vendredi 23 avril 2004

L’ascension du Galibier en marche arrière les yeux bandés et sans guidon

Il y a des jours où vous vous sentez inexistant. A côté. Pas à votre place. Des jours où ceux que vous aimez vous traitent comme de la merde, comme si vous étiez soudainement de trop sur Terre. Des jours où le moindre détail devient une montagne, où chaque chose est une agression. C’est mon quotidien depuis deux semaines. Un exemple pour illustrer ce que je ressens ? Tenez, en voilà un court et léger :


— - Reconstitution ---

Vous êtes avec deux amies. Vous êtes à vélo, elles sont à pied. Elles entrent dans un supermarché, pour simplement regarder des annonces. "On revient tout de suite" vous disent-elles. Vingt minutes plus tard, elles ressortent hilares, vous expliquant avec toute l’innocence du monde qu’elles papotaient avec un copain rencontré là. Vous, le cul posé sur votre selle à respirer des gaz d’échappement depuis vingt minutes et fatigué par une nuit blanche, vous êtes passablement énervé. Mais vous laissez couler, pour ne pas passer pour le râleur de service.

Dix minutes plus tard, vous vous posez les fesses avec elles. Et là, dans une simultanéité et un synchronisme rares, elles sortent une cigarette. Et vous enfument. Vous vous dîtes "aucun problème, nous sommes dehors, elles sont dans leur bon droit". Et c’est vrai. Vous êtes juste dépité de ne même pas pouvoir profiter de cet instant, tant cette odeur vous rend physiquement malade. Vous en venez même à regretter de ne pas être fumeur. Le non-sens absolu. Mais vous laissez coulez, pour ne pas passer pour le râleur de service.

Elles parlent du permis de conduire. L’une passe ses heures de conduite, l’autre à son permis depuis peu. Alors elles partagent leurs anecdotes échangent leurs expériences. Normal. Mais évidemment, vous n’y comprenez rien. Le permis, non seulement vous ne l’avez pas, mais vous n’envisagez pas du tout de le passer. Alors vous attendez sagement - la gueule baignant dans la fumée toxique - que la discussion porte sur autre chose. Au premier blanc, vous dîtes une bafouille pour vous mêler à la conversation... mais vous vous faîtes gentiment couper la parole. Agréable. Très agréable. Là, vous commencez à tirer la gueule, mais vous laissez couler, pour ne pas passer pour le râleur de service.

Plus tard, vous rentrez chez vous (après avoir manqué de vous faire renverser). Votre mine est sévère et vos yeux sont rouges, explosés par la fatigue et le vent de face. Et là, à peine rentré, on vous adresse un "Oh, voilà le râleur de service !".


— - /Reconstitution ---

Mais ça ce n’est rien, ça me fait plutôt sourire maintenant (une fois passées les bien naturelles envies de meurtre et d’auto-mutilation). C’était simplement pour vous donner le ton. Tenez et comme je suis sympa je vais vous donner le thon, aussi.

Le thon.
Le thon.


Voilà c’est cadeau.
...
Je vous demande pardon, je suis complètement à bout nerveusement.


— -== Heureusement, mon cochon virtuel m’aide à tenir le coup. (www.kochonland.com)==--

mardi 20 avril 2004

Love at first st(r)ing

Saletés de vacances scolaires. Cela fait 10 jours que mon neveu Tonio est à la maison. Il a 7 ans et demi maintenant. Un cyclone. Hier j’ai retrouvé ma mère sur les rotules, tandis que moi j’avais la tête comme une pastèque. Je l’aime bien Tonio, c’est un chouette gamin, mais il sait être vraiment pénible.

Quoiqu’il en soit, le petit et moi jouons tous les soirs sur l’ordinateur à des petits jeux (plus ou moins adaptés aux enfants) trouvés sur la toile. Jeux de tir pas trop gores, jeux de golf, jeux de course, ils y passent tous. Jusqu’au moment où l’on tombe sur ça. C’est un jeu où l’on peut habiller et déshabiller un modèle (dessiné) féminin. Style capillaire, couleur de peau, vêtements... sous-vêtements. C’est là que ça devient drôle. Le gamin est devant l’ordi, je suis derrière allongé sur mon lit un bouquin à la main, surveillant du coin de l’oeil ce qu’il fait (pensées en italique) :

Tonio : Allez hop, à poil.
neev, interloqué : mm ?
Tonio : Attends regarde ! On va lui mettre un string !
neev, pensif : ??! Comment connait-il ça, ce petit con ? Et c’est quoi, ce jeu ?? Fais voir ce que c’est ? Ah d’accord, c’est un genre de poupée Barbie virtuelle moderne. Bon, ça va.
Tonio : Aaaah regarde, je lui ai mis un string !
neev, très calme : Ah ouais. Je vois. 7 ans et demi, le petit con. Dis moi, les strings, tu connais ça d’où ?
Tonio : Oh bah, de la télé. J’ai vu un reportage où y avait des promos sur les strings.
neev : Comme c’est étonnant. D’accord.
Tonio, sur un air convenu : Bon, faut que je lui mette un soutien-gorge qui fasse un peu string... Faut qu’on puisse voir les seins sinon c’est pas marrant...
neev : Oh putain il est pire que moi à son âge, et pourtant j’étais grave. Il a dû en voir, des saloperies à la télé.
Tonio : Hey regarde ! On peut même prendre des photos !

Et le voilà parti à prendre des "snapshots" du modèle à poil et en string. En revanche il n’aime pas les portes-jarretelles. Personne n’est parfait.

neev, amusé et embarrassé : Dis, et y a pas des costumes ? J’aime bien les costumes, moi (moins que les strings, mais je ne vais quand même pas le lui dire).
Tonio : Heu, si sûrement.. Tu veux jouer ?
neev : Ouais, laisse voir un peu.

Et me voilà à mon tour parti à lui montrer que les femmes peuvent porter autre chose que des strings.

neev : Regarde, un haut échancré comme ça, c’est pas mal. 1/ Elle est habillée, 2/ on voit un peu sa poitrine comme ça t’es content. Pervers.
Tonio, d’un air suffisant : Ouais, pas mal, pas mal. Ca mérite une photo.
neev, manquant d’exploser de rire : Il est terrible ce mioche. Voilà et puis on va pas la laisser en string, on va lui mettre une jupe tiens. Aaaaah bah voilà, elle est super belle comme ça non ? (je prends l’air le plus convaincu et enthousiaste possible)
Tonio : Ouais ouais, mais prends une photo !

Il était resté bloqué sur la fonction photo, lui. Comme quoi les gosses, faudrait pas que ça grandisse.


— -== Enfin que ça ne grandisse pas comme moi, en tout cas. ==—

lundi 19 avril 2004

La totale gespannterie

Feel the sweat break on my brow
Is it me or is it shadows that are dancing on the walls ?
Is this a dream or is it now ?
Is this a vision or normality I see before my eyes ?


Je ne donne pas la source de ces quelques vers pour ne pas me foutre la honte (1/ parce qu’il s’agit d’un groupe de Heavy Metal des années 80, 2/ parce que ça rime très pauvre). Voici néanmoins la traduction pour les anglophobes (bon évidemment, c’est mieux en VO) :

Achetez vous une méthode ASSIMIL
Ou retournez au collège vous faîtes comme vous le sentez
C’est pourtant pas très difficile
Prenez un dico, ouvrez-le et arrêtez de m’emmerder.

Je pense invariablement à ce demi-couplet (le vrai hein, pas la traduc’) lorsque "cela" m’arrive. Qu’est-ce que "cela", vous demandez vous ? Il m’est toujours pénible d’en parler parce que d’une part j’en ressens rarement l’envie, et d’autre part si quelqu’un venait m’en parler je lui demanderais si par hasard il ne me prendrait pas un peu pour un con, tant il me serait difficile de le croire. Et pourtant.

Depuis l’âge de 14 ans (et un lourd choc au crâne, mais je crois à une coincidence), j’ai de temps en temps des "flashes" assez violents. Ce que j’entends par "flash", c’est une coupure totale de deux secondes avec le monde, durant lesquelles je ne vois ni n’entends rien du tout, à l’exception d’une image fixe ou animée, comme si elle était projetée derrière mes yeux. J’ai dû en avoir une vingtaine, en tout. Cela s’est toujours passé tard le soir, dans un état de fatigue avancé. Ca vous prend comme ça, vous êtes immobilisé de surprise. Ca ne dure que deux petites secondes, peut-être même moins, mais vous mettez une bonne minute à reprendre votre respiration normale. Et si ce que vous avez vu était vraiment effrayant (1 fois sur 2, ça l’est), ça vous prendra une bonne demie-heure pour vous calmer, pendant laquelle vous serez pris de tremblements et de rires automatiques tant l’expérience est éprouvante nerveusement. Parfois, vous fondez même en larmes. Si un toubib me lit et peut m’expliquer le phénomène, je suis preneur, merci.

Les objets de ces flashes sont divers et variées. Systématiquement sombres voire glauques, mais presque jamais explicites. J’ai cependant le souvenir de m’avoir vu violer une amie (et je l’ai rêvé, également). Celui d’avoir vu un océan de cadavres sous un torrent de sang, puis une chevelure blonde. Ces deux fois-là, j’avais mis la semaine entière à m’en remettre complètement. Mais généralement ce sont plutôt des symboles que je vois : des arbres pousser à l’envers, un poussin qui dévore la coquille de son oeuf après en être sorti, une pluie ardente, des ruines qui respirent la mort. Ce genre de choses. Là dernière fois, c’était il y a quelques semaines. Mais là, c’était VRAIMENT troublant.

Je vois une amie proche, le visage défait de tristesse. Elle est debout, les épaules basses, semble tellement petite, tellement vulnérable. Elle a besoin d’aide. Enfin, je la vois s’éloigner de moi, et disparaître dans le lointain. Retour à la réalité. Il est 1h00 du matin. J’envoie un SMS à l’amie en question, histoire de. Je ne m’attends pas à recevoir de réponse, 1h00 du matin, vous pensez. Eh bien non seulement elle me répond dans la minute, mais pour m’apprendre qu’elle est en pleine crise d’angoisse. En lisant ça, j’ai le sang glacé et le coeur qui cogne comme un tennisman espagnol sur terre battue. Si ces flashes se mettent à devenir prémonitoires, je ne vais pas en sortir vivant moi, au vu des saloperies que j’y trouve. J’ai quoiqu’il en soit tout de suite appelé mon amie, restant au téléphone suffisamment longtemps pour non seulement la calmer elle, mais moi aussi par la même occasion.

Jusque là, seules trois personnes étaient au courant. Trois personnes en huit ans. Et honnêtement, je pense qu’une seule sur les trois me croit sincère. Moi, ça me fait de plus en plus flipper.


— -== ..."but I’m scared I won’t be able to control it anymore" ==—

vendredi 9 avril 2004

Passion victim

Je viens de faire une découverte sensationnelle. Lorsque vous êtes étudiant en France, vous êtes obligé de vous affilier à un centre de sécurité sociale étudiante. Dans le secteur où je vis, il y en a deux : la SMEREP, et la LMDE. Pendant deux ans, j’ai été affilié à la SMEREP. Regardez bien... SMEREP. Vous ne remarquez rien ? SMEREP ! C’est l’anagramme de SPERME ! Dingue, non ?

Je me rappelle il y a trois ans, lorsque je suis allé m’inscrire à la fac, pour ma première année. J’ai fait une crise d’angoisse à l’approche du bâtiment. J’ai vomi tout mon midi. Je leur ai baptisé leur parterre de fleurs, à ces connards. Suite à l’inscription, deux stands empêchaient les nouveaux inscrits de sortir. C’étaient les stands Sécu Etudiante, SMEREP vs. LMDE, donc. C’étaient des jeunes qui alpaguaient les pauvres néo-étudiants dont je faisais partie, les agressant presque pour qu’ils signent chez eux, et pas chez le concurrent. Moi, ce sont deux jeunes femmes à peine plus âgées que moi qui m’ont attrappé. Deux petites pouffiasses surmaquillées et le corps moulé dans des vêtements légers. Le genre de fille qui me met vachement à l’aise. Elles m’ont bassiné 20 minutes avec leurs conneries. Flatterie, dégommage du concurrent, noyage de poisson, bombage de poitrine, bref... tout y est passé. Le tout toujours avec ce gros logo orange SMEREP, bien gonflé sur leur T-shirt moulant.

Je regrette vraiment de ne pas avoir remarqué l’anagramme immédiatement. Rien que pour les remercier chaleureusement de m’avoir pris pour un con, pour un client, pour une merde qui fera gonfler le chiffre d’affaire de leur maquereau. Enfin de leur Centre, pardon. Ca aurait pu donner quelque chose comme ça :

Moi : Si on renversait les lettres du mot inscrit en gros sur ton T-shirt, ça donnerait SPERME. Ca irait bien avec tes yeux, je trouve.
Elle : Qu..
Moi : Ah oui vraiment, tu as de très beaux yeux de pute. Je le pense. Tu peux être fière, peu de femmes sont capables de donner aux hommes une furieuse envie de sodomie, et ce rien qu’en les regardant. Chapeau.
Elle : !!! J..
Moi : J.. ? Quoi j... ? J..e suis une pute ? Evidemment que tu en es une, je viens de te le dire. Dis-moi, t’es bonne mais t’es un peu conne, non ? En tout cas trop stupide pour t’apercevoir que tu m’as gonflé 20 minutes avec tes conneries. En employant des méthodes à la limite de la dignité humaine qui plus est. Je dois te remercier, ça fait toujours du bien de se sentir pris pour un crétin. Toi en revanche si t’as dix minutes je peux faire en sorte que tu te sentes prise par derrière, si tu veux. Tu vois, moi j’ai rien à te vendre, mais j’ai quelque chose à te donner. Toi, c’est pile l’inverse.
Elle : Dégage, connard !
Moi : Avec plaisir.

Là, je me serais mis à hurler en la pointant du doigt : « Regardez-la ! Elle m’a proposé une fellation en échange de mon affiliation ! Ce sont des méthodes inacceptables, c’est de la prostitution : j’appelle immédiatement la Police ! »
Et je me serais barré, en lui lançait un dernier : « Va te rhabiller, trainée ! »

Hihi. Bon évidemment, ce n’est que de la fiction. Je n’aurais jamais pu tenir de tels propos. Non pas que j’en sois incapable, simplement je suis trop gentil garçon pour ça. Trop bonne pâte, quoi. Trop faible. Trop con. Un loser. Une sale victime. Ce qui s’est vraiment passé ce jour là, c’est que j’ai gentiment signé son papier en me faisant à demi-mot traiter de brave toutou docile.

Vous voulez savoir si, comme neev, vous êtes une gentille victime ? Faîtes le test suivant :

======= Les tests psychologiques de neev n°3 : Etes-vous une gentille victime ? =======

Munissez-vous d’un papier et d’un crayon et pour chaque réponse notez les points qui correspond à la réponse choisie. Si aucune réponse ne vous convient, optez pour celle qui se rapproche le plus de vous. Enfin faîtes ce que vous voulez, je ne suis pas votre mère.

1. NE REPONDEZ QUE SI VOUS ETES NON-FUMEUR : Vous êtes assis dans un lieu public, un inconnu fume à côté de vous. La fumée vous dérange vraiment.

A/ Vous prenez sur vous. Après tout, il est dans son droit le pauvre homme. (4 points)
B/ Vous allez ailleurs. (3 points)
C/ Vous lui demandez gentiment d’éteindre sa cigarette. (2 points)
D/ Vous le sommez d’éteindre sa merde. (1 point)
E/ Vous sortez un flingue et abattez le type d’une balle dans la nuque. (0 point)

1 bis. NE REPONDEZ QUE SI VOUS ETES UN ENCULÉ DE FUMEUR : Vous fumez dans un lieu public. Un inconnu vous demande aimablement d’éteindre votre saloperie.

A/ Vous vous excusez et allez ailleurs. (3 points)
B/ Vous tapez un scandale, en hurlant qu’ON EST EN DÉMOCRATIE ET QU’ON A TOUT A FAIT LE DROIT DE FUSILLER LA SANTÉ DES AUTRES SI ON LE SOUHAITE, MERDE ! (1 point)
C/ Vous obtempérez en vous confondant d’excuses. (4 points)
D/ Vous lui proposez gentiment d’aller ailleurs. (2 points)
E/ Vous éteignez votre cigarette en lui écrasant dans l’oeil gauche. (0 point)

2. Vous êtes à la banque. Votre conseiller financier essaie de vous abonner à je ne sais quelle merde en vous expliquant que ça va vous changer la vie, que c’est génial, et tout.

A/ Vous appelez la Police. (0 point)
B/ Vous dîtes que vous allez réfléchir, et emportez le contrat chez vous. (2 points)
C/ Vous dîtes tout de suite que vous n’êtes absolument pas intéressé. (1 point)
D/ Vous n’êtes pas convaincu mais vous signez sans trop discuter, après tout on peut tout de même faire confiance à son banquier... (4 points)
E/ Vous faîtes semblant de vous y intéresser, tout en cherchant un bon motif pour dire "non". (3 points)

3. Vous êtes chez le coiffeur. Il vous loupe complètement, vous vous retrouvez avec une coupe qui n’a rien à voir avec ce que vous vouliez.

A/ Vous dîtes que ce n’est pas grave, vous êtes content quand même. Vous payez et laissez un pourboire. (4 points)
B/ Vous engueulez le coiffeur pour le massacre et exigez un prix. (2 points)
C/ Vous faîtes semblant d’être emballé, payez, partez, et revenez la nuit suivante pour foutre le feu au magasin. (0 point)
D/ Vous tirez la gueule, mais payez quand même. (3 points)
E/ Vous vous tirez sans payer en promettant tout haut de ne jamais revenir. (1 point)

4. Un inconnu vous double dans une file d’attente.

A/ Vous vous indignez, mais ne faîtes rien. (3 points)
B/ Vous faîtes semblant de n’avoir rien vu. Vous avez tout votre temps. Même si vous êtes pressé : VOUS AVEZ TOUT VOTRE TEMPS. (4 points)
C/ Vous le doublez à votre tour. (1 point)
D/ Vous lui expliquez poliment qu’il vient de vous doubler, dans un grand sourire. (2 points)
E/ Vous lui décochez une droite. (0 point)

5. Quelqu’un vous souffle votre place de parking.

A/ Vous attendez 5 minutes et démolissez son véhicule à coups de masse. (0 point)
B/ Vous cherchez de suite une autre place, sans heurt. (3 points)
C/ Vous lui faîtes un bras d’honneur accompagné de votre insulte préférée. (1 point)
D/ Vous baissez la vitre et lui dîtes que ce ne sont pas des manières. (2 points)
E/ Vous le félicitez mentalement pour son joli coup de volant. (4 points)

6. Au travail, un projet a été accompli essentiellement grâce à votre contribution, mais ce sont vos collègues qui en tirent les bénéfices.

A/ Vous vous félicitez du résultat, et bossez encore plus dur. (4 points)
B/ Vous tapez un scandale et dénoncez la complète incompétence de vos collègues surpayés. (1 point)
C/ Vous êtes déçu, mais ne faîtes pas de vagues. (3 points)
D/ Vous mettez de l’anthrax dans leur café. (0 point)
E/ Vous en parlez sans attendre à votre supérieur. (2 points)

7. Vous frottez une lampe magique, un génie en sort. Il vous propose de réalise un seul et unique voeux. Lequel serait-il ?

A/ Le pouvoir de tuer quiconque instantanément par télépathie, si vous le désirez. (0 point)
B/ La vie éternelle. (3 points)
C/ La richesse infinie. (1 point)
D/ L’amour. (4 points)
E/ L’omniscience. (2 points)

8. Vous êtes au restaurant. D’un geste maladroit, vous renversez le pichet de vin sur vous. Tout le monde vous regarde.

A/ Vous allez pleurer aux toilettes. (4 points)
B/ De toutes vos forces, vous envoyez le pichet sur la gueule du plus moche d’entre eux. (0 point)
C/ Vous tirez la gueule pendant tout le repas, le nez plongé dans votre assiette, et sans décrocher un mot. (3 points)
D/ Vous vous levez, et engueulez tout le monde en proférant des insanités. (1 point)
E/ Vous riez et levez les bras en demandant à l’assemblée de vous applaudir. (2 points)

9. A votre lieu de travail, vous êtes plutôt :

A/ Un pilier indispensable. (1 point)
B/ Dénigré. (4 points)
C/ Ignoré. (3 points)
D/ Fondu dans la masse. (2 points)
E/ Le patron. (0 point)

10. Vous préférez être :
A/ Sur la plage, avec d’autres vacanciers. (2 points)
B/ Dans les rues d’une grande megalopole surpeuplée. (0 point)
C/ Chez vous, seul. (3 points)
D/ Au supermarché, avec vos enfants. (4 points)
E/ Dans une salle de sport avec un ami. (1 point)

11. Vos relations amoureuses se terminent généralement :

A/ Parce que l’autre s’est lassé de vous. (4 points)
B/ Parce que vous vous êtes lassé de l’autre. (2 points)
C/ Parce que vous vous êtes envoyé toutes ses copines/tous ses copains. (1 point)
D/ Parce que vous vous êtes filmé entrain de vous taper sa mère/son père et que vous avez balancé le tout sur internet. (0 point)
E/ Je suis vierge, connard. (3 points)

12. Votre ex a de nouveau quelqu’un dans sa vie.
A/ Vous êtes boulversé, et allez vous confier à ce quelqu’un. Après tout, il est bien placé pour vous comprendre. (4 points)
B/ Vous proposez un restau à trois, et vous vous démerdez pour vous faire inviter. (2 points)
C/ Vous lui dîtes être ravi, alors qu’en réalité vous vous en foutez : ça fait longtemps que vous êtes recasé. (1 point)
D/ Vous vous en foutez, vous étiez déjà recasé avec plusieurs personnes avant même que votre relation ne s’achève. (0 point)
E/ Je t’ai dit que j’étais vierge, connard. (3 points)

13. On vous drague dans la rue. La personne présente bien, et vous plaît vraiment.

A/ Vous vous la tapez dans les heures qui suivent. (0 point)
B/ Vous gardez contact, et vous vous la tapez dans les jours qui suivent. (1 point)
C/ Vous êtes tellement troublé et timide que vous passez pour un con et grillez toutes vos chances. (4 points)
D/ Vous lui dîtes agréablement que vous êtes pris, et fidèle. (2 points)
E/ Vous lui dîtes que vous êtes pressé, et après vous venez m’emmerder parce que vous êtes encore vierge... (3 points)

14. Vous achetez un téléviseur garanti 3 ans. Au bout de 2 ans et 9 mois, il tombe en rade.
A/ Vous restez sans téléviseur pendant 3 mois avant de vous décider à racheter le même modèle, une semaine après l’expiration de la garantie. (4 points)
B/ Vous achetez un nouveau téléviseur, mais un meilleur modèle. (3 points)
C/ Vous faîtes immédiatement jouer la garantie. (2 points)
D/ Vous vous démerdez pour vous faire offrir un nouveau téléviseur. Et ensuite, vous faîtes jouer la garantie de l’ancien, pour vous retrouver avec deux téléviseurs gratos. (0 point)
E/ Vous allez regarder la télé chez vos voisins. Et manger, aussi. (1 point)

15. D’une manière générale, les gens que vous aimez :

A/ Vous craignent. (1 point)
B/ N’existent pas. Vous n’aimez personne. (0 point)
C/ Vous respectent en toutes circonstances. (2 points)
D/ Abusent un peu de votre gentillesse, mais pas méchamment. (3 points)
E/ Vous le rendent en profitant de vos faiblesses et en vous marchant sur la gueule. (4 points)

Voilà, c’est fini. Maintenant, comptez vos points.


- Si vous avez entre 0 et 10 points : vous avez répondu sérieusement ??!! Si oui, foutez-le camp d’ici, je ne veux pas de vous comme lecteur. Vous êtes typiquement le genre de personne qui me fait stresser.

- Si vous avez entre 11 et 20 points : Vous n’avez rien d’une victime, vous êtes même du genre à écraser les autres, à ne jamais vous laisser faire. Vous êtes probablement quelqu’un d’empoisonnant : ne vous étonnez pas si vous êtes toujours célibataire. Vous êtes buté, voire même de mauvaise foi. Bref, vous n’êtes pas un cadeau.

- Si vous avez entre 21 et 35 points : Vous êtes probablement équilibré, vous n’êtes ni un tueur, ni une victime. Vous savez dire non, tout en ayant votre sensibilité. C’est bien.

- Si vous avez entre 36 et 45 points : Vous avez tendance à vous laisser faire, à n’être à l’aise nulle part. Vos amis vous aiment, mais savent obtenir ce qu’ils veulent de vous. Il en va de même pour vos amours, la plupart n’hésitent pas longtemps avant de vous faire souffrir. Parfois, il vous arrive de péter les plombs, de vous dire que les autres ne vous méritent pas. C’est dans la plupart des cas rigousement exact : vous valez mieux qu’eux. Le problème, c’est que vous être trop sensible pour vous passez d’eux. Vous en mourrez probablement.

- Si vous avez plus de 45 points : Vous êtes l’archétype du mouton. La victime née. Vous êtes rongé par vos névroses, vous n’avez aucune estime pour vous et vous ne vous en rendez même pas compte. Votre seule raison d’exister, c’est pour me permettre de dire "oh bah ça va, y a pire que moi". Pour ça, merci.

Pour info, j’ai 44 points...

mardi 6 avril 2004

L’envie de couper un cheveu avec une tronçonneuse.

Un début de soirée. Dehors, des nuages noirs et de l’eau qui tombe. On appelle ça de la pluie. Ce soir, je déteste la pluie. La télé allumée me donne d’atroces nouvelles d’un lointain pays qui ne signifie rien pour moi, ce qui déjà est en soi une atroce nouvelle. A côté, j’entends ma mère lancer une machine. Demain, j’aurai des caleçons tous propres et peut-être même repassés. Joie.
Les clapotis, le bruit des balles et le soufflement du lave-linge m’accompagnent, moi et mon regard fixé. Mes yeux sont ronds, incrédules, rougis. Je sens mon derme se gorger de sang, mon front se plisser, mon coeur s’emballer. Des réflexions s’enchaînent et s’entrechoquent dans mon crâne, l’adrénaline fait trembler mes mains. C’est comme si de l’opaque brouillard surgissait un intense rai de lumière qui vous brûlerait les yeux. Comme si le destin, en voulant vous donner un coup de pouce, vous explosait le crâne d’un coup de masse. Révélation fortuite, confusion, mensonges, mauvais sentiments, perte de repères, suffocation, colère, souffrance, haine. Tuer. Tuer tout le monde. Très vite.

Je me hais. Ca me fait me rouler par terre de rire d’écrire cette phrase tant elle est éloignée de la vérité. Il n’existe pas de mots pour exprimer le mélange de haine, de profond mépris et de violence que je ressens pour ma propre personne. Sur l’échelle de valeur commune aux Hommes, je suis l’entité, l’objet, l’élément qui en a le moins. Le zéro absolu. La parfaite imperfection. La merde de chameau vaut de l’or, comparée à moi. Je serais le kamikaze idéal : je ne vaux même pas le prix du chatterton utilisé pour confectionner la ceinture de dynamite qui me ferait arroser de mes entrailles le peuple dans un rayon de 20 mètres. En me supprimant, je rendrais le plus fier service immaginable à l’humanité. Mais j’en suis incapable. Eh oui : je suis moins qu’une merde.

Alors, transfert. Je tranfère le bouzin sur tous ceux qui valent mieux que moi, autrement dit tout le monde. Je ne puis me supprimer ? Je supprime tous les autres. N’ayant plus personne à qui me comparer, je perdrai automatiquement ma qualité de sous-merde. Je deviendrai l’Unique, celui qui a vaincu tous les autres. A défaut de me donner de la valeur, ça réduirait celle de tous les autres à néant. Jouissance. Intense.




03h38 : Le moral est au beau fixe !

Je suis le meilleur. Comprenez bien ce que je tente de vous expliquer : je SUIS le meilleur. Personne ne m’arrive à la cheville, personne ne peut ne serait-ce qu’imaginer de rêver m’arriver à la cheville un jour. Im-pos-si-ble. Je suis le meilleur. Vous n’êtes pas convaincu ? C’est normal, vous n’êtes rien. Comparé à moi, vous n’existez même pas. Je suis ce qu’il y a de plus beau dans l’univers, je suis l’Etre Ultime, j’ai raison sur tout, je ne me trompe jamais et même si cela m’arrive, l’Histoire finit toujours par me donner raison. Ma perfection ne vous est pas et ne vous sera rigoureusement JAMAIS accessible. Je suis votre maître, l’Elite de l’humanité, je suis même plus puissant que n’importe quel dieu.

Votre Seigneur, c’est moi. Je réussis là où tout le monde échoue. J’ai toutes les qualités du monde, sauf celles réservées aux faibles. Je n’ai aucun défaut, et c’est là ma plus grande qualité. Je vous écrase. Je vous méprise. Je ne vous hais pas, ça vous viendrait à l’esprit de haïr du plancton, vous ? Oui, vous êtes mon plancton. Invisibles, et insignifiants. Je m’aime. Je n’aime que moi. Je le mérite mille, cent mille fois. Quelle perfection ! Je m’épate.

Question : Que s’est-il passé entre 19h05 et 03h38 du matin le 5 avril 2004 ?


— -== Réponse : j’ai pris mes "Happy pills"... © Private Joke, Inc. ==—