Des seringues dans les yeux
J’aurais aimé avoir un grand frère. Un chouette type, bel homme mais pas au point de me filer des complexes, bien dans sa peau et de trois ou quatre ans mon aîné. Un type qui m’aurait tiré vers le haut. Qui m’aurait appelé "petit gars" en me tapotant affectueusement sur l’arrière du crâne.
Aujourd’hui, c’est moi qui me tapote tout seul en me disant des "Allez petit, ne te laisse pas abattre". Oui, je suis là, debout à tourner en rond et à me parler à moi-même. A tenter de me convaincre de ne pas me laisser rattraper par mes envies d’arroser les murs de ma chambre de mes propres tripes. A énumérer mes bons côtés ainsi que ceux de l’existence. A m’invectiver, à me coller des beignes pour me secouer un peu... et aussi peut-être parce que j’adore prendre des beignes.
Allez petit, ne te laisse pas abattre. Bing.
C’est dans ces jours-là qu’on voit sa vraie valeur. Ces soirs où l’on perd complètement le goût de vivre, où l’on a l’impression d’évoluer dans des sables mouvants. Je perds pied, je m’enfonce, j’étouffe, mais je m’accroche à cette brindille d’espoir qui me souffle "Allez petit, ne te laisse pas abattre". Cette brindille d’espoir et son lot de lieux communs. Demain ça ira mieux ! Y en aura d’autres ! Mieux vaut en rire qu’en pleurer ! Le match n’est pas terminé tant que l’arbitre n’a pas sifflé ! (nan, j’déconne)
Allez petit, ne te laisse pas abattre. BAM.
Je me déteste, putain. Vous avez déjà essayé de cohabiter 24h/24 avec quelqu’un que vous voulez voir mort ? Ce connard ne me lache jamais, il est toujours là à me rappeler la pauvre merde que je suis. Même dans mes rêves. Même dans mes rêves je foire tout. Je suis minable, insignifiant et inconsistant. Mon plus grand regret dans la vie, c’est qu’une fois refroidi je ne pourrai même pas pisser sur mon cadavre.
Allez petit, ne te laisse pas ab.. BAOUM !
— -== Not even close. ==—

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