Encore un.
4h35 du matin, je n'arrive pas à trouver le sommeil. Je me sens énervé. Je ressens la fatigue, mais il y a quelque chose qui me tient éveillé. L'enervement, le ruminement. Tout un tas de choses qui se bousculent dans mon crâne. Des mauvais souvenirs, des projections dans l'avenir. Bref, tout un tas de choses qui n'existent pas ailleurs que dans mon esprit. Et ça m'empêche de dormir. Gâchis.
J'ouvre alors la fenêtre. Je lève le yeux au ciel. Il est dégagé. Et malgré les lueurs nocturnes de la ville, je peux apercevoir les étoiles majeures. Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours aimé regarder les étoiles. Elles sont fascinantes. Déjà parce qu'elles n'apparaissent que la nuit, et que la nuit, nous ne sommes pas censés regarder le ciel la bouche ouverte, comme un con. Ensuite, parce qu'elles sont là. Immobiles et scintillantes. Témoins d'une immensité qui nous est insignifiante, car inimmaginable. Et pourtant si précieuse. Précieuse, car elle nous offre ce recul salutaire, qui nous empêche de devenir complètement cinglés. Eloignez vous, prenez quelques pas de recul sur toutes ces choses auxquelles vous tenez, ces choses qui vous tracassent, qui vous tiennent à coeur, qui avivent les passions et vont jusqu'à hanter vos nuits. Prenez la place de ces étoiles. Et contemplez vous. Contemplez nous. Je vous mets au défi de ne pas éclater de rire au bout de deux minutes. Un rire de soulagement, un rire nerveux. Heureusement qu'elles sont là, ces étoiles.
Au milieu d'elles, un petit avion progresse. C'est un de ces avions à hélices avec lesquels on passe son brevet de pilote, si tant est qu'on ait que ça à foutre bien entendu. Celui-là doit venir de l'aérodrome à 3 km de chez moi. Aérodrome où justement ceux qui n'ont que ça à foutre viennent prendre des cours de pilotage, et passer leur brevet de pilote. Mais la question qui me vient tout de suite à l'esprit est que fait ce gugusse, à 4h du matin, à voler dans la nuit? Un prof de pilotage qui emmène sa dernière conquète faire une ballade, peut-être. Ou bien deux potes un peu emmèchés qui s'ennuient. Ou un pigeon qui aurait mangé trop de chili, après tout dans le noir, je ne vois pas bien. Non. Le cas le plus probable reste celui d'un type un peu paumé, qui se fait une petite ballade pour s'éclaircir les idées, ou pour oublier quelque chose. Un type qui, aveuglé par tous ces impératifs qu'il s'est lui-même fixés, toutes ces choses qui l'agressent au quotidien, toutes ces remarques perfides et acerbes adressées par des gens mal intentionnés, ou alors justement trop bien intentionnés... Tous ses tracas, sa femme qui le trompe sans même prendre la peine de s'en cacher, sa pauvre mère malade et son père, mort il y a longtemps sans jamais avoir pu lui dire à quel point il l'aimait. Un type qui doit subir sans même vouloir se plaindre, car il sait bien qu'il est bien peu de chose à côté de toute la misère humaine qui s'abat sur plus malheureux que lui. Un type qui s'interroge, qui s'interroge tellement qu'il en vient à s'interroger sur le pourquoi de ses interrogations. Un type qui doute, qui doute de lui, des autres, de tout ce qui est matériel et qui l'entoure. Qui commence même à douter de sa capacité à piloter cet avion. Un type qui, rongé par ses névroses et quelques pathologies naissantes, se demande ce qui serait le plus marrant: se taillaider le visage à coups de cutter ou alors, à l'aide du coucou qui entoure le siège sur lequel ses fesses sont posées, démolir le toit de la baraque de ce gars qui saute sa femme?
Un type qui n'en peut plus. Un type qui est à bout, et qui a besoin d'aide.
Un type qui, comme moi, n'arrive pas à dormir.
J'ouvre alors la fenêtre. Je lève le yeux au ciel. Il est dégagé. Et malgré les lueurs nocturnes de la ville, je peux apercevoir les étoiles majeures. Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours aimé regarder les étoiles. Elles sont fascinantes. Déjà parce qu'elles n'apparaissent que la nuit, et que la nuit, nous ne sommes pas censés regarder le ciel la bouche ouverte, comme un con. Ensuite, parce qu'elles sont là. Immobiles et scintillantes. Témoins d'une immensité qui nous est insignifiante, car inimmaginable. Et pourtant si précieuse. Précieuse, car elle nous offre ce recul salutaire, qui nous empêche de devenir complètement cinglés. Eloignez vous, prenez quelques pas de recul sur toutes ces choses auxquelles vous tenez, ces choses qui vous tracassent, qui vous tiennent à coeur, qui avivent les passions et vont jusqu'à hanter vos nuits. Prenez la place de ces étoiles. Et contemplez vous. Contemplez nous. Je vous mets au défi de ne pas éclater de rire au bout de deux minutes. Un rire de soulagement, un rire nerveux. Heureusement qu'elles sont là, ces étoiles.
Au milieu d'elles, un petit avion progresse. C'est un de ces avions à hélices avec lesquels on passe son brevet de pilote, si tant est qu'on ait que ça à foutre bien entendu. Celui-là doit venir de l'aérodrome à 3 km de chez moi. Aérodrome où justement ceux qui n'ont que ça à foutre viennent prendre des cours de pilotage, et passer leur brevet de pilote. Mais la question qui me vient tout de suite à l'esprit est que fait ce gugusse, à 4h du matin, à voler dans la nuit? Un prof de pilotage qui emmène sa dernière conquète faire une ballade, peut-être. Ou bien deux potes un peu emmèchés qui s'ennuient. Ou un pigeon qui aurait mangé trop de chili, après tout dans le noir, je ne vois pas bien. Non. Le cas le plus probable reste celui d'un type un peu paumé, qui se fait une petite ballade pour s'éclaircir les idées, ou pour oublier quelque chose. Un type qui, aveuglé par tous ces impératifs qu'il s'est lui-même fixés, toutes ces choses qui l'agressent au quotidien, toutes ces remarques perfides et acerbes adressées par des gens mal intentionnés, ou alors justement trop bien intentionnés... Tous ses tracas, sa femme qui le trompe sans même prendre la peine de s'en cacher, sa pauvre mère malade et son père, mort il y a longtemps sans jamais avoir pu lui dire à quel point il l'aimait. Un type qui doit subir sans même vouloir se plaindre, car il sait bien qu'il est bien peu de chose à côté de toute la misère humaine qui s'abat sur plus malheureux que lui. Un type qui s'interroge, qui s'interroge tellement qu'il en vient à s'interroger sur le pourquoi de ses interrogations. Un type qui doute, qui doute de lui, des autres, de tout ce qui est matériel et qui l'entoure. Qui commence même à douter de sa capacité à piloter cet avion. Un type qui, rongé par ses névroses et quelques pathologies naissantes, se demande ce qui serait le plus marrant: se taillaider le visage à coups de cutter ou alors, à l'aide du coucou qui entoure le siège sur lequel ses fesses sont posées, démolir le toit de la baraque de ce gars qui saute sa femme?
Un type qui n'en peut plus. Un type qui est à bout, et qui a besoin d'aide.
Un type qui, comme moi, n'arrive pas à dormir.
