samedi 15 mai 2004

The girl I know

Il y a cette fille, que je connais. Un bulldozer affectif. Elle arrive à détruire tout ceux qui l’aiment un peu trop. Elle ment. Elle ment, elle ne cesse de mentir. Et elle ment. Encore. Et encore. Elle ne peut pas s’en passer, c’est une seconde nature. Elle ment parce qu’elle ne s’assume pas. Parfois, elle a peur de faire du mal, alors elle se débrouille pour en faire davantage. Parce que cette fille, elle ne fait pas les choses à moitié. Surtout les mauvaises.

Par moments, il lui arrive de manquer totalement de respect à ses proches. De leur marcher sur la gueule avec des chaussures à crampons. Juste pour son confort personnel, ou pour se défouler. Car dans le fond, rien ne compte hormis elle-même. En inventant ses bobards, elle prend les gens pour de parfaits imbéciles. Sans penser aux conséquences. Jamais. Elle le fait par facilité, par convenance. Elle ne cherchera jamais à se prendre la tête cinq minutes, ni à se remettre en question. Quand on l’entend parler, on a le sentiment qu’elle est entourée de sous-merdes et qu’elle est parfaite. Dénuée de travers, honnête. Alors que c’est tout le contraire. Mais s’en rend-elle seulement compte ? Difficile à dire, elle joue un jeu perpétuel. Elle dit des choses sans les penser. Et avec une apparente et déconcertante sincérité ! Peut-être parce qu’elle dit aux gens ce qu’ils veulent entendre. Le problème, c’est qu’au bout d’un certain temps, cela finit par se voir...

Elle attend beaucoup des gens qui l’aiment. Elle prend. Prend, prend et prend encore. Elle prend presqu’autant qu’elle ment. Mais elle rend à peine. Elle ne tient aucune promesse. Quand elle sait être en tort, elle cherche à s’en sortir en demandant mille fois pardon, et en s’injuriant. "Quelle conne, je suis vraiment une merde". Si seulement elle savait à quel point elle est dans le vrai. Elle est égoïste, centrée sur elle. Les oeillères qu’elle à sur les yeux, elle se les met par paquets de douze. Sans aller jusqu’à croire que tout tourne autour d’elle, elle ne s’intéresse aux autres que pour se donner bonne conscience, ou alors lorsqu’elle y voit quelconque profit personnel. Elle joue les bonnes copines à la manière d’un bon élève qui fait ses devoirs : consciencieusement, mais sans passion. Juste pour la satisfaction de la bonne note à la clé.

Elle fait des erreurs, comme tout le monde. Mais elle se planque derrière de fausses excuses. Elle se sert de ses défauts. Elle les met en avant pour se donner de l’importance, de la contenance. Du volume. Alors que cette fille est aussi fade qu’un dimanche pluvieux le cul vissé sur une chaise pliante orange dans la salle des fêtes de Concarneau à applaudir Yvette Horner et son accordéon. C’est le jeu qu’elle joue qui, lui, est épicé. C’est lui qui plaît. C’est lui qui trompe. C’est lui qui trahit.

Peut-être qu’un jour, et malgré toutes ses turpitudes, cette fille trouvera la place qui est la sienne...


— -== ...le trottoir, par exemple. ==—