mardi 28 octobre 2003

Voyage sur la voie (lac) D.

Et merde, voilà que je me mets à faire des jeux de mots à la Zazie.

Il n'y a rien de plus triste qu'un au revoir sur un quai de gare. Ou plutôt si, il y a des tas de choses plus tristes que ça, mais lorsque vous avez affaire à un au revoir sur un quai de gare, elles vous semblent insignifiantes.
Nous avançons sur le quai, main dans la main, d'un pas faussement décidé. Je joue de l'humour pour faire rire ma bien-aimée, et me convaincre que la situation n'a rien de dramatique, rien de triste, rien de douloureuse. Ca fonctionne bien. A cet instant, je me dis que je suis plus fort que je ne l'avais escompté. Mais bien sûr.
Cinq minutes. C'est le temps qu'il nous reste. Le train est prêt à partir, prêt à emporter ma belle avec lui. Cinq minutes, durant lesquelles mon coeur se serre de plus en plus. Ma belle assurance s'est désormais envolée, laissant place à un mélange d'amertume et de tristesse. Nous sommes dressés sur ce quai, enlacés. Nous profitons de ces quelques instants pour laisser parler nos coeurs, qui en disent beaucoup plus long que des paroles. Je sens mes yeux devenir humides, je lutte pour contenir mes larmes. Je ne veux pas qu'elle me voit pleurer. Non pas que ça me fasse honte, mais je ne veux pas lui offrir ce visage-là, je ne veux pas rendre les choses plus difficiles.
Arrive le moment de nous quitter. Je sens que je vais exploser, alors je commence à m'en aller en la regardant me regarder, pendant qu'elle monte dans le wagon. Puis elle disparaît. Je tourne alors la tête, accélérant le pas. Je me mords les lèvres pendant que deux grosses larmes chaudes coulent sur mes joues. Je vois alors un agent d'entretien m'observer en souriant amicalement. Ce type doit voir ce genre de scènes tous les jours. J'écrase mes larmes, je relève la tête, j'inspire une grosse bouffée d'air... et j'avance fièrement, remontant le long du quai, en pensant au doux visage de ma belle. Cette fille me galvanise.

Dans les escalators, je fredonne (différents génériques de Goldorak) en pensant à me belle. Dans le métro, je tape doucement des pieds en pensant à ma belle. A la grande gare, j'observe les gens en souriant, même les petits cons en survêtement qui se prennent pour des caïds. Dans le train, je regarde le sordide paysage urbain qui défile sous mes yeux. Usines, entrepots, murs taggés. Ca me ramène un peu sur Terre.
A la sortie de la gare de MaVille, les mêmes petits cons que tout à l'heure essaient de me chahuter. Je les regarde en me marrant doucement, et je continue ma route tranquillement. L'un d'eux se contente de m'adresser un "Pédé, va". Ca me fait sourire.
En traversant le parc pour rentrer chez moi, j'observe la faune locale. Ahem pardon, la population locale. Un festival de petites frappes et de petites pouffiasses, possèdant un vocabulaire très limité. Ah mais oui... Ce sont les vacances scolaires... Forcément. Qu'importe, je me sens bien.

C'est en arrivant chez moi que j'ai commencé à me sentir vide. J'étais de nouveau seul.

J'ai besoin d'elle.

dimanche 5 octobre 2003

Désespoir urbain.

neev, tu es mon ami, je suis ton ami, mais il va falloir que ça cesse, maintenant... Je vous explique...

Aujourd'hui (NDn: vendredi), je suis allé à Paris avec Pinkie. Elle avait besoin d'un nouveau clavier, et comme il m'arrive d'être sympa (occasionnellement si si), je l'ai accompagné au grand magasin informatique rue Daumesnil. Celui dont le nom commence par "Sur" et se termine par "couf". Avec un logo ridicule. Tout y est un peu plus cher que chez les assembleurs chinois qui pullulent à côté, certes, mais eux au moins ne sont pas des voleurs. Mais ce n'est pas mon propos.
Tout s'est fort bien déroulé, pas de problème, rien... jusque dans le restaurant rapide (vous savez, un de ceux dont la 1ere partie du nom est le diminutif des ordinateurs Apple, et dont la 2nde partie du nom est celui du canard lunatique de Walt Disney.. hum... avec un(e) apostrophe et un 's' à la fin. Putain, tout ça pour dire McDonald's). J'étais tranquillement entrain de manger mon embourgueur, lorsque soudain, je me mis à penser. Je suis incorrigible. Je le sais pourtant qu'il ne faut pas que je pense, hein. Que je pense à des choses qui me font stresser, j'entends. Je disais donc que je me suis mis à penser à un évènement à venir (qui m'angoisse plus ou moins), allez quoi, l'espace de 20 secondes? Et ça a suffit pour me plomber le repas. Je n'ai pas eu besoin de dire grand chose à Pinkie pour qu'elle comprenne que je commençais une angoisse.
A la suite de quoi je me calme, je souffle, je continue un peu mon repas. Bon, pour le moment, ça va. On sort du restau.. on va s'asseoir sur un banc, on papote et respire un peu. Là, ça allait bien. Et puis il a fallu que j'y repense. PUTAIN. Parfois j'aimerais m'extirper le cerveau pour m'empêcher de cogiter. Je commence à me sentir de plus en plus mal, et sachant d'avance ce qui va arriver... Alors je regarde partout autour de moi, à la recherche d'un coin isolé à l'abri des regards, où je peux vomir tranquille. Puisque c'est ce qui doit arriver. Et ça arrive. Vous pouvez vous foutre de ma gueule, je suis blasé.
Mais toujours est-il que ces moments de détresse, je ne les souhaite à personne. Je suis là. J'angoisse tout en sachant que je n'ai AUCUNE raison d'angoisser. Ce qui me fait encore plus angoisser, tant il est angoissant de se savoir angoissé sans qu'il n'y ait lieu de l'être (angoissé). Le mot "angoisser" est lui-même angoissant. Un peu comme "arachnophobie". Comment voulez-vous vous débarrasser d'une phobie qui porte un nom pareil? Bref. Dans ces moments d'angoisse - accompagné d'un mal de ventre qui inéluctablement doit mener à un violent rejet de tout ce que j'ai pu manger les 3 semaines précédentes - trouver un endroit isolé devient une obsession (je suis devenu très fort pour dénicher les coins où un maximum d'angles de vue sont bouchés). Je me sens seul, j'ai l'impression que je vais y rester, je n'ai qu'une seule envie: m'isoler. C'est quelque chose que je ne souhaite à personne. Voilà, j'avais envie de le raconter, histoire qu'on me traite de chochotte névrosée. Feel free.

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Mana m'exaspère, par moments. Tous les deux jours, je fais un petit footing avec elle. Ou plutôt, elle court et je me calque sur son rythme, pour lui donner le courage de tenir. Le truc sympathique, quoi. mais aujourd'hui, j'ai eu mal au genou gauche. Je me suis donc arrêté, en lui disant "Continue, continue, j'ai mal à la jambe." Un demi-tour de piste plus tard, elle me lance "C'est dur, toute seule !" Alors je me force à courir avec elle, en coupant par la pelouse, afin de parcourir moins de distance. Je suis vraiment trop con sympa. Et à la fin du footing, elle me sort (texto): "J'ai besoin d'un rythme strict, de courir 3 fois par semaine, donc bon même si t'as mal c'est pas grave tu viens courir avec moi hein, parce que seule c'est trop dur j'y arrive pas". Putain, elle ne manque pas d'air.
Plus tard dans la soirée, elle frappe à ma porte. J'étais très occupé, à vrai dire ce n'était vraiment pas le moment. Je lui ouvre, elle m'annonce avoir besoin de mon ordinateur quelques minutes pour taper une lettre. Bien qu'étant sérieusement pris au dépourvu, je lui dis oui.... sauf que problème, je n'ai pas de logiciel de traitement de texte sous windows (je vous explique rapidement: j'ai une partition linux pour tout faire, et une partition windows pour jouer. Là, j'étais sous windows pour tester quelque chose, et je ne pouvais pas rebooter avant une bonne heure). Je lui dis par conséquent "Ah mais je n'ai pas le logiciel pour". Ce à quoi elle me répond, d'un air mêlant la frustration et le dédain: "Ah bon. T'as pas le logiciel. Ah bon". Je lui propose donc d'aller taper la lettre chez elle (elle vit à 100 mètres de chez mes parents), de m'envoyer le fichier par courriel, pour que je puisse le lui imprimer dès que possible. Sa réponse? "(soupir) OK". Elle referme ma porte, sans oublier de me lancer un vague "merci" plein de fausse conviction. Très agréable.


Je. déteste. ce genre. de comportement. Mais pour qui se prend-elle? Non mais pour QUI se prend-elle? Tout lui est dû? Merde, faut me prévenir les gars. J'ai l'air de quoi maintnenant? Il faut absolument avertir la presse, qu'un maximum de gens soit au courant. Nous sommes les obligés de ma soeur. Faîtes circuler l'info, merci.


Bon, la lettre était pour mon père. Du coup, ça a dû l'agacer que l'ordinateur de la maison ne soit pas tout prêt. Je comprends. Sauf que l'ordinateur est à moi, il n'y a presque plus rien d'origine dedans, j'ai tout changé moi-même. Mais il est vrai que comme mes parents ne savent pas écrire le français, ce sont nous les enfants qui nous tapons toutes les immondices administratives écrites. Et c'est fichtrement pète-couilles (mais néanmoins nécessaire, mais néanmoins pète-couilles, ad lib.). Bon allez, je passe sur l'épisode de la lettre. Mais le coup du footing de tout-à-l'heure, je le retiens.

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C'est dans tout ce flux et tout ce reflux de remontées acides, dans ce monde - MON monde - où les concepts tels la sérénité et la paix intérieure semblent partis en parfaite désuétude, que j'évolue. Que je déambule. Hagard, je lève les yeux au ciel... Et je m'arrête. C'est dans un soupir que je me rends compte, démuni et désillusé (© Néologisme, Inc.), que je suis perdu.

Et que j'ai peur.

--== Et ploc ploc © dans mon crâne. ==--