vendredi 27 août 2004

Butterflies in my stomach

Des papillons dans l’estomac, jolie expression anglaise très imagée qui veut dire ce qu’elle veut dire. Elle est parfaite pour décrire ce qui m’arrive.

La vache. C’est ce qui s’appelle un gros coup dans la gueule. La sensation est très particulière. Pour ceux qui on fait un peu d’athlé, c’est un peu comme quand vous donnez votre maximum sur 1500m, sans retenue. A la fin, vous êtes à terre au propre comme au figuré, vous avez les jambes qui brûlent, vous manquez d’air et vous avez une violente nausée. Puis quatre ou cinq minutes après, vous vous rendez compte que finalement, ça vous a fait du bien. Que vous vous sentez bien mieux qu’avant le départ. Eh bien là, c’est la même chose. En moins terrible et en plus cérébral, bien entendu, mais c’est la même chose.

Au moment où j’écris ces lignes, j’ai cet oreiller contre moi. Toujours le même. Cet oreiller dans lequel je mords et étouffe mes cris hystériques pour ne pas alerter les gens qui vivent avec moi. Oui, les cris hystériques dans l’oreiller, je sais, ce n’est pas la première fois que j’en parle. Probablement parce qu’ils deviennent une habitude. Putain de sac de noeuds. C’est indescriptible. Je m’étais toujours servi de l’écrit (à travers ce journal en ligne et surtout à travers mon journal offline) comme d’un "exutoire-expiatoire" et j’insiste bien sur ce point : il s’agit bien de me débarasser de mes tourments ET de m’en laver, de m’en purifier. Mais aujourd’hui, non seulement ça ne fonctionne plus aussi bien qu’avant, mais pire : je n’arrive même plus à écrire ce que je ressens. Ce n’est pas faute de trouver les mots, j’ai un dictionnaire et je ne suis pas complètement con, merci, mais je n’y arrive plus. Ecrire ne me sert tout simplement plus à rien.

Je pensais que ce jour arriverait lors de ma "déneevrance" - d’où le nom de ce journal - c’est-à-dire mon Independance Day à moi, ce jour où je sortirais pour l’éternité de tout ce qui me ronge. Ce jour où neev cesserait d’exister, pour laisser place à l’homme serein, équilibré et en paix que je veux devenir. Et c’est tout le contraire qui se produit ! Ca me tombe dessus alors que je vis la période la plus sombre et incertaine de toute ma vie !

...

NON MAIS C’EST QUOI CE BORDEL ??!!!! Hihi.

Je me rassure en me disant que j’en vivrai d’autres. Cette perspective me laisse fou de joie, d’ailleurs. Mais reprenons-nous. Le sac de noeuds dont je parlais plus haut m’étouffe. Plus le temps passe, plus il se complique. A chaque fois que je pense avoir trouvé un début de solution, je me rends compte que j’ai en fait soit régressé, soit perdu mon temps. Je ne sais plus quoi faire, hormis le jeter à la poubelle, ce sac. Ben oui... Mais...

Mais c’est que j’y tiens, moi, à ce sac. Ah, bon sang. J’ai pas fini d’en écrire, des lignes, moi.


— -== "Je ne sais pas si l’on est un jour assez grand pour ces choses-là" ==—