Egocentrisme nocturne : symptômes et propriétés.
Juste une chose avant de commencer : j’aime beaucoup Stéphane Bern. Non, je sais que vous vous en foutez, mais je dis ça au cas où des potes à lui viendraient me les briser pour l’avoir légèrement égratigné l’autre jour (c’est arrivé à une amie il y a 3 ou 4 ans). Ce mec a eu les couilles de dire merde à une tripotée de gens qui font autorité dans le milieu dans lequel il bosse, après des années de frustration durant lesquelles il s’est fait marcher sur la gueule. Il ne retient plus ses coups, il s’assume à fond et il emmerde tous ceux que ça irrite. Ce type a mon respect indéfectible pour les 18 générations à venir.
Et je suis certain qu’il sera ravi de l’apprendre.
La nuit. Ces temps-ci, je vis la nuit. Non pas que cela m’amuse, j’ai simplement du mal à m’endormir. Je veille donc de plus en plus tard, et je finis par dormir le jour pour vivre la nuit.
A dire vrai, c’est agréable au début. Tout est calme, personne ne vous emmerde. Mais ça devient vite pesant. C’est la nuit que je suis le plus en proie à mes plus sombres turpitudes, et parfois, j’ai bien du mal à m’en dépétrer.
Si un jour je dois me donner la mort, ce sera forcément entre 3:00 et 4:00 du matin. Mes digressions nocturnes et solitaires me mènent aux plus radicales des conclusions : les hommes sont des porcs, les femmes sont des putes, les gens sont crétins et aliénés, l’humanité est un parasite nombriliste. Je suis entouré de fous qui courent partout sans savoir pourquoi, pendant que moi de mon côté, les tourments m’assaillent. Et au final, je me dis qu’il ne me reste que deux solutions pour être en paix : l’ermitage, ou la mort.
Heureusement, au petit matin - ou au matin tout court - je finis par m’endormir pour me réveiller en milieu d’après-midi, l’esprit lavé et propre comme un sou neuf... jusqu’à la nuit prochaine.
Et les garces défilent et cognent, encore et encore, toute la semaine. Autant de coups de semonce qui finissent par avoir raison du pauvre fou que je suis. Mon amerture croissant à mesure que les jours passent, je me résouds à reprendre un rythme plus en phase avec celui de mes contemporains. Pour finalement me rendre compte que de jour ou de nuit, je ne cesse d’être ce jeune cinglé cynique et perpétuellement révolté contre tout et n’importe quoi.
Par moments, j’aimerais être un crétin. Au sens premier du terme j’entends, un type pas fini qui s’ignore. J’aimerais être une de ces personnes naïves qui voient les choses toutes noires ou toutes blanches. Etre un de ces connards qui croient dur comme fer que la peine de mort est un moyen de dissuasion efficace contre les meurtres. Etre un de ces illuminés qui voient une légitimité à l’Eglise (ou n’importe quel autre corps religieux), comme si Dieu n’appartenait qu’à ceux déguisés d’une robe mauve et d’un chapeau ridicule avec une croix en or brodée dessus.
Mais non moi, con comme je suis, il faut que je sois lucide et cynique (je me demande d’ailleurs si la lucidité n’implique pas obligatoirement une certaine dose de cynisme, mais c’est un autre sujet). C’est là ma plus grande force et ma plus grande faiblesse. J’ai les pieds sur terre, et je ne m’emballe jamais longtemps. Je suis enthousiasmé par très peu de choses, mais elles sont simples. Je n’aime pas ce que les autres aiment (mais ça très honnêtement, je m’en félicite). Je ne suis jamais vraiment désespéré, mais jamais heureux non plus. Je me lasse assez vite des choses. Je cultive ma différence, sans être marginal. Je n’ai pas de croyance, ni aucune illusion ou concept de ce genre. A vrai dire, je suis prêt à retourner ma veste sans aucun problème : il y a 3 ans j’étais encore "supporter" de l’OM, la saison d’après je "supportais" (et je "supporte" toujours) le PSG (note pour les sales métèques qui me lisent (
) : ce sont les deux clubs de football (soccer) rivaux (ennemis) en France. De ce fait, je serais considéré comme hérétique dans tous les stades du pays si jamais j’ouvrais ma gueule).
Alors que les autres rêvent de la retraite, moi je fais comme si j’allais mourir avant d’atteindre les 42 ans de cotisation. Je ne bois jamais, ne fume jamais, je suis en presque total décalage avec les gens de mon âge, mais je ne suis pas pour autant coincé. J’ai peu de problèmes, mais peu d’intenses réjouissances.
Je suis une somme de compromis, fasciné par tout, mais nulle part à ma place.
Et c’est là que me vient cette implacable conclusion, à la limite du supportable : je suis compliqué, bordel de merde.
—== Une vraie gonzesse... ah oui : je suis misogyne, aussi. ==—

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