mardi 21 décembre 2004

Noël en famille, reloaded.

Ca y est, nous y sommes. La pire période de l’année, celle pendant laquelle j’aimerais pouvoir disparaître : la période des fêtes de fin d’année. A chaque fois je la vis de la même manière : une longue apnée jusqu’à mi-janvier date à laquelle, lorsque toutes les décorations ont disparu et que tout le monde à exprimé les mêmes voeux inamovibles et vides de sens, l’on peut enfin recommencer à vivre normalement. Attention, n’y voyez pas là quelque sentiment misanthropique, la fête oui, mille fois oui à la limite, mais ces fêtes-là, non. Quoiqu’à la réflexion, j’exècre la fête de la musique, j’abhorre halloween, les anniversaires me donnent la nausée, la St-Valentin me fout le cafard... ahem. Bon bah, je retire ce que j’ai dit, et m’empresse de faire un auguste bras d’honneur à toutes les fêtes du monde entier.

Mais je vous avoue que je ne m’étais jamais réellement rendu compte de ce trait de caractère. Je viens de m’apercevoir que je suis, en vérité, quelqu’un de très chiant. Peut-être pas dans la forme où dans ce que je laisse transparaître de moi - les jours où ça va bien - mais, dans ma nature profonde. Je suis chiant.

Je vais me jeter sous un bus et je reviens. A tout de suite.

***** INTERLUDE *****

Pour patienter pendant que neev va décéder un coup (faut que j’arrête de parler de moi à le troisième personne), nous vous proposons (faut que j’arrête de parler de moi au pluriel) une chanson, ou plutôt un hymne : l’hymne national norvégien (traduction entre parenthèses).

Ja, vi elsker dette landet (Oui, nous aimons ce pays)

1.
Ja, vi elsker dette landet, (Oui, nous aimons ce pays,)
som det stiger frem, (malgré qu’il y fasse froid,)
furet, værbitt over vannet, (les furets courent dans les vallées)
med de tusen hjem. (et les marmottes sont jolies.)
Elsker, elsker det og tenker (Nous aimons, nous aimons det og tenker (ndr : une équipe de foot locale))
på vår far og mor, (et aussi faire les morts,)
og den saganatt som senker (nos femmes sont les plus belles)
drømme på vår jord. (et nos hommes les plus forts.) (ndr : en Norvège le temps s’est arrêté en 1354. En janvier. Ce qui explique le climat.)

2.
Dette landet Harald berget (Ce pays Harald le berger)
med sin kjemperad, (y a tous ses camarades,)
dette landet Håkon verget (ce pays Håkon le verger)
medens Øyvind kvad ; (y mange beaucoup de salade ;)
Olav på det landet malte (Maître Corbeau, sur un arbre perché,)
korset med sitt blod, (tenait en son bec un fromage,)
fra dets høye Sverre talte (Maître Renard, par l’odeur alléché,)
Roma midt imot. (lui tint à peu près ce langage...)

Bon il y a huit couplets en tout mais je crois que tout le monde a compris que je n’entends pas le norvégien, donc je vais m’arrêter là et on se sentira tous beaucoup mieux.

***** FIN *****

Je suis de retour, je n’ai pas trouvé de bus mais je m’y attendais un peu vu qu’il est 2h du matin.
Je parlais de ma grande contrariété - où plutôt devrais-je parler de convulsions et de crises de tétanie - à l’idée de passer noël chez moi. Parce qu’il n’y aura que mes parents et Mana, que l’on va manger ce que l’on mange tous les ans car c’est comme ça et pas autrement, et parce qu’à la fin du repas ma mère va nous sortir la boîte de dominos ou pire encore, de triominos (un jeu de dominos triangulaires absolument injouable sauf en ayant un supercalculateur IBM à la place du cerveau). En fond sonore on aura la télévision espagnole, qui nous parlera de la famille royale et qui nous donnera les traditionnelles images d’un Pape - il faudrait qu’on lui donne la médaille du mérite un jour à ce con, parce que du mérite il n’en a pas qu’un peu - un pied et neuf orteils et demi dans la tombe mais célébrant la messe de minuit avec l’énergie de l’abnégation, ou du fanatisme, je ne sais pas.

Ce programme ne me réjouirait en aucune manière, mais tout du moins il pourrait me satisfaire si ma famille n’était pas ce qu’elle est. Ce que je veux dire, c’est que dans notre contexte familial, Noël, ça dépasse largement les limites du foutage de gueule. Mais je l’ai dit mille fois. N’y revenons pas.

Par conséquent j’en appelle à votre charité chrétienne (ou juive ou musulmane, vous au moins vous ne fêtez pas Noël mes amis), le 24 décembre : SORTEZ-MOI DE LA. Je sais que je m’y prends un peu tard pour vous solliciter mais tant pis : si vous êtes un être humain, que vous avez entre 18 et 150 ans, que vous êtes sur Paris et que vous voulez me rencontrer, c’est le 24 décembre que ça se passe. J’ai néanmoins quelques conditions :

1. J’ai un budget de 9 euros pour la soirée.
2. Je peux vous vomir dessus à n’importe quel moment.
3. Je peux devenir très violent si vous me sortez un jeu de triominos. Même pour me faire rire. Je ne trouve pas ça drôle.

Bon, je plaisante. Je vais prendre sur moi et rester en famille. Au moins le temps du repas.

Je vais planquer les jeux de dominos, tiens.