jeudi 21 août 2003

Encore un.

4h35 du matin, je n'arrive pas à trouver le sommeil. Je me sens énervé. Je ressens la fatigue, mais il y a quelque chose qui me tient éveillé. L'enervement, le ruminement. Tout un tas de choses qui se bousculent dans mon crâne. Des mauvais souvenirs, des projections dans l'avenir. Bref, tout un tas de choses qui n'existent pas ailleurs que dans mon esprit. Et ça m'empêche de dormir. Gâchis.

J'ouvre alors la fenêtre. Je lève le yeux au ciel. Il est dégagé. Et malgré les lueurs nocturnes de la ville, je peux apercevoir les étoiles majeures. Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours aimé regarder les étoiles. Elles sont fascinantes. Déjà parce qu'elles n'apparaissent que la nuit, et que la nuit, nous ne sommes pas censés regarder le ciel la bouche ouverte, comme un con. Ensuite, parce qu'elles sont là. Immobiles et scintillantes. Témoins d'une immensité qui nous est insignifiante, car inimmaginable. Et pourtant si précieuse. Précieuse, car elle nous offre ce recul salutaire, qui nous empêche de devenir complètement cinglés. Eloignez vous, prenez quelques pas de recul sur toutes ces choses auxquelles vous tenez, ces choses qui vous tracassent, qui vous tiennent à coeur, qui avivent les passions et vont jusqu'à hanter vos nuits. Prenez la place de ces étoiles. Et contemplez vous. Contemplez nous. Je vous mets au défi de ne pas éclater de rire au bout de deux minutes. Un rire de soulagement, un rire nerveux. Heureusement qu'elles sont là, ces étoiles.

Au milieu d'elles, un petit avion progresse. C'est un de ces avions à hélices avec lesquels on passe son brevet de pilote, si tant est qu'on ait que ça à foutre bien entendu. Celui-là doit venir de l'aérodrome à 3 km de chez moi. Aérodrome où justement ceux qui n'ont que ça à foutre viennent prendre des cours de pilotage, et passer leur brevet de pilote. Mais la question qui me vient tout de suite à l'esprit est que fait ce gugusse, à 4h du matin, à voler dans la nuit? Un prof de pilotage qui emmène sa dernière conquète faire une ballade, peut-être. Ou bien deux potes un peu emmèchés qui s'ennuient. Ou un pigeon qui aurait mangé trop de chili, après tout dans le noir, je ne vois pas bien. Non. Le cas le plus probable reste celui d'un type un peu paumé, qui se fait une petite ballade pour s'éclaircir les idées, ou pour oublier quelque chose. Un type qui, aveuglé par tous ces impératifs qu'il s'est lui-même fixés, toutes ces choses qui l'agressent au quotidien, toutes ces remarques perfides et acerbes adressées par des gens mal intentionnés, ou alors justement trop bien intentionnés... Tous ses tracas, sa femme qui le trompe sans même prendre la peine de s'en cacher, sa pauvre mère malade et son père, mort il y a longtemps sans jamais avoir pu lui dire à quel point il l'aimait. Un type qui doit subir sans même vouloir se plaindre, car il sait bien qu'il est bien peu de chose à côté de toute la misère humaine qui s'abat sur plus malheureux que lui. Un type qui s'interroge, qui s'interroge tellement qu'il en vient à s'interroger sur le pourquoi de ses interrogations. Un type qui doute, qui doute de lui, des autres, de tout ce qui est matériel et qui l'entoure. Qui commence même à douter de sa capacité à piloter cet avion. Un type qui, rongé par ses névroses et quelques pathologies naissantes, se demande ce qui serait le plus marrant: se taillaider le visage à coups de cutter ou alors, à l'aide du coucou qui entoure le siège sur lequel ses fesses sont posées, démolir le toit de la baraque de ce gars qui saute sa femme?
Un type qui n'en peut plus. Un type qui est à bout, et qui a besoin d'aide.

Un type qui, comme moi, n'arrive pas à dormir.

--== Sauf que moi j'ai d'autres choses à foutre que de piloter des avions. ==--

dimanche 17 août 2003

C'est la guerre.

Salut.

Bande d'ingrâtes. Mais alors, bande d'ingrâtes, quoi.

Et dire que je me suis fait chier à pondre une entrée fort habile, dans laquelle j'arrive:

1) à montrer que je suis un garçon très attentionné
2) à apporter -insidieusement- la preuve que je suis un amant de qualité
3) à traiter les femmes de connes (histoire de montrer que je ne suis pas parfait, et donc bien réel. Et puis surtout ça défoule.)

Tout ça pour rien, "queud'", nada, peau de zob. Hormis un triomphal "No new messages" dans ma boîte. Bon. Soit.
Essayons d'en tirer quelques hypothèses. Voyons voir:

Hypothèse A: Les femmes sont moins naïves que dans l'temps. Quand j'avais 10 ans, alalala je me rappelle.. Elles étaient toutes à mes pieds...
Hypothèse B: Seuls des hommes me lisent. Ah. Bon. Faudra que je songe à procéder à un recensement, histoire de voir un peu à qui je m'adresse...
Hypothèse C: Vous ne me trouvez pas crédible. Mmm. Ben au moins on serait d'accords sur un truc.

J'abdique. Je vous laisse indifférent. OK. Nan nan mais d'accord. C'est très clair. Entendu. Charmant. Vraiment, merci. (j'imite une femme vexée, là. Je le fais bien hein? Attendez, j'en rajoute encore un peu: ) GÉNIAL. C'EST VRAIMENT GÉNIAL, ALORS LÀ BRAVO ET MERCI BEAUCOUP (Putain, on s'y croirait.)!

Bon, j'arrête avant de me griller avec toutes les femmes de la planète. En plus dans le tas y en a qui me croiront sérieux. C'est que c'est con, une femme :-(

Hihi.

--== Je vais m'acheter une méthode ASSIMIL pour apprendre à me taire. ==--

jeudi 14 août 2003

JH recherche mode d'emploi du shaggadelisme.

WARNING: Dans cette entrée, je vais parler "des femmes". Il va de soit que je ne parle pas de TOUTES les femmes. Mais des femmes d'à peu près mon âge que j'ai fréquenté ou que je pourrais fréquenter. Ca limite vachement. Merci de votre attention.

***************************************************************** (ah, j'en ai oublié un: *)

Hier, je vous ai gratifié d'une entrée fort intéressante sur mes exploits sur deux roues. Je vous demande pardon à tous pour cette infâmie, je ne sais pas du tout ce qui m'a pris. Et pour me faire pardonner, aujourd'hui, je vais parler de sexe.

*Scènes de liesse dans l'assistance*

Calmez-vous. Ce n'est que moi, hein.
Je vais vous raconter la première fois que j'ai fait l'amour: c'était sur un vélo. Héhé, nan j'déconne. En revanche je connais quelqu'un qui a déjà baisé sur des rollers, spéciale kassdédi à cette personne si elle lit ça, yo! Ahem mais bon, ce n'était pas mon propos.
Oui donc, ma première fois. Il me semble que j'en ai déjà parlé dans une vieille entrée de février ou de mars, mais j'ai sans doute laissé de côté l'aspect psychologique du truc. En fait, avec le recul, je crois que cette première expérience a pour longtemps bousillé mon approche psychologique du sexe. Je vais tâcher de m'expliquer.

C'était il y a 6 ans et 1 jour. Le matin en me reveillant, je n'avais aucune idée de ce qui m'attendait. Et quand, en début d'après-midi, nous étions réunis dans ma chambre et que j'ai compris que "ça allait se faire", je me suis mis une ENOOOORRRMMMEEE pression. Bon, techniquement ça s'est bien passé, mais au niveau du feeling on n'y était pas du tout, et quand je dis "on", je pense surtout à "je". J'étais beaucoup trop occupé à assurer et à faire comme il faut, pour prendre quelconque plaisir à ce que je faisais.

Ce n'était que la première fois me direz-vous. Ben non, le même phénomène se reproduisit la plupart des autres fois. Je me donne presqu'à chaque fois un devoir de performance, j'ai une prestation de qualité à livrer, comme si je passais un examen ou un concours. Et ça me bouffe tout le plaisir que je peux avoir. Attention, ce n'est pas pour m'entendre dire que je suis un bon coup ou quelque chose du genre (bien que ça fasse toujours plaisir). Nan, c'est je pense pour m'assurer que ma partenaire ne soit pas tentée d'aller voir ailleurs, ou tout au moins d'être son préféré. Je sais, c'est débile. Mais je ne le fais pas exprès. Il m'est même déjà arrivé de me vidanger tout seul (oui, je suis un grand poète) une ou deux heures avant une partie de jambes en l'air, juste histoire de durer beaucoup plus longtemps. Quitte à souffrir (c'est assez douloureux pour moi de répéter ce genre d'efforts). Peu importe. Pourvu qu'elle me trouve bon. C'est pitoyable, voyez un peu ce que le manque de confiance en soi amène un jeune homme à faire.

Alors pourquoi? Pourquoi cette pression, pourquoi ce besoin de bien paraître, d'être "dans les normes"? Abus de films pornos pendant l'adolescence? Mmm nan.. enfin si, mais j'ai toujours eu le recul nécessaire au visionnage de ce genre de trucs. Donc ce n'est pas ça. Humiliation par ma mère/mes soeurs pendant l'enfance? Mmm non, rien de plus que ce qui a déjà été évoqué dans certaines de mes entrées... Ce n'est pas ça non plus. Alors quoi? Ben vous allez vous foutre de moi (encore plus), mais je pense que la libération sexuelle à quelque chose à voir la-dedans. Enfin, ce serait plutôt les conséquences et l'évolution des moeurs et des comportements post-libération sexuelle. Les femmes nous jugent, ne cessent d'évaluer nos potentiels et caractéristiques (émotionnels, sexuels, financiers, sociaux, professionnels, et surement d'autres choses auxquelles je ne pense pas parce que vous les femmes étes vraiment BAISÉES DE LA TÊTE...), parlent de nous à leur copines, parlent de nous à leur mère, parlent de nous à des gens qu'elles ne connaissent pas ni d'Adam ni d'Eve par le biais de leur journal en ligne (tiens bah ça nous fait un point commun, c'est cool). Ces connes vont même jusqu'à parler de nous à leur EX. Faut vraiment être atteint, mais passons. Ce que j'essaie de dire, c'est qu'en règle générale, vous cherchez à nous écraser dans la relation de couple. Je ne dis pas que vous le faîtes exprès, mais vous le faîtes. ET C'EST SUPER PÉNIBLE BORDEL. On ne sait jamais ce que vous pensez, ni même ce que vous voulez. Vous changez tout le temps d'avis, vous mentez comme vous respirez (souvent pour faire le bien, mais ce n'est pas une excuse), vous vous mettez dans tout vos états pour des putain de détails PARFAITEMENT insignifiants. Vous. Etes. Chiantes.

Vous vous posez beaucoup de trop questions, et attendez beaucoup trop de nous. Ca se vérifie assez souvent dans certains journaux en ligne féminins que je lis (hihi, elles vont toutes se sentir visées :p). J'espère vraiment que la prochaine fille qui sera dans ma vie saura me donner du mou (dans tous les domaines) de manière natuelle. Je crois vraiment qu'il n'y a que comme ça que je puisse me sentir vraiment à l'aise, et serein. Si j'ai commencé par parler de sexe pour en venir là, c'est parce que le sexe agit comme un révélateur, chez moi. Le sexe amplifie tout ce que je trouve dans mes relations: le manque de communication, le complexe d'infériorité, parfois les doutes et les interrogations. Les tensions. La rage.
Mais je vous rassure, j'ai aussi eu d'excellentes expériences. Quand tout était limpide, notamment.

Tenez, un rève récent pour illustrer mes propos. J'étais en prison, et partageais une cellule avec trois autres gars. Arrive un moment ou je pique les clés à un maton. Je nous libère. Normal. Ce qui l'est moins, c'est d'aller dans la salle musique (c'est cool la prison) pour écouter du speed metal. Surtout que ça alerte tous les matons, qui commencent à nous prendre en chasse à travers les couloirs de la zonzon. Et ce jusque dans la cour, à l'extérieur. J'escalade l'enceinte un peu à la "Tigre et Dragon" (
"Crouching tiger, hidden dragon"), chose que ne réussiront pas à faire mes trois comparses. Tant mieux, j'aimais pas trop leurs gueules.
Là, je change d'identité, comme ça, juste en le décidant. Je deviens donc introuvable par la police. Je me rends chez moi pour faire une petite toilette, et ressors vite pour ne pas être en retard en cours (??? c'est presqu'aussi surréaliste que d'écouter du speed metal dans une prison). J'emprunte donc les escaliers de l'immeuble.. et j'y vois une ravissante jeune femme qui descend, un petit mètre juste devant moi. Nous croisons quelques femmes plus agées qui ne répondent pas à nos "bonjour". Quand nous sommes enfin seuls, je lui sors: "Et ben, y a du passage.. Bonjour à toi." ce à quoi elle me répond en souriant. J'enchaîne: "Tu es jolie.", ce à quoi elle me réponds, gênée: "Mmm merci, ça te dirait qu'on se donne rendez-vous?". Et moi de lui répondre: "Bien sûr." Elle continue: "Maintenant?". Moi: "Maintenant c'est difficile, je dois aller en cours... Mais on a le temps d'aller chez moi, et on se donnera rendez-vous ce soir?". Elle: "D'accord !".


1) "se donner rendez-vous" doit vouloir dire "sortir", dans ce rêve je présume.
2) C'est MON rêve, donc j'ai le droit de tomber sur une fille facile. Je fais ce que je veux. Tiens d'ailleurs, elle avait le même type de visage que Milou (ça m'étonnerait beaucoup qu'elle le prenne bien, mais c'est pas grave..).


On monte chez moi, direction la chambre. Je pose mes clés et mon sac, on s'enlace, s'embrasse, et c'est parti. Préliminaires (je vous passe les détails, ce n'est qu'un rêve alors ça m'énerve plus qu'autre chose d'en parler :p), blablabla, houmpf houmpf, han han, oh oui oh oui, floc-floc-floc-floc-floc (on s'y croirait, je sais), et au moment ou MOI je suis censé jouir... rien. Je ne sens rien. Mais rien, quoi. Et à chaque rêve érotique, c'est la même chose. Soit je ne ressens rien, soit c'est au contraire tellement jouissif que c'en est insupportable. Bref, je ne prends jamais mon pied.
Heureusement, ce n'est pas le cas en réalité, mais c'est révélateur du soucis psychologique lié au sexe.


Donc voilà, si jamais l'une d'entre vous se sent l'âme suffisamment psychologue pour m'aider, cliquez sur le petit bonhomme en haut à gauche.
Vive la psychologie, bordel.

--== Hey, rigolez pas, ça peut marcher. ==--

mercredi 13 août 2003

Du dopage? Dans le cyclisme? Bah faîtes tourner, merci...

Il est de notoriété intercontinentale que j'aime les quiches lorraines surgelées ainsi que les quenelles de veau en conserve. Lorsque, comme moi, on a une alimentation essentiellement basée sur les pâtes natures, le riz nature, et les haricots verts nature, et si l'on ajoute au tableau l'absence totale d'alcool et quasi-totale de sodas, et des mois d'abstinence sexuelle, ben je peux vous dire qu'une quiche surgelée c'est Fantasyland niveau goût. C'est pas cher et ça se prépare facilement. Un plat d'homme, quoi.

---> 3000 KCal par centimètre cube dans ces conneries. <---


Enfin j'ai pas compté mais y a au moins ça, facile. Comment je le sais? PARCE QUE J'AI PRIS 3 KILOS BORDEL. Voilà, la question "Mais qu'a t-il fichu de son mois de juillet pour autant s'éloigner de son merveilleux journal, pourtant excessivement populaire et jubilatoire (dixit The Herald Tribune)?" a trouvé sa réponse. J'étais occupé à grossir. Et ça m'a pris tout mon temps.
C'est donc la mort dans l'âme et la mare dans l'homme (comprenez ce que vous voulez) que je décidai de me remettre au sport. Et cela fait une semaine que tous les matins à 6h, je vais faire mon tour de vélo. Chez moi, faire du vélo signifie mouliner comme un malade jusqu'à ne plus pouvoir supporter la douleur dans les cuisses. Ou alors, jusqu'à l'arrêt cardiaque.
Ce matin, debout à 5h30. Ayant une haine viscérale envers les insectes, je dors la fenêtre fermée. Au matin, il fait donc une chaleur écrasante dans ma chambre, et la nuit m'a complètement déshydraté. Je me penche à la fenêtre, pour respirer un peu d'air frais, une bouteille d'eau glacée à la main. Le jour ne va plus tarder à se lever. J'adore ce moment là, tout est calme. Vidée de ces habitants, la ville est magnifique. Pas de jeune trou de BIIIIIP en survêtement, pas de mamie qui parle à son chien, pas de père de famille qui lit son journal sans porter le moindre regard à son gosse qui joue près de la route, et pas de ces "bimbos du pauvre" à moitié dévètues, qui ne plaisent à personne hormis aux hommes en manque, et à elles-mêmes (OK, ça fait déjà un paquet de monde). Juste le silence, et moi qui le contemple et le respire.
Je me prépare en même temps que le ciel commence à s'éclaircir, vers 6h00. Et dix minutes plus tard, je suis dehors sur ma bécane. Je me mets sur le plus gros braquet (le plus difficile à pédaler), et commence à remonter doucement la rue où vit Pinkie (rue qui rejoint la mienne). Ce matin, une odeur cadavérique très forte et insoutenable se dégageait de ladite rue. Je ne saurais vous dire d'où ça provenait, mais c'était à vous glacer le sang.
J'atteinds maintenant le carrefour du commisariat. Le spectacle est frissonant de jouissance: j'évolue seul, au milieu de la route à 4 voies, le jour s'est presque levé. C'est le tout, petit, petit, petit matin. Le carrefour est désert, lui qui habituellement est si dangereux. Les feux tricolores passent du rouge au vert, puis du vert au rouge. Mais il n'y a personne sur les routes pour s'en soucier. Tout est immobile, figé. Il n'y a pas un souffle de vent. Je suis le seul être vivant à me mouvoir dans ce tableau. En danceuse sur mes pédales, moulinant au ralenti pour mieux profiter de ce spectacle féérique. Je sens la dopamine se larguer dans mon sang. J'ai le sentiment d'être dans un de ces films fantastiques, dans lesquels à la suite d'un désastre, tout est mort et immobile dans la ville, sauf le héros éffaré, qui déambule. Et ce matin, le héros, c'est moi.

Le carrefour est ma ligne de départ (le début de la piste cyclable). Il est également synonyme de la première côte. Un coup d'oeil sur la montre pour connaître l'heure de départ, et c'est parti. Crescendo, en danceuse sur une belle côte à 4-5% pendant 600 mètres. La dopamine de tout à l'heure attenue la douleur. Je sens mon coeur ne pas comprendre ce qui lui arrive, il pompe mon sang, comme assoiffé. Mes inspirations se font plus profondes, et mes expirations plus violentes. Je mets le paquet, sachant avoir 500 mètres de plat pour récupérer ensuite. C'est dur, mais j'en vois le bout. J'avale le plat en pédalant à 85% de mon maximum, pour garder des forces. A la suite de quoi, j'ai une route à traverser, mais en ayant le choix. Soit je la traverse conventionnellement, soit j'emprunte le passage (petite descente pentue, tunnel, petite montée pentue). Je choisis le passage. Je profite de la petite descente pour prendre un maximum de vitesse pour perdre le moins de temps sur la remontée. Mais arrivé dans le tunnel mal éclairé, je manque de rouler sur un homme allongé à coté de bouteilles de bière. Grosse décharge d'adrénaline. Mais j'aurais pu y penser. La prochaine fois, je choisirai la route!
En remontant à la surface, c'est une longue descente (un bon kilomètre) peu pentue qui commence. Pas assez pentue pour pouvoir la négocier à fond ET en roues libres. Alors, il faut faire parler les cuisses. C'est grisant. Je fends l'air à toute allure, en prenant soin d'éviter les malformations de la piste. Arrivé au bout, je descends de la piste, traverse la route en biais en me rabattant rapidement au cas ou une voiture arriverait, et rejoins la suite de la piste cyclable.
C'est la portion du parcours que je redoute le plus qui commence. Un gros faux-plat montant de 3 km. Le genre de truc pas assez pentu pour pouvoir se mettre en danceuse, mais suffisamment pour vous fusiller les cuisses. Gaaah ce que c'est pénible. Je serre les dents, et pédale à bloc. Encore. Et encore. Et encore. Je passe à côté de l'aérodrome. Et je suis encore à bloc. Je passe à côté d'un collège. Ca commence à être très difficile. Les cuisses brûlent, je dandine des épaules. Je commence à faiblir. Les 200 derniers mètres sont horribles, je suis tenté de passer un braquet plus facile, mais je n'en ai pas le droit. Je dois tenir, je ne peux pas lâcher.
Je fais les tous derniers mètres au ralenti, mais ça valait le coup de tenir. 500 mètres de descente bien bien pentue sont à suivre. Héhé. J'adore cette descente. La piste y est dans un état lamentable, ça saute de partout. En après-midi, elle est dangereuse car une sortie de parking d'un centre de skate la coupe. Mais le matin à 6h, pas de problème. En fin de descente, on atteint les 80 km/h si l'on a bien pédalé en haut. L'ennui, c'est le virage à angle droit qui la sanctionne. Là, j'ai pas le droit de me rater, sinon je me gamelle dans une reserve d'eau, profonde et vide. Donc ça doit faire très mal, vaut mieux éviter. Et ça bousillerait mon chrono, en plus.
Une petite ligne droite bosselée, un dernier virage en descente, et bam: 1 km de plat à bloc pour finir de m'achever les cuisses. A la suite de quoi j'escalade la passerelle (une montée à 20% qui calme bien), et je la redescends de l'autre côté. J'appelle ça la rampe de lancement. Parce qu'après, y a 500 mètres de plat, et la ligne d'arrivée. Donc faut mettre le paquet, avec arrivée au sprint et tout. Là, y a plus rien qui existe, tu connais plus personne, t'as plus mal au cuisses, tu sais plus comment tu t'appelles et en plus tu t'en fous royalement. Tu veux juste faire péter ton meilleur chrono. Et si t'as le malheur de ne pas y parvenir, tu recommences.

Ce matin j'ai recommencé 3 fois. J'ai échoué à chaque fois de peu. Et là j'ai des courbatures. Le sport c'est d'la merde.

...

--== Demain, je lui mets sa mère. ==--

jeudi 7 août 2003

Cons de tous horizons, saluez votre maître.

Fallait bien que je sois maître en quelque chose.

Chers amis, je vous dois des explications. En effet, les plus perspicaces d'entre vous (mais également les plus cons, et ça c'est beau) auront facilement remarqué que, contre toute attente, je n'ai pas branlé une couille sur ce journal de tout le mois de juillet. Je tiens d'abord à remercier L'EXTRAVAGANT nombre de personnes (les dernières estimations font état de plus de 2 personnes) qui ont réclamé à corps et à cris le retour de Déneevrance sur leur petit écran. Il va de soit que j'ai aussitôt dénoncé ces deux malades à la police. Putain mais pour qui se prennent-ils, quoi. Enfin merci quand même. Pour en revenir à la raison expliquant ce léger trou temporel dans mes écrits, sachez qu'elle est très simple: mon chien a mangé mon clavier. Fort heureusement, il en est mort (je demande pardon à ceux qui souffrent de la perte d'un compagnon à quatre pattes, mais je pouvais pas m'en empêcher). Voilà voilà.

Bon je vais reprendre là où j'en étais la dernière fois. Les machins stressants du mois de juin, ah ouais. Bah le restau s'est bien passé, personne ne se connaissait c'était drôle et chiant à la fois, mais dans le bon sens. Ce que je veux dire, c'est qu'il y a des choses chiantes à souhait que vous détestez faire parce qu'elles sont vraiment trop pénibles et ennuyeuses, et qu'il y a des choses tout aussi chiantes que les précédentes, la différence étant que c'est précisément ce caractère chiant qui les rend intéressantes à faire/vivre/subir. Bon moi faut vraiment que j'arrête de vouloir essayer de préciser ma pensée, parce qu'après c'est le bordel. Mais putain ne faîtes pas les innocents, je le vois bien que vous n'avez rien compris à ce que j'ai dit. Hihi, vous m'avez manqué bande de merdes. :o)

Bref, pour résumer, c'était positif et globalement sympa. J'ai même chopé le numéro de téléphone et l'adresse e-mail d'une des convives, très jolie. Mais elle a 30 ans et elle est maquée, tant mieux d'ailleurs, ça m'évite de me manger un rateau. Comme quoi la vie est bien foutue. Ah, et j'ai rencontré le nouveau mec de ma soeur (Ashmé) aussi. Un gars qui, a ce que j'ai retenu, s'occupe d'une exploitation agricole, est pompier volontaire (ou bénévole, je sais plus quel est le statut exact), et sait bien cuisiner. Et discret. Et qui aussi n'a pas arrêté de coller Ashmé toute la soirée, alors qu'il avait une bombe devant lui. Ca va c'est bon signe. J'ai
d'ailleurs senti que ça avait le don d'énerver Mana. Elle avait un air du genre "bon arrêtez de nous exposer votre bonheur en pleine gueule, c'est MA soirée bordel de merde". Et je suis volontairement grossier (je précise parce que d'habitude je le suis mais sans le faire exprès). Ceci dit je n'étais pas à l'aise non plus, c'est pas tous les jours que je vois une de mes soeurs dans le côté "vie sentimentale machin". En fait la dernière fois c'était avant la naissance de Tonio, donc euh j'avais 13-14 ans. Wow. Ca file.

Le lendemain, il y eut le pique-nique Airdéjie. Je ne vous fait pas le topo, vous avez sans doute dû déjà l'avoir sur les journaux des sympathiques gens qui étaient présents ce jour-là. Une bonne première. On a passé la majeure partie de l'aprem à causer d'anecdotes diaristiques, ce qui ne m'a pas offert l'occasion de beaucoup l'ouvrir, étant donné que je suis bébé-diariste, areuh areuh, etc. Mais c'était super de rencontrer ces gens sympas, unis par une même passion: eux-mêmes. A se demander ce que je foutais là, hihi.

Voilà, j'en ai terminé avec la partie "ah mais faut qu'j'vous raconte, ça faisait longtemps qu'on s'est point vus". J'ai un peu expédié le bouzin, mais actuellement, il fait 39° à l'ombre, dans mon coin. Et j'ai pas dormi de la nuit. Alors voilà. Je termine par quelques petites brèves.

-- J'ai fait un lexique/glossaire/index/répertoire/machin avec les gens dont je parle (là-haut). C'est pratique pour les gros flemmards qui, attiré par leur chef de meute, s'échouent sur ce site.

-- non mais t'es bizarre parfois
bizarre?
oui, parfois t'es tout secret tout mystérieux
et parfois tu montres ta bite

C'est saisissant de vérité. Je suis versatile.

-- J'ai entendu à la télévision que l'ex-PDG d'Air France a des ennuis avec la justice à cause d'un "golden hello" (prime de bienvenue, très juteuse). Un mois auparavant, j'ai entendu que le même gars avait touché un "golden parachute" (indemnité de départ encore plus juteuse que sa copine). Heu... Et entre son arrivée et son départ, il touche quoi? Un "golden ha putain j'ai bien bouffé ce midi"? Un "golden wow z'avez vu l'cul d'mon assistante"? Un "golden je fous la boîte dans la merde et je me casse avec mon golden parachute"? C'est pas de la jalousie, je suis bien content pour ce gars-là s'il a touché plein de pognon a rien foutre (c'est le but non avoué de tout être humain, à peu de choses près), mais en attendant t'as 2000 zigs qui ont perdu leur job. Et ce connard se barre avec 800.000 (huit cent mille) euros d'indemnités. Ca sent la "golden jail" mon pote.

-- Cette entrée est illisible? ..... JE. SUIS. CUIT. DE. FATIGUE.

--== Content de vous retrouver. Rah, je suis pas marrant quand je suis sympa. ==--