lundi 2 février 2004

Liftism

Qu’est-ce que je peux écrire comme conneries ! Rien qu’hier, j’étais limite là à vous expliquer que je sais tout mieux que tout le monde, que je suis un génie et que j’ai, comme tous les génies, du mal à supporter le lourd fardeau que mon intelligence supérieure constitue.

Alors qu’en fait, je suis juste une baltringue qui a peur de tout le monde.

Je rentre chez moi. Arrivé à l’endroit où j’ai failli me faire amputer de la jambe gauche par un enjoliveur volant (voir entrée du 8 janvier), j’aperçois une silhouette connue, celle d’une dame qui habite mon immeuble et que j’essaie de ne pas trop croiser, question de feeling, c’est comme ça. Je la vois qui entre dans l’immeuble. Zut, me dis-je. Je m’offre alors un petit détour, pour gagner du temps et éviter ladite dame. Bon, je suis sûr que vous avez dû faire ça plusieurs fois. Mais moi, je suis champion toutes catégories dans ce genre d’idioties de poltron. Par exemple, je fais souvent le coup qui consiste à regarder dans sa boîte aux lettres histoire de gagner du temps pour être seul dans l’ascenseur. Ou à prendre les escaliers lorsque quelqu’un vous suit pour prendre l’ascenseur (encore lui). Il m’est même arrivé à deux ou trois reprises de triturer mon trousseau de clés devant la porte d’entrée du hall, l’air concentré à remettre droit l’anneau prétendument tordu, et ce toujours afin de gagner du temps pour m’épargner la compagnie désagréable d’une quelconque personne dans l’ascenseur (toujours le même). Ah tenez, encore plus fort : il m’est arrivé une fois ou deux de refaire un laçet défait A L’ENTREE de mon immeuble, toujours pour gagner du temps et être tranquille dans l’ascen... hey.. mais tout tourne autour de cet ascenseur de mes deux, en fait.

Entre 7 ans et 14-15 ans, je faisais beaucoup de cauchemars. Dans 90% d’entre eux, il y avait une redondance : soit je me faisais poursuivre par un ennemi plus ou moins identifié (mais différent à chaque fois), soit je montais dans l’ascenseur, appuyais sur le 4eme étage (mon étage), et sentais l’ascenseur monter, monter.. sans jamais s’arrêter. Parfois, les portes finissaient par s’ouvrir à un étage élevé ou d’autres dangers m’attendaient. Parfois encore, l’ascenseur ayant fini de monter s’immobilisait une seconde, puis chutait à une vitesse vertigineuse (provoquant mon réveil en sursaut). Et enfin parfois (et même le plus souvent), il s’agissait d’une combinaison des deux redondances (poursuite + galère de l’ascenceur). Ces cauchemars m’effrayaient véritablement lorsque j’étais petit, mais en grandissant ils me faisaient de moins en moins d’effet. Et ce qui est amusant, c’est qu’au fil des années dans ces mêmes cauchemars, j’ai délaissé l’ascenseur pour les escaliers. Et encore aujourd’hui, il m’arrive de me faire pourchasser dans les escaliers de mon immeuble, en rêve.

Bon, les (mauvais) rêves de poursuite, j’en ai déjà parlé dans ce journal : ils sont souvent associés à de la violence, parfois de l’ultra-violence, et dénotent une nette crainte/méfiance de l’autre. Mais le coup de l’ascenseur qui ne répond plus, lui, me pose un peu plus de problèmes. Disons que j’ai deux axes de réflexion, le premier étant la peur de ne rien contrôler, d’être tributaire d’une force extérieure sur laquelle je n’ai aucun pouvoir. Le deuxième, c’est la peur de l’inconnu (ce qui rejoint un peu le premier) symbolisé par les portes de l’ascenseur qui s’ouvrent sur un endroit aléatoire, qui n’a rien à voir avec celui que je désire (mon étage), et qui est généralement rempli de nouveaux dangers.

Enfin, quoiqu’il en soit, il y a des années que je ne suis pas monté dans cet ascenseur dans mes rêves. Des rêves de poursuite en revanche, j’en fais encore de temps en temps. Rien qu’hier, j’en ai fait un dans lequel des gosses de 12-13 ans agressaient verbalement et bousculaient Pinkie. Moi, sensiblement agacé, je laissai l’empreinte de ma semelle sur le visage du plus con d’entre eux, provoquant ainsi l’ire de tous les autres. Et zoup, c’était parti pour la course-poursuite entremêlée de violence.

Voilà voilà. Je frappe des gamins dans mes rêves. Mais à part ça, ça va.

—== Je défie quiconque de prouver que je ne suis pas sain d’esprit. Pouet. ==—