elle parlait, mais je me rappelle très bien avoir eu une érection.



Et là, elle a juste une gueule de conne.

J’aime les filles qui ont des gueules de conne. ©


— -== C’est le titre du prochain single de Vincent Delerm. ==—