mercredi 30 juin 2004

Enculés.

Bon, je sais pas si vous êtes au courant, mais vendredi dernier l’équipe de France s’est faite taper par des sodomites qui ne savent pas jouer. C’est n’importe quoi. C’est scandaleux. Ce sont des tricheurs. Au coup de sifflet final, outré, j’ai appelé la Police :

Flic : Police nationale, à votre service.
neev : Bonsoir, je vous appelle pour dénoncer un délit.
Flic : D’accord, de quelle nature ?
neev : La France a perdu contre la Grèce, là, à l’instant. C’est passé à la télé. J’ai tout vu.
Flic : Oui, et ?
neev : Bah rien, c’est dégueulasse. Y a pas une loi qui interdit ce genre d’atrocités ?
Flic : Monsieur, j’ai du travail.
neev : Manifestement ! On se fait humilier par un pays du tiers-monde qui va nous organiser des Jeux Olympiques en carton, un peu que vous avez du boulot ! Il doit bien y avoir des arrestations à faire, non ? Une guerre à déclarer ? Quelquechose ? On pourrait au moins mettre les restaurateurs Grecs en garde-à-vue, non ?
Flic : Monsieur, calmez-vous. La douleur vous égare, ne dîtes pas n’importe quoi.
neev : Ah oui ?! Vous avez déjà mangé du kadaif, vous ?!
Flic : Euh, non...
neev : Bon ! Alors cessez un peu de parler sans savoir. Dîtes-moi plutôt quand on commence les expéditions punitives ?
*CLIC* Tut, tut, tut, tut...
neev : ’culé.

Non mais c’est vrai, quoi. Encore en 2002 je peux comprendre, c’était le Sénégal. Ils n’étaient pas très au fait des us et coutumes du monde civilisé, dont la première est de laisser gagner la France en toutes circonstances. L’erreur est humaine. Mais là, merde, c’est quand même la Grèce ! Je veux dire, on les a quand même gentiment laissés rentrer dans l’Union Européenne, ces cons-là ! Quelle bande d’ingrâts.
...
Bah. Qu’ils s’étouffent avec leur kadaif à la con.

Aujourd’hui, Ashmé et Tonio ont débarqué, sans que je sois au courant. On communique beaucoup dans notre famille. Ca fait peur. Enfin bref, ils débarquent donc, et je suis plutôt content de les voir. Je tire un peu la gueule au moment où on m’apprend que Tonio reste trois semaines ici, mais bon ça fait plaisir à ma mère et ça me donnera l’occasion de vous donner des nouvelles du petit et des maux de tête qu’il me cause. On va s’éclater. Yay.

Il a déjà commencé à marquer son territoire en scotchant des feuilles de papier partout sur les murs de l’appart. Sur l’une d’elles, il a écrit « Ecrivé moi un encourajeman pour le CE2, et acroché le sur ma porte. Mreci ». J’en conclus que mon neveu est un génie, puisqu’il a le niveau d’orthographe d’un adolescent de 14 ans qui "tchate" sur internet. En guise de mot d’encouragement - car je suis bon prince - je lui ai écrit : « Tu m’étonnes, tu vas en avoir besoin de courage en CE2 avec un niveau pareil en orthographe. Bon, ce soir je te fais réviser ta conjugaison, et si tu travailles bien on fera un peu de maths pour te recompenser. A tout à l’heure. » Héhé. Sept ans et demi quand même, je suis vache. Hihi.


— -== Enfin bon, écrivé lui un encourajeman kan meme, sa lui fera plaisire. ==—

mercredi 23 juin 2004

Goddammisme aigu

Récemment, Théo m’a appris un truc. Il m’a appris qu’il fallait 73 jours pour qu’un homme renouvelle son stock spermatique. Autrement dit (et à ce que j’ai compris), au bout de 73 jours sans éjaculation un homme cesse de produire du sperme. Histoire que ses gonades et sa prostate n’explosent pas. Alors moi, je me suis dit que ça pouvait être drôle de tenter l’expérience. 73 jours d’abstinence totale et parfaite. Résultat, j’ai tenu un peu plus de deux jours. Je suis un branleur forcené, que voulez vous.

La nouvelle de cet échec a déçu tout mon entourage ainsi que moi-même, alors pour noyer mon chagrin je suis allé faire un tour de vélo. Eh bien oui, je n’allais pas noyer mon chagrin en me payant une nouvelle branlette : je ne suis pas une machine, tout de même. Sauf qu’en vélo, c’est moi que j’ai failli noyer, pas mon chagrin ! Une heure de VTT à fond sous la pluie. Rafraichissant, mais dur. J’ai jété un oeil sur la montre au premier signe de fatigue : ça ne faisait que 2 minutes 30 que j’avais commencé le parcours. C’est là que j’ai compris qu’il y avait VRAIMENT du boulot. Alors j’ai décidé de ralentir un peu - pas tellement le choix, en même temps - et d’essayer de maintenir la même allure tout le long. En gros, j’ai fait du toursime.

Il n’y a pas grand monde sur la piste cyclable au bord du canal (les gens normaux doivent être à l’abri, je présume). A vrai dire, je n’ai pour compagnie que d’innombrables moucherons qui viennent s’écraser comme des merdes contre ma peau humide et mes yeux rougis. Mes vêtements eux sont gorgés d’eau, et pèsent étrangement trois fois leur poids. Je suis crevé, seul, je bouffe des moustiques, j’ai le vent de face, les cuisses qui brûlent et envie de me jeter dans le canal. En plus, je me sens idiot à chaque (rare) cycliste que je croise. Les cyclistes - les VRAIS, je veux dire - mettent un coupe-vent ou une combinaison anti-pluie, en cas d’intempéries. C’est le cas de ceux que je croise, en tout cas. Moi je suis là comme un con en jean + polo en coton, entrain d’attraper la crève. Solitude.

Pour achever de me bousiller le moral, j’ai croisé sur le retour l’archétype du beau gosse parfait. Un mannequin-sportif bronzé, très belle gueule, très beau corps. Il roulait deux fois plus vite que moi, en plus. J’ai aussi croisé une charmante joggeuse, en pantalon collant noir et haut de la même couleur, se battant avec courage contre les gouttes. Je crevais d’envie de lui taper la discute, mais 1/ je n’ose jamais, 2/ on emmerde pas quelqu’un entrain de courir et encore moins lorsqu’il pleut des cordes. Peut-être qu’un jour je cesserai de me chercher des excuses pour ne pas faire les choses.

Le soir, nous avons tenté de fêter l’anniversaire de mon père. Je dis bien tenté, car alors que ma mère ma soeur et moi étions à table (et l’attendions), il est tardivement sorti de sa chambre, s’est lavé, s’est enfermé dans la cuisine et est parti travailler en claquant la porte (il faut savoir que mon père bosse de nuit, il se lève à 20h et part travailler vers 21h30). Le tout sans dire un seul mot, et en tirant la gueule bien entendu. Et sans toucher au gâteau. Ma frangine et moi étions atrocement écroulés de rire, trouvant parfaitement puérile cette manière de se donner de l’importance en méprisant les efforts des autres. Ma mère elle, se marrait un peu moins. Mais bon, il n’y a pas mort d’homme, ça passera. Mon père a 58 ans, et le connaissant je ne pense pas qu’il le vive très bien. En tout cas il n’en donne pas l’air. Il vit dans un pays qui lui a tout donné mais qu’il veut quitter le plus vite possible pour retrouver sa Galice natale, et je le comprends. Il passe ses cinq semaines annuelles de congé en Espagne, au village. Et chaque année, je suis de plus en plus surpris de le voir en revenir. A chaque fois je me dis qu’il ne reviendra pas. Je me dis que quelqu’un l’aidera à trouver un petit boulot sur place, et qu’il laissera ma mère en plan. Je suis certain qu’il y songe. Je suis certain qu’il en a envie. J’en veux pour preuve ses coups de fil incessants qu’il donne en Espagne lorsque ma mère travaille (ils n’ont pas les mêmes horaires, donc c’est facile). Jamais il n’avait autant appelé là-bas, c’est comme ça depuis un mois et demi. Et le plus suspect c’est que c’est systématiquement dans le dos de ma mère. Je sais qu’il prépare un truc, mais je ne sais pas quoi. J’espère juste que ce n’est pas un de ses nombreux coups de pute dont il était coutumier il y a dix ou quinze ans.


— -== Et si les chiens pouvaient faire des chats, ça m’arrangerait. ==—

jeudi 17 juin 2004

Descente.

Non, je ne suis pas mort. Pas encore.

Dimanche soir, juste après la sodomie massive de 70 millions de brittons, j’ai eu mal à l’épaule gauche. Une insidieuse douleur sous la clavicule. Sans doute une séquelle de mes innombrables bras d’honneur adressés à Wayne ’gueule d’alcoolique turberculeux’ Rooney, attaquant de pointe de la sélection anglaise qui a la particularité - en plus d’être excessivement laid - de courir partout et de ne jamais être fatigué, ESPECE D’ENCULE DE TA RACE. Mais là n’est pas mon propos.

Je disais donc que j’ai eu une douleur dans l’épaule, après le match. Un peu comme si j’étais très tendu, comme si j’avais du mal à respirer, à me calmer. Je suis dans ma chambre et plus les minutes passent, plus le mal se fait ressentir. Je tente de m’allonger avec un peu de musique douce, rien. Je tente alors quelques étirements. Rien. C’est même pire. Ennuyeux, car il est très tard et j’ai sommeil, pour une fois. Quelle que soit la position, j’ai cette pointe dans l’épaule qui me lance dans toute la partie gauche de la poitrine. Je ne cesse de me lever du lit pour calmer la douleur, je commence à perdre patience. Il est 2h30. A 4h00, la douleur est suffocante (si si), j’ai du mal à respirer, je sens mon coeur battre lourdement. La fatigue me fait délirer, j’ai à chaque seconde l’impression que le palpitant va me lacher. J’ai chaud, je souffre, je ne peux rien faire pour estomper le mal, rien d’autre qu’attendre et espérer. Mais je n’ai rien en retour de mes supplications, rien d’autre que ce mal de chien qui fait un remake de l’Anschluss avec ma poitrine dans le rôle de l’Autriche.

Je craque nerveusement. Je suis à bout de forces, je veux dormir, je veux cesser de souffrir. Je veux mourir. A cet instant, et pendant 2 heures, j’ai vraiment voulu en finir. La fenêtre grande ouverte pour aérer, la tête à l’extérieur pour respirer, baissant les yeux et voyant ces cinq malheureux mètres qui me séparent du sol, je me dis que je ne réussirais tout au plus qu’à me péter un bras, ce qui ne règlerait pas du tout mon problème. Alors à 6h00, je prends un cachet d’aspirine.

A 6h30, je dormais comme un bébé.

Je me suis reveillé à midi, la tête profondément enfoncée dans le rectum. Mais la douleur de la veille n’était plus qu’un lointain souvenir. Sous la douche, je me suis rémémoré cette nocturne descente aux Enfers. Le passage en deux minutes entre la rage et la joie, puis le grain de sable qui vient progressivement tout bousiller. Et ce cachet d’aspirine, qui m’a peut-être sauvé la vie. L’eau chaude coulant le long de mon dos et les yeux fixant la fonte blanche, c’est avec une bonne dose de honte que j’en ai pris conscience.

Ma propension à vite perdre pied voire même à péter les plombs causera ma perte.


— -== Je ne suis pas un cadeau, hein ? ==—