mardi 25 mai 2004

Bien peu de choses.

C’est amusant de se réveiller gaiement un matin, sans s’imaginer une seconde qu’on va se retrouver la tête dans un scanner le soir même. Très rigolo.

Samedi soir vers 20h, j’étais installé tranquillou devant mon écran d’ordi lorsque j’ai eu une sensation de claquement dans le haut de la nuque. Dans la seconde, ma vue a commencé à déconner, tout tanguait et je n’arrivais plus à fixer un point. Je me suis levé en me disant que ça passerait dans quelques secondes. Mais cinq minutes après, ça tanguait toujours. En plus, je commençais à avoir la nausée, du coup. Et à paniquer un peu. J’ai essayé de m’alimenter, sans succès. J’étais incapable d’avaler quoique ce soit. J’ai alors essayé de faire quelques pas, de me détendre en me tenant droit. Pas de bol, nausée immédiate. Incapable de garder la tête droite sans avoir la gerbe. Et incapable de marcher : je ne tiens plus sur mes jambes.

A ce moment là pour être honnête, je ne faisais pas du tout le malin, j’étais un peu paniqué. Je savais ne pas avoir mangé depuis presque 24h (oui, je sais, c’est pas bien) et comme je ne pouvais rien avaler, je me suis dit qu’il me fallait peut-être de l’aide. Alors mes parents ont appelé SOS Medecins et je me suis allongé en attendant. Une toubib est arrivée dans l’heure, elle m’a posé plein de questions, pris la tension, gnagnagna, et à fini par dire : "bon, ça à l’air d’aller mais tu vas aller tout de suite à l’hôpital, car je n’explique pas ce malaise".

Bon. Les ambulanciers me collent sur une chaise et m’emmènent à l’hôpital. Ma mère et ma soeur m’accompagnent et s’occupent de tout. Je me sens moins faible que tout à l’heure, alors je dédramatise en blaguant avec ma soeur et le personnel. Enfin surtout ma soeur, elle est très bon public (ça aide). Le toubib est drôle, mignon, et ressemble à Gad Elmaleh. Je serais presque tombé amoureux, dis donc. Il teste mon équilibre, j’ai du mal à rester debout. Je donne comme l’impression d’être ivre. J’en ris avec ma soeur, mais dans le fond ça me fait flipper.

Puis c’est le scanner, par précaution. On m’amène dans la salle, ils me font ça, je manque de m’endormir parce qu’il était 2h du matin, mine de rien. Pendant que les deux radiologues regardent le résultat, j’essaie de tchatcher un peu avec l’infirmière (à moins qu’elle ne soit interne, j’en sais rien ils sont tous habillés pareil). Elle est gentille et mignonne, décidemment y a que des bombes dans cet hôpital. Bref, une toubib s’avance vers moi, et me dit que les résultats ne révèlent rien de spécial (enfin rien de nouveau). Elle est presque dégoûtée de ne rien avoir trouvé, ce que je trouve ahurrissant. Je dois pas avoir le même sens de l’humour, je ne sais pas.

Vers 2h30, on conclut à un probable vertige pronlongé, et on me file un traitement en attendant de voir un ORL. ORL que je vais voir le lundi (hier donc), et me dit que tout va bien mais que "ça vaudrait ptete le coup d’aller voir un neurologue". Et mon poing dans ta gueule ??? Vous allez me trimbaler longtemps comme ça, de toubib en toubib alors que je n’ai rien ?

Parce que voilà, je vais bien, ça ne devait pas être grand chose, au final. Il n’empêche que de se retrouver à moitié KO en une seconde, ça donne à réfléchir et relativise tout de suite toutes les autres futilités pour lesquelles on se ruine le cerveau quotidiennement. Et si c’était justement pour ça que j’ai eu ce malaise, hein ?


— -== Hey Abe, tu crois qu’y d’la place pour moi en Suisse, dis ? ==—