jeudi 18 septembre 2003

La gueule de bois.

Ceux qui me connaissent un peu peuvent se douter des grosses difficultés que j'ai éprouvées pour m'endormir cette nuit. C'est déjà compliqué en temps normal, mais là avec la journée d'hier, c'était foutu d'avance. Dans le noir, seul au fond de mon lit, les yeux gardés de force grands ouverts par des souvenirs, des détails... qui laissent place à l'amertume et à la mélancolie. Rah... J'ai dit que je ne m'étendrai pas sur le sujet, par pure pudeur. C'est difficile. Je vais me contenter de placer noir sur blanc une anecdote, suite à quoi je tournerai la page, tant sur ce journal que dans mon esprit.

C'était lors du pique-nique de juin. J'étais assis aux côtés d'Abe. Mon esprit fût furtivement accaparé par le groupe de jeunes femmes situé à quelques mètres de nous. Elles étaient assises et formaient un cercle, au milieu duquel une d'entre elles était à quatre pattes. Elle était en jupe et chemisier. Comme je trouvais la position disons.. évocatrice et intéressante, j'ai tapé du coude sur le bras d'Abe pour lui demander ce qu'il en pensait (j'aime bien avoir un second avis, c'est comme ça..). Comme il ne comprenait pas de quoi je voulais parler, je me suis désinteressé de la jeune femme, et j'ai détourné la tête de l'autre côté. Et mon regard tomba sur les grands yeux rieurs de Milou, qui visiblement s'amusait bien de me voir contempler le spectacle que m'offrait ladite jeune femme. C'était un regard amusé, franc et sincère, accompagné d'un large sourire. J'avoue que sur le coup, j'étais surpris et charmé. A tel point que j'en ai détourné le regard de surprise, de gêne et de timidité, en étouffant un rire idiot. Elle m'avait bien eu. J'en souris encore. Ce souvenir provoque en moi une certaine tendresse mélancolique qui peut vite - à l'instar de cette nuit - se transformer en tristesse si l'on se met à trop penser. Et il est inutile de se rendre triste, n'est-ce pas. C'est (entre autres) pourquoi je tourne la page. Il est temps d'aller de l'avant. Je ne cesse en tout cas de me le répèter. Allez.

J'ai un rapport... étrange avec la mort. Je n'éprouve aucune appréhension à l'idée ma propre fin, cependant en ce qui concerne celle de mes proches.. c'est une tout autre histoire. Elle m'effraie, me tourmente. J'ai connu quelques décès autour de moi, mais ce n'était jamais quelqu'un qui m'était vraiment cher qui nous quittait. Mais ce n'est pas pour autant que je n'ai rien ressenti après leur disparition. Et c'est justement là que se trouve le problème. Je ne sais pas comment je vais gérer la perte d'un être cher et vraiment proche. C'est pourtant quelque chose d'inévitable, à moins que je ne disparaisse le premier. Non vraiment, ça me terrifie. C'est paradoxal ! Je suis quelqu'un de rationnel. Enfin, peut-être pas dans mon comportement, mais dans mon système de pensée en tout cas. Je m'applique à prendre du recul sur les choses, à les expliquer dans la mesure du possible. Et, la mort est une fatalité, non? Elle sanctionne la fin de notre existence à tous, c'est un lien qui nous unit tous. Nous devons tous mourir (et le plus tard possible, bordel). Bon, ben je devrais pouvoir me faire une raison facilement, moi qui suis si rationnel, si posé.

Mon cul. C'est bien au-dessus de mes forces. J'ai une trouille phénomènale de la mort de ceux que j'aime. Ca me rend malade.

--== Je vais bien finir par avoir sommeil un jour... Allez... ==--