dimanche 28 septembre 2003

L'entrée du 27 est effacée, désolé

Bon, j'ai effacé ma dernière entrée, dans laquelle j'exprimais mon ras-le-bol d'être dans une famille en carton. Je l'ai effacée parce qu'aujourd'hui, ma mère a fait une chute dans la rue (elle ne sait pas comment elle est tombée...), s'ouvrant l'arcade sourcilière, et cassant ses lunettes. Bon, ça m'a fait peur, mais ce n'est rien de méchant. Il s'en est suivi une crise familiale à la maison, entre Ashmé et moi. Elle nous reproche tout un tas de choses à mon père, ma soeur et moi. Alors on a pleuré, etc. Blablabla. Ras-le-bol.
Je n'entre pas dans les détails parce que je viens de lui écrire une lettre pour lui répondre à tout ce qu'elle a dit ce week-end, et que j'ai VRAIMENT mal au crâne avec toutes ces histoires. Mais pour résumer, je lui ai dit que j'en avais plus que marre que ce soit la guerre à la maison à chaque fois que l'on se réunit. Je lui ai dit qu'elle cultive sa haine pour mon père depuis plusieurs années, et que c'est ridicule. J'en ai marre, je n'ai pas à subir ça (et il n'y a pas que moi, mais ici c'est MON journal alors je parle de moi).
Bref, et donc compte-tenu des différentes discussions que j'ai eues aujourd'hui avec mes soeurs, et compte-tenu du fait qu'il est quasiment certain qu'Ashmé lit ce journal (ça serait cool qu'elle me le dise FRANCHEMENT, parce que là ça devient vraiment ridicule), j'ai pris la décision de supprimer l'entrée du 27 septembre, parce que j'y étais assez virulent, et ce sans me mettre à la place des gens dont je parlais. Trop facile.
Je suis toujours ravi de voir mes soeurs, surtout Ashmé que je vois moins que Mana. Mais j'en ai purement et simplement ras-le-bol que ce soit la mauvaise humeur à la maison à chaque fois qu'on est réunis: ça ne rime à rien.

Voilà, vous excuserez le manque d'intérêt de cette entrée, mais je sature, j'en ai ma claque.

--== Encore un week-end de merde ==--

dimanche 21 septembre 2003

Le gâteau est dans l'frigo.

C'est l'anniversaire de ma mère aujourd'hui. Elle a 59 ans. Alors pour l'occasion, mes parents et moi avons pris le thé, dans le salon. Ca a duré 10 ou 15 minutes. Les rapports que j'ai (et cultive, sans doute) avec mes parents sont presque sordides. Cela devait faire 4 ou 5 mois que je n'avais pas passé 15 minutes assis à une table avec eux. Et pourtant j'habite chez eux...

Nous étions donc là, assis avec nos boissons, et nos parts de tarte. Bien entendu, la télé était allumée. Dans cette maison, il y a une télé par pièce, mes parents vouant un culte pour la télévision. Certains se droguent ou boivent pour oublier, mes parents eux, regardent la télé. Et là en l'occurrence, il y avait une émission où une femme témoignait des souffrances physiques et morales de son fils aveugle et cloué sur un lit toute la journée. Le pauvre jeune homme souhaite être euthanasié. Moi, j'écoutais d'une oreille ce récit poignant tout en croquant ma part de tarte aux pommes. Et de l'autre, j'écoutais mes parents essayer d'engager la conversation par des "Il fait chaud, non?" "T'as fait du vélo?".

Bref, situation grotesque, fausse, glauque. Comme d'habitude. Nous en sommes coutumiers dans la famille. Nous n'avons pas grand chose en commun, il faut avouer. C'est sans doute un phénomène répendu dans les familles d'immigrés, les parents ont la culture et la mentalité du pays d'origine, et les enfants au contraire, sont la plupart du temps bien immergés dans la culture du pays hôte. Vous allez me dire, entre l'Espagne et la France, la différence de culture n'est pas gigantesque. D'accord. Pourquoi pas. Mais imaginez: vous êtes parents et pour communiquer avec vos enfants, vous êtes contraints d'utiliser une langue que vous avez appris à parler sur le tas, sans méthode. Vous avez l'accent, vous faîtes des fautes (plein). Et vous ne savez pas l'écrire, bien sûr. Ca creuse un sacré fossé. Culturellement, qu'est-ce que j'ai de commun avec mon père? Le goût pour le football, et la politique. Et encore, nous n'aimons ni les mêmes clubs de football, ni les mêmes partis politiques. Et avec ma mère? Rien. Et ça, je le vis assez mal.

Ma mère travaille avec une jeune femme de 20-22 ans, assez mignonne d'ailleurs. Et de quoi parlent-elle? De Star Academy, Pop Stars, ce genre de niaiseries. Alors dans sa tête, elle doit sans doute penser que tous les jeunes aiment ces émissions de télévision. En tout cas, ça expliquerait pourquoi elle ne cesse de m'en parler... J'ai parfois envie de lui dire qu'elle peut économiser sa salive, que ces trucs télévisuels à la mode ne m'intéressent pas.. Mais quand je regarde son visage réjouit lorsqu'elle me parle de ses Nolwenn, George-Alain.. ça me fait tellement mal au coeur de penser "mais maman, je m'en fous.." que j'acquiesse en souriant timidement, en attendant qu'elle ait fini.

Vous vous rendez compte, elle arriverait presque à me faire culpabiliser de regarder les émissions d'information (voire ne rien regarder du tout, les jours où l'espèce humaine me saoule) plutôt que les émissions sur les apprentis-chanteurs bidons. C'est puissant, une maman.

--== Daredevil c'est une baltringue à côté. ==--

jeudi 18 septembre 2003

La gueule de bois.

Ceux qui me connaissent un peu peuvent se douter des grosses difficultés que j'ai éprouvées pour m'endormir cette nuit. C'est déjà compliqué en temps normal, mais là avec la journée d'hier, c'était foutu d'avance. Dans le noir, seul au fond de mon lit, les yeux gardés de force grands ouverts par des souvenirs, des détails... qui laissent place à l'amertume et à la mélancolie. Rah... J'ai dit que je ne m'étendrai pas sur le sujet, par pure pudeur. C'est difficile. Je vais me contenter de placer noir sur blanc une anecdote, suite à quoi je tournerai la page, tant sur ce journal que dans mon esprit.

C'était lors du pique-nique de juin. J'étais assis aux côtés d'Abe. Mon esprit fût furtivement accaparé par le groupe de jeunes femmes situé à quelques mètres de nous. Elles étaient assises et formaient un cercle, au milieu duquel une d'entre elles était à quatre pattes. Elle était en jupe et chemisier. Comme je trouvais la position disons.. évocatrice et intéressante, j'ai tapé du coude sur le bras d'Abe pour lui demander ce qu'il en pensait (j'aime bien avoir un second avis, c'est comme ça..). Comme il ne comprenait pas de quoi je voulais parler, je me suis désinteressé de la jeune femme, et j'ai détourné la tête de l'autre côté. Et mon regard tomba sur les grands yeux rieurs de Milou, qui visiblement s'amusait bien de me voir contempler le spectacle que m'offrait ladite jeune femme. C'était un regard amusé, franc et sincère, accompagné d'un large sourire. J'avoue que sur le coup, j'étais surpris et charmé. A tel point que j'en ai détourné le regard de surprise, de gêne et de timidité, en étouffant un rire idiot. Elle m'avait bien eu. J'en souris encore. Ce souvenir provoque en moi une certaine tendresse mélancolique qui peut vite - à l'instar de cette nuit - se transformer en tristesse si l'on se met à trop penser. Et il est inutile de se rendre triste, n'est-ce pas. C'est (entre autres) pourquoi je tourne la page. Il est temps d'aller de l'avant. Je ne cesse en tout cas de me le répèter. Allez.

J'ai un rapport... étrange avec la mort. Je n'éprouve aucune appréhension à l'idée ma propre fin, cependant en ce qui concerne celle de mes proches.. c'est une tout autre histoire. Elle m'effraie, me tourmente. J'ai connu quelques décès autour de moi, mais ce n'était jamais quelqu'un qui m'était vraiment cher qui nous quittait. Mais ce n'est pas pour autant que je n'ai rien ressenti après leur disparition. Et c'est justement là que se trouve le problème. Je ne sais pas comment je vais gérer la perte d'un être cher et vraiment proche. C'est pourtant quelque chose d'inévitable, à moins que je ne disparaisse le premier. Non vraiment, ça me terrifie. C'est paradoxal ! Je suis quelqu'un de rationnel. Enfin, peut-être pas dans mon comportement, mais dans mon système de pensée en tout cas. Je m'applique à prendre du recul sur les choses, à les expliquer dans la mesure du possible. Et, la mort est une fatalité, non? Elle sanctionne la fin de notre existence à tous, c'est un lien qui nous unit tous. Nous devons tous mourir (et le plus tard possible, bordel). Bon, ben je devrais pouvoir me faire une raison facilement, moi qui suis si rationnel, si posé.

Mon cul. C'est bien au-dessus de mes forces. J'ai une trouille phénomènale de la mort de ceux que j'aime. Ca me rend malade.

--== Je vais bien finir par avoir sommeil un jour... Allez... ==--

mercredi 17 septembre 2003

Non.....

J'ai commencé à écrire une entrée il y a quelques jours, dans laquelle je parlais de mes petits tourments récents. Des petites choses de la vie qui vous exaspèrent, vous font douter profondément de votre valeur, vous empêchent de trouver le sommeil.

...

J'ai tout effacé, sous le poids d'une honte bien naturelle. Ces histoires sont insignifiantes.
Car j'ai reçu un choc, aujourd'hui. Je ne sais pas comment en parler, je ne veux pas faire dans le larmoyant, je ne veux pas salir la mémoire de quelqu'un, d'aucune manière. Alors je vais me contenter d'exprimer ce que je ressens, si toutefois vous me le permettez.

Nada m'a appris aujourd'hui que wwwmilou a récemment eu un accident de voiture, et est décédée à l'hôpital il y a quelques heures. Cette nouvelle m'a abasourdi, j'ai dû me lever de mon siège et faire quelques pas pour bien comprendre, et calmer mon rythme cardiaque. J'ai tout appris d'un coup. La règle du Je (RDJ) est en rade en ce moment, je n'ai donc pas les adresses des journaux sous la main. Et je n'étais pas au courant qu'il y avait un autre forum temporaire. J'y suis donc allé, j'ai lu les quelques messages concernant l'accident (et simplement l'accident à l'heure de ma visite du forum)... puis je suis allé sur le journal de wwwmilou avec une grosse appréhension. C'est avec beaucoup de difficulté que j'ai pu contenir mes larmes. Un ami à elle y a annoncé son décès.

Milou, je ne te connaissais que trop peu. Nous nous sommes vus au pique-nique RDJ de juin dernier. Tu y étais belle, discrète et souriante. A peine plus agée que moi. Puis suivirent quelques échanges électroniques savoureux, c'était toujours un plaisir d'échanger avec toi. J'aimais te lire, et prendre de tes nouvelles à travers ton journal. Vraiment. Tu imagines alors mon amertume en y allant aujourd'hui, sur ton journal.

Je ne vais pas m'étendre, ce serait malsain de ma part. Je voulais simplement te rendre un très, très, très modeste hommage, et te dire que l'on se reverra, même si ce n'est pas à la prochaine rencontre de la RDJ. Paix sur toi, et beaucoup de courage à tes proches.

lundi 1 septembre 2003

Remontée acide vieille de 12 ans.

Si septembre était un jour de la semaine, ce serait le dimanche. Je hais les dimanches. C'est mort, limite morbide, ça a un goût de fin. La fin du week-end, la fin de la semaine... déprimant. Et ben septembre, c'est la même chose. Depuis que je suis tout petit ce mois me donne mal au ventre. La rentrée des classes. Devoir étudier et faire ses preuves, avoir des comptes à rendre, être jugé par des profs. Sans parler des autres. Ces autres que vous êtes contraint de laisser entrer dans votre vie sociale. Une horreur. Sans mentir, l'école c'est de la merde. Ce qui est effrayant, c'est que je le pense vraiment. Tout petit, on vous apprend à respecter, à obéir, et crainte l'autorité. On vous apprend à respecter les autres, sans être parfois respecté soi-même.

J'ai souvenir d'une instit' de CM1 qui m'a humilié devant toute la classe parce que je ne savais pas dessiner. Nous avions fait une sortie dans un château. Très bien. A la suite de quoi, nous devions faire un petit exposé, avec des illustrations faites à la main. Je m'étais vraiment appliqué, j'avais travaillé tard le soir, comme souvent. Le lendemain, au moment d'exposer individuellement et en privé notre travail, cette grosse p... s'est mise à m'engueuler comme du poisson pourri, à pris mon cahier du bout des doigts comme si c'était une chaussette sale, et la montré à toute la classe en instant "bien bien" sur le fait que c'était mauvais. Tout le monde s'est marré bien entendu mais ça, ce n'est pas grave, car si elle n'avait pas insisté comme elle l'a fait, personne ne se serait vraiment moqué. D'accord, je ne sais pas dessiner. La belle affaire. Etait-ce une raison pour qu'elle s'acharne sur moi de la sorte? Non, hein.


Madame GAGLIONE (oui c'est son vrai nom et oui je l'écris en gros), espèce de grosse pute (bien qu'il semble inconcevable que quelqu'un daigne payer pour te passer dessus: quitte à se taper un être humain barbu, autant que ce soit un homme), je ne pense pas que tu te sois rendue compte de la blessure morale que tu m'as infligé ce jour là. Peut-être aurais-je dû pleurer, peut-être aurais-je dû protester. Non... je vois mal comment j'aurais pu, tant j'étais abasourdi, stupéfait, et tant je me sentais trahi. Trahi car jusqu'alors on m'avait toujours dit que je serai recompensé par mon travail. Trahi, car j'avais pris du plaisir à faire ce travail. J'étais content de moi, mon exposé était complet, je parlais de tout. Il n'était simplement pas très beau...
Rah, je n'ai même pas envie de me défouler sur toi. Tu es simplement la pire institutrice que j'ai connu. C'est là je pense, l'injure la plus forte que je puis te faire. Et c'est avec plaisir et honneur que je te la fais, puisqu'il s'agit tout bonnement d'une vérité indiscutable.


Je me rappelle, un an plus tard lors de mon CM2 (et là, j'avais eu une instit' vraiment super, très humaine), elle s'est pointée avec son dernier-né. Je suis venu la saluer et la féliciter, en lui glissant que j'avais appris à dessiner depuis (ce qui était faux, c'était un simple trait d'humour). Cette conne n'a même pas saisi que c'était une blague. Elle m'a juste répondu "Ah bah j'espère bien !". Elle doit surement - à l'instar d'un ancien dictateur gominé et nerveux des années 30 - être une artiste ratée, c'est pas possible autrement. Voilà c'est ça en fait, j'ai eu un clone d'Hitler en CM1, avec une plus grosse moustache. Et un plus gros cul, aussi.
--== Ca va nettement mieux. ==--