jeudi 13 mai 2004

neev contre le reste du monde.

Cela fait longtemps que je ne suis pas venu vous saoûler la gueule avec mes histoires. Il y a trois semaines, je tentais de vous expliquer que mes propres amis veulent ma mort et que ça me rend triste (enfin ce n’est pas tout à fait ce que je disais, mais c’est en substance le message que je voulais faire passer). Maintenant, la question est : pourquoi ? La faute à qui ? La réponse est évidente : tout ça, c’est la faute aux 35 heures. Je m’explique.

Tout d’abord, pour ceux qui me lisent et qui n’habitent pas la France : il y a une loi dans notre pays qui - si je ne dis pas de conneries - dit que dans la majorité des catégories professionnelles le volume horaire minimum sur un contrat liant à temps plein un employé à son employeur est de 35 heures par semaine. Oui je sais, c’est peu. Nous sommes un pays de branleurs et nous sommes très fiers de l’être, mais ce n’est pas le sujet. Depuis que cette loi a été votée les gens concernés et qui bossent 39h/semaine (autrement dit pratiquement tout le monde) ont ce que l’on appelle des "jours de RTT" (récupération du temps de travail). En gros, deux jours récupérés par mois. Une grosse avancée sociale, certes, mais qui ne s’est pas faite sans heurts.

Elle a en effet provoqué la virulente jalousie du corps professoral. Enfin des profs, quoi. Ils ne supportent pas que l’on touche à leur petit statut minable de "privilégiés honteux de la République". Il faut savoir que ces gens-là travaillent en une semaine ce qu’un salarié normal bosse en 3 ou 4 jours... et qu’ils ont pour la plupart entre 14 et 16 semaines de vacances par an. Et quand ils viennent nous parler de leur "monstrueuses montagnes de copies à corriger" comme s’ils parlaient d’un cancer de la prostate, ces enculés s’attendent à ce qu’on les plaigne. Alors évidemment, lorsqu’ils ont compris que les autres salariés voyaient leur condition se rapprocher un peu de la leur, ils ont hurlé au scandale par simple jalousie et par pur élitisme. Et aussi parce que leur extrême laideur les frustre, mais c’est un autre problème (c’est vrai qu’ils sont vilains, ceci dit).

Et juste derrière les profs : les intermittents du spectacle. Alors eux... Cela fait des années qu’on entend parler d’eux. Au début, c’était gentillet, de temps en temps un hurluberlu habillé n’importe comment faisait irruption pour nous faire part de ses revendications (qui étaient le plus souvent un tissu de conneries imbitables). C’était folklorique, amusant. Mais maintenant qu’un gouvernement (dont je suis loin de cautionner toute la politique) essaie de s’attaquer à leur système d’assurance-chômedu (une immense pompe à fric bourrée de failles et d’incohérences), ils s’organisent ces cons-là, et sabotent des festivals entiers. Il faut savoir que la plupart des intermittents sont payés à pousser des manettes et à appuyer sur des boutons rouges, bleus, et parfois même noirs. C’est très technique, très pointu. C’est un boulot de dingue qui justifie entièrement le fait de se mettre toute une société à dos. Putain, et dire que j’ai failli m’orienter là-dedans.

Les femmes sont également très perturbées par les 35 heures. Imaginez, deux jours chômés en plus par mois. C’est horrible, pour elles. Ca représente deux jours de détresse absolue devant la nullité de leur copain/fiancé/mari, deux jours à lamenter devant le vide intersidéral de leur vie sentimentale (qui n’a rigoureusement aucun intérêt en soi, mais les femmes accordent beaucoup d’importance à la vie sentimentale, je n’ai jamais bien compris pourquoi). Et puis deux jours chômés, c’est deux jours de salaire en moins à dépenser chez Séphora, Eram et H&M. Et là c’est grave. Une femme qui ne dépense pas 1200 euros par mois pour s’acheter du maquillage, des chaussures et des strings ne peut pas être heureuse : c’est génétique. Alors pour compenser, elle se pare de ses vieux strings usés (faute d’argent pour en racheter d’autres) et trompe son conjoint, lequel ne se rend compte de rien parce que bon les hommes ne voient pas plus loin que le bout de leur queue (c’est génétique ça aussi). Mais trop tard, le forfait est commis, et la femme culpabilise. Elle se réfugie alors dans la nourriture et prend 15 kilos, ce qui entraîne le désarroi du conjoint qui va à son tour voir ailleurs. La femme, elle, n’est pas dupe et s’en aperçoit assez rapidement, s’énerve tout rouge, s’égosille en hurlant que "tromper c’est vraiment dégueulasse, inadmissible, impardonnable et que JAMAIS elle ne ferait ça, elle". Puis elle finit par rompre/demander le divorce, ce qui la plonge dans une dépression inextricable (incompensable par Séphora & co, rappelez vous), Dieu que la vie est injuste.


— - Interlude ---

Je m’amuse bien, mais il faudrait que je fasse gaffe à ce que je dis, quand même. C’est un coup à recevoir du courrier de je ne sais quelle association féministe à deux balles. De toutes manières avec le lobbying actuel, on n’a plus le droit de vanner les femmes, les noirs, les arabes, les juifs, les francs-maçons, les vieux, les musulmans, les homosexuels, les joueurs de curling, Marc-Olivier Fogiel, les gros, etc. C’est de la folie furieuse. En gros on a le droit de charger les hommes blancs, catholiques, âgés de moins de 55 ans, occidentaux, riches et mariés à une femme, mais pas les autres humains. Remarque, comme ce sont eux (les blancs riches etc) qui contrôlent 80% des richesses mondiales, ça se tient. Bon, d’accord : je veux bien retirer ce que j’ai dit sur les femmes. D’autant plus que ce n’est pas en tenant ce genre de propos que je vais trouver de quoi baiser ce mois-ci, moi. Ahem. Bon, bref.


— - /Interlude ---

Ah et attendez, je ne vous ai pas encore parlé de ces enculés de chintoques ! Dans ce pays, les chinois savent faire deux choses : 1/ vendre du matériel informatique garanti trois mois et qui vous lache au bout de quatre, 2/ des restaurants chinois. Aaaah.. les restaurants chinois. Ou comment bouffer de la merde servie par des gens qui vous traitent comme du poisson pourri (et dans les restos japonais, c’est l’inverse). Le nec plus ultra dans les chinois, c’est le sucré-salé. Ce truc est un anti-anti-vomitif (vous avez bien lu) à effet immédiat. C’est infect. Sans déconner, faut être complètement con pour ingurgiter ça. Ou alors, faut aimer la flambe : "Oh lala ragardez moi, je suis ouvert d’esprit, je mange des nems ! Je n’ai aucune idée de ce qu’ils ont mis là-dedans - et à vrai dire ça a un drôle de goût - mais j’adore ça car j’ai l’esprit ouvert ! Vive l’amitié entre les civilisations ! Vive l’amitié franco-chinoise !". Et là il ne faut surtout pas lui dire que c’est une famille vietnamienne qui tient le resto, ça lui casserait tout son effet de flambe. Tas de cons.

Et pour terminer, j’emprunterais les mots d’un de mes auteurs préférés : Carlos (même s’il se rendrait un fier service en se faisant amputer de la gueule).

Tirelipimpon sur le chihuahua
Tirelipimpon avec la tête avec les bras
Tirelipimpon un coup en l’air un coup en bas
Touche mes castagnettes et je toucherai tes ananas.


Vive la chanson française.


— -== Je suis curieux de voir combien de cons vont marcher dedans. ==—