jeudi 25 décembre 2003

Edition spéciale, avec de la grossierté dedans.

Bon, c'est noël, un jour spécial dans l'année (c'est en rouge dans le calendrier, alors j'en déduis que ça doit être spécial), j'en profite par conséquent pour faire une entrée spéciale.

J'ai débuté ce journal en février dernier, un soir où j'allais mal. J'étais paumé et j'étais préoccupé par des problèmes inexistants, mais qui à l'époque existaient bel et bien, dans ma tête, dumoins. Alors bon, je me suis dit qu'entre le diarisme et l'alcoolisme, le diarisme était un moindre mal. Et c'est ainsi qu'au fil des mois, emmerder des connards que je méprise et que je ne connais pas (oui oui chers lecteurs, je parle de vous... hey, je plaisante.) est devenu plus qu'une habitude: un passe-temps.

Mais à y regarder de plus près, ce journal qui au début était vraiment un journal intime, est plus devenu un simple blog qu'autre chose. Ah, je vois certains vont me poser la sempiternelle question: "Mais neev, un blog et un journal intime ne sont-ils pas, au fond, une seule et même chose?". Chers amis, à cette question j'ai pris l'habitude de répondre un très simple et très amical: "Non, connard, et le fait même que tu te poses la question prouve de manière imparable que l'idiotie et le béotisme sont excessivement développés chez toi. A vrai dire -car il faut que tu le saches- les gens au quotidien doivent s'employer d'une volonté surhumaine pour ne pas se laisser aller à te cracher à la gueule et à te rouer de coups de pied jusqu'à ce que mort s'en suive, ce qui, avouons-le ne serait que justice tant ta présence sur la surface terrestre est insupportable et nuisible à tous. Pour résumer et pour que tu comprennes bien ce que j'essaie de te dire (car tu es un connard, je te le rappelle), tout le monde te hait, chie sur toi et toute ta famille sur 25 générations, et souhaite que tu meures dans les plus brefs délais."
Mais comme c'est noël, je vais expliquer gentiment: blog = weblog = cahier sur le web. Or, jusqu'à preuve du contraire, dans un cahier on écrit ce qu'on veut. Par conséquent, tous les journaux intimes sont des blogs, mais tous les blogs ne sont pas des journaux intimes. Par exemple, il y a des gros cons sur le web qui créent un blog pour partager avec le monde entier: - leur passion pour Avril Lavigne (attention, je n'ai rien contre Avril lavigne, hein)
- leur passion pour leur club de taek-wondo (attention, je n'ai rien contre le taek-wondo, hein)
-
leur passion pour le racisme et la haine raciale en général (attention, je n'ai rien contre le rac... ahem j'ai rien dit)
Bref, autant de choses très intéressantes qui n'ont absolument rien à voir avec l'intime. Et pourtant, ce sont des blogs. Pour résumer: dans la grande famille des blogs, il y a des blogs spécialisés qui traitent l'intimité de l'auteur: on appelle ça un journal intime.
Mmm.. Je ne vous sens pas convaincus. Ok, démonstration mathématique, pour ceux qui ont fait des maths:

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On note B l'ensemble contenant les blogs, et J l'ensemble contenant les journaux intimes. B et J sont des parties de l'ensemble E contenant tous les sites web.

Soit y appartenant à B, et x appartenant à J.
Si x n'appartient pas à B, alors x appartient à E\B. Or, x appartient à J, et J ne peut pas être inclus dans E\B, par définition du concept de "journal intime". (je peux détailler cette partie si vous n'êtes pas convaincus)
Donc x appartient à J ET à B, donc B inclus J.

De l'autre côté, y ne peut pas toujours appartenir à J (contre-exemple: plein de jouebs). Or y appartient à B, donc J n'inclus pas B. (rien à voir avec le J&B, hein)

Conclusion: les blogs contiennent les journaux intimes, entre autres, donc les journaux intimes sont des blogs (des blogs spécialisés dans l'intime en l'occurrence). En revanche, les journaux intimes ne contiennent pas tous les blogs, la majorité des blogs n'ayant pas grand chose à voir avec l'intime.

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Voilà voilà. Mais je vous rassure, la plupart des gens n'en ont strictement rien à branler de cette fine nuance qui n'intéresse que moi, ainsi qu'une poignée d'autres névrosés.

Heu, donc je disais quoi moi... ah oui: mon journal est devenu, selon moi, un blog plus général, qui zappe mon intimité profonde. Ne vous méprenez, j'adore les blogs, c'est très rigolo et j'en lis des tonnes. Mais à la base, je n'ai pas ouvert un journal pour vous raconter mes rêves homosexuels avec Gandalf, ou venir chialer parce que mon père m'a offert un super (bien qu'inutile) cadeau à noël (franchement, je mérite des claques sur ce coup-là). Non, j'ai ouvert un journal pour oser parler de moi, chose que je ne fais JAMAIS dans la vraie vie. Je le fais toujours, de temps en temps, mais très superficiellement. Je me cache derrière l'humour (enfin, une certaine forme d'humour, admettons) et le cynisme pour soigneusement éviter de me dévoiler, c'est-à-dire m'avouer ce que je suis vraiment, et le confirmer en le couchant sur le papier (enfin, la page web). Et je m'en rends tellement compte que les entrées se font plus rares qu'avant. Des conneries, des trucs marrants pour amuser la galerie et/ou générer du lecteur, je pourrais en pondre tous les jours, c'est très facile. Mais parler de moi, de qui je suis vraiment, de ma vulnérabilité, j'en suis presqu'incapable. J'ai essayé de parler de certaines angoisses, de certaines névroses que je n'ai pas encore bien localisées moi-même (hey, je suis jeune), mais... c'est toujours resté sans suite, quoi. Jusqu'à la prochaine fois où j'aurai trop besoin de me vider, de parler.

Vous vous demandez pourquoi je vous parle de tout ça, maintenant? Parce que je suis trop lâche pour vous souhaiter un joyeux noël. Vous comprenez, si je vous sort un "joyeux noël", il sera forcément sincère. Et comme je prends soin de cultiver mon image de "type pas sympa qui se trouve une intelligence à toujours tout critiquer et à essayer de ne pas penser comme tout le monde", je fais diversion, pour ne pas vous le sortir, ce "joyeux noël". Après tout, et comme je l'expliquais en préambule, vous êtes qu'une bande de connards méprisables, pas vrai?

Mes petits connards à moi, quoi...
--== ... raah, joyeux noël bande d'enculés. ==--

jeudi 18 décembre 2003

A ta santa, Klaus.

Ce week-end, la famille et moi (enfin surtout la famille, car mes insomnies ont vite fait de me transformer en zombie) avons célébré l'anniversaire de la naissance de Notre Seigneur Tout Puissant Jésus Christ Qui Faut Mettre Des Majuscules A Tous Les Mots Quand On Parle De Lui. Bon, on s'est gourrés de deux semaines, on l'a fêté le 12 au lieu de le fêter le 25 comme tout bon chrétien qui se respecte. Mais bon, le gusse est âgé de plus de 2000 ans, à mon avis y a longtemps qu'il ne doit plus faire sa coquette: il va pas nous en tenir rigueur.

Bon, je ne vais pas tortiller du cul plus longtemps: mon père m'a offert une montre. Et pas une montre de (CENSURÉ: PROPOS HOMOPHOBE), hein. Une Yonger & Bresson. Une belle montre, quoi. Et ça me fait chier.
1. Je ne veux pas qu'on m'offre de cadeaux, et à fortiori pas de cadeaux dans ce style là..
2. J'espère vraiment qu'il ne l'a pas payée. J'ai regardé sur le web pour avoir une idée du prix, je ne l'ai pas trouvée. Elle n'est pas dans la collection 2003, donc il y a des chances qu'il l'ait eue gratos par un client de l'hôtel dans lequel il bosse, ou un truc comme ça.
3. S'il me connaissait un tant soit peu, il saurait que je ne porte pas ce genre de merde. Il n'y a que les hommes en quête de virilité qui s'équipent de ce genre de choses bien voyantes. Résultat je me retrouve avec une belle montre qui ne me sert à rien.

Tout ça pour dire qu'il s'est bien fourvoyé, le vieux. Mais ce qui me chagrine le plus, c'est qu'il a insisté deux ou trois fois avec un gros sourire con pour que j'ouvre mes cadeaux, alors que tout le monde était là (j'ai dit que je préférais attendre le 25 pour les ouvrir, parce que je voulais les ouvrir seul dans mon coin (le mieux eût été que je n'ai pas de cadeaux du tout, mais passons)). Le gros lourdeau était fier de son cadeau, et ça je l'ai senti tout de suite. M'enfin, je ne lui en veux pas, il n'est pas méchant et ce n'est pas à 60 ans qu'il va devenir fin et intelligent.
Et à part ça j'ai eu un blouson sans manches (c'est très laid), et un porte-portable de bureau rigolo (c'est le seul cadeau qui m'est réellement utile).
Mais évidemment, je ne vais pas cracher dans la soupe, tout cela est très gentil.

Je sais que ça fait un peu anti-conformiste de base de dire "j'aime pas noëëëël...", mais... j'aime pas noëëëël. J'ai un lourd (lourd pour moi) contentieux avec cette fête, on ne s'en débarrasse pas comme ça.

Je changerai sans doute radicalement de discours lorsque j'aurai des enfants. C'est souhaitable en tout cas.
--== Gling gling gling gling.. chboom! "AOOOOOOOWW!!!" ==--

lundi 15 décembre 2003

Onirick Hunter. (3/3)

Et ben, heureusement que j'ai pris quantité de notes, moi. Bon, j'en étais au moment où Gandou et moi-même sommes devant le disque lumineux sur le mur du parking là, suite à quoi Gandhi me balance par terre et commence son charabia qu'on comprend queud' à c'qui dit. Tout le monde me suit? Tant mieux. On continue.

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Gandalf: Santus patatum ploum ploum... Malokus aieaieus, couscous et loukoum! (bon il n'a pas dû dire ça exactement, mais vous voyez le genre) Au nom du Père du Fils, et du Saint-Esprit (sic......), je te libère!
neev: Ah ouais? J'avais quoi?
Gandalf: Nan rien, t'avais un cil, là.
neev: Merci. C'est quoi ça?

Fais-je en lui montrant du doigt le disque luminescant, dardant de ses rayons lumineux tout en lumière, et qui avait la particularité de briller (comme une ampoule) (ou le Soleil) (sauf que la ça faisait pas mal aux yeux) (vous voyez?).

Gandalf: C'est une serrure. Elle verrouille la porte des Cieux. Il s'agit de trouver sa clé, désormais.
neev: Ca doit forcément être ma bite.

N'écoutant que mon courage et ma connerie (deux qualités dont la vie m'a doté de manière très inégale), j'insère mon attribut pénien dans le mur...

Gandalf: Ca marche!! C'était le bon code!!
neev: Je sais. D'ailleurs ne dit-on pas un "code pénal"?

Pendant que je gratifie le pauvre vieux de mes jeux de mots de merde, une ouverture circulaire et extrèmement blanche grandis lentement au plafond, 3 mètres au-dessus de nos têtes.

Gandalf: Les Cieux! Nous y sommes mon garçon! Mais... Prend garde, derrière toi!!!

Il se jette dans mon dos, et, me retournant, brandit son bâton vers des monstres-tête-d'allosaure, là. De la rage coule dans mes veines, également bien alimentées en flippe. Mais je suis paralysé, je ne peux plus bouger, mais pieds sont fixés au sol. Mes yeux remplis regardent Gandalf se mesurer à d'innombrables monstres, il y en a tellement que je ne puis les compter.

Ils ne tardent pas à prendre le dessus sur le pauvre vieux.

Gandalf: Fly... you fool...

L'ouverture blanche du plafond se met à m'aspirer, lentement. Puis de plus en plus vite. Et presqu'instantanément, je me retrouve dans une sorte de grande cour, apparemment perchée au milieu des nuages. A y regarder de plus près, c'est davantage un ring qu'une cour. Des dalles de marbre blanc pavent le sol, formant un grand carré. Carré dont les coins sont marqués par quatre grandes colonnes noires, dont on ne voit pas le sommet. Un peu comme une balançoire, qui serait fixée au ciel.

Voleur: Jusqu'ici... Tu es venu jusqu'ici...

L'homme, se tient dans mon dos, à quelques mètres. Je me retourne, il est entièrement vêtu de noir, et me regarde avec deux gros yeux rouges. Voyant ma surprise, il me dit:

Voleur: Oh, ne fais pas attention à celà... C'est ce que tu es venu chercher, qui m'a mis dans cet état.

L'enculé fait deux fois ma taille. Je n'ai aucune chance contre lui, je sais qu'il va m'exploser la face comme une vulgaire daube, me réduire à néant, m'atomiser, me jeter aux chiottes et tirer la chasse.
Ce n'est plus de peur dont je suis atteint. Non, à ce niveau là ce n'est même plus de la peur, non là, je mouille carrément mes couches.

Voleur: Es-tu sûr de le vouloir?
neev: Rends-le moi...
Voleur: J'ai eu tort de te le prendre... Et tu as d'autant plus tort de me le reprendre... Tu le regretteras.

L'homme sort son bras de son dos. J'ai l'impression que je vais m'évanouir. Au secours. Maman.

Voleur: Tiens. Et fait gaffe, elle arrache.

Un sentiment de joie immense et intense (et plein d'autres trucs qui riment en 'ense') s'empare de moi. Enfin. J'ai enfin récupéré mon pot de moutarde. Oui, de la moutarde fine "Maille". C'est vrai quoi, j'ai des super gros Knacki dans le frigo, mais sans moutarde c'est même pas la peine d'essayer de me les faire manger.

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Et c'est là-dessus que je me suis réveillé. Réaction à chaud:

neev: Oh putain. Hohohoho putain :o)))))))))))))))) Papier crayon, direct.

Et me voilà. Bon, j'ai sucré des passages embêtants à raconter, et puis je ne me souvenais pas de tout.
--== Bon allez, je vais voir un psy. ==--

jeudi 11 décembre 2003

Onirick Hunter. (2/3)

Bon, j'en étais où, moi. Ah ouais.

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Je me connecte sur le web, j'ouvre une fenêtre de mozilla, je tape www.gaygle.com, et je tombe sur un clone de www.google.com, avec un rainbow flag à la place des couleurs classiques de google. J'y tape les mots-clés de ma recherche: "why neev moon", entrée...

Gaygle - Found 2 results. Search took 0.15 seconds.

1. Pour trouver Gandalf, connard.
2. Voir 1.

neev: Ah, d'accord.
Gandalf: Je serai ton allié, tout au long de ta quête. Garde tes sentiments tout au fond de toi. Ils sont tout à ton honneur, mais ils sont susceptibles de te trahir et de servir l'Empereur.
neev: C'est d'Obi-wan, ça.
Gandalf: Mais ta gueule, bon sang. Partons.

Gandalf me prend par la main comme un amoureux, et m'accompagne dans une cabine de verre, plantée là, sur le sol lunaire. Nous pénétrons à l'intérieur, refermons la porte... et la cabine se met à descendre dans le sous-sol. Tout est sombre, et Gandalf me tient toujours la main.

Gandalf: Tu vas manquer d'air, laisse-moi te faire du bouche-à-bouche pour te faire respirer.
neev: Easy, big boy. J'apprécie tes attentions mais ça va aller. J'ai vu 18 fois le Grand Bleu, je suis fort en apnée.
Gandalf: Il ne faut pas que cela affecte nos relations professionnelles.
neev: On est des pros. On va tuer tout le monde.

La haine remonte. Et la cabine, elle, continue de descendre. Jusqu'à s'immobiliser enfin, provoquant un court bruit metallique et sourd.

Gandalf: Attention.

J'ai peur. Je plie un peu les genoux pour prendre appui sur le sol. Je suis prêt à bondir. Derrière les portes de verre de la cabine, tout est noir, mais je devine que tout s'éclairera dès leur ouverture.
Bingo. Les portes coulissantes s'ouvrent en une fraction de seconde, laissant place à un monstre verdâtre hurlant. Il a vaguement la tête d'un allosaure, et le corps d'un orc. Son cri est stridant et terrorisant, j'ai peur comme jamais, et je n'ai qu'une envie: lui trancher la gorge. Alors je me jette sur lui, priant pour éviter un coup de lame. Mon élan le fait trébucher, j'en profite pour le rouer de coups jusqu'à ce qu'il soit entièrement vidé de son sang.

Gandalf: Conserve tes forces.

Il pose sa main sur mon épaule, me détournant du cadavre du monstre, et me montre la voie. Un parking. Nous sommes dans un parking sous-terrain. Mais un parking très propre, bien éclairé, avec des néons partout. Il y a d'immenses flèches vertes sur les murs. Elles pointent toutes vers un point lumineux jaune, tout au fond, sur le mur opposé. Nous nous mettons à courir vers le point, lorsque des snipers embusqués dans des bouches d'aération nous prennent pour cible. Je sens les tirs me frôler, la peur me faire courir à vitesse décuplée. A chaque fraction de seconde me semble être la dernière. Mes foulées sont gigantesques, surhumaines, le mélange d'effroi et de rage me font oublier Gandalf resté planqué en retrait. J'arrive au mur porteur du point lumineux à toute vitesse, je rentre dedans comme un kamikaze. Le choc fait trembler tout le parking et cligner les néons, certains explosent. Les tirs cessent. Les bouches d'aérations se sont effrondrées.

neev: Ramène-toi, vieux.

Et Gandalf s'exécute. Nous voilà devant le point lumineux, qui se trouve en réalité être un disque de lumière intense, de la taille d'un DVD. Soudain, le magicien me pousse violemment en arrière, et, retroussant ses manches et me portant un regard sombre, se met à faire une invocation au son belliqueux...

--== La suite et fin, demain. ==--

mardi 9 décembre 2003

Onirick Hunter. (1/3)

La nuit tombe sur la plaine sur laquelle je suis dressé, pendant qu'un vent glacial vient durcir mes joues déjà rougies par la haine. Devant moi, une infinie étendue de terre sèche transpercée d'une imposante et extravagante tour blanche. Elle brille dans la pénombre, à vrai dire, j'ai le sentiment qu'elle réfléchit la lumière macabre que m'offre la Lune. Mon regard se porte alors sur l'arche d'entrée. Sombre, peu accueillante. J'avance vers elle d'un pas décidé, les poings serrés. Je mords mes lèvres, prètes à exploser sous l'effet du froid. Je suis en rage, je me sens invulnérable. Sous l'arche, des escaliers me mènent à une porte bleue. C'est le début de mon périple.

J'arrive dans une salle pleine de machines. Ou plutôt, de machineries. Des écrans de contrôle, des diodes. Des claviers. Et au milieu, une colonne d'acier.. Je lève la tête pour l'estimer dans son intégralité... Sauf... qu'il n'y a pas de plafond. Je ne vois pas de plafond. Juste cette colonne d'acier s'élevant à l'infini. J'approche alors, et me rends vite compte qu'il ne s'agit pas d'une colonne... mais d'un canon. Et les écrans de contrôles indiquent la mise à feu imminente. J'ouvre la grande trappe qui fait office d'entrée du canon, et je m'installe à l'intérieur, récroquevillé sur moi-même. Je me rends alors compte de ce que je suis entrain de faire. Merde. Merde. Cinq. Oh putain, me risquerais-je même à dire. Quatre. L'appréhension mêlée à la haine me tord l'estomac. Trois. Je lève les yeux, recevant ainsi l'immense privilège de ne RIEN apercevoir du tout, même pas le bout du canon, si tant est qu'il existe. Deux. Je vais crever. Un. A la grâce de Dieu.

Boom.

Je suis propulsé à une vitesse ahurrissante, si bien que j'ai l'impression que mon coeur, pesant une tonne, va sortir entre mes omoplates. J'ai le souffle complètement coupé, et je suis effrayé à l'idée de laisser échapper un bras et qu'il se heurte à la paroi du canon... m'amputant par la même occasion. A ce moment précis, j'ai un sentiment d'abandon de soi, d'avoir perdu tout contrôle sur moi-même. J'ai envie de pleurer. Juste envie de pleurer. Jusqu'à ce que j'atteigne l'extrémité du canon... pour me retrouver dans l'espace, voyageant à une vitesse aussi ahurrissante que tout-à-l'heure, mais soudainement supportable. D'accord d'accord. Me voilà dans le cosmos. Ben tiens.

Un petit coup d'oeil derrière moi... je vois la Terre d'éloigner. Voyons voir ce qu'il y a devant... mm. La Lune. Qui se rapproche. Beaucoup. Trop. Vite. Que faire, hormis fermer les yeux et hurler de terreur? Rien hein. Et bien soit:
neev: AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHH!!!
Homme: Ta gueule.
neev: Gni?

J'ouvre les yeux. Je me trouve debout, sur la Lune. Hey, bonne nouvelle, je ne suis pas mort. Deuxième bonne nouvelle, je ne suis pas seul. Un grand type âgé, barbu et à l'oeil très vif se tient devant moi. Il est vêtu d'un chapeau pointu, un long bâton rose, ainsi que d'une cape de la même couleur.

Homme: Hello my friend. I am Gandalf the gay.
neev: The grey.
Gandalf: No no, the gay.
neev: C'est vous qui m'avez dit ta gueule?
Gandalf: Ta gueule.
neev: Ah oui, c'est vous.
Gandalf: Tu as pris le Grand Canon de la Tour. Il ne tire qu'un coup, tous les 28 jours, lorsque la Tour réfléchit parfaitement la lumière de la Lune. Sais-tu pourquoi tu es venu?

La haine ressurgit en moi.

neev: Absolument pas.
Gandalf: C'est fâcheux. Tu vas devoir rechercher sur gaygle la raison de ta venue. (il me montre une borne avec un écran) Tu as une borne internet, là-bas.

Je me connecte sur le web, j'ouvre une fenêtre de mozilla, je tape www.gaygle.com, et je tombe sur un clone de www.google.com, avec un rainbow flag à la place des couleurs classiques de google. J'y tape les mots-clés de ma recherche: "why neev moon", entrée...

--== La suite demain. ==--