jeudi 14 octobre 2004

Morituri te salutant, connard.

Entre le sommeil et l’éveil, dans ce moment transitoire et puant le coaltar. C’est là que j’étais quand j’ai poussé mon cri, un long, puissant et sincère hurlement de terreur. Un homme en était l’objet, il se trouvait à moins d’un mètre, derrière ma fenêtre et m’épiait dans mon sommeil. L’air menaçant et le sourire grimaçant. Les orbites d’un noir d’encre. Une abomination.

Allongé sur mon lit j’ai hurlé, fixant de mon regard terrorisé ce qui n’était que le fruit de mon imagination, un mirage, du vent. Une hallucination. Je n’ai pas mis longtemps à m’en rendre compte, l’adrénaline achevant vite de me réveiller. Ca ne m’a pas empêché de me trouver bête, après coup, d’avoir poussé un cri si violent qu’il en a alerté ma mère qui (petit-) déjeûnait dans la cuisine. Et ce alors que je n’étais qu’à moitié endormi, l’esprit sans doute encore marqué de quelconque manière par des rêves que j’aurais mieux aimé ne pas faire.

Car la veille, avant de dormir, je m’étais dit "Va dormir, crétin. Ca t’évitera d’y penser". Et bien évidemment, le "y" en question... j’en ai rêvé toute la nuit, ce qui est parfaitement normal vu que je passe mes journées à y penser. Et plus j’y pense plus j’en rêve. Et plus j’en rêve plus j’y pense. Vicieux. En quelque sorte je fais fermenter une psychose, faisant monter son degré d’alcool avec minutie pour pouvoir m’en ennivrer lorsque je deviendrai dingue pour de bon. Get me out of this fucking hell.

Et lorsque je n’hallucine, ni n’aie un comportement obsessionnel, ni n’aie un champ onirique résultant directement de ce comportement obsessionnel, eh bien j’ai des flashes. J’en avais déjà parlé dans une entrée d’avril dernier intitulée "La totale gespannterie", allez jetez un oeil si besoin est. J’en ai eu un la semaine dernière. Ce coup-ci, j’ai eu droit à une tombe faite de liquide verdâtre à l’aspect révulsant, avec en fondu enchaîné un visage de femme sans peau, pelé quoi. La chair à vif et suintante. A la suite de quoi j’ai tremblé et pleuré comme à chaque fois. Et à la suite de quoi j’ai eu envie de mourir, comme à chaque fois.

Avé machin, ceux qui vont mourir te saluent. Alors salut.


— -== Va dormir, crétin. Ca t’évitera d’y penser. ==—