Votre connard favori dans ses oeuvres.
Connard, oui, Y a pas d'autre mot (je vais d'ailleurs l'employer à plusieurs reprises tant il me qualifie admirablement bien, et pourtant j'ai un vocabulaire démesurément étendu). Je me serais bouffé, tiens.
J'étais dans mon hall d'immeuble, entre les deux interphones dont celui-ci est doté (un délire sécuritaire qui coûte une fortune à la co-propriété, mais passons). Je déverrouille la deuxième porte avec mon badge magnétique personnalisé (j'ai pas osé le demander customisé aux couleurs du PSG, mais ça m'a démangé, je vous avoue), et là je tombe sur une jeune femme un peu ronde et ne se tenant pas très droit, qui marche dans ma direction en geignant assez fort. Je pense d'abord qu'elle s'adresse à quelqu'un qui se trouverait derrière moi. Puis je me rends compte qu'elle me fixe des yeux.
--- Reconstitution ---
(pensées en italique)
neev: C'est à toi qu'elle parle, connard.
femme: Elle m'a pas réponduuuu! Ma moman elle m'a pas réponduuuu, elle est méchante avec moi momaaan!
neev: Oh putain. (je souris gentiment en continuant de marcher dans le couloir, vers mon ascenceur)
femme: Je l'ai appelée et elle a pas réponduuuuu...
Elle a les yeux bleus et ronds, un visage large, des grosses joues... (ptin mais quel connard je suis, quand j'y repense..)
neev: Cette tristesse. Y a vraiment des cas dans cette ville.
femme: Pourquoi elle m'a pas répondu hein? Pourquoi elle m'a pas réponduuu? (elle a l'air vraiment bouleversée, comme une enfant) Elle est où ma mamannnn?
neev: Je ne sais pas... (on arrive dans l'ascenceur) Vous voulez quel étage? (j'appuie sur le mien)
femme: Non c'est pas celui-là...
neev: Je sais, celui-là c'est le mien. Mais le votre, c'est lequel?
femme: (elle se calme) Heu, l'autre là...
neev: Celui-là? (je pointe le 6eme du doigt)
femme: Heu oui, oui.
L'ascenceur monte.
femme: C'était bien celui-là hein? C'était bien le bon étage hein?
neev: C'est celui que vous m'avez indiqué oui. Putain elle sait pas où elle va...
femme: Gniiiiin mais pourquoi elle m'a pas réponduuuuu...
On sort à mon étage.
femme: Elle est où ma mamannnnnn? (elle recommence a flipper)
neev: Je ne sais pas, je ne la connais pas...
Ca c'est sûr connard, si tu ne demandes pas son nom tu ne risques pas de savoir qui c'est.
femme: Mamaaaaan t'es oooooùùùùùù??? Mamaaaaaaaan!!! (elle a l'air effrayée)
Je passe ma porte d'entrée, le femme reste à l'extérieur à appeler sa mère. Dans le salon, mes parents me regardent avec des yeux tout ronds.
neev: Heu, y a une folle dehors.
Maman: Quoi? Qui ça?
neev: (dépité) Je sais pas, une folle. Elle cherche sa mère apparemment.
Ma mère se lève, et va regarder dans la lorgnette...
Maman: (ouvrant la porte pour aller l'aider) Raah.. Mais non c'est pas folle...! (ma mère ne parle pas très bien français, il faut comprendre "C'est pas la folie, sa maladie")
Au moment où elle m'a dit ça, j'avais déjà atteint la porte de ma chambre. Je suis resté planté devant pendant 15 secondes au moins.
neev: Quoi?! Mais attends elle... Et merde, quel connard. (je me frappe le front avec le poing, me le bousillant, au passage)
--- Fin de la reconstitution ---
Elle est trisomique. Et comme son visage n'est pas très typé, je ne m'en étais pas rendu compte avant que ma mère me dise qu'elle n'est pas folle. Et moi je l'ai laissée plantée là, alors qu'elle était perdue. Et quand bien même elle aurait été folle, j'aurais quand même pu essayer de l'aider. Je suis un connard, c'est tout.
Bon à ma décharge, il y a une givrée qui a vécu un bon moment dans mon immeuble, et qui le vandalisait régulièrement de manière immonde (seaux d'urines, ordures, odeurs cadavériques, etc). On pouvait difficilement lui parler, parce qu'ensuite elle nous accusait de maltraitance. Bref, une femme qui a perdu contact avec la réalité tout simplement, mais à laquelle on m'a appris de ne pas parler.
Dans la ville où je vis, il y a quantité de gens timbrés, ou alcooliques profonds. Ils déambulent dehors, souvent près des endroits où je vais courir ou faire du vélo. Je me suis plusieurs fois fait siffler par des vieux messieurs, depuis... ben depuis que j'ai l'âge de me faire siffler par des vieux. Je me suis plusieurs fois fait haranguer par des types bourrés. Une fois, à vélo (il y a longtemps), deux SDF ont voulu me choper dans une côte.
Alors voilà, oui: je me méfie des gens, et en particulier de ceux qui ne me ressemblent pas, ceux auxquels je ne peux pas m'identifier. Attention, je ne fais pas de délit de faciès hein. Je peux beaucoup mieux m'identifier à un gros noir qui fume du shit, plutôt qu'à ma grosse conne voisine de palier qui vote FN.
J'aurais très vite fait de foutre cette crainte des autres sur le dos de ma mère et de l'éducation qu'elle m'a donné, mais aussi vraie soit-elle, je ne vais pas me cacher toute ma vie derrière cette excuse de merde. J'ai développé un petit côté "connard individualiste", c'est tout. Je suis une chochotte.
Ca, pour refiler du fric au Téléthon tous les ans et dire aux autres d'en faire autant, je suis très fort. D'ailleurs c'est bientôt, alors donnez un peu de fric bande d'enculés, merci (je suis très fort, je vous ai dit). Mais dès qu'il s'agit d'aider une pauvre femme perdue et visiblement malade, alors là y a plus personne. Dieu ce que je me hais. Au lieu de me demander si je ne devrais pas l'aider, je me suis demandé quand est-ce qu'elle allait me foutre la paix. Mais. Quel. Connard. J'ai la faculté de me sentir agressé par tout et n'importe quoi. Ma petite tranquilité est plus importante que n'importe quoi d'autre, pour moi. Ca fait de moi un gros égoïste, parfois. Je me hais.
Tout à l'heure, j'ai demandé à ma mère le nom de cette femme, et à quel étage vit sa mère. Ca m'évitera de me comporter comme un trou de bite la prochaine fois.
--== Soit j'enlève mes oeillères, soit je me crève les yeux. ==--
J'étais dans mon hall d'immeuble, entre les deux interphones dont celui-ci est doté (un délire sécuritaire qui coûte une fortune à la co-propriété, mais passons). Je déverrouille la deuxième porte avec mon badge magnétique personnalisé (j'ai pas osé le demander customisé aux couleurs du PSG, mais ça m'a démangé, je vous avoue), et là je tombe sur une jeune femme un peu ronde et ne se tenant pas très droit, qui marche dans ma direction en geignant assez fort. Je pense d'abord qu'elle s'adresse à quelqu'un qui se trouverait derrière moi. Puis je me rends compte qu'elle me fixe des yeux.
--- Reconstitution ---
(pensées en italique)
neev: C'est à toi qu'elle parle, connard.
femme: Elle m'a pas réponduuuu! Ma moman elle m'a pas réponduuuu, elle est méchante avec moi momaaan!
neev: Oh putain. (je souris gentiment en continuant de marcher dans le couloir, vers mon ascenceur)
femme: Je l'ai appelée et elle a pas réponduuuuu...
Elle a les yeux bleus et ronds, un visage large, des grosses joues... (ptin mais quel connard je suis, quand j'y repense..)
neev: Cette tristesse. Y a vraiment des cas dans cette ville.
femme: Pourquoi elle m'a pas répondu hein? Pourquoi elle m'a pas réponduuu? (elle a l'air vraiment bouleversée, comme une enfant) Elle est où ma mamannnn?
neev: Je ne sais pas... (on arrive dans l'ascenceur) Vous voulez quel étage? (j'appuie sur le mien)
femme: Non c'est pas celui-là...
neev: Je sais, celui-là c'est le mien. Mais le votre, c'est lequel?
femme: (elle se calme) Heu, l'autre là...
neev: Celui-là? (je pointe le 6eme du doigt)
femme: Heu oui, oui.
L'ascenceur monte.
femme: C'était bien celui-là hein? C'était bien le bon étage hein?
neev: C'est celui que vous m'avez indiqué oui. Putain elle sait pas où elle va...
femme: Gniiiiin mais pourquoi elle m'a pas réponduuuuu...
On sort à mon étage.
femme: Elle est où ma mamannnnnn? (elle recommence a flipper)
neev: Je ne sais pas, je ne la connais pas...
Ca c'est sûr connard, si tu ne demandes pas son nom tu ne risques pas de savoir qui c'est.
femme: Mamaaaaan t'es oooooùùùùùù??? Mamaaaaaaaan!!! (elle a l'air effrayée)
Je passe ma porte d'entrée, le femme reste à l'extérieur à appeler sa mère. Dans le salon, mes parents me regardent avec des yeux tout ronds.
neev: Heu, y a une folle dehors.
Maman: Quoi? Qui ça?
neev: (dépité) Je sais pas, une folle. Elle cherche sa mère apparemment.
Ma mère se lève, et va regarder dans la lorgnette...
Maman: (ouvrant la porte pour aller l'aider) Raah.. Mais non c'est pas folle...! (ma mère ne parle pas très bien français, il faut comprendre "C'est pas la folie, sa maladie")
Au moment où elle m'a dit ça, j'avais déjà atteint la porte de ma chambre. Je suis resté planté devant pendant 15 secondes au moins.
neev: Quoi?! Mais attends elle... Et merde, quel connard. (je me frappe le front avec le poing, me le bousillant, au passage)
--- Fin de la reconstitution ---
Elle est trisomique. Et comme son visage n'est pas très typé, je ne m'en étais pas rendu compte avant que ma mère me dise qu'elle n'est pas folle. Et moi je l'ai laissée plantée là, alors qu'elle était perdue. Et quand bien même elle aurait été folle, j'aurais quand même pu essayer de l'aider. Je suis un connard, c'est tout.
Bon à ma décharge, il y a une givrée qui a vécu un bon moment dans mon immeuble, et qui le vandalisait régulièrement de manière immonde (seaux d'urines, ordures, odeurs cadavériques, etc). On pouvait difficilement lui parler, parce qu'ensuite elle nous accusait de maltraitance. Bref, une femme qui a perdu contact avec la réalité tout simplement, mais à laquelle on m'a appris de ne pas parler.
Dans la ville où je vis, il y a quantité de gens timbrés, ou alcooliques profonds. Ils déambulent dehors, souvent près des endroits où je vais courir ou faire du vélo. Je me suis plusieurs fois fait siffler par des vieux messieurs, depuis... ben depuis que j'ai l'âge de me faire siffler par des vieux. Je me suis plusieurs fois fait haranguer par des types bourrés. Une fois, à vélo (il y a longtemps), deux SDF ont voulu me choper dans une côte.
Alors voilà, oui: je me méfie des gens, et en particulier de ceux qui ne me ressemblent pas, ceux auxquels je ne peux pas m'identifier. Attention, je ne fais pas de délit de faciès hein. Je peux beaucoup mieux m'identifier à un gros noir qui fume du shit, plutôt qu'à ma grosse conne voisine de palier qui vote FN.
J'aurais très vite fait de foutre cette crainte des autres sur le dos de ma mère et de l'éducation qu'elle m'a donné, mais aussi vraie soit-elle, je ne vais pas me cacher toute ma vie derrière cette excuse de merde. J'ai développé un petit côté "connard individualiste", c'est tout. Je suis une chochotte.
Ca, pour refiler du fric au Téléthon tous les ans et dire aux autres d'en faire autant, je suis très fort. D'ailleurs c'est bientôt, alors donnez un peu de fric bande d'enculés, merci (je suis très fort, je vous ai dit). Mais dès qu'il s'agit d'aider une pauvre femme perdue et visiblement malade, alors là y a plus personne. Dieu ce que je me hais. Au lieu de me demander si je ne devrais pas l'aider, je me suis demandé quand est-ce qu'elle allait me foutre la paix. Mais. Quel. Connard. J'ai la faculté de me sentir agressé par tout et n'importe quoi. Ma petite tranquilité est plus importante que n'importe quoi d'autre, pour moi. Ca fait de moi un gros égoïste, parfois. Je me hais.
Tout à l'heure, j'ai demandé à ma mère le nom de cette femme, et à quel étage vit sa mère. Ca m'évitera de me comporter comme un trou de bite la prochaine fois.
--== Soit j'enlève mes oeillères, soit je me crève les yeux. ==--

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