Du dopage? Dans le cyclisme? Bah faîtes tourner, merci...
Il est de notoriété intercontinentale que j'aime les quiches lorraines surgelées ainsi que les quenelles de veau en conserve. Lorsque, comme moi, on a une alimentation essentiellement basée sur les pâtes natures, le riz nature, et les haricots verts nature, et si l'on ajoute au tableau l'absence totale d'alcool et quasi-totale de sodas, et des mois d'abstinence sexuelle, ben je peux vous dire qu'une quiche surgelée c'est Fantasyland niveau goût. C'est pas cher et ça se prépare facilement. Un plat d'homme, quoi.
---> 3000 KCal par centimètre cube dans ces conneries. <---
--== Demain, je lui mets sa mère. ==--
Enfin j'ai pas compté mais y a au moins ça, facile. Comment je le sais? PARCE QUE J'AI PRIS 3 KILOS BORDEL. Voilà, la question "Mais qu'a t-il fichu de son mois de juillet pour autant s'éloigner de son merveilleux journal, pourtant excessivement populaire et jubilatoire (dixit The Herald Tribune)?" a trouvé sa réponse. J'étais occupé à grossir. Et ça m'a pris tout mon temps.
C'est donc la mort dans l'âme et la mare dans l'homme (comprenez ce que vous voulez) que je décidai de me remettre au sport. Et cela fait une semaine que tous les matins à 6h, je vais faire mon tour de vélo. Chez moi, faire du vélo signifie mouliner comme un malade jusqu'à ne plus pouvoir supporter la douleur dans les cuisses. Ou alors, jusqu'à l'arrêt cardiaque.
Ce matin, debout à 5h30. Ayant une haine viscérale envers les insectes, je dors la fenêtre fermée. Au matin, il fait donc une chaleur écrasante dans ma chambre, et la nuit m'a complètement déshydraté. Je me penche à la fenêtre, pour respirer un peu d'air frais, une bouteille d'eau glacée à la main. Le jour ne va plus tarder à se lever. J'adore ce moment là, tout est calme. Vidée de ces habitants, la ville est magnifique. Pas de jeune trou de BIIIIIP en survêtement, pas de mamie qui parle à son chien, pas de père de famille qui lit son journal sans porter le moindre regard à son gosse qui joue près de la route, et pas de ces "bimbos du pauvre" à moitié dévètues, qui ne plaisent à personne hormis aux hommes en manque, et à elles-mêmes (OK, ça fait déjà un paquet de monde). Juste le silence, et moi qui le contemple et le respire.
Je me prépare en même temps que le ciel commence à s'éclaircir, vers 6h00. Et dix minutes plus tard, je suis dehors sur ma bécane. Je me mets sur le plus gros braquet (le plus difficile à pédaler), et commence à remonter doucement la rue où vit Pinkie (rue qui rejoint la mienne). Ce matin, une odeur cadavérique très forte et insoutenable se dégageait de ladite rue. Je ne saurais vous dire d'où ça provenait, mais c'était à vous glacer le sang.
J'atteinds maintenant le carrefour du commisariat. Le spectacle est frissonant de jouissance: j'évolue seul, au milieu de la route à 4 voies, le jour s'est presque levé. C'est le tout, petit, petit, petit matin. Le carrefour est désert, lui qui habituellement est si dangereux. Les feux tricolores passent du rouge au vert, puis du vert au rouge. Mais il n'y a personne sur les routes pour s'en soucier. Tout est immobile, figé. Il n'y a pas un souffle de vent. Je suis le seul être vivant à me mouvoir dans ce tableau. En danceuse sur mes pédales, moulinant au ralenti pour mieux profiter de ce spectacle féérique. Je sens la dopamine se larguer dans mon sang. J'ai le sentiment d'être dans un de ces films fantastiques, dans lesquels à la suite d'un désastre, tout est mort et immobile dans la ville, sauf le héros éffaré, qui déambule. Et ce matin, le héros, c'est moi.
Le carrefour est ma ligne de départ (le début de la piste cyclable). Il est également synonyme de la première côte. Un coup d'oeil sur la montre pour connaître l'heure de départ, et c'est parti. Crescendo, en danceuse sur une belle côte à 4-5% pendant 600 mètres. La dopamine de tout à l'heure attenue la douleur. Je sens mon coeur ne pas comprendre ce qui lui arrive, il pompe mon sang, comme assoiffé. Mes inspirations se font plus profondes, et mes expirations plus violentes. Je mets le paquet, sachant avoir 500 mètres de plat pour récupérer ensuite. C'est dur, mais j'en vois le bout. J'avale le plat en pédalant à 85% de mon maximum, pour garder des forces. A la suite de quoi, j'ai une route à traverser, mais en ayant le choix. Soit je la traverse conventionnellement, soit j'emprunte le passage (petite descente pentue, tunnel, petite montée pentue). Je choisis le passage. Je profite de la petite descente pour prendre un maximum de vitesse pour perdre le moins de temps sur la remontée. Mais arrivé dans le tunnel mal éclairé, je manque de rouler sur un homme allongé à coté de bouteilles de bière. Grosse décharge d'adrénaline. Mais j'aurais pu y penser. La prochaine fois, je choisirai la route!
En remontant à la surface, c'est une longue descente (un bon kilomètre) peu pentue qui commence. Pas assez pentue pour pouvoir la négocier à fond ET en roues libres. Alors, il faut faire parler les cuisses. C'est grisant. Je fends l'air à toute allure, en prenant soin d'éviter les malformations de la piste. Arrivé au bout, je descends de la piste, traverse la route en biais en me rabattant rapidement au cas ou une voiture arriverait, et rejoins la suite de la piste cyclable.
C'est la portion du parcours que je redoute le plus qui commence. Un gros faux-plat montant de 3 km. Le genre de truc pas assez pentu pour pouvoir se mettre en danceuse, mais suffisamment pour vous fusiller les cuisses. Gaaah ce que c'est pénible. Je serre les dents, et pédale à bloc. Encore. Et encore. Et encore. Je passe à côté de l'aérodrome. Et je suis encore à bloc. Je passe à côté d'un collège. Ca commence à être très difficile. Les cuisses brûlent, je dandine des épaules. Je commence à faiblir. Les 200 derniers mètres sont horribles, je suis tenté de passer un braquet plus facile, mais je n'en ai pas le droit. Je dois tenir, je ne peux pas lâcher.
Je fais les tous derniers mètres au ralenti, mais ça valait le coup de tenir. 500 mètres de descente bien bien pentue sont à suivre. Héhé. J'adore cette descente. La piste y est dans un état lamentable, ça saute de partout. En après-midi, elle est dangereuse car une sortie de parking d'un centre de skate la coupe. Mais le matin à 6h, pas de problème. En fin de descente, on atteint les 80 km/h si l'on a bien pédalé en haut. L'ennui, c'est le virage à angle droit qui la sanctionne. Là, j'ai pas le droit de me rater, sinon je me gamelle dans une reserve d'eau, profonde et vide. Donc ça doit faire très mal, vaut mieux éviter. Et ça bousillerait mon chrono, en plus.
Une petite ligne droite bosselée, un dernier virage en descente, et bam: 1 km de plat à bloc pour finir de m'achever les cuisses. A la suite de quoi j'escalade la passerelle (une montée à 20% qui calme bien), et je la redescends de l'autre côté. J'appelle ça la rampe de lancement. Parce qu'après, y a 500 mètres de plat, et la ligne d'arrivée. Donc faut mettre le paquet, avec arrivée au sprint et tout. Là, y a plus rien qui existe, tu connais plus personne, t'as plus mal au cuisses, tu sais plus comment tu t'appelles et en plus tu t'en fous royalement. Tu veux juste faire péter ton meilleur chrono. Et si t'as le malheur de ne pas y parvenir, tu recommences.
Ce matin j'ai recommencé 3 fois. J'ai échoué à chaque fois de peu. Et là j'ai des courbatures. Le sport c'est d'la merde.
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C'est donc la mort dans l'âme et la mare dans l'homme (comprenez ce que vous voulez) que je décidai de me remettre au sport. Et cela fait une semaine que tous les matins à 6h, je vais faire mon tour de vélo. Chez moi, faire du vélo signifie mouliner comme un malade jusqu'à ne plus pouvoir supporter la douleur dans les cuisses. Ou alors, jusqu'à l'arrêt cardiaque.
Ce matin, debout à 5h30. Ayant une haine viscérale envers les insectes, je dors la fenêtre fermée. Au matin, il fait donc une chaleur écrasante dans ma chambre, et la nuit m'a complètement déshydraté. Je me penche à la fenêtre, pour respirer un peu d'air frais, une bouteille d'eau glacée à la main. Le jour ne va plus tarder à se lever. J'adore ce moment là, tout est calme. Vidée de ces habitants, la ville est magnifique. Pas de jeune trou de BIIIIIP en survêtement, pas de mamie qui parle à son chien, pas de père de famille qui lit son journal sans porter le moindre regard à son gosse qui joue près de la route, et pas de ces "bimbos du pauvre" à moitié dévètues, qui ne plaisent à personne hormis aux hommes en manque, et à elles-mêmes (OK, ça fait déjà un paquet de monde). Juste le silence, et moi qui le contemple et le respire.
Je me prépare en même temps que le ciel commence à s'éclaircir, vers 6h00. Et dix minutes plus tard, je suis dehors sur ma bécane. Je me mets sur le plus gros braquet (le plus difficile à pédaler), et commence à remonter doucement la rue où vit Pinkie (rue qui rejoint la mienne). Ce matin, une odeur cadavérique très forte et insoutenable se dégageait de ladite rue. Je ne saurais vous dire d'où ça provenait, mais c'était à vous glacer le sang.
J'atteinds maintenant le carrefour du commisariat. Le spectacle est frissonant de jouissance: j'évolue seul, au milieu de la route à 4 voies, le jour s'est presque levé. C'est le tout, petit, petit, petit matin. Le carrefour est désert, lui qui habituellement est si dangereux. Les feux tricolores passent du rouge au vert, puis du vert au rouge. Mais il n'y a personne sur les routes pour s'en soucier. Tout est immobile, figé. Il n'y a pas un souffle de vent. Je suis le seul être vivant à me mouvoir dans ce tableau. En danceuse sur mes pédales, moulinant au ralenti pour mieux profiter de ce spectacle féérique. Je sens la dopamine se larguer dans mon sang. J'ai le sentiment d'être dans un de ces films fantastiques, dans lesquels à la suite d'un désastre, tout est mort et immobile dans la ville, sauf le héros éffaré, qui déambule. Et ce matin, le héros, c'est moi.
Le carrefour est ma ligne de départ (le début de la piste cyclable). Il est également synonyme de la première côte. Un coup d'oeil sur la montre pour connaître l'heure de départ, et c'est parti. Crescendo, en danceuse sur une belle côte à 4-5% pendant 600 mètres. La dopamine de tout à l'heure attenue la douleur. Je sens mon coeur ne pas comprendre ce qui lui arrive, il pompe mon sang, comme assoiffé. Mes inspirations se font plus profondes, et mes expirations plus violentes. Je mets le paquet, sachant avoir 500 mètres de plat pour récupérer ensuite. C'est dur, mais j'en vois le bout. J'avale le plat en pédalant à 85% de mon maximum, pour garder des forces. A la suite de quoi, j'ai une route à traverser, mais en ayant le choix. Soit je la traverse conventionnellement, soit j'emprunte le passage (petite descente pentue, tunnel, petite montée pentue). Je choisis le passage. Je profite de la petite descente pour prendre un maximum de vitesse pour perdre le moins de temps sur la remontée. Mais arrivé dans le tunnel mal éclairé, je manque de rouler sur un homme allongé à coté de bouteilles de bière. Grosse décharge d'adrénaline. Mais j'aurais pu y penser. La prochaine fois, je choisirai la route!
En remontant à la surface, c'est une longue descente (un bon kilomètre) peu pentue qui commence. Pas assez pentue pour pouvoir la négocier à fond ET en roues libres. Alors, il faut faire parler les cuisses. C'est grisant. Je fends l'air à toute allure, en prenant soin d'éviter les malformations de la piste. Arrivé au bout, je descends de la piste, traverse la route en biais en me rabattant rapidement au cas ou une voiture arriverait, et rejoins la suite de la piste cyclable.
C'est la portion du parcours que je redoute le plus qui commence. Un gros faux-plat montant de 3 km. Le genre de truc pas assez pentu pour pouvoir se mettre en danceuse, mais suffisamment pour vous fusiller les cuisses. Gaaah ce que c'est pénible. Je serre les dents, et pédale à bloc. Encore. Et encore. Et encore. Je passe à côté de l'aérodrome. Et je suis encore à bloc. Je passe à côté d'un collège. Ca commence à être très difficile. Les cuisses brûlent, je dandine des épaules. Je commence à faiblir. Les 200 derniers mètres sont horribles, je suis tenté de passer un braquet plus facile, mais je n'en ai pas le droit. Je dois tenir, je ne peux pas lâcher.
Je fais les tous derniers mètres au ralenti, mais ça valait le coup de tenir. 500 mètres de descente bien bien pentue sont à suivre. Héhé. J'adore cette descente. La piste y est dans un état lamentable, ça saute de partout. En après-midi, elle est dangereuse car une sortie de parking d'un centre de skate la coupe. Mais le matin à 6h, pas de problème. En fin de descente, on atteint les 80 km/h si l'on a bien pédalé en haut. L'ennui, c'est le virage à angle droit qui la sanctionne. Là, j'ai pas le droit de me rater, sinon je me gamelle dans une reserve d'eau, profonde et vide. Donc ça doit faire très mal, vaut mieux éviter. Et ça bousillerait mon chrono, en plus.
Une petite ligne droite bosselée, un dernier virage en descente, et bam: 1 km de plat à bloc pour finir de m'achever les cuisses. A la suite de quoi j'escalade la passerelle (une montée à 20% qui calme bien), et je la redescends de l'autre côté. J'appelle ça la rampe de lancement. Parce qu'après, y a 500 mètres de plat, et la ligne d'arrivée. Donc faut mettre le paquet, avec arrivée au sprint et tout. Là, y a plus rien qui existe, tu connais plus personne, t'as plus mal au cuisses, tu sais plus comment tu t'appelles et en plus tu t'en fous royalement. Tu veux juste faire péter ton meilleur chrono. Et si t'as le malheur de ne pas y parvenir, tu recommences.
Ce matin j'ai recommencé 3 fois. J'ai échoué à chaque fois de peu. Et là j'ai des courbatures. Le sport c'est d'la merde.
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