Descente.
Non, je ne suis pas mort. Pas encore.
Dimanche soir, juste après la sodomie massive de 70 millions de brittons, j’ai eu mal à l’épaule gauche. Une insidieuse douleur sous la clavicule. Sans doute une séquelle de mes innombrables bras d’honneur adressés à Wayne ’gueule d’alcoolique turberculeux’ Rooney, attaquant de pointe de la sélection anglaise qui a la particularité - en plus d’être excessivement laid - de courir partout et de ne jamais être fatigué, ESPECE D’ENCULE DE TA RACE. Mais là n’est pas mon propos.
Je disais donc que j’ai eu une douleur dans l’épaule, après le match. Un peu comme si j’étais très tendu, comme si j’avais du mal à respirer, à me calmer. Je suis dans ma chambre et plus les minutes passent, plus le mal se fait ressentir. Je tente de m’allonger avec un peu de musique douce, rien. Je tente alors quelques étirements. Rien. C’est même pire. Ennuyeux, car il est très tard et j’ai sommeil, pour une fois. Quelle que soit la position, j’ai cette pointe dans l’épaule qui me lance dans toute la partie gauche de la poitrine. Je ne cesse de me lever du lit pour calmer la douleur, je commence à perdre patience. Il est 2h30. A 4h00, la douleur est suffocante (si si), j’ai du mal à respirer, je sens mon coeur battre lourdement. La fatigue me fait délirer, j’ai à chaque seconde l’impression que le palpitant va me lacher. J’ai chaud, je souffre, je ne peux rien faire pour estomper le mal, rien d’autre qu’attendre et espérer. Mais je n’ai rien en retour de mes supplications, rien d’autre que ce mal de chien qui fait un remake de l’Anschluss avec ma poitrine dans le rôle de l’Autriche.
Je craque nerveusement. Je suis à bout de forces, je veux dormir, je veux cesser de souffrir. Je veux mourir. A cet instant, et pendant 2 heures, j’ai vraiment voulu en finir. La fenêtre grande ouverte pour aérer, la tête à l’extérieur pour respirer, baissant les yeux et voyant ces cinq malheureux mètres qui me séparent du sol, je me dis que je ne réussirais tout au plus qu’à me péter un bras, ce qui ne règlerait pas du tout mon problème. Alors à 6h00, je prends un cachet d’aspirine.
A 6h30, je dormais comme un bébé.
Je me suis reveillé à midi, la tête profondément enfoncée dans le rectum. Mais la douleur de la veille n’était plus qu’un lointain souvenir. Sous la douche, je me suis rémémoré cette nocturne descente aux Enfers. Le passage en deux minutes entre la rage et la joie, puis le grain de sable qui vient progressivement tout bousiller. Et ce cachet d’aspirine, qui m’a peut-être sauvé la vie. L’eau chaude coulant le long de mon dos et les yeux fixant la fonte blanche, c’est avec une bonne dose de honte que j’en ai pris conscience.
Ma propension à vite perdre pied voire même à péter les plombs causera ma perte.
— -== Je ne suis pas un cadeau, hein ? ==—

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