jeudi 26 juin 2003

Exhausted

Je suis décalqué, comme disent certains jeunes. Endolori de partout. Bon, je ne vous fait pas le récit de la soirée d'hier, disons que tout c'est très bien passé, bien que j'en sois ressorti complètement sourd. Et handicapé moteur des membres inférieurs. Et avec deux kilos de moins. Autant vous dire que j'ai pris touuuuut mon temps pour rentrer chez moi. Je ne pouvais pas avancer plus vite de toutes manières.
Le point le plus positif de la soirée, c'était la rencontre avec les deux gusses. Très sympa. Je les sens un peu portés sur le fric, ce qui ne correspond pas trop à ma conception des choses, mais ceci dit ça fait plaisir de voir des gens contents d'eux-mêmes, sans tomber dans la suffisance (je ne sais pas si je suis très clair mais passons). En ce qui me concerne, je me suis senti à l'aise au bout de deux minutes. C'est suffisamment rare pour être souligné. Non vraiment, c'était agréable de les voir.
Après coup, on se dit "Mais merde. De quoi j'avais peur exactement?". Et effectivement, il n'y avait pas lieu de craindre quoique ce soit. Il n'empêche que, la prochaine fois que je les verrai, j'aurai sans doute tout aussi peur. C'est irrationnel, ça fait chier (non: ça fait VRAIMENT chier), mais c'est comme ça.
Bon, prochaine étape: restau avec les amis de ma soeur. Great. J'ai pas souvenir de m'être senti à l'aise une seule fois dans un restaurant. Enfin non, disons que jamais je ne me suis senti content de manger au restaurant. Je suis plutôt du genre à aimer les repas à la bonne franquette. Je suis très quenelles en conserve, quiches surgelées... Moi attendre que mon plat soit prêt, et qu'un inconnu vienne me le servir, ça me gave. Encore plus si c'est une femme, surtout que les serveuses sont rarement déplaisantes. Alors dans ces moments là, moi et mon cul assis sur ma chaise, on est un peu gênés. Enfin bref, on verra ce que ça donne. Faut que j'arrête de négativiser sur les choses futiles.
Dimanche, c'était l'anniversaire de mon père. Il arrive un temps où l'on ne fête plus les anniversaires. Nous ne nous étions ni vus ni parlés depuis un mois. Il bosse la nuit, et dort le jour. Ca limite les contacts. Mais bon, nous vivons au même endroit, donc si on le voulait, on pourrait. Ceci étant, dimanche je passe dans le couloir, et il était debout. J'en profite pour lui dire "bon anniversaire". Il se retourne, il avait mal entendu. Je lui répète "Bon anniversaire". Il me remercie alors, et se remet devant la télé. Deux jours après, il est parti en vacances, sans dire au revoir. Bon, il a du partir tôt le matin, donc ce n'est pas un problème. Mais si ça n'avait pas été son anniversaire deux jours auparavant, la dernière fois ou l'on se serait adressé la parole avant son départ aurait remonté au mois de mai.
--== Ruuuuun tooo theee hiiiiiills.... ==--

mardi 24 juin 2003

Flippeur le dos fin.

C'est terrible de se dire que l'on a aucune valeur. Et c'est terrible de se dire que l'on attend rien de la vie. Et bien, j'en suis là.
Ce matin, dans mon lit, je réfléchissais à mes ambitions dans la vie. J'eus un sentiment d'effroi mêlé à du soulagement lorsque je m'aperçus que je n'en ai aucune. Enfin si, j'en ai une: rester sain. Et mourir content. Mourir avec le sourire. Et le majeur tendu vers le ciel. Ca c'est la classe.

----------------dodo-------------------

Faut que je cesse de penser à l'avenir. Toujours regarder devant, comme si l'on avait des oeillères.. c'est usant, et ça ne me sert à rien. Il faut que j'arrive à me concentrer sur le présent, que j'arrive à regarder sur mes côtés, autour de moi, plutôt que devant. Devant il n'y a rien. OK, maintenant que je le sais, il faut que j'arrive à le mettre en application.

...

C'est pas gagné. Fichue éducation.
Bon, ça fait longtemps que je ne vous ai pas parlé de ma situation. C'est mon principal soucis, et pourtant je n'en parle pas. Je ne fais que parler des conséquences sur mon mental que ce soucis me procure. Et bien, comme je l'ai dit il y a quelques mois, j'ai lâché la fac (mathématiques et physique). Bon ça, plus le temps passe et moins je le regrette. Donc du coup, je suis en stand by. Sans trop savoir ce que je veux faire dans la vie. A 21 ans, c'est ennuyeux d'être paumé à ce sujet. A la base, je voulais travailler dans l'informatique. Ca n'a jamais été une vocation, mais j'étais bien obligé de choisir quelque chose. Puis j'ai commencé à m'imaginer, bosser toute ma vie sur des ordinateurs. Ca m'a refroidi. Alors j'ai songé à plusieurs réorientations variées (arts du spectacle, éco, gestion, vente...). Honnêtement, j'ai même songé à l'armée, à la SNCF, à être prof. Puis, finalement, je me suis dit que quitte à faire quelque chose qui de toute manière ne me passionnera pas.. autant que ce soit l'informatique ! Et donc voilà, je vais préparer un diplôme bac +2 dans l'info (réseaux). Enfin, si je ne change pas d'avis d'ici là.
Un ami m'a dit "Ah, donc tu t'es finalement résolu à continuer dans l'info". Ce à quoi j'ai répondu: "Non, je ne me suis pas résolu à. Je me suis résigné à."
Et c'est bien triste. Mais je suis convaincu que tout ira bien, allez. Je ne regretterai rien.

Demain soir, je dois aller à un concert (Iron Maiden, oui allez y foutez vous de ma gueule...), avec deux gars que je n'ai jamais vu encore. Vendredi soir, je vais au restau, pour une petite bouffe organisée en l'honneur de ma soeur Mana (enfin, que Mana organise en son propre honneur plutôt, bien que ça ne soit pas son idée), et bien sûr, tous les convives seront des gens tous plus âgés que moi, et que je ne connais pas du tout... Et cette semaine, j'ai un troisième truc de prévu de la même veine, mais je vous en parlerai en temps voulu. Enfin quoiqu'il en soit, vous l'aurez compris: JE FLIPPE COMME UN MALADE AGAGAAA.
--== Ferme les yeux et respire profondément, neev. ==--

dimanche 22 juin 2003

Lâche de Noé

Re-salut à vous. Je suis raciste. Oui oui, je l'avoue. Je suis raciste anti-beaux. Les gens beaux m'insupportent. Enfin, surtout ceux qui sont bien conscients de l'être. Les autres je les tolère. Non bon en fait, ce qui m'énerve ce sont les filles qui me plaisent énormément, au point de m'inhiber. Elles m'intimident, et je n'arrive pas tout de suite à passer outre et être naturel. J'ai déjà dû parler de ça d'ailleurs. Mon problème, c'est que je me trouve laid (oh, comme c'est étonnant), donc fatalement je n'ai pas du tout confiance en moi, et je ne suis pas à l'aise. Et encore, je ne vous parle pas de séduction.. Je n'essaie de séduire (enfin, comme je peux, parce que chez moi séduire se résume à être sympa, gentil et tendre en gros. Pas de quoi casser des briques.) que celles qui me plaisent (beaucoup), mais pas suffisamment pour m'intimider. Ceci dit même avec elles, j'ai honte de moi. Mais moins.

Vous allez me trouver con (quoique si après tout ce temps ce n'est pas encore le cas, alors ça peut passer), mais la vue d'une jolie fille qui rit m'horripile. Voir une belle demoiselle le visage radieux, et être expensive dans la rue, ça m'agresse. C'est plutôt singulier, non? Surtout si elle est habillée moulant. Alors là je supporte pas. Et le summum, c'est une jolie fille qui rit fort dans la rue, habillée moulant, alors qu'il ne fait pas beau, et que tout le monde la regarde. Là on flirte avec les frontières de l'insoutenable. Ah non, j'ai trouvé pire: une jolie fille qui rit fort avec des copains à elle dans la rue, habillée moulant alors qu'il pleut averse (ce qui donne un outrageant effet de transparence), avec deux ou trois bandes de jeunes gars la reluquant et faisant des commentaires, et qui se trouve être une amie à moi. Ah non pardon, j'ai encore trouvé PIRE QUE ÇA: une jolie fille qui s'esclaffe en faisant des grands gestes et en se tapant limite sur les cuisses, se penchant en avant de rire et montrant de ce fait la moitié de son 'string-dentelle' à tout le monde, habillée moulant et en BLANC alors que le déluge s'abat sur elle (à tel point que l'on peut voir Noé et ses girafes sur son arche, au loin), avec une trentaine de junkies-dealers les yeux rivés sur son cul, certains filmant même la scène pour pouvoir se toucher le soir, et toi tu passes, tu t'arrêtes, tu penses "regardez-moi cette sale pouffiasse !", puis trois secondes après tu pleures parce que tu te rends compte que c'est la fille avec laquelle tu projetais de sortir. PIRE: au moment où tu t'en rends compte, elle embrasse un mec beau gosse que t'avais jamais vu avant. PIRE: tu connais le gars, et tu sais qu'il est connu pour être un partouzeur notoire.
Bon j'arrête là, je me fais du mal.
Sérieusement, c'est vrai que j'ai du mal avec les filles de mon âge, et jolies. En revanche, avec les jolies femmes plus agées, ça va. Pourtant je ne leur dis pas non, loin de là. Mais je pense que je dois inconsciemment me dire qu'elles ne me considerent pas comme moi je peux les considérer, et que donc ça va, il serait hors de propos de complexer.

3h30 du matin, c'est pas sérieux, je file transpirer de chaleur dans mon lit, c'est plus sage...
--== ... et je vous dis à demain. ==--

samedi 21 juin 2003

Jacques Mayol est vivant

J'ai passé une semaine renfermé sur moi-même, sans PC, sans parler à personne. J'ai passé la semaine à me rappeler que je me détestais. Fébrile, mal, au fond de tout. J'ai pris du recul sur moi-même, comme si je m'observais de l'extérieur. Et ce que j'ai pu voir m'a déçu et m'a fait rire tant le ridicule était fort. Et, revenant dans mon enveloppe charnelle, je fus pris d'une profonde tristesse, et pour cause: je venais tout simplement de me confirmer ce que je pensais de moi-même. Là, j'étais vraiment mal. Les idées noires et carrément morbides.
Alors, je suis allé prendre une douche. J'ai laissé l'eau couler partout sur ma peau et au-delà, comme pour me purifier, effacer tout ça. Comme pour revenir vers la surface après une longue période d'apnée. Je ne me sentais pas mieux, mais au moins je me sentais en vie. Et petit à petit, j'ai fini par émerger de cet océan de larmes qui ne veulent pas couler. Et me revoilà.
En rallumant mon PC, j'ai trouvé plusieurs messages de lecteurs, qui connaissent les mêmes (ou presque) problèmes que moi. A la lecture de ces e-mails, j'ai surpris un air de béatitude sur mon visage. Il y a des gens qui en chient, et qui ont pris la peine de m'écrire. A ces gens là (vous vous reconnaitrez), je voulais dire merci. Non pas d'être comme moi, mais de m'avoir écrit. Merci mille fois.

Il est 1:00 du matin, je viens de rentrer. C'était la fête de la musique, ça m'a foutu mal au crâne. C'est attroce ce brouhaha produit par tous ces groupes qui jouent les mêmes merdes. Enfin je négativise, mais ça ne m'intéresse pas, je trouve tout juste ça pénible. Mais la soirée était belle et l'air était bon, alors ça valait tout de même le coup de pointer le nez dehors pour papoter. Et me voilà, devant cette page blanche qui me fusille les yeux, à vous parler de.. pff on se demande bien quoi, tout en sirotant un jus de.. pff je me demande bien quoi (tout ce que je sais c'est que c'est blindé de vitamines, c'est écrit en énorme sur la bouteille on peut pas le rater). J'ai mal au crâne. Je vais dormir.

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C'est étrange. Cette nuit, il y a eu des cris bizarres provenant de dehors, alors que j'étais dans mon lit. Des cris lointains. Ce n'est pas la première fois que je les entends, ce sont des cris courts et relativement réguliers. J'ai bien l'impression qu'il s'agit d'une femme battue. A moins que ça ne soit quelqu'un qui fasse l'idiot, mais encore une fois ce n'est pas la première fois que j'entends ces cris. Difficile de trouver le sommeil après ça, mais bon, ça ce n'est qu'un détail.

Je n'ai pas grand chose à raconter aujourd'hui. Enfin si, j'ai des choses à dire, mais je ne trouve pas de bonne transition, alors je vais les noter et les garder pour plus tard.

--== Bon bah.. à ce soir alors. ==--

samedi 14 juin 2003

Suite du côté positif des choses... et sa fin.

J'en étais donc à l'épisode "Je fais du roller avec Pinkie et Ashmé". Il n'y a rien de particulier à rapporter de cette journée, hormis que ce fût très amusant (pour ma soeur et moi, dumoins). Le point que je voulais développer un peu, c'est le fait de faire des choses en groupe, avec mes amis et des membres de ma famille. Il n'y a pas si longtemps, je n'aurais pas pu faire ça, je veux dire que ça m'aurait foutu une trouille, un stress pas permis. J'ai toujours pris soin de ne pas mélanger mes trois types de relations: la famille, mes amis, et les connaissances/amis d'internet (et mes petites amies, ce qui nous fait en réalité 4 groupes). Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais ça m'aurait rendu physiquement malade de faire une activité en mélangeant des membres de groupes différents (enfin j'ai un début d'explication, je vous la donnerai plus tard). Et puis, depuis la petite soirée au Parc des Princes avec Trent et Ashmé, et bien cela ne me gêne plus vraiment.
Le soir, j'ai eu une discussion avec Ashmé. Je lui ai parlé de ce genre de choses, justement (je vais être parfaitement clair: je vous parle de mes angoisses pour tout et n'importe quoi: aller chez le médecin, prendre les transports, parfois j'angoisse même d'aller en cours, ou de voir un ami...). Et vous n'allez pas le croire (enfin moi ça m'a surpris), mais elle est comme moi. Il lui arrive, à elle aussi, de repousser des choses simples (aller chercher des tickets de cantine, par exemple) parce que ces choses la font angoisser. Elle m'a même avoué avoir stressé à l'idée de rencontrer Pinkie (elles ne se connaissaient pas). Ca m'a fait chaud au coeur d'être compris par quelqu'un qui connait les mêmes choses que moi. Ca peut vous paraître ridicule, mais ça vous gâche la vie. Des exemples j'en ai plein, mais le plus parlant qui me vient à l'esprit, c'est...

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... celui que je viens de vivre. Là à vrai dire, je viens de rentrer chez moi, et je me suis précipité sur ce journal pour éviter de pleurer de rage toute la soirée. Je vous raconte ça.
Ce matin, Pinkie fait sonner mon portable. Je dormais, donc je me réveille et me branche sur internet pour lui parler. Elle veut que nous allions faire du roller à Paris (c'est le meilleur endroit pour faire des belles ballades en roller). Je lui réponds que je ne me sens pas de le faire (j'ai peur de rouler au milieu de la foule, je ne me sens pas assez à l'aise sur mes roues pour cela. Et accessoirement, ça me fait angoisser, mais ça je ne le lui ai pas dit). Elle est déçue et commence à me faire culpabiliser en disant que ça fait un mois qu'on roule dans MaVille et qu'elle ne bronche pas, bien que ce soit ennuyeux pour elle. J'ai trouvé l'argument recevable, je n'avais pas envie de passer pour un égoïste, et je voulais surtout lui faire plaisir, alors j'ai dit OK. J'ai dit OK, alors que je stressais pas mal. J'aurais du rester sur ma position et dire non, mais je savais qu'elle m'aurait fait la tête pour cela. L'angoisse me donnant mal au ventre, je n'ai pas pu manger, je regardais les minutes passer, et plus le temps passait, moins j'allais bien. Et comme je trouvais le temps trop long, enfermé chez moi, je lui ai dit de me rejoindre dehors, pas loin de chez elle.
J'arrive, j'essaie de patiner.. Aucune sensation, je nage dans mes rollers. Je commence à imaginer ce que ça pourrait donner dans Paris, ce qui me fait encore plus angoisser. Je décide alors de m'asseoir, et de tenter de me calmer. C'est là que Pinkie arrive. A ce moment là, je n'allais pas bien, mais j'étais encore partant. Elle me demande si ça va. Je lui réponds la vérité: que je ne me sens ni bien, ni à l'aise. Ce à quoi elle me sort: "OK, tu veux pas y aller, quoi..". Et là, effectivement, je ne voulais plus y aller: angoisse.
Je lui avais dit le matin que je ne me sentais pas le faire. Et j'ai accepté, pour elle. Mais là je ne pouvais plus. Elle a commencé à s'énerver, me faire des reproches, dire qu'elle a perdu sa journée par ma faute. Elle a raison, elle n'a pas que ça à faire. Mais moi je voulais juste lui faire plaisir, rien d'autre. Je me sentais très triste, je trouvais cette situation très cruelle pour tout le monde. Je voulais essayer de lui expliquer, mais elle ne comprend pas, elle n'a jamais compris mes angoisses. De son côté, elle pensait que ça m'amusait, de la planter là, au dernier moment. Alors que putain... la dernière chose qui m'amuse dans la vie, c'est bien de contrarier Pinkie. C'aurait été n'importe qui d'autre (ou presque), j'aurais dit "Désolé je peux vraiment pas", et je me serais barré aussitôt. Je me serais excusé et expliqué plus tard, quand ce serait allé mieux. Mais avec Pinkie, je peux pas. Alors je suis resté planté là, assis. Je ne lui ai même pas dit pardon, tellement c'aurait semblé ridicule. Pardon de quoi? D'être angoissé? D'avoir des problèmes psychologiques? Oui c'est sûr, pour ça je peux m'excuser pendant des heures, ça arrangera vachement mon problème. Et pourtant, je me sentais vraiment désolé, et triste de la décevoir. C'est dans ces moments là que je me déteste le plus. Quand je décois les gens que j'aime.
Plus tard, après un long moment de silence, on a recommencé à s'expliquer. J'ai essayé de lui exprimer (comme j'ai pu) les angoisses que j'ai depuis que nous nous sommes parlés sur internet, mais elle ne comprend pas, elle pense que ce sont des excuses que je me trouve. Et s'entendre dire ça, ça fait plutôt mal, parce que si c'était le cas ça signifierait que je me fous de sa gueule. Donc elle pense que je me fous d'elle. Alors que je me suis justement forcé, malgré mon malaise, juste pour lui faire plaisir. Je pensais pouvoir surmonter ça et passer un après-midi sympathique avec elle, donc je suis venu. Mais je n'ai pas pu. Et donc, comme ça me faisait mal de voir qu'elle ne pouvait pas comprendre, et de penser qu'elle pouvait croire des choses fausses, je me suis éloigné (toujours en rollers) en mettant mon sac sur le dos. Mais comme il était assez lourd... je suis tombé en arrière. Je ne me suis pas fait mal, mais là, j'avais vraiment le moral très, très très bas.
C'était la cerise sur gâteau, si vous voulez. En me relevant, j'ai vu une voiture ralentir. Ses occuppants mes regardaient, apparemment ma chute était comique, puisque la condutrice riait en me regardant. Comme j'étais très triste, et que la situation ne prêtait pas du tout à la plaisanterie, je me suis énervé sur elle: "BARRE TOI SALE PUTE !!! DÉGAAAAGE !!". Je ne pouvais pas le lui hurler plus fort, et plus violemment. Elle à fait une grimace du genre "Ouh là, il est pas content dis donc !" mais toujours en riant. Et elle est partie. Je m'en suis immédiatement voulu, je suis crétin de m'énerver aussi vite, mais je me suis senti agressé. C'est idiot. Si je la recroise je lui présenterai mes excuses. Bref, j'étais tellement abattu que je me suis assis par terre. Et ce pendant suffisament longtemps pour qu'une dame, qui avait sans doute assisté à la scène, me lance en passant à côté de moi: "Ca fait.. 20 minutes que vous êtes assis là. C'est bon? Ca va?" Et ce d'un air pas sympa. Je lui réponds: "Ca va." Puis je grommelle un petit "Non mais de quoi je me mèle..", en me relevant. Je me suis senti ridicule. J'ai eu le sentiment qu'il fallait que j'arrête les frais, que je m'étais suffisamment ridiculisé pour la journée. Alors j'ai enlevé mes rollers (la meilleure chose que j'ai faite de la journée), je suis allé voir Pinkie, lui disant "Je suis ridicule, alors je vais rentrer". Puis je suis parti. Elle m'a rejoint un peu plus loin, elle était toujours très énervée, mais elle voulait dialoguer, chercher à comprendre. Quelque part ça m'a fait plaisir. J'avais moins le sentiment d'être une bête curieuse, d'être anormal. Puis on a commencé à reparler de mes angoisses. Elle m'a sorti "Ptin mais avec toi, on a l'impression que dès que t'as un truc à faire, c'est une épreuve !!". On ne pouvait pas mieux le résumer, c'est exactement ça. C'est pas qu'une impression, Pinkie, c'est ça. Puis elle a enchaîné avec quelque chose du genre: "Hey mais faut t'y faire, tu vas pas rester toute ta vie comme ça". Là j'ai commencé à sentir mes larmes venir, tellement je me sentais merdique, et je pèse mes mots. Comme mes parents m'ont toujours appris qu'un homme ne doit pas pleurer (Aurait-on l'éducation que l'on mérite?), j'ai préféré me retirer pour ne pas craquer devant elle. Elle l'a sans doute mal pris d'ailleurs. Je suis vite rentré chez moi, j'ai craqué dans mes escaliers. Là au moins j'étais certain d'y être seul.
Certains me diront: "Oh lala, faut pas se mettre dans des états pareils, ce n'est jamais qu'une ballade en rollers, c'est rien, ça s'arrangera"... Putain, mais vous êtes crétins ou quoi?? J'en ai rien à secouer du roller. Non, ce qui me fout les boules c'est de l'avoir déçue, et pire: de m'être déçu moi-même. Et puis, j'aime pas quand elle est fâchée contre moi.

Le côté positif c'est que.... mmm.... dès que j'en trouve un, je vous préviens.

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Ah, et j'ai oublié de vous parler de ma déprime d'avant-hier au sujet de mon avenir. Bon, ça attendra.

--== Je vais faire la liste de toutes mes névroses. ==--

jeudi 12 juin 2003

Back from.. très loin. (a.k.a: Le côté positif des choses)

Décidemment, j'ai du mal avec les débuts de mois. Grosse absence, comme le mois dernier. Le côté positif, c'est que j'ai un tas de choses à raconter.

Je suis resté sur l'épisode Roland Garros je crois. Je vous épargne le récit de la journée, étant donné le peu de sportifs qui lisent ceci. En revanche, une chose amusante: le trajet. Et plus précisément, le métro. A un moment, pour nous rendre dans la bonne direction, nous devions quitter la ligne 9 (interminable ligne 9), pour prendre la 10. Je peux vous garantir qu'entre les deux, et surtout pendant un week-end de Roland Garros, le dépaysement est grand. D'un côté, vous avez une bonne grosse demie-heure sur une ligne bruyante (les enfants n'ont aucune idée du volume sonore qu'ils produisent, c'est fascinant) et ou les origines ethniques de la population occupant la rame sont très diverses. De l'autre, trois minutes de calme, de visages satisfaits, et d'insolantes peaux blanches. Je n'avais jamais vu autant de blancs dans une rame de métro. Oui oui, vous avez bien compris: je parle bien de personnes qui ont la peau blanche. Et qui, au sortir du métro, se dirigeaient TOUTES vers le stade. Vous pouvez chercher, les seuls noirs que vous verrez sont les revendeurs de billet à la sauvette.
Arrivés dans l'enceinte du stade, même chose. Vous cherchez des personnes qui n'ont pas la peau blanche? Regardez du côté du personnel. Et non pas du public. Dans ma dernière entrée, j'ironisais sur cet état de fait, mais sur le ton de la plaisanterie. Et bien force est de constater que j'avais vu juste, sans même savoir de quoi je parlais. Et rien que pour ça, je préfère le Parc des Princes. Je n'ai rien contre les blancs, je le suis moi-même et ça me convient pas mal, merci. Mais voir 4000 personnes qui représentent aussi peu la région parisienne assister au même spectacle est quelque chose de stupéfiant. Un peu comme si en France, le tennis n'était réservé qu'aux blancs bourgeois sur les bords. Ah oui parce que je ne l'ai pas précisé, mais entre les polos/débardeurs Lacoste et les montres de valeur, peu devaient être au SMIC (1) à mon avis. Bref. C'était une superbe journée, et nous comptons y retourner l'an prochain. C'est bien là le principal.


EN PLUS C'EST UN ESPAGNOL QUI A GAGNÉ HAHAHAHA!!!


(1) Salaire Minimum d'Insertion.. C.. C... Merde il sert à quoi le C?

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Quelques jours plus tard, j'étais sur mes rollers adorés (et redoutés), en compagnie de l'éternelle et inamovible Pinkie. Nous traversions une route, le feu est orange, et aucun danger n'est à craindre (hormis une rupture d'anévrisme ou un truc du genre, mais ça serait franchement pas d'bol). Quand soudain, un gugusse nous klaxonne. Pinkie lui sort un "Quoi ! C'est orange mon pote !", le gars ne bronche pas et continue sa route. Et avant qu'il ne disparaisse dans un virage, je lui hurle un gros "TA MÈRE LA PUTE !!!", en insistant bien sur le "p" de "pute", vous voyez le genre.


1. La stupidité de mon geste est proportionnelle au nombre de décibels atteint. Pas de bol pour moi, je l'ai crié très fort.
2. Le langage employé est particulièrement ordurier, mais A) Je suis banlieusard. B) C'était déjà assez compliqué comme ça de traverser la route sur mes roues, sans qu'un connard (ah non pardon, un "sa mère la pute") ne me klaxonne (à tort).
3. Le pire c'est qu'en me retournant pour huler mes gentillesses, j'aurais pu me viander royalement sur le doux bitûme municipal. Et là, c'aurait été la honte sur moi et ma famille pour 25 générations étant donné que...
4. ... une petite bande de racailles gentils était posée sur un banc, ont assisté à la scène, et m'ont à moitié chambré en sortant des "ouuuaaahh le chauuuuud" et ce genre de choses. Alors imaginez si je m'étais croûté comme une merde. Imaginez un peu.


En tout cas désormais, la cité à côté de chez moi me connait sous le surnom "Le Chaud". La classe. Ca force le respect. Faut pas me chauffer quand je roule, moi. Qu'on se le dise. Et le côté positif de la chose, c'est qu'on s'est bien marrés (à mes dépends) avec Pinkie.

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Encore quelques jours plus tard, ma soeur Ashmé est venue nous rendre visite avec le petit. Il faisait beau, pour changer. Alors nous avons fait du roller tout le week-end (pour changer, bis). Mais là il est trop tard pour vous raconter ça, alors il faudra revenir demain. Je suis fatigué moi. Allez, dehors maintenant.
--== La suite demain. Ou dans 12 jours, mais ça va commencer à se voir :o) ==--