vendredi 26 novembre 2004

Faut pas me contrarier. C’est tout. Merde.

Bonjour, c’est neev, je suis de retour, et je vais vous arracher les veines du cul avec les dents.

(hihi, vous verriez votre tête...)

Pardon pour ce mois d’absence, mais il était nécessaire. Il n’a à peu près rien arrangé mais était d’une nécessité absolue et incontestable. Si si. Je m’étais éloigné du net pour faire le point et savoir ce que je veux faire dans la vie, en gros. Et il serait temps. C’est quand même la troisième fois que je me réoriente. J’ai 22 ans, et n’ai que le bac en poche. Je vais reprendre les études à la rentrée prochaine, ce qui me fera 23 ans. Je suis parti pour entrer dans la vie active à 28 ans, si tout se passe bien. Si à ces 28 ans on ajoute 42 ans (minimum) de cotisation, ça me place la retraite à 70 piges. Sachant que mon espérance de vie est de 73 ans, que j’ai une inclination suicidaire naturelle et que je mange beaucoup trop salé, j’ai toutes les chances de ne jamais connaître la retraite. En même temps, si on s’y emmerde autant que je m’emmerde en ce moment, j’aime autant crever avant.

Mais là n’est pas mon propos, je tenais surtout à vous rendre compte de mon long mois de réflexion concernant mon avenir. Voici donc :

Etape 1 : Je commence un DEUG Géographie (ne vous foutez pas de ma gueule, c’est passionnant la géo) à l’automne 2005. J’enchaîne les années avec un certain brio. Je couche avec deux ou trois profs parce que je suis un peu pervers sur les bords et que de toutes manières c’est un fantasme que je traîne depuis longtemps et qu’il arrive un moment dans la vie où l’on doit assumer ses tares et ses turpitudes.
Et vers la fin de mon cursus, je me spécialise dans l’écologie.

Etape 2 : Je m’engage activement chez Greenpeace et me voit rapidement confier des responsabilités (je vous rappelle que je suis une tronche dans mon domaine). J’organise des expéditions "éco-terroristes" ultra-médiatiques pour mobiliser un maximum l’opinion publique sur les problèmes majeurs menaçant l’intégrité de la planète. Petit à petit, je me fais un nom.

Etape 3 : Nicolas Hulot prend sa retraite. En marge de mes activités, je lui succède à la présentation de l’émission télévisée "Ushuaïa". Un choix stratégique judicieux : 1/ je polis mon image d’extrêmiste écologiste et 2/ l’opinion publique s’habitue à moi et à mon discours bien-pensant mais néanmoins engagé. J’en profite pour sortir quelques bouquins coup-de-poing avec tout plein de dénonce dedans.

Etape 4 : Je deviens ministre de l’environnement, en répétant à l’envi que je suis sans-étiquette politique (détail important, infra). J’emmerde mes concitoyens avec des mesures bien casse-couilles comme la limitation forcée de la consommation d’eau et d’énergie par foyer, le bridage des moteurs des automobiles (si toutefois un connard n’a pas eu les couilles de le faire avant moi), l’obligation d’utiliser le vélo pour les trajets de moins de 5km (soit 20 minutes en roulant tranquillement. Pour faire les courses ou aller chercher les enfants à l’école, marchez et utilisez les transports. Ou faîtes-vous livrer des pizzas et utilisez des préservatifs. Bref, ne m’emmerdez pas.), la fermeture des industries polluantes et/ou rejetant des substances toxiques (on n’est pas à 300.000 chômeurs de plus ou de moins de toutes manières).
Mesures certes impopulaires au départ, mais très populaires à l’arrivée. Par quel prodige ? 1/ le Français économise sur ses factures d’eau, d’énergie et de carburant (je vous rappelle que dans le futur un plein de gazole coûtera facile 500 euros, le pire c’est que j’exagère à peine), 2/ le Français meurt moins sur les routes, 3/ le Français des villes vit mieux et plus longtemps, évitant les cancers, l’asthme, les allergies et toutes les autres saloperies provoquées par la pollution urbaine et qui touchent les plus jeunes et les plus vieux (le crédo culpabilisateur "vos enfants meurent à cause de vous, bande d’enfoirés" est très, très efficace), 4/ le Français peut frimer sur les plages l’été en montrant ses cuisses bien rafermies par la pratique du vélo. Conséquence directe : le Français a davantage de rapports sexuels (ndr : faudrait que je songe à prendre la nationalité, un jour).
Enfin bref, le Français m’aime. Eh oui, aucune loi n’interdit au Français d’être con.

Etape 5 : Je suis populaire et grâce au dégoût profond du peuple envers les partis politique, je deviens le premier Président de la République Française sans-étiquette (vous voyez que c’était important). Pas besoin de parti derrière moi pour financer ma campagne, ma présence de longue date dans les médias et ma popularité auront fait tout le travail pour moi. Mon exemple fait des émules das les autres pays de l’Union Européenne, et nous mettons en place une politique commune de protection stricte de l’environnement et des individus. Nous obligeons les Etats-Unis, le Brésil, la Chine et l’Inde (ces trois derniers auront émergé, avec toute la pollution que l’industralisation implique) à suivre notre modèle sous peine de les atomiser comme des merdes (quand on a présenté "Ushuaïa" on est capable de n’importe quelle connerie).

Etape 6 : On crève tous. Mais je me serai bien marré.


Voilà voilà. Mais rassurez-vous, il n’est pas trop tard pour mettre un contrat sur ma gueule.


Demain j’essaierai de vous parler musique sans pourrir Vincent Delerm. Souhaitez-moi bonne chance. Et good to be back, au fait.