150 minutes chez les flics
Je vous ai déjà dit que Natasha St Pier me plaisait ? Oui ? Je devais être bourré, alors.
Lundi 9 février, j’étais chez les flics. Non, je n’ai agressé personne, j’accompagnais juste Pinkie qui, elle non plus, n’a agressé personne.
...
On est restés deux heures et demi là-bas. DEUX PUTAINS D’HEURES ET DEMI LE CUL VISSÉ SUR UN BANC. On s’est éclatés.
Ceci dit, on ne s’est pas déplacés pour rien. On a eu l’immense privilège d’être les témoins d’une charmante saynette entre une fliquette très patiente et un connard total. J’vous raconte rapidement ? Allez.
On arrive au commissariat, on entend du bruit. Une femme qui braille, visiblement elle en découd avec quelqu’un au téléphone, le haut-parleur est ouvert. On ne comprend pas tout, mais le type braille tellement fort au téléphone qu’apparemment il est question de garde-à-vue. La fliquette au téléphone, bien qu’hurlant comme une folle pour se faire entendre, reste très correcte et très patiente. Mais au bout de dix minutes, excedée, elle raccroche au nez du type. Bon.
Trois quarts d’heure plus tard, un gusse typé Afrique du nord se pointe, accompagné de sa copine typée petite pouffiasse sophistiquée Rive Droite.
— - Petite description rapide qui a son importance ---
Le gars : 175 cm, 22-25 ans, un bouc bien entretenu, les cheveux très courts, pas un poil qui dépasse. Pantalon Jean’s bleu très serré, petite veste en mouton. Le genre de type grande gueule, sûr de lui, qui croît qu’il est le centre du monde et à qui on a jamais appris le respect.
La fille : 170 cm, 22 ans, brune, cheveux longs et lisses, petit pantalon noir, petit sac, petite veste, maquillée comme une... ahem, bref le genre de fille sur qui je roulerais volontiers au volant d’un 38 tonnes (à défaut de quelquechose de plus gros). Le genre de fille qui l’ouvre beaucoup, bien que n’ayant pas grand chose de pertinant à dire. Le genre de fille qui suit son mec (qu’elle considère toutefois comme un objet qui fait classe devant les copines) sans réfléchir, et sans se faire ses propres opinions sur les choses. Mmm.. Une vraie conne, en somme.
— - Voilà. ---
Ils pointent à l’accueil, et au bout de, allez quoi, 20 secondes, le type commence à élever le ton. "Aaaaaah ! C’est lui !" nous écrions-nous, Pinkie et moi. Enfin pas trop fort, parce qu’on est chez les flics, quand même.
Bref, le connard est parmis nous, on peut enfin comprendre l’objet de son courroux : son petit frère a été interpellé et mis en garde-à-vue, se voyant confisquer temporairement les objets qu’il avait sur lui. Et notamment le portable du grand-frère. Bon.
Là où ça devient vraiment drôle, c’est quand survient ce petit dialogue (condensé) :
Flic : Mais qu’est-ce que vous voulez ?
Connard : Mon portable, j’aimerais récupérer mon portable ! Et savoir pourquoi mon petit frère est en garde-à-vue. (NLDR : accessoirement)
Flic : Ce n’est pas possible.
Connard : POURQUOI ???!!
Flic : Votre frère est en audition avec mon supérieur. Connard : Attendez mais que ce soit clair : j’en ai rien à foutre moi de son audition ! Je veux mon portable, vous n’avez pas à conserver les affaires des gens comme ça, moi j’ai rien fait !
Flic : Moi je ne peux rien pour vous il faut que je demande à mon supérieur, et pour ça il faut attendre la fin de l’audition.
Connard : MAIS JE M’EN FOUS DE SON AUDITION ! Ca va, il arrête deux minutes, il vient me rendre mon portable et c’est bon, vous n’avez pas à garder les affaires gens comme ça, non mais VOUS VOUS PRENEZ POUR QUI ??!!! Je connais mes droits moi !
Flic : Oui, certainement mieux que nous... (les autres flics sont hilares, nous aussi)
Connard : Ecoutez je vais pas attendre deux heures moi hein ?! Je ne suis pas comme ces gens-là, moi ! (Il nous désigne de la main) (NDR : quand je vous disais que c’était un connard...)
Flic : Je ne peux rien pour vous, Monsieur.
Connard : Moi je ne bouge pas d’ici tant qu’on ne m’a pas rendu mon portable, personne ne passe à l’accueil tant que je suis là !
Flic : Eh bien faîtes, Monsieur, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Allez-y, faîtes monter la sauce.
Connard : Ouais, c’est ça.
Le connard et sa pouffiasse attendent là dix minutes, durant lesquelles la truie nous gratifie de simples mais néanmoins profondes réflexions, telles que "Han putain on se fait afficher dans un commissariat de merde, putain mais j’hallucine, quoiii..." et surtout "Hey donne moi les clés de la voiture, des fois qu’ils te mettent en garde-à-vue toi aussi (NDR : sur le ton de la plaisanterie, mais en prennant les clés quand même.. au cas où)". Puis, comprenant finalement qu’ils n’ont rien à foutre ici et que tout le monde les regarde d’un air consterné, ils finissent par quitter les lieux.
Le type a son petit frère en garde-à-vue... et tout ce qui l’intéresse c’est son portable de merde. Ces gens-là sont méprisables.
Voilà, ça c’était pour le petit épisode policier. Mais il y a d’autres choses qui m’énervent ces temps-ci. Allez hop, je vais faire une liste :
L’ambition. Ca, c’est vraiment détestable. Tous ces gens prêts aux pires bassesses pour avoir un poste qui leur permet de grimper dans la sacro-sainte échelle sociale. Comme si ça allait changer leur vie. Comme si ça allait faire d’eux de meilleurs êtres humains.
Le besoin de reconnaissance. Souvent lié à l’ambition, d’ailleurs. Je trouve ahurrissant que certains aient besoin de se sentir reconnus pour exister. Ces gens ne se sentent exister qu’à travers le regard des autres, ils sont dépendants des autres. Et même pire que ça, ils en sont esclaves. Ces gens là se comparent sans cesse aux autres, tant ils n’ont aucun recul sur eux-mêmes.
La mauvaise foi. Tenez, un petit exemple : le 5 mai 2002, c’était le soir du second tour des Elections Présidentielles, en France. Ce soir là, j’étais au Zénith de Paris, pour voir Jean-Jacques Goldmann en concert (oui bon, vos gueules, c’était pour faire plaisir à ma soeur Ashmé. Enfin plus exactement, c’était pour boucher un trou). Pour ceux qui ne savent pas (tout le monde n’ayant pas la bonne idée de vivre en France et/ou de suivre l’actualité française, après tout personne n’est parfait), l’élection opposait le Président sortant Jacques Chirac, au candidat d’extrême-droite Jean-Marie le Pen : enculé notoire, xénophobe, raciste, antisémite, homophobe, probablement fasciste (faudrait qu’il soit élu pour le vérifier), moche, malodorant de la bouche et du reste, nostalgique de la guerre d’Algérie, et amateur de calembours minables et douteux. L’enjeu était tel que, fait sans précédent, tous les partis de gauche et d’extrême-gauche (sauf un) ont appelé à voter pour le candidat de droite, Jacques Chirac. Avant 20h00, tout le monde (6.000 personnes) était au téléphone, pour avoir quelques informations sur les résultats. Et à 20h00... explosion de joie, les organisateurs avaient affiché les résultats sur l’écran surplombant la scène : J. Chirac : 82.5% - JM Le Pen : 17.5%. Non seulement le gros porc avait perdu, mais en plus il s’était mangé la BRANLÉE de sa vie. Tout le public était debout, la liesse était générale, on a tapé des pieds et fait la hola pendant 10 minutes. Tout le monde (de là où j’étais, je pouvais observer les gens à ma guise). Pourtant.. nous étions 6.000, et même si je veux bien croire qu’il n’y avait pas 17.5% d’électeurs F.N. au Zénith le 5 mai 2002, il y en avait au moins 5%. Et chez moi, 5% de 6.000, ça fait 300, 240 en comptant les 20% d’abstentionnistes (de merde). Les enfants, il n’y avait certainement pas 240 personnes qui ne faisait pas la hola ce soir là, non, il y avait plutôt 240 poltrons qui levaient les bras et criaient victoire, alors que quelques heures plutôt ils avaient émis le souhait de voir un fou furieux à la tête de leur pays.
Fiou. Ca fait du bien.
Allez, une dernière pour la route qui m’a bien consterné dernièrement (dialogue au téléphone avec ma soeur Ashmé) :
Ashmé : Alors, quoi de neuf ?
neev : Moi rien, papa est parti pour deux semaines en Espagne. (au village natal, on a une maison là-bas)
Ashmé : Ah ouais ? En voiture ou en avion ?
neev : En avion. La voiture tout seul, il ne le fait plus, ça devient trop crevant.
Ashmé : Hé ben. Il a les moyens.
neev : ... (putain c’est tout ce qu’elle trouve à dire : un sarcasme.) Il économise pour, je présume (je vois pas ce qu’il peut faire d’autre, il gagne à peine plus du SMIC.)
Ashmé : Ouais. Bah moi là je suis contente, on part au ski avec Tonio.
neev : .......................... (putain, y a pas à dire elle est gonflée...)
Ashmé : Des nouvelles de Mana ?
neev : Heu non, pas récemment.
Ashmé : Moi non plus, oh bah ça doit vouloir dire que tout va bien, vu qu’elle ne m’appelle que quand ça ne va pas...
neev : Mmm. (et allez, encore un sarcasme, c’est parti...)
J’aime beaucoup ma soeur, mais c’est le genre de personnes avec lesquelles il ne faut pas trop se demander ce qu’elles peuvent balancer comme saloperies sur vous et dans votre dos. Du coup, j’évite de me poser la question me concernant. Et de toutes manières, comme j’ai grandi dans le sarcasme, les suspiscions et les coups de pute, j’ai appris à (presque) totalement me foutre de ce que ma famille peut penser de moi. Attention, cela ne signifie en rien que je ne leur porte pas d’affection. Non, c’est juste que leur avis me fait du mal. Alors, je fais sans.
C’est facile la vie, quand on veut.
— -== Comment ça, je suis saoulant ? ==—

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