Avis de décès
C’est avec une profonde tristesse que je vous fais part de la mort de neev (21 ans, fruit illégitime de l’union entre Jerry Lewis et Pierre Richard), décédé le mardi 24 février 2004 dans d’atroces circonstances. Voici le rapport de police :
« Suite à de récentes altercations avec des oeufs de poule (affaire dans laquelle IL EST LA VICTIME), le pauvre homme prit la décision de tirer un trait définitif sur tout rapport gustatif de près ou de loin avec quelconque gallinacé. C’est fort de cette décision qu’il entreprit, ce matin, de manger des céréales. Avec du lait (*). Loin d’imaginer que ça lui coûterait la vie, l’individu se pencha pour attraper le paquet de Kellog’s Corn Flakes et le posa sur la table. N’ayant toujours pas compris le concept dit "d’ouverture facile" qui équipe toutes les boîtes en carton/plastique depuis au moins 10 ans, il porta le paquet à sa bouche afin de l’ouvrir à l’aide de ses dents. Dentition qui, d’après le medecin légiste, serait de très bonne qualité, sans aucun plombage ni couronne. Vous qui dépensez une fortune chez le dentiste pour vos abrutis d’enfants qui bouffent dans votre dos n’importe quelle saloperie sucrée qu’ils ont vus à la télé (qu’ils regardent également dans votre dos), ça doit bien vous mettre les glandes. 1/ C’est la preuve que si vos enfants ont les dents pourries, c’est VOTRE FAUTE, parce que vous êtes de TRES MAUVAIS PARENTS, 2/ Vous devez être écoeurés d’avoir des enfants aussi cons, qui passent autant de temps devant la télé parce que vous êtes trop FAINÉANTS pour leur donner VOUS-MEMES une éducation, éducation qu’ils se font comme ils peuvent en s’abrutissant 8 heures par jour devant la publicité et la violence sans que personne ne s’en soucie, chose qui les amènera un jour à détester tout le monde, à commencer par VOUS qui êtes de TRES MAUVAIS PARENTS (mais je l’ai déjà dit). Toutefois n’ayez crainte, il ne sera jamais trop tard pour mettre un terme à ce calvaire, en vous donnant la mort.
Bon, où j’en étais moi.. Ah oui, il porta le paquet de céréales à sa bouche afin de l’ouvrir avec les dents. Mal lui en prit, car en donnant un coup de tête en arrière pour arracher le bout de carton - tel une hyène qui dépèce une fraiche carcasse trépassée - un morceau vint se loger au travers de sa gorge, l’obstruant hermétiquement et rendant toute respiration impossible. Tout malhabile qu’il était, neev n’en était pas pour autant dénué de jugeotte, aussi comprit-il immédiatement qu’il était dans la merde. Titubant sous la suffocation, les mains portées à son coup comme si ça allait l’aider à mieux respirer, et le regard rempli d’effroi, il s’avança vers la fenêtre grande ouverte de la cuisine pour tenter d’y appeler à l’aide. Ne contrôlant plus ses pas, il trébucha sur un tabouret et bascula sur le rebord de la fenêtre et fit face aux 15 mètres de vide qui le séparait du trottoir. L’ironie de la situation, c’est que neev adorait la Physique et connaissait par conséquent sur le bout des doigts la loi de la gravité, ainsi que ses applications. C’est bien. Mais la gravité, elle, n’aimait pas du tout neev et le fit donc s’écraser comme une merde sur le tarmac, juste à côté des poubelles qui auraient pu amortir la chute (c’est pas de bol).
Pendant l’impact, la jambe du défenestré buta contre une des poubelles, laquelle s’envola dans les air en decrivant une trajectoire parabolique dont neev aurait tout à fait été capable de calculer l’équation (il a-do-rait la Physique le pauvre vieux, dommage qu’il vienne tout juste de crever). Toute chose ayant une fin (même les cours de Physique), la poubelle acheva sa trajectoire au milieu du pare-brise d’un bus rempli de gens se rendant à contre-coeur au travail. Les bris de verre arrosèrent la moitié de ces connards, ce qui aurait sans nul doute ravi le défunt. Mais le plus touché fût le chauffeur qui se mangea la poubelle volante en plus des bouts de plexiglas encastrés profondément dans la peau. En bon agent RATP qu’il est, le chauffeur avertit immédiatement tous ses collègues qu’il venait d’être victime d’une « agression barbare sans précédent dont l’ignominie n’a d’égal que la cruauté » (ils ont le sens de la formule ces cons-là), provoquant ainsi une grève surprise immédiate dans toute l’Ile-de-France. Quatre heures plus tard, les rues de Paris étaient gorgées de monde : une minorité (40.000) de cheminots-manifestants, et une majorité (4.000.000) très bruyante de gens qui n’avaient rien à foutre là mais qui, ne pouvant aller bosser, décidèrent d’aller dire aux cheminots leur quatre vérités. Ce qui devait arriver arriva, des échouffourées commencèrent aux quatre coins de la capitale, créant une cinquantaine de départs d’incendies et plus de 80 morts en moins d’un quart d’heure. 81 morts si l’on compte neev qui pendant ce temps gisait dans une mare de sang, alors que des rats commençaient à entamer ses intestins.
Croyant à une révolte, le Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin fit preuve une fois de plus d’une extrême compétence en envoyant l’armée sur la population dans les rues de Paris, prouvant par la même occasion au monde entier que non, l’Armée Française N’EST PAS vieillissante : y a qu’à voir la boucherie qu’elle est entrain de faire. La violence entraînant la violence, la population supérieure en nombre se rebiffa et s’empara des fusils d’assaut des militaires venus les tuer. On donna alors l’ordre d’envoyer les bombardiers arroser Paris, jusqu’à ce que l’ordre soit rétabli (=jusqu’à ce que tout le monde soit mort). Les festivités continuèrent ainsi jusqu’au soir, lorsque ce qu’il reste de Paris fût vidé de tout signe de vie.
(*) Le rapport d’expertise montre que de toutes manières le lait avait tourné, ce qui après ingurgitation aurait probablement provoqué un empoisonnement alimentaire ou une hémorragie interne. Et peut-être même une invasion de sauterelles ou une explosion thermonucléaire, on ne peut pas trop savoir tant ce connard avait la poisse. »
— -== Et vous, comment ça va ? ==—
L’ambition. Ca, c’est vraiment détestable. Tous ces gens prêts aux pires bassesses pour avoir un poste qui leur permet de grimper dans la sacro-sainte échelle sociale. Comme si ça allait changer leur vie. Comme si ça allait faire d’eux de meilleurs êtres humains.
