lundi 18 octobre 2004

Vous... permettez, mademoiselle ?

Ca y est, c’est officiel : je suis un grand garçon. Comment le sais-je, vous demandez-vous-je ? Facile-je : j’ai payé mes premiers agios il y a une semaine. Je viens juste de le découvrir ; je suis encore sous le choc.

1.87€ d’agios, putain. C’est le début de la ruine, j’en suis sûr. C’est scandaleux. 1.87€, ça fait quand même presque 13 balles (je fais la conversion pour ne pas que mon nouvel ami Jean Duport soit perdu). Mais je ne me laisse pas abattre et comme je suis un garçon plein de ressources, j’ai décidé de prendre les choses en main et de m’offrir les services d’un conseiller financier personnel pour me sortir de la misère. Ca me paraît judicieux. Je vous tiendrai au courant.

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Il m’est arrivé un truc rigolo l’autre jour (comprendre : je vais encore vous donner une bonne raison de vous foutre de ma gueule). J’étais assis dehors sur un petit muret, lorsqu’une terrible douleur me prit le bas-ventre d’assaut. Sur la droite, à côté des poils si vous voulez tout savoir. Paniqué, j’ai immédiatement pensé à une appendicite foudroyante, à l’instar de ces méningites foudroyantes vous savez ? Puis l’instant d’après je me suis souvenu que l’appendicite foudroyante n’existe pas et qu’il en va de même pour l’infarctus des intestins ou encore la rupture d’anévrisme du foie. Et que par conséquent je n’allais pas mourir.

Je me suis alors levé, la douleur ne disparaîssait pas. J’étais désemparé, la main sur le portable, sur le point d’appeler le SAMU. Enfin peut-être pas de l’appeler, mais au moins de lui envoyer un SMS, genre :

Salu le samu
c neev g malo
ventre vien me
cherché stp
merci bisou.


Mais je me suis abstenu, ayant eu une meilleure idée. J’ai déboutonné mon pantalon... et me suis tout de suite senti mieux ! Je ne suis pourtant pas gros, je ne comprends pas. Toujours est-il que j’étais bien soulagé, je suis donc resté comme ça. On n’y voyait que du feu, j’étais vêtu d’un jean’s bleu (avec une rangée de bouton déboutonnés à la place de la braguette), d’une veste en cuir noire et d’un pull. Le pull recouvrait la partie déboutonnée, et la veste empêchait le pull de se soulever. Aucun problème, donc ? Ben voyons.

C’est qu’arrivé en bas de chez moi, il a bien fallu que j’ouvre la porte de l’immeuble. Il a donc fallu que je m’empare de mes clés, qui se trouvaient dans la poche droite de mon pantalon. J’ai donc machinalement remonté mon pull afin de pouvoir glisser ma main dans la poche. Et ce faisant, j’offrais la vue de mon boxer Dim noir à quiconque passerait par là... mais sans m’en rendre compte, bien entendu. Et évidemment, évidemment il a fallu que quelqu’un approche à l’autre bout du couloir. Et évidemment, évidemment il a fallu que ce quelqu’un soit une jolie jeune femme brune, 1m60, pantalon moulant mais sage, cheveux courts et ravissant visage (et voilà que je fais des rimes, cette femme était une muse). J’empoignais encore la porte et voyant la muse approcher, j’ai décidé de me la jouer un peu "mec galant et sûr de lui" en lui tenant la porte et en la regardant dans les yeux avec mon air le plus sympathique. Et le paquet à l’air, pour parfaire la classe du personnage.

A trois mètres, nous échangeâmes un "bonjour" souriant de circonstance. A deux mètres, elle jeta un rapide coup d’oeil sur mon entrejambe. Ca ne me fit pas tressaillir : après tout je regardais bien ses nichons, moi. A un mètre, son visage affichait un air embarrassé et troublé. Enfin, arrivée à mon niveau et lorsqu’elle dut me frôler, elle accéléra le pas tout en bredouillant péniblement un remerciement sans me regarder. « Etrange demoiselle, me suis-je dit, elle doit être encore plus timide que je ne le suis ! »

C’est lorsque les portes de l’ascenseur se sont ouvertes et que j’ai vu mon reflet dans le miroir de celui-ci que j’ai fini par comprendre l’entendue de ma connerie. Je suis resté deux ou trois secondes à observer cet avatar à moitié défroqué et le paquet bien moulé. Je fis alors un pas pour monter dans la cabine, et me regardant dans les yeux cette fois-ci, je me suis murmuré : "Toi... Toi, je te promets qu’un jour je te boufferai les couilles".

C’est vrai quoi, j’ai dû l’effrayer, la pauvre.


Peut-être a t-elle cru avoir affaire à Morgan, et c’est ce qui l’a troublée.