mardi 24 février 2004

Avis de décès

C’est avec une profonde tristesse que je vous fais part de la mort de neev (21 ans, fruit illégitime de l’union entre Jerry Lewis et Pierre Richard), décédé le mardi 24 février 2004 dans d’atroces circonstances. Voici le rapport de police :

« Suite à de récentes altercations avec des oeufs de poule (affaire dans laquelle IL EST LA VICTIME), le pauvre homme prit la décision de tirer un trait définitif sur tout rapport gustatif de près ou de loin avec quelconque gallinacé. C’est fort de cette décision qu’il entreprit, ce matin, de manger des céréales. Avec du lait (*). Loin d’imaginer que ça lui coûterait la vie, l’individu se pencha pour attraper le paquet de Kellog’s Corn Flakes et le posa sur la table. N’ayant toujours pas compris le concept dit "d’ouverture facile" qui équipe toutes les boîtes en carton/plastique depuis au moins 10 ans, il porta le paquet à sa bouche afin de l’ouvrir à l’aide de ses dents. Dentition qui, d’après le medecin légiste, serait de très bonne qualité, sans aucun plombage ni couronne. Vous qui dépensez une fortune chez le dentiste pour vos abrutis d’enfants qui bouffent dans votre dos n’importe quelle saloperie sucrée qu’ils ont vus à la télé (qu’ils regardent également dans votre dos), ça doit bien vous mettre les glandes. 1/ C’est la preuve que si vos enfants ont les dents pourries, c’est VOTRE FAUTE, parce que vous êtes de TRES MAUVAIS PARENTS, 2/ Vous devez être écoeurés d’avoir des enfants aussi cons, qui passent autant de temps devant la télé parce que vous êtes trop FAINÉANTS pour leur donner VOUS-MEMES une éducation, éducation qu’ils se font comme ils peuvent en s’abrutissant 8 heures par jour devant la publicité et la violence sans que personne ne s’en soucie, chose qui les amènera un jour à détester tout le monde, à commencer par VOUS qui êtes de TRES MAUVAIS PARENTS (mais je l’ai déjà dit). Toutefois n’ayez crainte, il ne sera jamais trop tard pour mettre un terme à ce calvaire, en vous donnant la mort.

Bon, où j’en étais moi.. Ah oui, il porta le paquet de céréales à sa bouche afin de l’ouvrir avec les dents. Mal lui en prit, car en donnant un coup de tête en arrière pour arracher le bout de carton - tel une hyène qui dépèce une fraiche carcasse trépassée - un morceau vint se loger au travers de sa gorge, l’obstruant hermétiquement et rendant toute respiration impossible. Tout malhabile qu’il était, neev n’en était pas pour autant dénué de jugeotte, aussi comprit-il immédiatement qu’il était dans la merde. Titubant sous la suffocation, les mains portées à son coup comme si ça allait l’aider à mieux respirer, et le regard rempli d’effroi, il s’avança vers la fenêtre grande ouverte de la cuisine pour tenter d’y appeler à l’aide. Ne contrôlant plus ses pas, il trébucha sur un tabouret et bascula sur le rebord de la fenêtre et fit face aux 15 mètres de vide qui le séparait du trottoir. L’ironie de la situation, c’est que neev adorait la Physique et connaissait par conséquent sur le bout des doigts la loi de la gravité, ainsi que ses applications. C’est bien. Mais la gravité, elle, n’aimait pas du tout neev et le fit donc s’écraser comme une merde sur le tarmac, juste à côté des poubelles qui auraient pu amortir la chute (c’est pas de bol).

Pendant l’impact, la jambe du défenestré buta contre une des poubelles, laquelle s’envola dans les air en decrivant une trajectoire parabolique dont neev aurait tout à fait été capable de calculer l’équation (il a-do-rait la Physique le pauvre vieux, dommage qu’il vienne tout juste de crever). Toute chose ayant une fin (même les cours de Physique), la poubelle acheva sa trajectoire au milieu du pare-brise d’un bus rempli de gens se rendant à contre-coeur au travail. Les bris de verre arrosèrent la moitié de ces connards, ce qui aurait sans nul doute ravi le défunt. Mais le plus touché fût le chauffeur qui se mangea la poubelle volante en plus des bouts de plexiglas encastrés profondément dans la peau. En bon agent RATP qu’il est, le chauffeur avertit immédiatement tous ses collègues qu’il venait d’être victime d’une « agression barbare sans précédent dont l’ignominie n’a d’égal que la cruauté » (ils ont le sens de la formule ces cons-là), provoquant ainsi une grève surprise immédiate dans toute l’Ile-de-France. Quatre heures plus tard, les rues de Paris étaient gorgées de monde : une minorité (40.000) de cheminots-manifestants, et une majorité (4.000.000) très bruyante de gens qui n’avaient rien à foutre là mais qui, ne pouvant aller bosser, décidèrent d’aller dire aux cheminots leur quatre vérités. Ce qui devait arriver arriva, des échouffourées commencèrent aux quatre coins de la capitale, créant une cinquantaine de départs d’incendies et plus de 80 morts en moins d’un quart d’heure. 81 morts si l’on compte neev qui pendant ce temps gisait dans une mare de sang, alors que des rats commençaient à entamer ses intestins.

Croyant à une révolte, le Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin fit preuve une fois de plus d’une extrême compétence en envoyant l’armée sur la population dans les rues de Paris, prouvant par la même occasion au monde entier que non, l’Armée Française N’EST PAS vieillissante : y a qu’à voir la boucherie qu’elle est entrain de faire. La violence entraînant la violence, la population supérieure en nombre se rebiffa et s’empara des fusils d’assaut des militaires venus les tuer. On donna alors l’ordre d’envoyer les bombardiers arroser Paris, jusqu’à ce que l’ordre soit rétabli (=jusqu’à ce que tout le monde soit mort). Les festivités continuèrent ainsi jusqu’au soir, lorsque ce qu’il reste de Paris fût vidé de tout signe de vie.

(*) Le rapport d’expertise montre que de toutes manières le lait avait tourné, ce qui après ingurgitation aurait probablement provoqué un empoisonnement alimentaire ou une hémorragie interne. Et peut-être même une invasion de sauterelles ou une explosion thermonucléaire, on ne peut pas trop savoir tant ce connard avait la poisse. »


— -== Et vous, comment ça va ? ==—

lundi 23 février 2004

Toutes les poules doivent mourir

A 6h50 du matin, dans la cuisine.

neev : Et merde, à tous les coups j’ai mis trop d’huile.

Je casse les deux oeufs, et les vide sur l’huile bouillante... *PSCHIIIII*

neev : AAAAAAH CA ME SAUTE A LA GUEULE !!! Hey arrête, enculé !

Je saisis un magazine et m’en sers en guise de bouclier.

neev : Ah, tu fais moins le malin. Merde, y en a partout.

Je me retourne donc pour prendre une feuille de Sopalin afin de nettoyer mes conneries, lorsqu’une goutte d’huile ardante vient, en traître, se nicher au milieu de ma nuque.

neev : Mmm ? ... AAAAAAAAAAAAAHHHAHHH PUTAIN MAIS CA BRULE !!!

Je fais volte-face, brandissant mon bouclier à bout de bras (le gauche). Non sans témérité, j’entreprends de nettoyer la plaque chauffante des éclaboussures d’huile qui la souillent. Courageux peut-être, mais complètement con. Car non seulement je récupère une main droite complètement carbonisée, mais en plus de nouvelles gouttes d’huiles viennent immédiatement s’échouer COMME DES MERDES sur cette SALOPERIE de plaque chauffante qui ne marche qu’une fois sur deux, et pas de bol pour moi : aujourd’hui elle marche très bien.

neev : Quel con. Non, en fait je dirais même que je suis une grosse pourriture toute moisie, une larve, une minuscule bactérie qui nage dans le purin.

Oui, j’ai beaucoup de self-esteem.

neev : Bon, et c’est quoi cette fumée noire ?

Ce sont tes oeufs, probablement entrain de cramer, connard.

neev : Et merde.

Je prends la spatule (ou peut importe comment ce truc s’appelle), j’essaie de décoller mes oeufs... déchirant au passage le jaune d’oeuf, qui n’avait déjà pas très bonne mine.

neev : Et allez. De mieux en mieux.

Je mets le tout dans mon assiette d’un geste brusque (oui, je suis passablement énervé), éteins puis NETTOIE LA PLAQUE, lave la poêle (c’est bien la seule chose que je fais à peu près correctement). Je me tourne vers mon plat.

neev : Bon allez, si ça se trouve c’est bon, qui sait.

*scrounch*
...

neev : Je veux mourir.


— -== Vos gueules. ==—

vendredi 20 février 2004

150 minutes chez les flics

Je vous ai déjà dit que Natasha St Pier me plaisait ? Oui ? Je devais être bourré, alors.

Lundi 9 février, j’étais chez les flics. Non, je n’ai agressé personne, j’accompagnais juste Pinkie qui, elle non plus, n’a agressé personne.
...
On est restés deux heures et demi là-bas. DEUX PUTAINS D’HEURES ET DEMI LE CUL VISSÉ SUR UN BANC. On s’est éclatés.
Ceci dit, on ne s’est pas déplacés pour rien. On a eu l’immense privilège d’être les témoins d’une charmante saynette entre une fliquette très patiente et un connard total. J’vous raconte rapidement ? Allez.

On arrive au commissariat, on entend du bruit. Une femme qui braille, visiblement elle en découd avec quelqu’un au téléphone, le haut-parleur est ouvert. On ne comprend pas tout, mais le type braille tellement fort au téléphone qu’apparemment il est question de garde-à-vue. La fliquette au téléphone, bien qu’hurlant comme une folle pour se faire entendre, reste très correcte et très patiente. Mais au bout de dix minutes, excedée, elle raccroche au nez du type. Bon.

Trois quarts d’heure plus tard, un gusse typé Afrique du nord se pointe, accompagné de sa copine typée petite pouffiasse sophistiquée Rive Droite.


— - Petite description rapide qui a son importance ---

Le gars : 175 cm, 22-25 ans, un bouc bien entretenu, les cheveux très courts, pas un poil qui dépasse. Pantalon Jean’s bleu très serré, petite veste en mouton. Le genre de type grande gueule, sûr de lui, qui croît qu’il est le centre du monde et à qui on a jamais appris le respect.

La fille : 170 cm, 22 ans, brune, cheveux longs et lisses, petit pantalon noir, petit sac, petite veste, maquillée comme une... ahem, bref le genre de fille sur qui je roulerais volontiers au volant d’un 38 tonnes (à défaut de quelquechose de plus gros). Le genre de fille qui l’ouvre beaucoup, bien que n’ayant pas grand chose de pertinant à dire. Le genre de fille qui suit son mec (qu’elle considère toutefois comme un objet qui fait classe devant les copines) sans réfléchir, et sans se faire ses propres opinions sur les choses. Mmm.. Une vraie conne, en somme.


— - Voilà. ---

Ils pointent à l’accueil, et au bout de, allez quoi, 20 secondes, le type commence à élever le ton. "Aaaaaah ! C’est lui !" nous écrions-nous, Pinkie et moi. Enfin pas trop fort, parce qu’on est chez les flics, quand même.
Bref, le connard est parmis nous, on peut enfin comprendre l’objet de son courroux : son petit frère a été interpellé et mis en garde-à-vue, se voyant confisquer temporairement les objets qu’il avait sur lui. Et notamment le portable du grand-frère. Bon.

Là où ça devient vraiment drôle, c’est quand survient ce petit dialogue (condensé) :

Flic : Mais qu’est-ce que vous voulez ?
Connard : Mon portable, j’aimerais récupérer mon portable ! Et savoir pourquoi mon petit frère est en garde-à-vue. (NLDR : accessoirement)
Flic : Ce n’est pas possible.
Connard : POURQUOI ???!!
Flic : Votre frère est en audition avec mon supérieur. Connard : Attendez mais que ce soit clair : j’en ai rien à foutre moi de son audition ! Je veux mon portable, vous n’avez pas à conserver les affaires des gens comme ça, moi j’ai rien fait !
Flic : Moi je ne peux rien pour vous il faut que je demande à mon supérieur, et pour ça il faut attendre la fin de l’audition.
Connard : MAIS JE M’EN FOUS DE SON AUDITION ! Ca va, il arrête deux minutes, il vient me rendre mon portable et c’est bon, vous n’avez pas à garder les affaires gens comme ça, non mais VOUS VOUS PRENEZ POUR QUI ??!!! Je connais mes droits moi !
Flic : Oui, certainement mieux que nous... (les autres flics sont hilares, nous aussi)
Connard : Ecoutez je vais pas attendre deux heures moi hein ?! Je ne suis pas comme ces gens-là, moi ! (Il nous désigne de la main) (NDR : quand je vous disais que c’était un connard...)
Flic : Je ne peux rien pour vous, Monsieur.
Connard : Moi je ne bouge pas d’ici tant qu’on ne m’a pas rendu mon portable, personne ne passe à l’accueil tant que je suis là !
Flic : Eh bien faîtes, Monsieur, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Allez-y, faîtes monter la sauce.
Connard : Ouais, c’est ça.

Le connard et sa pouffiasse attendent là dix minutes, durant lesquelles la truie nous gratifie de simples mais néanmoins profondes réflexions, telles que "Han putain on se fait afficher dans un commissariat de merde, putain mais j’hallucine, quoiii..." et surtout "Hey donne moi les clés de la voiture, des fois qu’ils te mettent en garde-à-vue toi aussi (NDR : sur le ton de la plaisanterie, mais en prennant les clés quand même.. au cas où)". Puis, comprenant finalement qu’ils n’ont rien à foutre ici et que tout le monde les regarde d’un air consterné, ils finissent par quitter les lieux.

Le type a son petit frère en garde-à-vue... et tout ce qui l’intéresse c’est son portable de merde. Ces gens-là sont méprisables.

Voilà, ça c’était pour le petit épisode policier. Mais il y a d’autres choses qui m’énervent ces temps-ci. Allez hop, je vais faire une liste :


- L’ambition. Ca, c’est vraiment détestable. Tous ces gens prêts aux pires bassesses pour avoir un poste qui leur permet de grimper dans la sacro-sainte échelle sociale. Comme si ça allait changer leur vie. Comme si ça allait faire d’eux de meilleurs êtres humains.

- Le besoin de reconnaissance. Souvent lié à l’ambition, d’ailleurs. Je trouve ahurrissant que certains aient besoin de se sentir reconnus pour exister. Ces gens ne se sentent exister qu’à travers le regard des autres, ils sont dépendants des autres. Et même pire que ça, ils en sont esclaves. Ces gens là se comparent sans cesse aux autres, tant ils n’ont aucun recul sur eux-mêmes.

- La mauvaise foi. Tenez, un petit exemple : le 5 mai 2002, c’était le soir du second tour des Elections Présidentielles, en France. Ce soir là, j’étais au Zénith de Paris, pour voir Jean-Jacques Goldmann en concert (oui bon, vos gueules, c’était pour faire plaisir à ma soeur Ashmé. Enfin plus exactement, c’était pour boucher un trou). Pour ceux qui ne savent pas (tout le monde n’ayant pas la bonne idée de vivre en France et/ou de suivre l’actualité française, après tout personne n’est parfait), l’élection opposait le Président sortant Jacques Chirac, au candidat d’extrême-droite Jean-Marie le Pen : enculé notoire, xénophobe, raciste, antisémite, homophobe, probablement fasciste (faudrait qu’il soit élu pour le vérifier), moche, malodorant de la bouche et du reste, nostalgique de la guerre d’Algérie, et amateur de calembours minables et douteux. L’enjeu était tel que, fait sans précédent, tous les partis de gauche et d’extrême-gauche (sauf un) ont appelé à voter pour le candidat de droite, Jacques Chirac. Avant 20h00, tout le monde (6.000 personnes) était au téléphone, pour avoir quelques informations sur les résultats. Et à 20h00... explosion de joie, les organisateurs avaient affiché les résultats sur l’écran surplombant la scène : J. Chirac : 82.5% - JM Le Pen : 17.5%. Non seulement le gros porc avait perdu, mais en plus il s’était mangé la BRANLÉE de sa vie. Tout le public était debout, la liesse était générale, on a tapé des pieds et fait la hola pendant 10 minutes. Tout le monde (de là où j’étais, je pouvais observer les gens à ma guise). Pourtant.. nous étions 6.000, et même si je veux bien croire qu’il n’y avait pas 17.5% d’électeurs F.N. au Zénith le 5 mai 2002, il y en avait au moins 5%. Et chez moi, 5% de 6.000, ça fait 300, 240 en comptant les 20% d’abstentionnistes (de merde). Les enfants, il n’y avait certainement pas 240 personnes qui ne faisait pas la hola ce soir là, non, il y avait plutôt 240 poltrons qui levaient les bras et criaient victoire, alors que quelques heures plutôt ils avaient émis le souhait de voir un fou furieux à la tête de leur pays.

Fiou. Ca fait du bien.

Allez, une dernière pour la route qui m’a bien consterné dernièrement (dialogue au téléphone avec ma soeur Ashmé) :

Ashmé : Alors, quoi de neuf ?
neev : Moi rien, papa est parti pour deux semaines en Espagne. (au village natal, on a une maison là-bas)
Ashmé : Ah ouais ? En voiture ou en avion ?
neev : En avion. La voiture tout seul, il ne le fait plus, ça devient trop crevant.
Ashmé : Hé ben. Il a les moyens.
neev : ... (putain c’est tout ce qu’elle trouve à dire : un sarcasme.) Il économise pour, je présume (je vois pas ce qu’il peut faire d’autre, il gagne à peine plus du SMIC.)
Ashmé : Ouais. Bah moi là je suis contente, on part au ski avec Tonio.
neev : .......................... (putain, y a pas à dire elle est gonflée...)
Ashmé : Des nouvelles de Mana ?
neev : Heu non, pas récemment.
Ashmé : Moi non plus, oh bah ça doit vouloir dire que tout va bien, vu qu’elle ne m’appelle que quand ça ne va pas...
neev : Mmm. (et allez, encore un sarcasme, c’est parti...)

J’aime beaucoup ma soeur, mais c’est le genre de personnes avec lesquelles il ne faut pas trop se demander ce qu’elles peuvent balancer comme saloperies sur vous et dans votre dos. Du coup, j’évite de me poser la question me concernant. Et de toutes manières, comme j’ai grandi dans le sarcasme, les suspiscions et les coups de pute, j’ai appris à (presque) totalement me foutre de ce que ma famille peut penser de moi. Attention, cela ne signifie en rien que je ne leur porte pas d’affection. Non, c’est juste que leur avis me fait du mal. Alors, je fais sans.

C’est facile la vie, quand on veut.


— -== Comment ça, je suis saoulant ? ==—

vendredi 6 février 2004

De l’art de manger à tous les "rataliers"

Après vous avoir fait part hier de ma volonté de faire crever tout le monde avec moi, je vais aujourd’hui vous montrer que non, je ne suis pas un monstre, et que moi aussi j’ai ma sensibilité.
En effet, comme cela fait un mois que je suis célibataire, et que j’ai par conséquent largement eu le temps de faire dix fois le tour de ma collection de 487 vidéos pornos, j’ai décidé de m’inscrire sur un site de rencontre afin d’y trouver de quoi me sortir de la misère sexuelle qui me frappe actuellement. Alors, vous voyez bien, je suis un sentimental, moi.

Pour ceux qui ne connaissent pas, je vous explique le fonctionnement : vous vous inscrivez sur le site, et une fois que c’est fait on vous demande de rédiger un texte pour vous présenter, et de répondre à un questionnaire vous concernant. Avec toutes ces informations, le site vous sort une "fiche perso", autrement dit une page web consultable par tous les autres membres. On peut évidemment y mettre une photo, si on le souhaite.
Et comme je viens de terminer la mienne, je voulais vous la montrer pour que vous me donniez votre avis, avant de la publier. Parce que je suis timide vous comprenez.
Alors la voilà :




neev | 21 ans | Masculin | France
neev | 21 ans | Masculin | France


Bonjour à toi ! Je m’appelle neev, j’ai 21 ans, je suis Masculin, et j’habite en France. Je suis étudiant en informatique. C’est drôlement bien, parce que sa me permet de me plonger à fond dans ma passion, qui est l’informatique. Mais ce n’est pas ma seule passion ! J’adore le foot, surtout le PSG (Marseillais enculés ! LOL !! LOL !!), un jour je suis allé au Parc et c’était trop fort, à un moment t’as Stéphane Pédron qu’a mis UNE PATATE dans la luquarne opposée c’était TROP RATAL LOLOLOLOL !!! Ah c’était bien.
Mais sinon, j’aime aussi faire du vélo. Fort maleurheusement, ma mère n’aime pas trop sa parce qu’elle trouve que c’est dangereux. Alors j’en fais qu’à la maison, sur mon vélo d’appartement. Mais quand j’aurait mon appart, je compte bien m’acheter un vrai VTT. Mais remarquez je me plein pas, c’est chouette de pouvoir pédaler en regardant Fogielle le dimanche soir ! Surtout Ariane, elle est TROP RATAL ARINANE LOLOLLOL !! J’aime bien Fogielle, il a beaucou de cultrure, il fait érudit ! J’aime bien, lui.
Voilà, on a fait le tour de mes haubbis. Il ne me manque qu’une copine pour partager tout sa ! Ca pourrait être toi, si tu me laissais un message :o) En faite, je cherche une femme entre 16 et 22 ans, si possible qui a le permis de conduire, parce que je l’ai pas, ma mère elle trouve ça trop dangeureux, alors je suis obligé d’aller à la fac en vélo, mais comme ma mère elle veut pas, j’y vais à pied finallement. J’irais bien en bus, mais c’est trop risqué. Alors voilà, permit de conduire s’il vous plait. A part sa, faut qu’elle soit gentille, faut pas qu’elle crie tout le temps quoi. Nan parce que crier tout le temps, ça, ma mère elle aime bien. Mais moi j’aime pa trop.
A part sa, faut plutot si possible qu’elle soit blanche, parce que les autres couleurs ma mère elle suporte pas. Ca la gène pas d’accrocher des rideaux verts aux fenetres de la cuisine, mais que je ramène une fille noire à la maison sa elle veut pas. Bon et sinon, faut pas que mon éventuel copine ronfle. Nan c’est important, parce que je dois bien dormir pour pouvoir me lever a 5h30 tous les matins, pour aller a la fac à pied.
Ce qui serait bien aussi, c’est qu’elle soit fan de PSG, comme sa on pourrait se faire des samedis romantiques au Parc, après avoir mangé en amoureux au mcdonalde (j’ai des prix, je connais quelqu’un qui y travaille). Ha tiens, très important : faut pas qu’elle soit en sainte hein !! Non parce que les femmes en sainte alors sa non non non, moi j’aime pas du tout ! Les femmes en sainte elles sont histériques, dans les bus elles obligent les gens a se lever et tout, attends, moi le soir je suis crevé je suis debout depuis 5h30 du matin j’aimerais bien m’asseoir dans le bus ! Enfin pas moi parce que je prends pas le bus (j’ai pas le droit), mais on m’a raconté.
En plus les femmes en sainte elle sont grosses et moi je trouve pas sa normal, j’aime pas sa. Moi je veux une femme maigre quoi, une normale. Et puis sexuellement faut que ce soit une grosse cochone hein, sinon c’est pas tellement tellement la peine.
Donc voilà, si tu me trouve intréressant, tu peux m’appeler au 06183012, je suis joignable tout le temps vu que j’ai le téléphone à coté du PC et du vélo et je l’emmene à la fac aussi. Sinon tu peux m’envoyer un e-mail si tu préfères a deneevrance@free.fr, je suis contactable tout le temps là aussi, parce que j’ai l’e-mail à côté du PC, et j’amene le PC a côté du vélo quand y a pas Fogielle a la télé. Et a la fac y a des PC, vu que je fais des étude d’informatique, c’est ma passion. Sinon tu peux me contacter sur MSN, sur ronaldinho_le_boss@msn.com.
Voilà, je te fait des gros bisous, à tout de suite j’espere :o)))
PS : je me suis trompé en remplissant le questionaire, j’ai inverser deux rubriques, et je sais pas comment on revient en arriere. Désolé.

Réponses de neev au questionnaire :

J’AIME :
1. Le racisme
2. L’intolérance
3. L’injustice
4. La drogue
5. L’Olympique de Marseille

JE DÉTESTE :
1. L’informatique (c’est ma passion)
2. Le PSG
3. Les chutes d’astéroïdes
4. les jeux video (Doom, D2, D3, Quake, Q2, Q3, Duke Nukem 3D, UT, CS, OFP, Turok, T2, No one lives forever, NOLF 2, RTCW, SFEPATPF, RTFM, WTF, OMCDPD, GHISILPSHELSNXMAKPSNC2, Max Payne, PES3, et tetris.)
5. Toi :o)))))))


- Ma personnalité préférée : Marco-Livier Fogielle

- Ma devise : C4EST TROP RATAL PUTAIN LOOOOOOOOOL !!!!!

- Mes goûts musicaux : Le heavy métale (Manowar, Iron Maiden)

- Mon style vestimentaire : Classe (pantalon en velours et chemise à carreaux la semaine, short et maillot du PSG floqué "Pauleta" (je l’ai eu pour mon anniversaire) le week-ende).

- Mon idéal féminin : Létissia Casta

- Mon idéal masculin : je suis pa pédé

- Mon plat préféré : la quiche loraine




Alors, vous en pensez quoi ? Atroce, non ? Le pire c’est que des comme ça, il en existe réellement. Hihi.

Je suis méchant. Je suis méchant de me moquer comme ça, parce qu’en réalité j’ai beaucoup de tendresse pour les personnes qui s’inscrivent à ce genre de trucs. Enfin non, pas celles qui s’y inscrivent simplement, mais plutôt celles qui vont jusqu’au bout de la démarche. Je ne peux pas m’empêcher de trouver touchant le quadragénaire au crâne dégarni, aux petites lunettes rondes, bégayant un peu, qui va rempli d’espoir au rendez-vous qu’il a fixé a "Clochette46", trentenaire ultra-complexée, et qui a le sentiment de porter tout le poids de la société sur ses épaules à chaque fois qu’elle se rend à son travail : assistante sociale à Bobigny. D’imaginer ces deux-là, tentant maladroitement de rattraper l’adolescence qu’ils n’ont pas su avoir, moi ça m’attendrit. Parce qu’au délà de la volonté de trouver un partenaire, c’est la quête du bonheur qui les anime. Et ils ne le trouveront probablement jamais, leur bonheur. Mais ils essaient.

Eux.

—== Et rien que pour ça ils valent mieux que moi. ==—

jeudi 5 février 2004

16-03-2880

Je crois déjà l’avoir dit auparavant, auquel cas je le répète : j’ai toujours rêvé de mourir dans une apocalypse. Mais une noble qui a de la gueule hein, comme un caillou gros comme l’ego du Français moyen qui viendrait lamentablement s’échouer, je ne sais pas moi, au pif, sur le Texas. L’idéal bien sûr serait que je puisse assister à l’évènement, de suffisament loin pour ne pas être ébloui (me brûler la rétine), et surtout ne pas être tout de suite tué par l’onde de choc. Il faudrait donc que je sois à... hum.. ne bougez pas :


— - Rapide estimation, veuillez patienter. ---

Alors, si on considère un caillou dont le diamètre se situerait entre 5 et 20km (l’égo du Français moyen variant en fonction de la forme physique de Zinedine Zidane, oui c’est crétin, mais on est comme ça ici), le cratère que le bonhomme laisserait après son passage devrait mesurer entre 150 et 400 km de diamètre en fonction de la composition et de la forme du bestiau. Autrement dit, vaut mieux que je sois à plus de 1000 km de l’impact si je veux avoir plus de 12 secondes d’espérance de vie (histoire de profiter un peu de la vue).

Par conséquent, si je veux être peinard 10 minutes, pas trop mal placé, et si on garde l’hypothèse que le point d’impact se trouve pile au milieu du Texas, il faut que je me trouve soit à Chicago, soit à Mexico. Mexico ça m’emmerde, parce que ça voudrait dire qu’il faut que je révise mon espagnol, et j’ai franchement pas que ça à foutre. Et comme il est nettement plus probable de me voir battre le record du monde de saut à la perche que de me voir un jour poser un orteil sur le sol américain, on peut également oublier Chicago.


— - Voilà c’est fini, vous pouvez arrêter de patienter si vous voulez. ---

Donc plus de 1000km. De toutes façons, de là, je ne verrais pas grand chose. Tout au plus une trainée blanche/noire tomber sur l’horizon, puis un blanc intense, et une gigantesque colonne de fumée ardente et suffoquante, j’imagine. Puis un ciel noir. L’hiver nucléaire. Pas de soleil, la température qui chute de 20 °C partout dans le monde. La végétation qui meurt, suivie par les élevages, faute de nourriture. Et les sources d’eau, taries ou gelées. Ou polluées. Plus un hominidé à la surface du globe. Simplement la mort et la désolation, partout.
Bon, finalement à 20km du point d’impact c’est mal. Et on va faire ça à Paris, c’est mieux.

Mais la question que vous vous posez doit être : « Mais pourquoi diable ce connard veut-il tous nous faire crever ? ». Mais je n’ai aucune envie de vous faire mourir, les amis. Je veux juste que vous creviez tous avec moi, nuance. Ah si : nuance. Et ce n’est nullement par méchanceté, ni par misanthropisme.


— - pause ---

Misanthropisme. Si ce mot est dans le dictionnaire, je veux bien me couper une couille. Je vais vérifier, je reviens de suite.
..
2 secondes.
..
Ah, voilà. Il n’y est pas (ouf..). En revanche, il y a misanthropie. Pas mal ça, allez, va pour misanthropie.


— - /pause ---

Je disais donc, ce n’est nullement par méchanceté, ou par misanthropie. Non, c’est juste que mourir dans une apocalypse, c’est.. mais c’est GRANDIOSE ! Imaginez un peu le tableau, on serait tous sur le même bâteau, unis devant la même adversité et la même fatalité. Certains auraient la trouille, pleurant et se demandant « Pouuuurrquoiii.. *sniiff*.. mais pouuuuuurrqquuuoiiii... ? ». D’autres seraient tellement désespérés qu’il se suicideraient (si si, je suis sûr qu’il y en aurait des suffisamment cons pour le faire). Il y aurait bien entendu les illuminés, écumant les rues en prêchant la parole de je ne sais quel prophète, et puis ceux qui fuieraient - vainement - sans savoir où ils vont. Oh, et puis il y aurait les Grands de ce monde, qui passeraient leurs dernières heures à placer toute leur fortune à 20 mètres sous terre, « juste au cas où ».
Et il y aurait ceux dont je ferais partie (après 10 minutes d’hystérie aiguë, comme tout le monde), qui leur diraient amicalement « Vous savez les gars, là où vous allez, vous n’en aurez pas besoin :o) ». Nous passerions nos dernières heures allongés sur l’herbe, profitant une dernière fois des rayons du soleil qui-fait-piquer-les-yeux. On fixerait des yeux ce point lumineux qui grossirait chaque minute, là-haut dans le ciel. On soufflerait dessus, comme pour le faire s’en aller. Et ça nous ferait rire... une dernière fois. On se remorerait de vieux souvenirs en attaquant une bouteille de rouge (je sais, je ne bois jamais mais ce n’est pas armageddon tous les jours) avec du bon fromage de chèvre sur une grosse tranche de pain.

Puis, arriverait un moment où nous conserverions le silence, sereins et simplement étendus, les uns à côté des autres. Un leger sourire aux lèvres et les yeux fermés, nous nous féliciterions d’avoir su mourir, à défaut de ne pas avoir toujours su vivre. Et notre bonhomme venu du ciel - bien décidé à avoir le dernier mot - se planterait dans le sol, déchaînant les feux de l’Enfer. Et c’est en paix, le visage détendu, que nous nous volatiliserions presqu’instantanément.

Non vraiment, je ne puis rêver de mort plus belle.

—== Je suis très partageur, comme garçon. ==—

mardi 3 février 2004

Illumination

Bon, je l’avoue : Natasha St Pier me fait craquer. Je la trouve belle, elle me fait fondre et j’adore son accent, légèrement différent du ridicule accent québécois.

Voilà, maintenant que je me suis foutu la honte bien comme il faut et que j’ai bien énervé tous mes amis outre-atlantique, je peux commencer.
Vous l’avez sans doute remarqué, ces temps-ci je vous parle beaucoup de moi. Enfin, déjà j’écris, ce qui est en soi un demi-miracle. Mais toutefois, je parle beaucoup de moi. Et c’est chiant à lire. Je sais.
C’est précisément pour cette raison que je vais continuer.

Je suis un garçon qui fourmille de paradoxes. Généralement, les gens paradoxaux sont des névropathes et/ou des maniaco-dépressifs.


— - Petit encart culturel ---

Pas mal de gens ont un peu de mal à voir, comme ça à vue de nez, la différence entre les termes névrose, névropathie, névrotique, psychose, psychopathie et psychotique. C’est pourquoi, pour vous, je m’en vais ouvrir mon Grand Larousse en 5 volumes, et vous en donner les définitions exactes.

névrose : Affection caractérisée par des conflits qui inhibent les conduites sociales et qui s’accompagne d’une conscience pénible des troubles.

(traduction : Truc très casse-couilles qui consiste à être psychologiquement démonté en société par des causes qui remontent souvent à loin. Et le truc, c’est que t’es tout-à-fait conscient d’aller mal, mais ça ne te soulage pas du tout, non, ça accentue ta souffrance.)

psychose : Altération globale de la personnalité bouleversant les rapports du sujet avec la réalité.

(traduction : c’est quand t’as un problème dans ta tête qui te fait perdre contact avec le réel, mais bien-bien, quoi.)

névropathie : Tout mode d’organisation pathologique de la personnalité sans que l’on y retrouve les symptômes de la névrose ou de la psychose.

(traduction : c’est quand t’as un problème dans ta tête, mais que c’est ni une névrose, ni une psychose)

névrotique : Relatif à la névrose.

(traduction : c’est juste un adjectif, faîtes pas chier...)

psychopathie : Trouble de la personnalité se manifestant par des comportements antisociaux (passage à l’acte) sans culpabilité apparente.

(traduction : c’est quand tu veux tuer tout le monde et que tu trouves ça naturel, à tel point que tu finis par le faire et que tu te demandes bien pourquoi tu ne l’as pas fait plus tôt.)

psychotique : Relatif à la psychose / Atteint de psychose.

(autrement dit, tous les psychopathes sont psychotiques, mais tous les psychotiques ne sont pas psychopathes)

Portugal : Pays à la con qui entra dans l’Union Européenne en 1986, on ne sait trop comment d’ailleurs.

(ça n’a rien à voir mais mes origines espagnoles m’imposent un certain quota de xénophobie lusitanienne dans ce journal.)

Conclusion : en gros les névropathes sont tous les grands malades, et les psychopathes en font partie. Dans la catégorie en-dessous, il y a les psychotiques. Et quelques catégories encore en-dessous, il y a le commun des mortels atteint de syndrôme névrotique : les névrosés (faîtes coucou à la caméra).


— - /Petit encart culturel ---

Donc je disais : généralement, les gens paradoxaux sont des névropathes et/ou des maniaco-dépressifs. Ou des artistes. Mais moi qui ne suis rien de tout cela, j’ai tendance à cultiver un certain paradoxalisme (terme charmant qui n’existe probablement pas). Par exemple, je vous ai fait état de mon cynisme exacerbé (de toutes manières on ne voit que lui), MAIS ça ne signifie pas que je sois pessimiste, défaitiste et malheureux. Au contraire, je vois toujours (de manière quasi-naturelle, à force) le bon côté des choses considérées comme mauvaises. Hum... tout compte fait ce n’est pas très paradoxal, ça.
Bon ben cherchons un autre exemple... ha voilà : je change souvent d’avis (je l’ai déja dit d’ailleurs). Mmm. D’accord ce n’est pas être paradoxal, c’est juste faire preuve d’instabilité.
Bon, vite vite, un autre... Heu... raah. Je ne suis pas paradoxal du tout, je suis juste un pauvre type incapable de rendre une femme heureuse, ne sachant pas ce qu’il veut, lymphatique... Mais néanmoins aimant, impliqué et parfois très sanguin. Ha bah en voilà, des paradoxes !

Enfin bref, à la base je voulais juste vous dire que Natasha St Pier me fait craquer, et que j’ai beaucoup de mal à l’assumer.

Pitié. Aidez-moi.

—== Je me déteste, mais qu’est-ce ce que peux m’aimer, quand même...

lundi 2 février 2004

Liftism

Qu’est-ce que je peux écrire comme conneries ! Rien qu’hier, j’étais limite là à vous expliquer que je sais tout mieux que tout le monde, que je suis un génie et que j’ai, comme tous les génies, du mal à supporter le lourd fardeau que mon intelligence supérieure constitue.

Alors qu’en fait, je suis juste une baltringue qui a peur de tout le monde.

Je rentre chez moi. Arrivé à l’endroit où j’ai failli me faire amputer de la jambe gauche par un enjoliveur volant (voir entrée du 8 janvier), j’aperçois une silhouette connue, celle d’une dame qui habite mon immeuble et que j’essaie de ne pas trop croiser, question de feeling, c’est comme ça. Je la vois qui entre dans l’immeuble. Zut, me dis-je. Je m’offre alors un petit détour, pour gagner du temps et éviter ladite dame. Bon, je suis sûr que vous avez dû faire ça plusieurs fois. Mais moi, je suis champion toutes catégories dans ce genre d’idioties de poltron. Par exemple, je fais souvent le coup qui consiste à regarder dans sa boîte aux lettres histoire de gagner du temps pour être seul dans l’ascenseur. Ou à prendre les escaliers lorsque quelqu’un vous suit pour prendre l’ascenseur (encore lui). Il m’est même arrivé à deux ou trois reprises de triturer mon trousseau de clés devant la porte d’entrée du hall, l’air concentré à remettre droit l’anneau prétendument tordu, et ce toujours afin de gagner du temps pour m’épargner la compagnie désagréable d’une quelconque personne dans l’ascenseur (toujours le même). Ah tenez, encore plus fort : il m’est arrivé une fois ou deux de refaire un laçet défait A L’ENTREE de mon immeuble, toujours pour gagner du temps et être tranquille dans l’ascen... hey.. mais tout tourne autour de cet ascenseur de mes deux, en fait.

Entre 7 ans et 14-15 ans, je faisais beaucoup de cauchemars. Dans 90% d’entre eux, il y avait une redondance : soit je me faisais poursuivre par un ennemi plus ou moins identifié (mais différent à chaque fois), soit je montais dans l’ascenseur, appuyais sur le 4eme étage (mon étage), et sentais l’ascenseur monter, monter.. sans jamais s’arrêter. Parfois, les portes finissaient par s’ouvrir à un étage élevé ou d’autres dangers m’attendaient. Parfois encore, l’ascenseur ayant fini de monter s’immobilisait une seconde, puis chutait à une vitesse vertigineuse (provoquant mon réveil en sursaut). Et enfin parfois (et même le plus souvent), il s’agissait d’une combinaison des deux redondances (poursuite + galère de l’ascenceur). Ces cauchemars m’effrayaient véritablement lorsque j’étais petit, mais en grandissant ils me faisaient de moins en moins d’effet. Et ce qui est amusant, c’est qu’au fil des années dans ces mêmes cauchemars, j’ai délaissé l’ascenseur pour les escaliers. Et encore aujourd’hui, il m’arrive de me faire pourchasser dans les escaliers de mon immeuble, en rêve.

Bon, les (mauvais) rêves de poursuite, j’en ai déjà parlé dans ce journal : ils sont souvent associés à de la violence, parfois de l’ultra-violence, et dénotent une nette crainte/méfiance de l’autre. Mais le coup de l’ascenseur qui ne répond plus, lui, me pose un peu plus de problèmes. Disons que j’ai deux axes de réflexion, le premier étant la peur de ne rien contrôler, d’être tributaire d’une force extérieure sur laquelle je n’ai aucun pouvoir. Le deuxième, c’est la peur de l’inconnu (ce qui rejoint un peu le premier) symbolisé par les portes de l’ascenseur qui s’ouvrent sur un endroit aléatoire, qui n’a rien à voir avec celui que je désire (mon étage), et qui est généralement rempli de nouveaux dangers.

Enfin, quoiqu’il en soit, il y a des années que je ne suis pas monté dans cet ascenseur dans mes rêves. Des rêves de poursuite en revanche, j’en fais encore de temps en temps. Rien qu’hier, j’en ai fait un dans lequel des gosses de 12-13 ans agressaient verbalement et bousculaient Pinkie. Moi, sensiblement agacé, je laissai l’empreinte de ma semelle sur le visage du plus con d’entre eux, provoquant ainsi l’ire de tous les autres. Et zoup, c’était parti pour la course-poursuite entremêlée de violence.

Voilà voilà. Je frappe des gamins dans mes rêves. Mais à part ça, ça va.

—== Je défie quiconque de prouver que je ne suis pas sain d’esprit. Pouet. ==—

dimanche 1 février 2004

Egocentrisme nocturne : symptômes et propriétés.

Juste une chose avant de commencer : j’aime beaucoup Stéphane Bern. Non, je sais que vous vous en foutez, mais je dis ça au cas où des potes à lui viendraient me les briser pour l’avoir légèrement égratigné l’autre jour (c’est arrivé à une amie il y a 3 ou 4 ans). Ce mec a eu les couilles de dire merde à une tripotée de gens qui font autorité dans le milieu dans lequel il bosse, après des années de frustration durant lesquelles il s’est fait marcher sur la gueule. Il ne retient plus ses coups, il s’assume à fond et il emmerde tous ceux que ça irrite. Ce type a mon respect indéfectible pour les 18 générations à venir.
Et je suis certain qu’il sera ravi de l’apprendre.

La nuit. Ces temps-ci, je vis la nuit. Non pas que cela m’amuse, j’ai simplement du mal à m’endormir. Je veille donc de plus en plus tard, et je finis par dormir le jour pour vivre la nuit.
A dire vrai, c’est agréable au début. Tout est calme, personne ne vous emmerde. Mais ça devient vite pesant. C’est la nuit que je suis le plus en proie à mes plus sombres turpitudes, et parfois, j’ai bien du mal à m’en dépétrer.
Si un jour je dois me donner la mort, ce sera forcément entre 3:00 et 4:00 du matin. Mes digressions nocturnes et solitaires me mènent aux plus radicales des conclusions : les hommes sont des porcs, les femmes sont des putes, les gens sont crétins et aliénés, l’humanité est un parasite nombriliste. Je suis entouré de fous qui courent partout sans savoir pourquoi, pendant que moi de mon côté, les tourments m’assaillent. Et au final, je me dis qu’il ne me reste que deux solutions pour être en paix : l’ermitage, ou la mort.
Heureusement, au petit matin - ou au matin tout court - je finis par m’endormir pour me réveiller en milieu d’après-midi, l’esprit lavé et propre comme un sou neuf... jusqu’à la nuit prochaine.
Et les garces défilent et cognent, encore et encore, toute la semaine. Autant de coups de semonce qui finissent par avoir raison du pauvre fou que je suis. Mon amerture croissant à mesure que les jours passent, je me résouds à reprendre un rythme plus en phase avec celui de mes contemporains. Pour finalement me rendre compte que de jour ou de nuit, je ne cesse d’être ce jeune cinglé cynique et perpétuellement révolté contre tout et n’importe quoi.

Par moments, j’aimerais être un crétin. Au sens premier du terme j’entends, un type pas fini qui s’ignore. J’aimerais être une de ces personnes naïves qui voient les choses toutes noires ou toutes blanches. Etre un de ces connards qui croient dur comme fer que la peine de mort est un moyen de dissuasion efficace contre les meurtres. Etre un de ces illuminés qui voient une légitimité à l’Eglise (ou n’importe quel autre corps religieux), comme si Dieu n’appartenait qu’à ceux déguisés d’une robe mauve et d’un chapeau ridicule avec une croix en or brodée dessus.
Mais non moi, con comme je suis, il faut que je sois lucide et cynique (je me demande d’ailleurs si la lucidité n’implique pas obligatoirement une certaine dose de cynisme, mais c’est un autre sujet). C’est là ma plus grande force et ma plus grande faiblesse. J’ai les pieds sur terre, et je ne m’emballe jamais longtemps. Je suis enthousiasmé par très peu de choses, mais elles sont simples. Je n’aime pas ce que les autres aiment (mais ça très honnêtement, je m’en félicite). Je ne suis jamais vraiment désespéré, mais jamais heureux non plus. Je me lasse assez vite des choses. Je cultive ma différence, sans être marginal. Je n’ai pas de croyance, ni aucune illusion ou concept de ce genre. A vrai dire, je suis prêt à retourner ma veste sans aucun problème : il y a 3 ans j’étais encore "supporter" de l’OM, la saison d’après je "supportais" (et je "supporte" toujours) le PSG (note pour les sales métèques qui me lisent ( ) : ce sont les deux clubs de football (soccer) rivaux (ennemis) en France. De ce fait, je serais considéré comme hérétique dans tous les stades du pays si jamais j’ouvrais ma gueule).
Alors que les autres rêvent de la retraite, moi je fais comme si j’allais mourir avant d’atteindre les 42 ans de cotisation. Je ne bois jamais, ne fume jamais, je suis en presque total décalage avec les gens de mon âge, mais je ne suis pas pour autant coincé. J’ai peu de problèmes, mais peu d’intenses réjouissances.
Je suis une somme de compromis, fasciné par tout, mais nulle part à ma place.

Et c’est là que me vient cette implacable conclusion, à la limite du supportable : je suis compliqué, bordel de merde.

—== Une vraie gonzesse... ah oui : je suis misogyne, aussi. ==—